13 mai 2019

S'ENGAGER DANS LA VIE MONASTIQUE

Comment devient-on moine ?

Nous veillons à mettre en pratique le conseil de Saint Benoît : ne pas accorder facilement l’entrée aux candidats qui se présentent, et les avertir « des choses dures et âpres par lesquelles on va à Dieu » sur le chemin de la vie monastique. Il ne s’agit donc en aucun cas de jouer une certaine séduction. D’ailleurs les jeunes, du moins ceux qui ont une forte personnalité, détestent cela. Ils ont plutôt soif d’absolu et sont davantage attirés lorsqu’on leur parle du caractère austère et radical de notre vie… qui est source d’une joie très profonde.

J’aime à leur dire que « le moine est un fou avec une idée fixe : Dieu », et qu’il faut être fou amoureux du Christ et saintement entêté pour persévérer toute sa vie au monastère… « car toujours dure longtemps » ! comme dit le titre d’un livre du Père Jérôme, moine de Sept Fons.
Nous veillons donc à ce que ce soit vraiment sur une décision libre et personnelle qu’ils fassent le pas pour entrer au monastère : « Est-ce que tu le veux ? Est-ce que tu le peux ? C’est à toi de répondre librement à l’incroyable invitation d’amour du Christ de tout quitter pour le suivre. Son appel est à la fois pressant et discret, car quand est vraiment amoureux, on est toujours timide ! Et la vocation monastique est cette déclaration d’amour du Christ t’invitant à vivre exclusivement dans son intimité. La balle est dans ton camp. Ne me passe pas tes coordonnées. Ce n’est pas moi qui te recontacterai. C’est à toi de revenir frapper à la porte du monastère. »
Parfois, je dis aussi à celui qui vient faire un essai de 15 jours : « Écoute, je vais prier pour que, si ce n’est pas ici que Dieu t’appelle, ton séjour ne se passe pas bien, que tu n’arrives pas à t’intégrer… par contre si c’est bien ici ta place, je vais demander au Seigneur de t’attirer encore plus dans notre communauté. » Nous n’avons en effet aucun intérêt à encourager un candidat qui sera ensuite un fardeau pour la communauté, s’il est malheureux et pas à sa place.
Au moment de faire le pas pour entrer au noviciat, le candidat est alors souvent comme quelqu’un qui meurt d’envie depuis longtemps de sauter en parachute, mais voilà que lorsque son grand rêve est sur le point de se réaliser, il tremble inévitablement devant la porte ouverte de l’avion, en vue du grand saut !
Le Père Maître des novices

Source

11 mai 2019

LA VIE SPIRITUELLE PEUT CAUSER LA TRISTESSE

Une première forme de celui-ci (découragement) est liée à des péchés commis précédemment. (...) Une seconde forme de découragement est celui dont nous ne percevons pas la cause. Il est lié à un état de péché dont nous n’avons pas conscience.

Extraits du livre de Jean-Claude Larchet "Le Starets Serge"

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JE NE PUIS RETENIR MES LARMES - SAINT BERNARD

« Souvent, dit saint Bernard (Serm. in Cant.), en pensant aux désirs de ceux qui soupiraient après la venue du Messie, je suis affligé et confus : je ne puis retenir mes larmes, tant je souffre de voir la tiédeur et la torpeur de nos misérables temps. Car à qui de nous la réception de cette grâce cause-t-elle autant de joie qu'en causait aux anciens la seule promesse de la même grâce ? » Pendant les longs siècles où le genre humain gémissait dans une profonde misère, c'est-à-dire pendant cinq mille deux cents ans environ, selon les Septante, personne ne pouvait monter à l'éternelle béatitude dont l'entrée avait été fermée par la faute du premier homme (1), Les Esprits bienheureux, jetant un regard de compassion sur ces déplorables ruines, supplièrent le Seigneur de combler enfin les vides qui existaient dans leurs rangs : et ils redoublèrent leurs prières avec d'autant plus d'instance que la plénitude des temps approchait. Ainsi, la Miséricorde ayant la Paix avec elle frappait au cœur du Père qu'elle pressait de nous secourir: mais, la Vérité avec elle ayant la Justice s'y opposait : alors s'éleva une grande contestation que saint Bernard nous rapporte dans son premier sermon sur l'Annonciation ; en voici le précis. La Miséricorde disait à Dieu : « L'homme a besoin que vous ayez pitié de sa misère qui est extrême, et voilà le temps de lui faire miséricorde (Ps. 101, v. 14). » La Vérité disait au contraire : « Seigneur, accomplissez votre parole ; qu'Adam meure pour toujours avec tous ceux qui étaient en lui, lorsque, par sa désobéissance, il a goûté le fruit défendu. » Mais la Miséricorde répliquait : « Seigneur, pourquoi m'avez-vous faite ? La Vérité sait bien que si vous n'êtes jamais touché de compassion, je ne suis qu'un vain nom. » La Vérité reprenait : « Si le prévaricateur peut échapper à la sentence que vous avez portée contre lui, votre Vérité n'existe plus, elle ne demeure pas pendant toute l'éternité. » Le Père alors renvoya le débat au Fils devant lequel la Vérité et la Miséricorde parlèrent comme précédemment. On ne voyait pas trop comment au sujet de l'homme on pourrait conserver les lois de la Vérité et les entrailles de la Miséricorde. Mais le Roi des Rote donna la solution en ces termes : lune dit : Je ne suis plus rien, si Adam ne meurt pas; et l'autre dit: Je n'existe plus, si Ton n'a pas pitié de l'homme. Donc, que la mort soit bonne, et les deux
parties contestantes gagneront leur procès, de façon qu'Adam subira la mort et obtiendra la miséricorde. Tous admirèrent cette décision du Verbe, Sagesse éternelle, et consentirentàce qu'Adam subit la mort en obtenant miséricorde. Mais on se demandait : Comment la mort peut-elle devenir bonne, puisque son nom même fait horreur ? Le Roi répondit (Ps. 33. v. 22, Ps. 115, v. 15) : La mort des pêcheurs est détestable, mais la mort des saints est précieuse, elle est la porte de la Vie. Qu'on trouve donc quelqu'un qui sans être sujet à la mort la subisse par charité ; la mort ne pourra retenir captif cet innocent qui ouvrira une brèche par laquelle passeront les hommes délivrés. La proposition fut acceptée. Mais où trouver, disait-on, cette victime volontaire ? Alors la Vérité parcourt la terre entière et elle n'y trouve personne qui soit sans aucune tache, pas même Venfant d'un jour (Job c. 14, v. 4, juxta vers, alexandr.). De son côté la Miséricorde parcourt le ciel, mais elle n'y trouve personne qui ait une charité capable d'un tel sacrifice : caria victoire sur la mort devait revenir à celui qui posséderait la charité la plus grande jusqu'à donner sa propre vie pour des serviteurs inutiles (Joan., c. 15). La Miséricorde et la Vérité reviennent donc au jour assigné, plus inquiètes que jamais, sans avoir trouvé ce qu'elles cherchaient. Enfin la Paix leur dit à part pour les consoler : Ne savez-vous pas qu'il n'en est aucun qui fasse le bien, qu'il rien est pas un seul ? (Ps. 52, v. 4). Donc, que celui qui a donné le conseil apporte le secours. Le Roi éternel le comprit et dit : Pœnitet me fecisse hominem (Gen. c. 6, v. 7) ; c'est à moiqu'incombe la peine pour avoir fait l'homme ; c'est à moi de subir le châtiment que ma créature a mérité. Puis ayant appelé l'ange Gabriel, il lui donne cet ordre : Va dire à la fille de Sion : Voici que ton Roi vient (Zach. c. 9, v. 9). Lecéleste messager court dire à la fille de Sion : Ornez voire chambre et recevez le Roi (Missale rom.). D'après ce récit dramatique de saint Bernard, voyez combien le péril était grand, combien le péché était énorme, puisqu'il a été si difficile de trouver le remède. Les susdites "Vertus donnèrent leur consentement à la résolution généreuse du divin Verbe, et alors fut accomplie cette parole du prophète : La Miséricorde et la Vérité se sont rencontrées, la Justice et la Paix se sont embrassées (Ps. 84, v. 11).

08 mai 2019

AMOUR ET VÉRITÉ SE RENCONTRENT

psaume84 11 12

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07 mai 2019

LES ÉPREUVES SPIRITUELLES - SAINT SILOUANE

L'archimandrite Sophrony résume la doctrine de saint Silouane (†1938) :

Au début, l'homme est attiré vers Dieu par le don de la grâce,

Et quand il est déjà attiré, alors commence une longue période d'épreuves. La liberté de l'homme, sa confiance en Dieu sont mises à l'épreuve, parfois même durement.

Au début de sa conversion, ses prières, qu'elles soient importantes ou non, à peine sont-elles formulées, qu'elles sont habituellement rapidement et miraculeusement exaucées par Dieu.

Mais quand vient la période des épreuves, tout change : on dirait que le Ciel se referme et devient sourd à toutes nos prières.

Dans la vie d'un chrétien fervent tout devient difficile.

L'attitude des gens envers lui s'altère ; on cesse de le traiter avec respect ; on ne lui pardonne pas ce qu'on pardonne volontiers aux autres ; son travail est presque toujours rémunéré au-dessous de la norme ; la résistance de son corps contre les maladies diminue ; la nature, les circonstances, les hommes, tout se tourne contre lui. Quant à ses dons naturels, non moins grands que chez d'autres, ils ne trouvent pas d'application.

En plus de tout cela, il subit encore de nombreux assauts des puissances démoniaques.

Et le dernier, le plus pénible et le plus intolérable des tourments, c'est d'être abandonné par Dieu. Alors sa souffrance atteint son comble, car l'homme est frappé sur tous les plans de son être.

L'expérience millénaire, transmise de génération en génération, nous enseigne que lorsque Dieu voit la fidélité d'un ascète, comme il vit celle de Job, il la mène par des abîmes et des cimes inaccessibles à tout autre homme. Plus la fidélité de l'ascète et sa confiance en Dieu sont inébranlables, plus grande sera son épreuve et plus complète aussi sera son expérience qui pourra s'étendre jusqu'au ultimes limites auxquelles puisse parvenir un homme.

Archimandrite Sophrony, Starets Silouane, moine du mont Athos, Vie - Doctrine - Ecrits - Edition Présence, Belley, 1982, p. 194

Source

LA TERRE A DONNÉ SON FRUIT...

Ps 66 7-8

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05 mai 2019

PAIX ET JOIE DANS LE SAINT ESPRIT

Le Starets THADDÉE de Vitovnica (1914-2003), est un moine serbe formé dans tradition des startsi dOptino à la spiritualité orthodoxe. Il fait partie des grands spirituels orthodoxes du 20ème siècles. Livre aux éditions l'âge d'homme : Paix et joie dans le Saint Esprit.