« Heureux les pauvres en esprit, car le Royaume des Cieux est à eux... » (Math. 5, 3-12)

Le thème du bonheur est indissociable de l’extraordinaire prédication que Jésus fait à la foule sur la montagne (Math., 5-7). Mais dire cela, c’est presque ne rien dire, tant ce mot de « bonheur » joue les caméléons au gré de nos subjectivités. Pire. Par-delà les malentendus, s’autoriser du Christ pour revendiquer l’institution légale de quelque « droit au bonheur » est le plus court chemin pour faire de cette vie et de ce monde un enfer, un enfer pour tous et d’abord, soulignons-le avec force, pour les plus petits, les plus fragiles d’entre nous.

Cependant, la quête du bonheur n’est pas en soi vaine, absurde ou scandaleuse ; son objet ne se situe pas dans un futur inatteignable ni n’est le fruit paradoxal et quasi « mathématique » des douleurs ici-bas. Qui n’aura pas lu l’ensemble de la prédication au mont des Béatitudes ne peut juger correctement son entrée en matière : l’ensemble de la prédication de Jésus montre que cette quête s’oriente et s’ordonne. Un autre mot, très présent dans les Évangiles, est le plus sûr rempart contre la confusion née de l’idolâtrie (du plaisir, de la « réussite » individuelle) : la joie. Nous en avons tous, un jour, expérimenté la plénitude. Qu’est-elle ? D’où provient-elle ? Comment la cultiver ? C’est ce que la présente conférence tentera d’éclairer.

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