19 mars 2018

SAINT JOSEPH, LA VOCATION DE GARDER

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SOURCE

“Je pris pour avocat et patron le glorieux Saint Joseph et je me recommandais instamment à lui. J'ai vu bien clairement que c'est lui, mon père et mon protecteur, qui m'a guérie de cette infirmité, comme il m'a tirée également de dangers très grands où il s'agissait de mon honneur et du salut de mon âme. Son assistance m'a procuré plus de bien que je ne savais lui en demander. Je ne me souviens pas de lui avoir jamais adressé une supplique qu'il ne l'ait exaucée. C'est une chose merveilleuse que les grâces insignes dont Dieu m'a favorisée, et les dangers tant du corps que de l'âme dont il m'a délivrée par la médiation de ce bienheureux Saint.”

Sainte Thérèse d'Avila, Docteur de l'Église (Vie par elle-même, c. 8)

***

Chers frères et sœurs !

Je remercie le Seigneur de pouvoir célébrer cette Messe de l’inauguration de mon ministère pétrinien en la solennité de saint Joseph, époux de la Vierge Marie et Patron de l’Église universelle : c’est une coïncidence très riche de signification, et c’est aussi la fête de mon vénéré Prédécesseur : nous lui sommes proches par la prière, pleins d’affection et de reconnaissance.

Je salue avec affection les Frères Cardinaux et Évêques, les prêtres, les diacres, les religieux et les religieuses et tous les fidèles laïcs. Je remercie de leur présence les représentants des autres Églises et Communautés ecclésiales, de même que les représentants de la communauté juive et d’autres communautés religieuses. J’adresse mon cordial salut aux Chefs d’État et de Gouvernement, aux Délégations officielles de nombreux pays du monde et au Corps diplomatique.

Nous avons entendu dans l’Évangile que « Joseph fit ce que l’ange du Seigneur lui avait prescrit : il prit chez lui son épouse » (Mt 1,24). Dans ces paroles est déjà contenue la mission que Dieu confie à Joseph, celle d’être custos, gardien. Gardien de qui ? De Marie et de Jésus ; mais c’est une garde qui s’étend ensuite à l’Église, comme l’a souligné le bienheureux Jean-Paul II : « Saint Joseph a pris un soin affectueux de Marie et s’est consacré avec joie à l’éducation de Jésus Christ, de même il est le gardien et le protecteur de son Corps mystique, l’Église, dont la Vierge sainte est la figure et le modèle » (Exhort. apost. Redemptoris Custos, n. 1).

Comment Joseph exerce-t-il cette garde ? Avec discrétion, avec humilité, dans le silence, mais par une présence constante et une fidélité totale, même quand il ne comprend pas. Depuis son mariage avec Marie jusqu’à l’épisode de Jésus, enfant de douze ans, dans le Temple de Jérusalem, il accompagne chaque moment avec prévenance et avec amour. Il est auprès de Marie son épouse dans les moments sereins et dans les moments difficiles de la vie, dans le voyage à Bethléem pour le recensement et dans les heures d’anxiété et de joie de l’enfantement ; au moment dramatique de la fuite en Égypte et dans la recherche inquiète du fils au Temple ; et ensuite dans le quotidien de la maison de Nazareth, dans l’atelier où il a enseigné le métier à Jésus.

Comment Joseph vit-il sa vocation de gardien de Marie, de Jésus, de l’Église ? Dans la constante attention à Dieu, ouvert à ses signes, disponible à son projet, non pas tant au sien propre ; et c’est cela que Dieu demande à David, comme nous l’avons entendu dans la première Lecture : Dieu ne désire pas une maison construite par l’homme, mais il désire la fidélité à sa Parole, à son dessein ; c’est Dieu lui-même qui construit la maison, mais de pierres vivantes marquées de son Esprit. Et Joseph est « gardien », parce qu’il sait écouter Dieu, il se laisse guider par sa volonté, et justement pour cela il est encore plus sensible aux personnes qui lui sont confiées, il sait lire avec réalisme les événements, il est attentif à ce qui l’entoure, et il sait prendre les décisions les plus sages. En lui, chers amis, nous voyons comment on répond à la vocation de Dieu, avec disponibilité, avec promptitude, mais nous voyons aussi quel est le centre de la vocation chrétienne : le Christ ! Nous gardons le Christ dans notre vie, pour garder les autres, pour garder la création !

La vocation de garder, cependant, ne nous concerne pas seulement nous les chrétiens, elle a une dimension qui précède et qui est simplement humaine, elle concerne tout le monde. C’est le fait de garder la création tout entière, la beauté de la création, comme il nous est dit dans le Livre de la Genèse et comme nous l’a montré saint François d’Assise : c’est le fait d’avoir du respect pour toute créature de Dieu et pour l’environnement dans lequel nous vivons. C’est le fait de garder les gens, d’avoir soin de tous, de chaque personne, avec amour, spécialement des enfants, des personnes âgées, de celles qui sont plus fragiles et qui souvent sont dans la périphérie de notre cœur. C’est d’avoir soin l’un de l’autre dans la famille : les époux se gardent réciproquement, puis comme parents ils prennent soin des enfants et avec le temps aussi les enfants deviennent gardiens des parents. C’est le fait de vivre avec sincérité les amitiés, qui sont une garde réciproque dans la confiance, dans le respect et dans le bien. Au fond, tout est confié à la garde de l’homme, et c’est une responsabilité qui nous concerne tous. Soyez des gardiens des dons de Dieu !

Et quand l’homme manque à cette responsabilité, quand nous ne prenons pas soin de la création et des frères, alors la destruction trouve une place et le cœur s’endurcit. À chaque époque de l’histoire, malheureusement, il y a des « Hérode » qui trament des desseins de mort, détruisent et défigurent le visage de l’homme et de la femme.

Je voudrais demander, s’il vous plaît, à tous ceux qui occupent des rôles de responsabilité dans le domaine économique, politique ou social, à tous les hommes et à toutes les femmes de bonne volonté : nous sommes « gardiens » de la création, du dessein de Dieu inscrit dans la nature, gardiens de l’autre, de l’environnement ; ne permettons pas que des signes de destruction et de mort accompagnent la marche de notre monde ! Mais pour « garder » nous devons aussi avoir soin de nous-mêmes ! Rappelons-nous que la haine, l’envie, l’orgueil souillent la vie ! Garder veut dire alors veiller sur nos sentiments, sur notre cœur, parce que c’est de là que sortent les intentions bonnes et mauvaises : celles qui construisent et celles qui détruisent ! Nous ne devons pas avoir peur de la bonté, et même pas non plus de la tendresse !

Et ici j’ajoute alors une remarque supplémentaire : le fait de prendre soin, de garder, demande bonté, demande d’être vécu avec tendresse. Dans les Évangiles, saint Joseph apparaît comme un homme fort, courageux, travailleur, mais dans son âme émerge une grande tendresse, qui n’est pas la vertu du faible, mais au contraire, dénote une force d’âme et une capacité d’attention, de compassion, de vraie ouverture à l’autre, d’amour. Nous ne devons pas avoir peur de la bonté, de la tendresse !

Aujourd’hui, en même temps que la fête de saint Joseph, nous célébrons l’inauguration du ministère du nouvel Évêque de Rome, Successeur de Pierre, qui comporte aussi un pouvoir. Certes, Jésus-Christ a donné un pouvoir à Pierre, mais de quel pouvoir s’agit-il ? À la triple question de Jésus à Pierre sur l’amour, suit une triple invitation : sois le pasteur de mes agneaux, sois le pasteur de mes brebis. N’oublions jamais que le vrai pouvoir est le service et que le Pape aussi pour exercer le pouvoir doit entrer toujours plus dans ce service qui a son sommet lumineux sur la Croix ; il doit regarder vers le service humble, concret, riche de foi, de saint Joseph et comme lui, ouvrir les bras pour garder tout le Peuple de Dieu et accueillir avec affection et tendresse l’humanité tout entière, spécialement les plus pauvres, les plus faibles, les plus petits, ceux que Matthieu décrit dans le jugement final sur la charité : celui qui a faim, soif, est étranger, nu, malade, en prison (cf. Mt 25,31-46). Seul celui qui sert avec amour sait garder !

Dans la deuxième Lecture, saint Paul parle d’Abraham, qui « espérant contre toute espérance, a cru » (Rm 4,18). Espérant contre toute espérance ! Aujourd’hui encore devant tant de traits de ciel gris, nous avons besoin de voir la lumière de l’espérance et de donner nous-mêmes espérance. Garder la création, tout homme et toute femme, avec un regard de tendresse et d’amour, c’est ouvrir l’horizon de l’espérance, c’est ouvrir une trouée de lumière au milieu de tant de nuages, c’est porter la chaleur de l’espérance ! Et pour le croyant, pour nous chrétiens, comme Abraham, comme saint Joseph, l’espérance que nous portons à l’horizon de Dieu qui nous a été ouvert dans le Christ, est fondée sur le rocher qui est Dieu.

Garder Jésus et Marie, garder la création tout entière, garder chaque personne, spécialement la plus pauvre, nous garder nous-mêmes : voici un service que l’Évêque de Rome est appelé à accomplir, mais auquel nous sommes tous appelés pour faire resplendir l’étoile de l’espérance : gardons avec amour ce que Dieu nous a donné !

Je demande l’intercession de la Vierge Marie, de saint Joseph, des saints Pierre et Paul, de saint François, afin que l’Esprit Saint accompagne mon ministère et je vous dis à tous : priez pour moi ! Amen.

Pape François

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12 mars 2018

PAROLE POUR VIVRE - FAMILLE DE SAINT JOSEPH

Famille de Saint Joseph
« Il nous faut passer par bien des épreuves
pour entrer dans le royaume de Dieu. »
(Ac 14,22)
Cette année, le mois de mars coïncide avec le carême et s’achève par les jours saints.
L’image de Jésus sur la croix est toujours choquante, voire inquiétante. Les blessures du
crucifié nous renvoient à notre perception de la souffrance humaine, à son caractère absurde
et inéluctable : nous souffrons tous, peu ou prou, tôt ou tard. Dans le fond, n’est-ce pas la
volonté de Dieu, le prix exorbitant du salut ?
« Il nous faut passer par bien des épreuves pour entrer dans le royaume de Dieu. »
Effectivement, s’approcher du Seigneur Jésus implique toujours une participation à
ses souffrances. Dès lors, la tentation est grande de relire l’histoire au prisme de la peur,
attribuant à Jésus la responsabilité de nos malheurs. Qu’avaient fait les saints innocents pour
mériter le glaive ? Leur seule faute n’était-elle pas d’être nés trop proches de l’enfant Jésus ?
Et la Vierge, pour s’être offerte à Dieu, ne se vit-elle pas récompensée d’un avenir sombre —
« ton âme sera traversée d’un glaive » (Lc 2,35) ? Jacques et Jean, deux des plus intimes parmi
les apôtres, ont reçu la promesse : « La coupe que je vais boire, vous la boirez. » (Mc 10,38) Tout
homme souffre, mais il semble que les baptisés, une fois marqués de l’indélébile croix de
lumière, attirent sur eux l’épreuve. Comment l’expliquer ? Saint Pierre répond :
Bien-aimés, ne trouvez pas étrange le brasier allumé parmi vous pour vous mettre à
l’épreuve ; ce qui vous arrive n’a rien d’étrange. Dans la mesure où vous communiez aux
souffrances du Christ, réjouissez-vous, afin d’être dans la joie et l’allégresse quand sa
gloire se révélera. (1P 4,12-13)
Saint Paul ne s’exprime pas différemment : « Toujours nous portons, dans notre corps,
la mort de Jésus, afin que la vie de Jésus, elle aussi, soit manifestée dans notre corps. » (2Co 4,10)
Ainsi, toute douleur supportée avec patience dans la foi sera comptée comme marque du
Christ. Rassurons-nous, Dieu ne permettra pas que ces tribulations nous soient fatales :
Quand tu traverseras les eaux, je serai avec toi, les fleuves ne te submergeront pas. Quand tu
marcheras au milieu du feu, tu ne te brûleras pas, la flamme ne te consumera pas. » (Is 43,2)
Elles sont même enviables, « car notre détresse du moment présent est légère par rapport au
poids vraiment incomparable de gloire éternelle qu’elle produit pour nous. » (2Co 4,17)
Ces versets de l’Écriture bouleversent notre conception de la souffrance. Triste
conséquence du péché, elle devient un glorieux privilège des amis de Jésus pour le salut. La
souffrance de la persécution est la première à posséder cette vertu, mais la souffrance
physique, involontaire, peut également participer à notre sanctification.
« Il nous faut passer par bien des épreuves pour entrer dans le royaume de Dieu. »
Maladie, accident, blessure, ... la souffrance n’épargne personne : adultes et enfants,
riches et pauvres, chrétiens et païens, saints et pécheurs, ... même les animaux sont atteints.
Comment peut-elle devenir une participation à la passion du Seigneur ? Quelle audace nous
la fait considérer comme un moyen choisi par Dieu pour exercer sa miséricorde ?
Écartons d’abord l’objection d’un rapport malsain à la souffrance qui serait le propre
de la religion. Il est évident que la douleur doit être combattue. Benoît XVI écrivait :
Il faut certainement faire tout ce qui est possible pour atténuer la souffrance :
empêcher, dans la mesure où cela est possible, la souffrance des innocents ; calmer les
douleurs ; aider à surmonter les souffrances psychiques. Autant de devoirs aussi bien
de la justice que de l’amour qui rentrent dans les exigences fondamentales de
l’existence chrétienne et de toute vie vraiment humaine. (Spe Savi, 36)
Cependant personne n’est en mesure de tarir la source de la souffrance qui est le mal.
La résurrection fait naître en nous l’espérance d’une guérison radicale, mais elle n’est pas
encore pleinement accomplie. Quels que soient nos efforts pour soulager, la souffrance existe.
« Il nous faut passer par bien des épreuves pour entrer dans le royaume de Dieu. »
Écartons ensuite une erreur ancienne : qui souffre expierait de fait ses fautes et se
rapprocherait immanquablement de Dieu. Ces bénéfices, quand ils existent, ne proviennent
pas tant de la souffrance que de la manière dont elle est vécue. Il est cependant possible d’avoir
l’impression contraire car l’usure engendrée dans l’esprit par les longues souffrances crée
l’illusion d’une paix spirituelle ; il s’agit souvent d’un calme s’apparentant à la résignation. En
effet, prisonnier de la souffrance, l’esprit se berce de la pensée que Dieu est le seul recours et
interprète cette langueur comme une paix spirituelle. Or l’avancée spirituelle ne se mesure
qu’à l’exercice de la foi et de la charité. C’est pourquoi le fruit de la souffrance dans l’âme peut
être récolté bien plus tard (pensons à une maladie invalidante), il peut même demeurer
invisible (pensons à une douloureuse agonie ouvrant le cœur au Seigneur). La souffrance n’est
donc pas en soi une garantie pour le salut. Au contraire, pour qui suit le Christ d’un cœur
partagé, elle peut anéantir les forces et éloigner de Dieu, comme en témoigne saint Jean : « Les
gens se mordaient la langue de douleur et ils blasphémèrent le Dieu du ciel sous le coup de leurs
douleurs et de leurs ulcères, au lieu de se repentir de leurs agissements. » (Ap 16,10-11)
De soi, la souffrance rend égoïste. Celui qui souffre est en effet contraint par un
mouvement naturel de tout ramener à soi, de donner la préférence à la sauvegarde de son
bien-être plutôt qu’à celui d’autrui. L’indolence lui semble justifiée et invincible. L’irritation
n’est pas combattue, paraissant excusée par l’état de faiblesse. En somme, pour celui qui
souffre, l’égoïsme semble acceptable ; le seul bénéfice immédiat de cette épreuve est de
prendre conscience de la faiblesse de notre nature. Mais qu’en est-il de l’évangile du Christ ?
« Il nous faut passer par bien des épreuves pour entrer dans le royaume de Dieu. »
Le travail de l’évangile consiste à nous détourner de cet enfermement. Il fait prendre
conscience du Christ en ses souffrances, il rappelle à celui qui souffre qu’il fait partie d’une
communauté de souffrance où bien d’autres, en leurs douleurs, se tournent avec lui vers le
Seigneur. Le fondement de cette ouverture est la contemplation de Jésus à Gethsémani, où le
Seigneur trouve dans l’épreuve une manière d’unir sa volonté à celle du Père (cf. Mt 26,39).
Les souffrances du Christ ont été extrêmes, mais il a trouvé en sa passion le moyen d’être aux
affaires de son Père comme jamais dans sa vie humaine. Il pria pour ceux qui l’exécutaient (cf.
Lc 23,34), il entoura sa mère de la plus tendre attention (cf. Jn 19,26), il accueillit le larron
avec bienveillance (cf. Lc 23,43). Même sa demande « J’ai soif » (Jn 19,28) exprimait la
conscience claire qu’il accomplissait les Écritures. Ainsi, le Christ endura ses souffrances sans
retour sur soi, l’esprit tourné vers le Père, source de sa force, et vers le bien des hommes.
La méditation du chemin de croix, ne devrait pas, en ce sens, être limitée à une
dévotion pour le temps du carême, mais elle devrait nous accompagner toute l’année :
comment contempler de telles dispositions sans être porté à les imiter ?
Finalement, de telles souffrances apparaissent comme le moyen le plus approprié —
non pas nécessaire — pour se conformer au mystère de la vie filiale que le Christ apprit par ses
souffrances (cf. He 5,8.) Quel meilleur allié que la souffrance pour dévoiler la vacuité de ce
monde et de ses attraits ? N’est-ce pas ce qui explique pourquoi saint Paul, déjà affecté par les
tribulations et l’opposition, ajouta à ses épreuves une volontaire mortification de la chair ? La
perte de la vue (cf. Ac 9,9), l’écharde dans la chair (cf. Ac 12,7), les assauts de Satan (cf. 1Th 2,18)
apprirent à l’apôtre des Nations que l’affliction serait son quotidien et la garantie de son
abandon entre les mains du Père. Les souffrances ont revêtu l’attrait désirable des moyens
d’obtenir ce qu’on ne peut se donner soi-même, elles ont suscité la joie lorsqu’elles ont ouvert
son cœur à la plénitude de la grâce. Aucun saint n’a aimé souffrir, mais ils ont tous préféré la
souffrance aux facilités de la vie qui fortifient l’égo et étouffent la soif de Dieu. Conscients que
rien n’est détestable comme le péché, ils ont aimé les souffrances dans la mesure où elles leur
ont donné accès à l’état de grâce qu’ils convoitaient.
« Il nous faut passer par bien des épreuves pour entrer dans le royaume de Dieu. »
La souffrance viendra, peu ou prou, tôt ou tard. Pour beaucoup d’entre nous, elle est
déjà une compagne. Elle revêtira ses joyeux attraits à nos yeux enténébrés dans la mesure où
nous aurons décidé de renoncer à notre volonté propre. Mais il nous faudra encore percevoir
que l’amour ressemble davantage à la souffrance qu’aux douceurs que nous nous plaisons à
imaginer, nous aurons à apprendre comment l’agonie à Gethsémani est plus près du bonheur
parfait que les exaltations sensibles dont nous rêvons. Benoît XVI met ainsi en lumière
l’étonnante familiarité entre la souffrance et l’amour :
Le « oui » à l’amour est aussi source de souffrance, parce que l’amour exige toujours de
sortir de mon moi, où je me laisse émonder et blesser. L’amour ne peut nullement
exister sans ce renoncement qui m’est aussi douloureux à moi-même, autrement il
devient pur égoïsme et, de ce fait, il s’annule lui-même comme tel. (Spe Salvi, 38)
fr. Dominique Joseph, fsj
mars 2018
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UNE PENSÉE POUR SAINT JOSEPH

Penséee 1 Apprends-moi, Saint Joseph, prosterné devant l’Eucharistie, à murmurer comme toi, penché sur le berceau de l’Enfant : « Je crois, j’adore, j’espère et je vous aime ; je vous demande pardon pour ceux qui ne croient pas, n’adorent pas, n’espèrent pas et ne vous aiment pas ! »

pensée 2 - pensée 3 La vie ordinaire reprenait ses droits, et pourtant plus rien n’était pareil : désormais toute ton attention se portait sur cet Enfant, devenu l’unique objet de tes pensées, paroles et actions.

pensée 4 - pensée 5 On a du mal à imaginer l’onction qui reposait sur la Sainte Famille durant leurs temps de prière ! Un profond recueillement vous enveloppait tous les trois dans une intense communion.

pensée 6 Voir grandir un enfant, jour après jour : quelle merveille ! Tu as pu vérifier, Saint Joseph, que le Verbe n’a pas « fait semblant » d’assumer notre humanité : il s’est plié aux lois de la croissance humaine de tout enfant

pensée 7 Aussi petit que l’on soit, on a suffisamment de talents et de ressources intérieures pour rêver de grandeur et s’imaginer des perfections. Saint Joseph, que la liturgie place chaque année au plus fort de nos carêmes, est l’homme des renoncements.

pensée 8 Chaque année, Marie et Joseph illuminent de leur présence discrète les chemins de nos carêmes.

pensée 9 C’est par les souffrances de son cœur très pur que Joseph ressembla le plus à son fils.

pensée 10 Saint Joseph fut le premier à accueillir le Vivant dans la vie. Il fut certainement le premier à accueillir du Vivant la vie, en plénitude.

pensée 11 Assurer la présence visible de Dieu le Père aux côtés de son Fils unique : cher Saint Joseph, comment as-tu pu assumer une telle responsabilité sans trembler à en perdre tes moyens ? Sans doute parce que tu étais parfaitement humble ! Ce sont les orgueilleux qui s’inquiètent de leur réussite, car ils redoutent que l’échec porte ombrage à leur réputation. Toi le « juste », tu savais que Dieu donne ce qu’il ordonne : tu t’es remis entre les mains de sa Providence, te défiant de toi-même, mais avec une infinie confiance en Dieu.

pensée 12 - pensée 13 - pensée 14 Saint Joseph, apprends-nous à aimer et à accomplir avec zèle les petites besognes quotidiennes, les services modestes qui changent le monde.

pensée 15 

Spontanément j’aurais tendance à penser (avec une pointe de nostalgie) : « Que ta vie, toute entière au service de Jésus et de Marie, était belle, lumineuse, Saint Joseph ! Alors que la mienne est marquée de la tristesse de ma médiocrité et de la grisaille d’un quotidien sans relief ni nouveauté… »

Et voilà que tu murmures dans mon cœur la Parole de Jésus : « Tout ce que vous avez fait à l’un de ces plus petits de mes frères, c’est à moi que vous l’avez fait » (Mt 25,40). Il ne tient donc qu’à moi de faire de ma vie une vie qui ressemble à la tienne : il me suffit de reconnaitre Jésus en chacun des frères et sœurs avec qui je chemine, et d’éclairer notre quotidien du soleil de la Charité.

pensée 16 - pensée 17 - pensée 18 Saint Joseph, gardien du silence, on t’a appelé le taciturne… Une manière, peut-être, d’excuser notre propre distance : comment aborder un taciturne ? Mais au cœur silencieux, toute parole authentique est bienvenue. Saint Joseph, apprends-moi à garder mon cœur  en silence : chacun de mes frères trouvera l’accueil et l’écoute qui font grandir la communion des enfants de Dieu.

pensée 19 - pensée 20 Méditer la Parole ne se réduit pas à recevoir des lumières sur Dieu et à accumuler des connaissances bibliques. Saint Joseph, qui fis entrer Jésus dans le récit de l’histoire de ses pères, fais-moi découvrir comment habiter la Parole façonne l’esprit filial, ouvre le cœur à la raison des autres et rend capable d’empathie pour tous. Saint Joseph, homme de dialogue, établis-moi dans la Parole pour qu’elle fasse de moi un artisan de paix.

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19 mars 2017

SAINT JOSEPH

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Saint Joseph fut l’homme juste, issu de la famille de David, qui a servi de père au Fils de Dieu, le Christ Jésus, qui a voulu être appelé fils de Joseph et lui a été soumis comme un fils à son père. L’Église vénère d’une manière toute spéciale le patron que le Seigneur a établi sur toute sa famille.

« Enfin, saint Joseph est le protecteur de chacune de nos vies. De même qu’il a veillé sur Jésus et sur Marie à Nazareth, il nous accompagne dans notre vie, il nous soutient dans nos démarches, il nous réconforte dans nos difficultés, il nous stimule dans nos lassitudes, il nous appelle quand nous avons tendance à nous endormir. Il est un père pour chacun de nous. Nous célébrons Saint Joseph avec confiance et reconnaissance. Comme il a veillé sur la maison de Nazareth, il veille sur l’Église, sur chacune de nos maisons, et sur chacune de nos vies. Il fait grandir en nous la confiance en Dieu qui s’est fait proche de l’humanité, qui a partagé notre condition humaine, qui a voulu connaître tout de notre vie, hormis le péché, et qui ne nous abandonne pas. Avec la protection de saint Joseph, nous pouvons avancer avec confiance quelles que soient les difficultés de la vie ou les souffrances de l’âge. Rendons grâce à Dieu qui nous a donné ce père. »
Cardinal André Vingt-Trois, Fête de la saint Joseph, 19 mars 2009

« La vie de saint Joseph, vécue dans l’obéissance à la Parole, est un signe éloquent pour tous les disciples de Jésus qui aspirent à l’unité de l’Église. Son exemple nous incite à comprendre que c’est en se livrant pleinement à la volonté de Dieu que l’homme devient un ouvrier efficace du dessein de Dieu qui désire réunir les hommes en une seule famille, une seule assemblée, une seule Ecclesia. »
Benoît XVI, Solennité de Saint Joseph, Yaoudé, Cameroun, 18 mars 2009

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