Sur le trottoir qui mène à l'église, deux dames âgées et moi marchons du même côté.
Toutes deux s'appuient sur une canne.
Je peine à entrer en contact avec la première mais avec l'autre, ça semble un peu plus facile.
J''ai commencé par lui tenir la porte de l'église, un jour.
Maintenant, quand je la vois, je marche un peu plus vite pour la dépasser puis je l'attends en tenant la porte grande ouverte. Elle est trop loin pour le voir et c'est ce que je veux, comme ça, elle ne se hâte pas au risque de tomber.
Ele ne m'a pas repérée, elle ne sait pas que je l'attends.
Aujourd'hui, il m'a semblé que ma tête lui disait quelque chose.
Quand elle m'a remerciée je me suis entendu lui dire :
- je vous en prie, c'est mon plaisir. Ces mots ont jailli de ma bouche avec force, ça m'a surprise. 
L'instant d'après une intense petite joie est montée en moi.
J'ai pensé à ma grand-mère, à ce que j'aurai pu faire pour elle et que je n'ai pas fait.
J'ai pensé à toutes celles et ceux qui ont eu la chance de la croiser et de l'aimer.
Maintenant, je vois ma grand-mère dans toutes les vieilles dames.
Elle était simple, elle aimait le Christ, elle m'enseignait les plus belles choses sans jamais en parler.