Mon heure de ciel, c'est celle-ci, mon Jésus, c'est mon heure d'adoration ; l'heure pendant laquelle, agenouillé devant vous, nous nous regardons mutuellement ; l'heure où vous me bénissez tandis que je suis anéanti à vos pieds.

Je viens ici, mon Jésus, pour vous ouvrir mon cœur et vous découvrir mes misères, pour vous parler et pour écouter votre douce voix, pour vous prendre dans mes bras et vous presser contre mon cœur. Je viens vous raconter mes peines secrètes pendant cette adoration d'amour et pleurer avec vous et pour les mêmes causes.

Pendant cette heure, le monde n'existe plus pour moi : je n'ai plus ni parents, ni famille, ni amis, ni rien d'autre. Rien que vous et moi, mon Jésus Eucharistie ! Vous et moi unissant, identifiant nos âmes, nos cœurs et nos volontés ! Une seule chose, pendant ces minutes précieuses peut entrer dans mon cœur pour y accompagner l'amour, c'est la douleur : douleur de vous avoir offensé et si peu aimé, douleur de ne pouvoir travailler pour vous comme je le voudrais, douleur de voir tant d'âmes se perdre. Et la considération de votre amour, ô Jésus adoré, augmente encore cette douleur.

C'est ici, Seigneur, que vous m'animez à suivre vos traces, à porter sans cesse la Croix. C'est ici que vous me fortifiez et que vous me pardonnez mes fautes ! C'est ici que vous me rappelez mes misères et m'enseignez le moyen d'y porter remède. C'est ici que vous m'entrouvrez votre Cœur, asile assuré des coupables, lieu de repos pour les âmes fatiguées, fraîche oasis pour ceux qui traversent le désert du monde.

Ô amoureux Jésus qui vivez en aimant, qui aimez en mourant, qui aimez éternellement !

Concepción Cabrera de Armida