Texte

Combien de mots stupides et blessants on a pu m'adresser (probablement avec les meilleures intentions, du moins, je veux le croire) durant la période où je souffrais tellement que respirer était aussi difficile que de ne pas respirer. Quand la colère, l'angoisse, le sentiment d'injustice, de terreur, d'abandon, de trahison vous broie, rares sont les personnes capables de vous accueillir en l'état.
La plupart d'entre elles vous disent n'importe quoi sous couvert de vous venir en aide.
Avec le recul, je réalise que nous sommes, la plupart du temps, totalement incapables de faire face à la souffrance des autres. Elle nous dérange à un point à peine concevable.
La meilleure aide que j'ai reçue, a été une présence fidèle, aimante, discrète, sécurisante et respectueuse d'une dame âgée que j'aime beaucoup.
Les autres m'ont débité toutes les idioties qui leur passait par la tête. Je ne leur en veux absolument pas car même si on m'avait demandé de quoi j'avais besoin exactement pour que ma souffrance redescende à un niveau supportable, je n'aurais pas été en mesure de répondre.
Quand les fondements de l'existence sont ébranlés, c'est comme si on était mort sur pieds, mort au point de ne plus pouvoir ni dire, ni demander, ni espérer, ni raisonner, ni recevoir. L'état de désolation extrême vous cloue le bec, vous cloue tout court. On comprend que ce soit insoutenable pour l'entourage.
Aujourd'hui, je pense que ce qui permet de faire face au pire du moment (il y a toujours pire que le pire), c'est une présence réelle et un amour délicat, inconditionnel et perpétuel. Qui mieux que Dieu peut nous accompagner ? Dieu était là, je ne le savais pas mais il était forcément là car je ne vois pas comment j'ai pu supporter, patienter pour finalement traverser cette période et en sortir avec un émerveillement plus intense qu'auparavant.