(...) Son esprit de foi se révéla surtout dans son emploi de sacristine. Je me suis trouvée quelquefois avec elle pendant qu'elle préparait la Messe du lendemain et j'étais vivement édifiée [8] de voir avec quelle foi, quel respect et quel soin elle s'en acquittait. Elle m'exprimait son bonheur d'avoir, comme les prêtres, le privilège de toucher les vases sacrés, de préparer comme Marie, les langes de l'Enfant-Jésus. Elle les baisait avec amour ainsi que la grande hostie qui allait être consacrée. Un jour, je la rencontrai sous le cloître, son recueillement me frappa, elle semblait porter quelque chose de précieux qu'elle abritait soigneusement avec son scapulaire. Au moment où je la croisai, elle me dit à voix basse d'un ton ému : « Suivez-moi, je porte Jésus ! » Elle venait de retirer de la table de Communion la petite plaque dorée sur laquelle elle avait découvert une parcelle assez notable de la sainte Hostie. Je la suivis jusqu'à la sacristie où, après qu'elle eut déposé son Trésor, elle me fit mettre à genoux près d'elle pour prier, jusqu'à ce qu'elle pût le remettre au prêtre qu'elle avait fait avertir (...)

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