09 avril 2017

ENTRÉE TRIOMPHALE DE JÉSUS DANS JÉRUSALEM

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Source

Lectures de la messe

Entrée messianique

(Mt 21, 1-11)

Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu

    Jésus et ses disciples, approchant de Jérusalem,
arrivèrent en vue de Bethphagé,
sur les pentes du mont des Oliviers.
Alors Jésus envoya deux disciples
            en leur disant :
« Allez au village qui est en face de vous ;
vous trouverez aussitôt une ânesse attachée
et son petit avec elle.
Détachez-les et amenez-les moi.
    Et si l’on vous dit quelque chose,
vous répondrez :
‘Le Seigneur en a besoin’.
Et aussitôt on les laissera partir. »
    Cela est arrivé pour que soit accomplie la parole prononcée par le prophète :
    Dites à la fille de Sion :
Voici ton roi qui vient vers toi,
plein de douceur,
monté sur une ânesse et un petit âne,
le petit d’une bête de somme.


    Les disciples partirent
et firent ce que Jésus leur avait ordonné.
    Ils amenèrent l’ânesse et son petit,
disposèrent sur eux leurs manteaux,
et Jésus s’assit dessus.
    Dans la foule, la plupart étendirent leurs manteaux sur le chemin ;
d’autres coupaient des branches aux arbres
et en jonchaient la route.
    Les foules qui marchaient devant Jésus et celles qui suivaient
criaient :
« Hosanna au fils de David !
Béni soit celui qui vient au nom du Seigneur !
Hosanna au plus haut des cieux ! »
    Comme Jésus entrait à Jérusalem,
toute la ville fut en proie à l’agitation,
et disait :
« Qui est cet homme ? »
    Et les foules répondaient :
« C’est le prophète Jésus,
de Nazareth en Galilée. »

 

    – Acclamons la Parole de Dieu.

Première lecture

« Je n’ai pas caché ma face devant les outrages, je sais que je ne serai pas confondu » (Is 50, 4-7)

Lecture du livre du prophète Isaïe

Le Seigneur mon Dieu m’a donné le langage des disciples,
pour que je puisse, d’une parole,
soutenir celui qui est épuisé.
Chaque matin, il éveille,
il éveille mon oreille
pour qu’en disciple, j’écoute.
    Le Seigneur mon Dieu m’a ouvert l’oreille,
et moi, je ne me suis pas révolté,
je ne me suis pas dérobé.
    J’ai présenté mon dos à ceux qui me frappaient,
et mes joues à ceux qui m’arrachaient la barbe.
Je n’ai pas caché ma face devant les outrages et les crachats.
    Le Seigneur mon Dieu vient à mon secours ;
c’est pourquoi je ne suis pas atteint par les outrages,
c’est pourquoi j’ai rendu ma face dure comme pierre :
je sais que je ne serai pas confondu.


    – Parole du Seigneur.

Psaume

(Ps 21 (22), 8-9, 17-18a, 19-20, 22c-24a)

R/ Mon Dieu, mon Dieu,
pourquoi m’as-tu abandonné ?
(Ps 21, 2a)

Tous ceux qui me voient me bafouent,
ils ricanent et hochent la tête :
« Il comptait sur le Seigneur : qu’il le délivre !
Qu’il le sauve, puisqu’il est son ami ! »

 

Oui, des chiens me cernent,
une bande de vauriens m’entoure.
Ils me percent les mains et les pieds ;
je peux compter tous mes os.

 

Ils partagent entre eux mes habits
et tirent au sort mon vêtement.
Mais toi, Seigneur, ne sois pas loin :
ô ma force, viens vite à mon aide !

 

Tu m’as répondu !
Et je proclame ton nom devant mes frères,
je te loue en pleine assemblée.
Vous qui le craignez, louez le Seigneur.

Deuxième lecture

« Il s’est abaissé : c’est pourquoi Dieu l’a exalté » (Ph 2, 6-11)

Lecture de la lettre de saint Paul apôtre aux Philippiens

Le Christ Jésus,
    ayant la condition de Dieu,
ne retint pas jalousement
le rang qui l’égalait à Dieu.


    Mais il s’est anéanti,
prenant la condition de serviteur,
devenant semblable aux hommes.


Reconnu homme à son aspect,
    il s’est abaissé,
devenant obéissant jusqu’à la mort,
et la mort de la croix.


    C’est pourquoi Dieu l’a exalté :
il l’a doté du Nom
qui est au-dessus de tout nom,


    afin qu’au nom de Jésus
tout genou fléchisse
au ciel, sur terre et aux enfers,


    et que toute langue proclame :
« Jésus Christ est Seigneur »
à la gloire de Dieu le Père.


    – Parole du Seigneur.

Évangile

Passion de notre Seigneur Jésus Christ (Mt 26, 14 – 27, 66)

Gloire et louange à toi, Seigneur Jésus.
Pour nous, le Christ est devenu obéissant,
jusqu’à la mort, et la mort de la croix.
C’est pourquoi Dieu l’a exalté :
il l’a doté du Nom qui est au-dessus de tout nom.
Gloire et louange à toi, Seigneur Jésus. (cf. Ph 2, 8-9)

La Passion de notre Seigneur Jésus Christ selon saint Matthieu

Les sigles désignant les divers interlocuteurs son les suivants :
X = Jésus ; L= Lecteur ; D = Disciples et amis ; F= Foule ; A= Autres personnages.


    L. En ce temps-là,
    l’un des Douze, nommé Judas Iscariote,
se rendit chez les grands prêtres
    et leur dit :
D. « Que voulez-vous me donner,
si je vous le livre ? »


L. Ils lui remirent trente pièces d’argent.
    Et depuis, Judas cherchait une occasion favorable
pour le livrer.
    Le premier jour de la fête des pains sans levain,
les disciples s’approchèrent et dirent à Jésus :
D. « Où veux-tu que nous te fassions les préparatifs
pour manger la Pâque ? »
    L. Il leur dit :
X.  « Allez à la ville, chez un tel,
et dites-lui :
‘Le Maître te fait dire :
Mon temps est proche ;
c’est chez toi que je veux célébrer la Pâque
avec mes disciples.’ »
    L. Les disciples firent ce que Jésus leur avait prescrit
et ils préparèrent la Pâque.


    Le soir venu,
Jésus se trouvait à table avec les Douze.
    Pendant le repas, il déclara :
X.  « Amen, je vous le dis :
l’un de vous va me livrer. »
    L. Profondément attristés,
ils se mirent à lui demander, chacun son tour :
D. « Serait-ce moi, Seigneur ? »
    L. Prenant la parole, il dit :
X.  « Celui qui s’est servi au plat en même temps que moi,
celui-là va me livrer.
    Le Fils de l’homme s’en va,
comme il est écrit à son sujet ;
mais malheureux celui par qui le Fils de l’homme est livré !
Il vaudrait mieux pour lui qu’il ne soit pas né, cet homme-là ! »
    L. Judas, celui qui le livrait,
prit la parole :
D. « Rabbi, serait-ce moi ? »
L. Jésus lui répond :
X.  « C’est toi-même qui l’as dit ! »


    L. Pendant le repas,
Jésus, ayant pris du pain
et prononcé la bénédiction,
le rompit et, le donnant aux disciples, il dit :
X.  « Prenez, mangez :
ceci est mon corps. »
    L. Puis, ayant pris une coupe et ayant rendu grâce,
il la leur donna, en disant :
X.  « Buvez-en tous,
    car ceci est mon sang,
le sang de l’Alliance,
versé pour la multitude
en rémission des péchés.
    Je vous le dis :
désormais je ne boirai plus de ce fruit de la vigne,
jusqu’au jour où je le boirai, nouveau, avec vous
dans le royaume de mon Père. »


    L. Après avoir chanté les psaumes,
ils partirent pour le mont des Oliviers.
    Alors Jésus leur dit :
X.  « Cette nuit,
je serai pour vous tous une occasion de chute ;
car il est écrit :
Je frapperai le berger,
et les brebis du troupeau seront dispersées.

    Mais, une fois ressuscité,
je vous précéderai en Galilée. »
    L. Prenant la parole, Pierre lui dit :
D. « Si tous viennent à tomber à cause de toi,
moi, je ne tomberai jamais. »
    L. Jésus lui répondit :
X.  « Amen, je te le dis :
cette nuit même, avant que le coq chante,
tu m’auras renié trois fois. »
    L. Pierre lui dit :
D. « Même si je dois mourir avec toi,
je ne te renierai pas. »
L. Et tous les disciples dirent de même.


    Alors Jésus parvient avec eux
à un domaine appelé Gethsémani
et leur dit :
X.  « Asseyez-vous ici,
pendant que je vais là-bas pour prier. »
    L. Il emmena Pierre,
ainsi que Jacques et Jean, les deux fils de Zébédée,
et il commença à ressentir tristesse et angoisse.
    Il leur dit alors :
X.  « Mon âme est triste à en mourir.
Restez ici et veillez avec moi. »
    L. Allant un peu plus loin,
il tomba face contre terre en priant,
et il disait :
X.  « Mon Père,
s’il est possible,
que cette coupe passe loin de moi !
Cependant, non pas comme moi, je veux,
mais comme toi, tu veux. »
    L. Puis il revient vers ses disciples
et les trouve endormis ;
il dit à Pierre :
X.  « Ainsi, vous n’avez pas eu la force
de veiller seulement une heure avec moi ?
    Veillez et priez,
pour ne pas entrer en tentation ;
l’esprit est ardent,
mais la chair est faible. »
    L. De nouveau, il s’éloigna et pria, pour la deuxième fois ; il disait :
X.  « Mon Père,
si cette coupe ne peut passer
sans que je la boive,
que ta volonté soit faite ! »
    L. Revenu près des disciples,
de nouveau il les trouva endormis,
car leurs yeux étaient lourds de sommeil.
    Les laissant, de nouveau il s’éloigna
et pria pour la troisième fois,
en répétant les mêmes paroles.
    Alors il revient vers les disciples et leur dit :
X.  « Désormais, vous pouvez dormir et vous reposer.
Voici qu’elle est proche, l’heure
où le Fils de l’homme est livré aux mains des pécheurs.
    Levez-vous ! Allons !
Voici qu’il est proche, celui qui me livre. »


    L. Jésus parlait encore,
lorsque Judas, l’un des Douze, arriva,
et avec lui une grande foule
armée d’épées et de bâtons,
envoyée par les grands prêtres et les anciens du peuple.
    Celui qui le livrait leur avait donné un signe :
D. « Celui que j’embrasserai, c’est lui :
arrêtez-le. »
    L. Aussitôt, s’approchant de Jésus, il lui dit :
D. « Salut, Rabbi ! »
L. Et il l’embrassa.
    Jésus lui dit :
X.  « Mon ami, ce que tu es venu faire, fais-le ! »
L. Alors ils s’approchèrent,
mirent la main sur Jésus et l’arrêtèrent.
    L’un de ceux qui étaient avec Jésus,
portant la main à son épée,
la tira, frappa le serviteur du grand prêtre,
et lui trancha l’oreille.
    Alors Jésus lui dit :
X.  « Rentre ton épée,
car tous ceux qui prennent l’épée
périront par l’épée.
    Crois-tu que je ne puisse pas faire appel à mon Père ?
Il mettrait aussitôt à ma disposition
plus de douze légions d’anges.
    Mais alors, comment s’accompliraient les Écritures
selon lesquelles il faut qu’il en soit ainsi ? »
    L. À ce moment-là, Jésus dit aux foules :
X.  « Suis-je donc un bandit,
pour que vous soyez venus vous saisir de moi,
avec des épées et des bâtons ?
Chaque jour, dans le Temple, j’étais assis
en train d’enseigner,
et vous ne m’avez pas arrêté. »
    L. Mais tout cela est arrivé
pour que s’accomplissent les écrits des prophètes.
Alors tous les disciples l’abandonnèrent
et s’enfuirent.


    Ceux qui avaient arrêté Jésus
l’amenèrent devant Caïphe, le grand prêtre,
chez qui s’étaient réunis les scribes et les anciens.
    Quant à Pierre, il le suivait à distance,
jusqu’au palais du grand prêtre ;
il entra dans la cour et s’assit avec les serviteurs
pour voir comment cela finirait.
    Les grands prêtres et tout le Conseil suprême
cherchaient un faux témoignage contre Jésus
pour le faire mettre à mort.
    Ils n’en trouvèrent pas ;
pourtant beaucoup de faux témoins s’étaient présentés.
Finalement il s’en présenta deux,
    qui déclarèrent :
A. « Celui-là a dit :
‘Je peux détruire le Sanctuaire de Dieu
et, en trois jours, le rebâtir.’ »
    L. Alors le grand prêtre se leva et lui dit :
A. « Tu ne réponds rien ?
Que dis-tu des témoignages qu’ils portent contre toi ? »
    L. Mais Jésus gardait le silence.
Le grand prêtre lui dit :
A. « Je t’adjure, par le Dieu vivant,
de nous dire si c’est toi qui es le Christ,
le Fils de Dieu. »
    L. Jésus lui répond :
X.  « C’est toi-même qui l’as dit !
En tout cas, je vous le déclare :
désormais vous verrez le Fils de l’homme
siéger à la droite du Tout-Puissant
et venir sur les nuées du ciel. »
    L. Alors le grand prêtre déchira ses vêtements, en disant :
A. « Il a blasphémé !
Pourquoi nous faut-il encore des témoins ?
Vous venez d’entendre le blasphème !
    Quel est votre avis ? »
L. Ils répondirent :
F. « Il mérite la mort. »
    L. Alors ils lui crachèrent au visage
et le giflèrent ;
d’autres le rouèrent de coups
    en disant :
F. « Fais-nous le prophète, ô Christ !
Qui t’a frappé ? »


    L. Cependant Pierre était assis
dehors dans la cour.
Une jeune servante s’approcha de lui et lui dit :
A. « Toi aussi, tu étais avec Jésus, le Galiléen ! »
    L. Mais il le nia devant tout le monde et dit :
D. « Je ne sais pas de quoi tu parles. »
   L. Une autre servante le vit sortir en direction du portail
et elle dit à ceux qui étaient là :
A. « Celui-ci était avec Jésus, le Nazaréen. »
    L. De nouveau, Pierre le nia en faisant ce serment :
D. « Je ne connais pas cet homme. »
    L. Peu après, ceux qui se tenaient là
s’approchèrent et dirent à Pierre :
A. « Sûrement, toi aussi, tu es l’un d’entre eux !
D’ailleurs, ta façon de parler te trahit. »
    L. Alors, il se mit à protester violemment et à jurer :
D. « Je ne connais pas cet homme. »
L. Et aussitôt un coq chanta.
    Alors Pierre se souvint de la parole que Jésus lui avait dite :
« Avant que le coq chante,
tu m’auras renié trois fois. »
Il sortit et, dehors, pleura amèrement.


 Le matin venu,
tous les grands prêtres et les anciens du peuple
tinrent conseil contre Jésus
pour le faire mettre à mort.
    Après l’avoir ligoté,
ils l’emmenèrent et le livrèrent à Pilate, le gouverneur.


    Alors, en voyant que Jésus était condamné,
Judas, qui l’avait livré, fut pris de remords ;
il rendit les trente pièces d’argent
aux grands prêtres et aux anciens.
    Il leur dit :
D. « J’ai péché en livrant à la mort un innocent. »
L. Ils répliquèrent :
A. « Que nous importe ?
Cela te regarde ! »
    L. Jetant alors les pièces d’argent dans le Temple,
il se retira et alla se pendre.
    Les grands prêtres ramassèrent l’argent et dirent :
A. « Il n’est pas permis de le verser dans le trésor,
puisque c’est le prix du sang. »
    Après avoir tenu conseil,
ils achetèrent avec cette somme le champ du potier
pour y enterrer les étrangers.
    Voilà pourquoi ce champ est appelé jusqu’à ce jour
le Champ-du-Sang.
    Alors fut accomplie la parole prononcée par le prophète Jérémie :
Ils ramassèrent les trente pièces d’argent,
le prix de celui qui fut mis à prix,
le prix fixé par les fils d’Israël,
    et ils les donnèrent pour le champ du potier,
comme le Seigneur me l’avait ordonné.    


    L. On fit comparaître Jésus devant Pilate, le gouverneur,
qui l’interrogea :
A. « Es-tu le roi des Juifs ? »
L. Jésus déclara :
X.  « C’est toi-même qui le dis. »
    L. Mais, tandis que les grands prêtres et les anciens l’accusaient,
il ne répondit rien.
    Alors Pilate lui dit :
A. « Tu n’entends pas tous les témoignages portés contre toi ? »
    L. Mais Jésus ne lui répondit plus un mot,
si bien que le gouverneur fut très étonné.
    Or, à chaque fête, celui-ci avait coutume de relâcher un prisonnier,
celui que la foule demandait.
    Il y avait alors un prisonnier bien connu, nommé Barabbas.
    Les foules s’étant donc rassemblées,
Pilate leur dit :
A. « Qui voulez-vous que je vous relâche :
Barabbas ? ou Jésus, appelé le Christ ? »
    L. Il savait en effet que c’était par jalousie qu’on avait livré Jésus.
    Tandis qu’il siégeait au tribunal,
sa femme lui fit dire :
A. « Ne te mêle pas de l’affaire de ce juste,
car aujourd’hui j’ai beaucoup souffert en songe à cause de lui. »
    L. Les grands prêtres et les anciens poussèrent les foules
à réclamer Barabbas
et à faire périr Jésus.
    Le gouverneur reprit :
A. « Lequel des deux voulez-vous que je vous relâche ? »
L. Ils répondirent :
F. « Barabbas ! »
    L. Pilate leur dit :
A. « Que ferai-je donc de Jésus
appelé le Christ ? »
L. Ils répondirent tous :
F. « Qu’il soit crucifié ! »
    L. Pilate demanda :
A. « Quel mal a-t-il donc fait ? »
L. Ils criaient encore plus fort :
F. « Qu’il soit crucifié ! »
    L. Pilate, voyant que ses efforts ne servaient à rien,
sinon à augmenter le tumulte,
prit de l’eau et se lava les mains devant la foule,
en disant :
A. « Je suis innocent du sang de cet homme :
cela vous regarde ! »
    L. Tout le peuple répondit :
F. « Son sang, qu’il soit sur nous et sur nos enfants ! »
    L. Alors, il leur relâcha Barabbas ;
quant à Jésus, il le fit flageller,
et il le livra pour qu’il soit crucifié.
    Alors les soldats du gouverneur emmenèrent Jésus dans la salle du Prétoire
et rassemblèrent autour de lui toute la garde.
    Ils lui enlevèrent ses vêtements
et le couvrirent d’un manteau rouge.
    Puis, avec des épines, ils tressèrent une couronne,
et la posèrent sur sa tête ;
ils lui mirent un roseau dans la main droite
et, pour se moquer de lui, ils s’agenouillaient devant lui en disant :
F. « Salut, roi des Juifs ! »
    L. Et, après avoir craché sur lui, ils prirent le roseau,
et ils le frappaient à la tête.
    Quand ils se furent bien moqués de lui,
ils lui enlevèrent le manteau,
lui remirent ses vêtements,
et l’emmenèrent pour le crucifier.


    En sortant, ils trouvèrent un nommé Simon, originaire de Cyrène,
et ils le réquisitionnèrent pour porter la croix de Jésus.
    Arrivés en un lieu dit Golgotha,
c’est-à-dire : Lieu-du-Crâne (ou Calvaire),
    ils donnèrent à boire à Jésus du vin mêlé de fiel ;
il en goûta, mais ne voulut pas boire.
    Après l’avoir crucifié,
ils se partagèrent ses vêtements en tirant au sort ;
    et ils restaient là, assis, à le garder.
    Au-dessus de sa tête
ils placèrent une inscription indiquant le motif de sa condamnation :
« Celui-ci est Jésus, le roi des Juifs. »
    Alors on crucifia avec lui deux bandits,
l’un à droite et l’autre à gauche.


    Les passants l’injuriaient en hochant la tête ;
    ils disaient :
F. « Toi qui détruis le Sanctuaire et le rebâtis en trois jours,
sauve-toi toi-même, si tu es Fils de Dieu,
et descends de la croix ! »
    L. De même, les grands prêtres se moquaient de lui
avec les scribes et les anciens, en disant :
    A. « Il en a sauvé d’autres,
et il ne peut pas se sauver lui-même !
Il est roi d’Israël :
qu’il descende maintenant de la croix,
et nous croirons en lui !
    Il a mis sa confiance en Dieu.
Que Dieu le délivre maintenant,
s’il l’aime !

Car il a dit :
‘Je suis Fils de Dieu.’ »
    L. Les bandits crucifiés avec lui l’insultaient de la même manière.


    À partir de la sixième heure (c’est-à-dire : midi),
l’obscurité se fit sur toute la terre
jusqu’à la neuvième heure.
    Vers la neuvième heure,
Jésus cria d’une voix forte :
X.  « Éli, Éli, lema sabactani ? »,
L. ce qui veut dire :
X.  « Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m’as-tu abandonné ? »
    L. L’ayant entendu,
quelques-uns de ceux qui étaient là disaient :
F. « Le voilà qui appelle le prophète Élie ! »
    L. Aussitôt l’un d’eux courut prendre une éponge
qu’il trempa dans une boisson vinaigrée ;
il la mit au bout d’un roseau,
et il lui donnait à boire.
    Les autres disaient :
F. « Attends !
Nous verrons bien si Élie vient le sauver. »
    L. Mais Jésus, poussant de nouveau un grand cri,
rendit l’esprit

(Ici on fléchit le genou et on s’arrête un instant)

    Et voici que le rideau du Sanctuaire se déchira en deux,
depuis le haut jusqu’en bas ;
la terre trembla et les rochers se fendirent.
    Les tombeaux s’ouvrirent ;
les corps de nombreux saints qui étaient morts ressuscitèrent,
    et, sortant des tombeaux après la résurrection de Jésus,
ils entrèrent dans la Ville sainte,
et se montrèrent à un grand nombre de gens.
    À la vue du tremblement de terre et de ces événements,
le centurion et ceux qui, avec lui, gardaient Jésus,
furent saisis d’une grande crainte et dirent :
A. « Vraiment, celui-ci était Fils de Dieu ! »


    L. Il y avait là de nombreuses femmes qui observaient de loin.
Elles avaient suivi Jésus depuis la Galilée pour le servir.
    Parmi elles se trouvaient Marie Madeleine,
Marie, mère de Jacques et de Joseph,
et la mère des fils de Zébédée.


    Comme il se faisait tard, arriva un homme riche, originaire d’Arimathie,
qui s’appelait Joseph,
et qui était devenu, lui aussi, disciple de Jésus.
    Il alla trouver Pilate pour demander le corps de Jésus.
Alors Pilate ordonna qu’on le lui remette.
    Prenant le corps,
Joseph l’enveloppa dans un linceul immaculé,
    et le déposa dans le tombeau neuf
qu’il s’était fait creuser dans le roc.
Puis il roula une grande pierre à l’entrée du tombeau
et s’en alla.
    Or Marie Madeleine et l’autre Marie étaient là,
assises en face du sépulcre.


    Le lendemain, après le jour de la Préparation,
les grands prêtres et les pharisiens
s’assemblèrent chez Pilate,
    en disant :
A. « Seigneur, nous nous sommes rappelé
que cet imposteur a dit, de son vivant :
‘Trois jours après, je ressusciterai.’
Alors, donne l’ordre que le sépulcre soit surveillé
jusqu’au troisième jour,
de peur que ses disciples ne viennent voler le corps
et ne disent au peuple :
‘Il est ressuscité d’entre les morts.’
Cette dernière imposture serait pire que la première. »
    L. Pilate leur déclara :
A. « Vous avez une garde.
Allez, organisez la surveillance comme vous l’entendez ! »


    L. Ils partirent donc
et assurèrent la surveillance du sépulcre
en mettant les scellés sur la pierre et en y plaçant la garde.


    – Acclamons la Parole de Dieu.

 

OU LECTURE BREVE

Évangile

Passion de notre Seigneur Jésus Christ (Mt 27, 11-54)

La Passion de notre Seigneur Jésus Christ selon saint Matthieu

Les sigles désignant les divers interlocuteurs son les suivants :
X. = Jésus ; L = Lecteur ; D = Disciples et amis ; F = Foule ; A = Autres personnages.


    L. On fit comparaître Jésus devant Pilate, le gouverneur,
qui l’interrogea :
A. « Es-tu le roi des Juifs ? »
L. Jésus déclara :
X.  « C’est toi-même qui le dis. »
    L. Mais, tandis que les grands prêtres et les anciens l’accusaient,
il ne répondit rien.
    Alors Pilate lui dit :
A. « Tu n’entends pas tous les témoignages portés contre toi ? »
    L. Mais Jésus ne lui répondit plus un mot,
si bien que le gouverneur fut très étonné.
    Or, à chaque fête, celui-ci avait coutume de relâcher un prisonnier,
celui que la foule demandait.
    Il y avait alors un prisonnier bien connu, nommé Barabbas.
    Les foules s’étant donc rassemblées,
Pilate leur dit :
A. « Qui voulez-vous que je vous relâche :
Barabbas ? ou Jésus, appelé le Christ ? »
    L. Il savait en effet que c’était par jalousie qu’on avait livré Jésus.
    Tandis qu’il siégeait au tribunal,
sa femme lui fit dire :
A. « Ne te mêle pas de l’affaire de ce juste,
car aujourd’hui j’ai beaucoup souffert en songe à cause de lui. »
    L. Les grands prêtres et les anciens poussèrent les foules
à réclamer Barabbas
et à faire périr Jésus.
    Le gouverneur reprit :
A. « Lequel des deux voulez-vous que je vous relâche ? »
L. Ils répondirent :
F. « Barabbas ! »
    L. Pilate leur dit :
A. « Que ferai-je donc de Jésus
appelé le Christ ? »
L. Ils répondirent tous :
F. « Qu’il soit crucifié ! »
    L. Pilate demanda :
A. « Quel mal a-t-il donc fait ? »
L. Ils criaient encore plus fort :
F. « Qu’il soit crucifié ! »
    L. Pilate, voyant que ses efforts ne servaient à rien,
sinon à augmenter le tumulte,
prit de l’eau et se lava les mains devant la foule,
en disant :
A. « Je suis innocent du sang de cet homme :
cela vous regarde ! »
    L. Tout le peuple répondit :
F. « Son sang, qu’il soit sur nous et sur nos enfants ! »
    L. Alors, il leur relâcha Barabbas ;
quant à Jésus, il le fit flageller,
et il le livra pour qu’il soit crucifié.


    Alors les soldats du gouverneur emmenèrent Jésus dans la salle du Prétoire
et rassemblèrent autour de lui toute la garde.
    Ils lui enlevèrent ses vêtements
et le couvrirent d’un manteau rouge.
    Puis, avec des épines, ils tressèrent une couronne,
et la posèrent sur sa tête ;
ils lui mirent un roseau dans la main droite
et, pour se moquer de lui, ils s’agenouillaient devant lui en disant :
F. « Salut, roi des Juifs ! »
    L. Et, après avoir craché sur lui, ils prirent le roseau,
et ils le frappaient à la tête.
    Quand ils se furent bien moqués de lui,
ils lui enlevèrent le manteau,
lui remirent ses vêtements,
et l’emmenèrent pour le crucifier.


    En sortant, ils trouvèrent un nommé Simon, originaire de Cyrène,
et ils le réquisitionnèrent pour porter la croix de Jésus.
    Arrivés en un lieu dit Golgotha,
c’est-à-dire : Lieu-du-Crâne (ou Calvaire),
    ils donnèrent à boire à Jésus du vin mêlé de fiel ;
il en goûta, mais ne voulut pas boire.
    Après l’avoir crucifié,
ils se partagèrent ses vêtements en tirant au sort ;
    et ils restaient là, assis, à le garder.
    Au-dessus de sa tête
ils placèrent une inscription indiquant le motif de sa condamnation :
« Celui-ci est Jésus, le roi des Juifs. »
    Alors on crucifia avec lui deux bandits,
l’un à droite et l’autre à gauche.
    Les passants l’injuriaient en hochant la tête ;
    ils disaient :
F. « Toi qui détruis le Sanctuaire et le rebâtis en trois jours,
sauve-toi toi-même, si tu es Fils de Dieu,
et descends de la croix ! »
    L. De même, les grands prêtres se moquaient de lui
avec les scribes et les anciens, en disant :
    A. « Il en a sauvé d’autres,
et il ne peut pas se sauver lui-même !
Il est roi d’Israël :
qu’il descende maintenant de la croix,
et nous croirons en lui !
    Il a mis sa confiance en Dieu.
Que Dieu le délivre maintenant,
s’il l’aime !

Car il a dit :
‘Je suis Fils de Dieu.’ »
    L. Les bandits crucifiés avec lui l’insultaient de la même manière.


    À partir de la sixième heure (c’est-à-dire : midi),
l’obscurité se fit sur toute la terre
jusqu’à la neuvième heure.
    Vers la neuvième heure,
Jésus cria d’une voix forte :
X.  « Éli, Éli, lema sabactani ? »,
L. ce qui veut dire :
X.  « Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m’as-tu abandonné ? »
    L. L’ayant entendu,
quelques-uns de ceux qui étaient là disaient :
F. « Le voilà qui appelle le prophète Élie ! »
    L. Aussitôt l’un d’eux courut prendre une éponge
qu’il trempa dans une boisson vinaigrée ;
il la mit au bout d’un roseau,
et il lui donnait à boire.
    Les autres disaient :
F. « Attends !
Nous verrons bien si Élie vient le sauver. »
    L. Mais Jésus, poussant de nouveau un grand cri,
rendit l’esprit.

(Ici on fléchit le genou et on s’arrête un instant)

    Et voici que le rideau du Sanctuaire se déchira en deux,
depuis le haut jusqu’en bas ;
la terre trembla et les rochers se fendirent.
    Les tombeaux s’ouvrirent ;
les corps de nombreux saints qui étaient morts ressuscitèrent,
    et, sortant des tombeaux après la résurrection de Jésus,
ils entrèrent dans la Ville sainte,
et se montrèrent à un grand nombre de gens.
    À la vue du tremblement de terre et de ces événements,
le centurion et ceux qui, avec lui, gardaient Jésus,
furent saisis d’une grande crainte et dirent :
A. « Vraiment, celui-ci était Fils de Dieu ! »


    – Acclamons la Parole de Dieu.

Source : AELF

Dimanche des Rameaux et de la Passion

Commentaire du jour
Bienheureux Guerric d'Igny (v. 1080-1157), abbé cistercien
3e Sermon pour le dimanche des Rameaux ; SC 202 (trad. cf SC, p. 188s et Delhougne, p. 195)

« Béni soit celui qui vient au nom du Seigneur »

      C'est sous deux aspects bien différents que la fête d'aujourd'hui présente aux enfants des hommes celui que notre âme désire (Is 26,9), « le plus beau des enfants des hommes » (Ps 44,3). Il attire notre regard sous les deux aspects ; sous l'un et l'autre nous le désirons et nous l'aimons, car en l'un et l'autre il est le Sauveur des hommes...

      Si on considère en même temps la procession d'aujourd'hui et la Passion, on voit Jésus, d'un côté sublime et glorieux, de l'autre humilié et douloureux. Car dans la procession il reçoit des honneurs royaux, et dans la Passion on le voit châtié comme un malfaiteur. Ici, la gloire et l'honneur l'environnent ; là « il n'a ni apparence ni beauté » (Is 53,2). Ici, il est la joie des hommes et la fierté du peuple ; là, c'est « la honte des hommes et le mépris du peuple » (Ps 21,7). Ici, on l'acclame : « Hosanna au fils de David. Béni soit le roi d'Israël qui vient ! » Là, on hurle qu'il mérite la mort et on se moque de lui parce qu'il s'est fait roi d'Israël. Ici, on accourt vers lui avec des palmes ; là, ils le soufflettent au visage avec leurs paumes, et on frappe sa tête à coups de roseau. Ici, on le comble d'éloges ; là, il est rassasié d'injures. Ici, on se dispute pour joncher sa route avec le vêtement des autres ; là, on le dépouille de ses propres vêtements. Ici, on le reçoit dans Jérusalem comme le roi juste et le Sauveur ; là, il est chassé de Jérusalem comme un criminel et un imposteur. Ici, il est monté sur un âne, entouré d'hommages ; là, il est pendu au bois de la croix, déchiré par les fouets, transpercé de plaies et abandonné par les siens...

      Seigneur Jésus, que ton visage apparaisse glorieux ou humilié, toujours on y voit luire la sagesse. De ton visage rayonne l'éclat de la lumière éternelle (Sg 7,26). Que brille toujours sur nous, Seigneur, la lumière de ton visage (Ps 4,7) dans les tristesses comme dans les joies... Tu es la joie et le salut de tous, qu'ils te voient monté sur l'âne ou suspendu au bois de la croix.

Source : EAQ

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02 mars 2017

VEILLÉES DE CARÊME

sainte Elisabeth de la Trinité

Vivre comme une louange à la gloire de Dieu

43 - Une louange de gloire, c'est une âme qui demeure en Dieu, qui l'aime d'un amour pur et désintéressé, sans se chercher dans la douceur de cet amour ; qui l'aime par-dessus tous ses dons et quand même elle n'aurait rien reçu de Lui, et qui désire du bien à l'Objet ainsi aimé. Or comment désirer et vouloir effectivement du bien à Dieu si ce n'est en accomplissant sa volonté, puisque cette volonté ordonne toutes choses pour sa plus grande gloire ? Donc cette âme doit s'y livrer pleinement, éperdument, jusqu'à ne plus vouloir autre chose que ce que Dieu veut.

Une louange de gloire, c'est une âme de silence qui se tient comme une lyre sous la touche mystérieuse de l'Esprit Saint afin qu'il en fasse sortir des harmonies divines ; elle sait que la souffrance est une corde qui produit des sons plus beaux encore, aussi elle aime la voir à son instrument afin de remuer plus délicieusement le Coeur de son Dieu.

Une louange de gloire, c'est une âme qui fixe Dieu dans la foi et la simplicité ; c'est un réflecteur de tout ce qu'Il est ; c'est comme un abîme sans fond dans lequel il peut rayonner et contempler toutes ses perfections et sa propre splendeur. Une âme qui permet ainsi à l'Etre divin de rassasier en elle son besoin de communiquer " tout ce qu'Il est et tout ce qu'Il a," est en réalité la louange de gloire de tous ses dons.

Enfin une louange de gloire est un être toujours dans l'action de grâce. Chacun de ses actes, de ses mouvements, chacune de ses pensées, de ses aspirations, en même temps q'ils l'enracinent plus profondément en l'amour, sont comme un écho du Sanctus éternel.

44 - Au ciel de la gloire les bienheurex n'ont de repos ni jour ni nuit, disant : "Saint, saint, saint, le Seigneur Tout-Puissant.... Et se prosternant ils adorent Celui qui vit dans les siècles...

Dans le ciel de son âme, la louange de gloire commence déjà son office de l'éternité. Son cantique est ininterrompu, car elle est sous l'action de l'Esrit Saint qui opère tout en elle ; et quoiq'elle n'en ait pas toujours conscience, car la faiblesse de la nature ne lui permet pas d'être fixée en Dieu sans distractions, elle chante toujours, elle adore toujours, elle est pour ainsi dire toute passée dans la louange et l'amour, dans la passion de la gloire de son Dieu. Dans le ciel de notre âme, soyons louanges de gloire de la Sainte Trinité, louanges d'amour de notre Mère Immaculée. Un jour, le voile tombera, nous serons introduites dans les parvis éternels, et là nous chanterons au sein de l'Amour infini. Et Dieu nous donnera "le nom nouveau promis au vainqueur." Quel sera-t-il ?

Laudem gloriae

Le ciel dans la foi (Août 1906)

Ephésiens 1, 3-10

03 Béni soit Dieu, le Père de notre Seigneur Jésus Christ ! Il nous a bénis et comblés des bénédictions de l’Esprit, au ciel, dans le Christ.

04 Il nous a choisis, dans le Christ, avant la fondation du monde, pour que nous soyons saints, immaculés devant lui, dans l’amour.

05 Il nous a prédestinés à être, pour lui, des fils adoptifs par Jésus, le Christ. Ainsi l’a voulu sa bonté,

06 à la louange de gloire de sa grâce, la grâce qu’il nous donne dans le Fils bien-aimé.

07 En lui, par son sang, nous avons la rédemption, le pardon de nos fautes. C’est la richesse de la grâce

08 que Dieu a fait déborder jusqu’à nous en toute sagesse et intelligence.

09 Il nous dévoile ainsi le mystère de sa volonté, selon que sa bonté l’avait prévu dans le Christ :

10 pour mener les temps à leur plénitude, récapituler toutes choses dans le Christ, celles du ciel et celles de la terre.

AELF

***

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06 décembre 2015

SACREMENT DE CONFIRMATION -

J'ai reçu ce beau sacrement ce jour, à la messe de 10h45, en l'Eglise Notre Dame de la Salette, des mains de Monseigneur Jérôme Beau en présence de ma famille, mon parrain, mon accompagnatrice, une accompagnatrice des confirmands de ma paroisse ainsi que Christelle que la Providence a mise sur mon chemin quelques jours avant. 

Des soixante-seize adultes, de 19 à 58 ans, j'ai été la première appelée, la première à répondre :Me voici ! et la dernière à recevoir le Saint Chrême.

Me voici marquée de l'Esprit Saint le don de Dieu. .

***

1ère lecture : « Dieu va déployer ta splendeur » (Ba 5, 1-9)

Lecture du livre du prophète Baruc

    Jérusalem, quitte ta robe de tristesse et de misère,
et revêts la parure de la gloire de Dieu pour toujours,
    enveloppe-toi dans le manteau de la justice de Dieu,
mets sur ta tête le diadème de la gloire de l’Éternel.
    Dieu va déployer ta splendeur partout sous le ciel,
    car Dieu, pour toujours, te donnera ces noms :
« Paix-de-la-justice »
et « Gloire-de-la-piété-envers-Dieu ».
    Debout, Jérusalem ! tiens-toi sur la hauteur,
et regarde vers l’orient :
vois tes enfants rassemblés du couchant au levant
par la parole du Dieu Saint ;
ils se réjouissent parce que Dieu se souvient.
    Tu les avais vus partir à pied,
emmenés par les ennemis,
et Dieu te les ramène, portés en triomphe,
comme sur un trône royal.
    Car Dieu a décidé
que les hautes montagnes et les collines éternelles
seraient abaissées,
et que les vallées seraient comblées :
ainsi la terre sera aplanie,
afin qu’Israël chemine en sécurité
dans la gloire de Dieu.
    Sur l’ordre de Dieu,
les forêts et les arbres odoriférants
donneront à Israël leur ombrage ;
    car Dieu conduira Israël dans la joie,
à la lumière de sa gloire,
avec sa miséricorde et sa justice.

– Parole du Seigneur.

Psaume : Ps 125 (126), 1-2ab, 2cd-3, 4-5, 6

R/

Quelles merveilles le Seigneur fit pour nous :
nous étions en grande fête !

(Ps 125, 3)

Quand le Seigneur ramena les captifs à Sion,
nous étions comme en rêve !
Alors notre bouche était pleine de rires,
nous poussions des cris de joie.

Alors on disait parmi les nations :
« Quelles merveilles fait pour eux le Seigneur ! »
Quelles merveilles le Seigneur fit pour nous :
nous étions en grande fête !

Ramène, Seigneur, nos captifs,
comme les torrents au désert.
Qui sème dans les larmes
moissonne dans la joie.

Il s’en va, il s’en va en pleurant,
il jette la semence ;
il s’en vient, il s’en vient dans la joie,
il rapporte les gerbes.

2ème lecture : « Dans la droiture, marchez sans trébucher vers le jour du Christ » (Ph 1, 4-6.8-11)

Lecture de la lettre de saint Paul apôtre aux Philippiens

Frères,
    à tout moment, chaque fois que je prie pour vous tous,
c’est avec joie que je le fais,
    à cause de votre communion avec moi,
dès le premier jour jusqu’à maintenant,
pour l’annonce de l’Évangile.
    J’en suis persuadé,
celui qui a commencé en vous un si beau travail
le continuera jusqu’à son achèvement
au jour où viendra le Christ Jésus.
    Dieu est témoin de ma vive affection pour vous tous
dans la tendresse du Christ Jésus.
    Et, dans ma prière,
je demande que votre amour vous fasse progresser de plus en plus
dans la pleine connaissance et en toute clairvoyance
    pour discerner ce qui est important.
Ainsi, serez-vous purs et irréprochables
pour le jour du Christ,
    comblés du fruit de la justice
qui s’obtient par Jésus Christ,
pour la gloire et la louange de Dieu.


    – Parole du Seigneur.

Evangile : « Tout être vivant verra le salut de Dieu » (Lc 3, 1-6)

Acclamation :

Alléluia. Alléluia.
Préparez le chemin du Seigneur,
rendez droits ses sentiers :
tout être vivant verra le salut de Dieu.
Alléluia.

(cf. Lc 3, 4.6)

Évangile de Jésus Christ selon saint Luc

L’an quinze du règne de l’empereur Tibère,
Ponce Pilate étant gouverneur de la Judée,
Hérode étant alors au pouvoir en Galilée,
son frère Philippe dans le pays d’Iturée et de Traconitide,
Lysanias en Abilène,
            les grands prêtres étant Hanne et Caïphe,
la parole de Dieu fut adressée dans le désert
à Jean, le fils de Zacharie.


    Il parcourut toute la région du Jourdain,
en proclamant un baptême de conversion
pour le pardon des péchés,
    comme il est écrit dans le livre des oracles d’Isaïe, le prophète :
Voix de celui qui crie dans le désert :
Préparez le chemin du Seigneur,
rendez droits ses sentiers.
    Tout ravin sera comblé,
toute montagne et toute colline seront abaissées ;
les passages tortueux deviendront droits,
les chemins rocailleux seront aplanis ;
    et tout être vivant verra le salut de Dieu.


    – Acclamons la Parole de Dieu.

01 novembre 2015

SAINT BERNARD DE CLAIRVAUX - PREMIER SERMON POUR LA FÊTE DE LA TOUSSAINT

Fra-Angelico-Jésus-mappelle-t-il-a-etre-saint-Dominique-de-Pirey

Evangile selon Saint Matthieux 5, 1-12a

1. La fête de tous les saints que nous faisons aujourd'hui mérite d'être célébrée avec toute sorte tic dévotion. En effet, si la fête de saint Pierre, de saint Étienne, ou de tout autre saint nous parait grande, et l'est, en effet, combien plus grande doit être pour nous celle que nous- faisons aujourd'hui, puisque au lieu d'être la fête d'un seul saint, elle est la fête de tous les saints ? Vous n'ignorez pas, nies frères, que les gens du monde célèbrent leurs fêtes par des festins mondains, et que plus la solennité est grande plus aussi ils font bonne chère. Eh quoi donc? ne faut-il pas aussi que ceux qui se sont convertis dans leur coeur, recherchent les délices du coeur; les gens,spirituels ne doivent-ils pas aussi rechercher des,joies spirituelles? Aussi, mes frères, notre festin est-il préparé, tout est-il cuit, et le temps de nous mettre à table est-il arrivé. Il est juste que nous commencions par les festins de l'âme puisque, sans l'ombre d'un doute, elle l'emporte sur le reste de notre être, et qu'elle est sans comparaison la meilleure partie de nous-mêmes. D'ailleurs, il est de toute évidence que la fête des saints se rapporte bien plus à l'âme qu'au corps. Or, les âmes doivent prendre beaucoup plus de part aux choses qui se rapportent à l'âme, attendu qu'il y a entre ces choses et elles un plus grand rapport. Voilà pourquoi aussi les saints compatissent beaucoup plus aux âmes, désirent davantage les biens des âmes et se complaisent plus dans leur réfection, ils ont, comme nous, été passibles, comme nous ils ont eu à déplorer les peines de notre. voyage et de notre misérable exil, et à éprouver le poids accablant de ce corps, le tumulte du siècle, et les tentations de l'ennemi. On ne saurait donc révoquer en doute que cette solennité ne leur soit beaucoup plus agréable, parce qu'il y est pourvu, au festin des âmes, que celle que les mondains célèbrent, en donnant plus de soins à la chair dans les désirs de la volupté.

2. Mais où trouverons-nous le pain des âmes dans cette terre déserte, dans ce séjour d'horreur, dans cette solitude? Où procurer le pain spirituel, sous le soleil où ne se trouve que travail, douleur et affliction d'esprit ? Mais je sais quelqu'un qui a dit . «Demandez et vous recevrez (Matt. VII, 7), » et ailleurs : « Si donc vous autres, tout méchants que vous êtes, vous savez néanmoins donner de bonnes choses à vos enfants, à combien plus forte raison, votre Père qui est dans les cieux donnera-t-il le bon esprit à ceux qui le lui demandent (Luc. XI, 13) ? » Je n'ignore pas avec quelles instances vous avez, pendant toute la nuit et toute cette journée, demandé au ciel de vous donner le pain vivant qui fortifie non le corps, mais le coeur de l'homme. Car je n'oserai vous donner le nom de convives; nous ne sommes que des, mendiants qui vivons de la prébende de Dieu, oui, des mendiants, étendus à la porte d'un roi excessivement riche, des pauvres couverts d'ulcères et désirant se nourrir, que dis-je, se soutenir au moins en mangeant les miettes qui tombent de la table de leurs maîtres dont ils font, aujourd'hui la fête, qui nagent en ce moment au sein des délices, et qui reçoivent une mesure bonne et foulée, une mesure qui déborde. Nous espérons bien qu'il se trouvera quelqu'un pour nous distribuer ces miettes, car il y a un chaos immense, une distance infinie entre la libéralité, la bonté de Dieu et la cruauté du mauvais riche. Aussi, notre Père nous a-t-il donné notre pain aujourd'hui; d'ailleurs, il faut bien que le Père des miséricordes se montre le Père des misérables, il nous a donné, dis-je, 1e pain du ciel, et nous a envoyé des vivres en abondance : je serai voire fidèle maître d'hôtel, puisse mon âme servir utilement à vous les préparer.

3. Mon coeur s'est échauffé pendant toute la nuit au-dedans de moi pour vous préparer les mets que je dois vous servir, et pendant que je méditais ces choses, un feu s'est embrasé dans mon âme (Psal. XXXVIII, 4), sans doute, celui que le Seigneur est venu apporter sur la terre, et qu'il n'a d'autre désir que de voir prendre comme un incendie. Pour une nourriture spirituelle,il faut nécessairement une cuisine spirituelle et lin feu spirituel. Il ne me reste plus qu'à vous servir ce que j'ai préparé; pour vous, ne voyez que le Seigneur qui vous traite, non le serviteur qui vous distribué ce qu'il vous donne. Cas pour moi, en ce qui me concerne, je ne suis pas autre chose que votre compagnon do service, qui s'unit à vous pour mendier pour lui en même temps que, pour vous, comme le Seigneur le sait, le pain du ciel; mais c'est votre Père lui-même, c'est lui qui vous repaît d'oeuvres et de paroles, et même de la chair de son propre Fils, qui est une vraie nourriture. Quant aux oeuvres, je lis : «Ma nourriture est de faire la volonté de mon Père (Jean. IV, 34), » pour ce qui est des paroles, je lis également

: « L'homme ne vit pas seulement de pain, mais de toute parole qui sort de la bouche de Dieu (Deut. VIII, 3. » Nous avons donc à nous nourrir aujourd'hui de ses oeuvres et de ses paroles ; ensuite nous recevrons, s'il nous en fait la grâce, le sacrement sans tache de son corps sur la très-sainte table de son autel.

4. Nous lisons dans l'Evangile, que « Jésus, en apercevant une grande foule, monta sur une montagne (Matt. V, 1).» Les populations quittaient, en effet; les villes et les bourgades pour aller entendre les prédications. du Seigneur qui sauvait les âmes des uns, guérissait les corps des autres, et se les attachait tous par les liens du coeur, autant que par le bonheur qu'ils avaient à le voir. Car, sa voix était douce et sa figure agréable, s'il faut en croire celui qui lui dit : « Vous surpassez en beauté les enfants des hommes et une grâce admirable est répandue sur vos lèvres (Psal. XLIV, 8). » Tel est celui que nous suivons et à qui nous nous sommes attachés. Il est tout désirable, et non-seulement les populations, mais les saints anges eux-mêmes brûlent de le considérer. Que pourrai-je donc vous offrir de plus doux ? Il est les délices des anges. Coûtez donc et voyez combien le Seigneur est doux. Rien de ce qu'on peut désirer sur la terre ne saurait entrer en comparaison de cette douceur, de cette saveur, de cette sagesse qui est vraiment tirée des endroits les plus cachés. Et quoi! faut-il s'étonner de trouver l'éclat dans le soleil, la beauté dans la fleur, le goût dans le pain et la fécondité dans la terre? Mais toutes ces qualités-là sont autant de dons de Dieu, ton ne saurait douter, quelque part qu'il en ait donnée aux créatures, qu'il ne s'en soit réservé une plus grande encore.

5. Il ne faut pas croire que ce soit sans raison qu'il soit monté sur une montagne, d'autant plus que cela avait été prédit bien longtemps d'avarice, par un prophète qui avait dit : « montez sur une montagne, vous qui annoncez la bonne nouvelle à Sion; élevez la voix avec force, vous qui évangélisez Jérusalem (Isa. XL, 9). » Dans cette ascension sur la montagne, je vous propose de voir, à moins que vous n'ayez trouvé quelque chose de mieux, ce que Saint Luc nous rappelle au commencement du livre des Actes des apôtres, quand il nous dit. «J'ai parlé dans mon premier livre, ô Théophile, de tout ce que Jésus a fait et enseigné (Act. I, 1). » Évidemment il n'a pas agi à la façon des Pharisiens qui liaient de lourds fardeaux qu'on ne pouvait porter, efforçaient les autres à les prendre sur leurs épaules, tandis que pour eux, ils n'y voulaient pas même toucher du bout du doigt (Matt. XXIII, 4). Est-ce que ce n'est pas là un pain délicieux pour l'âme, un pain qui fortifie le coeur de l'homme ? Je vous suis avec confiance, Seigneur, et je m'avance en toute sécurité dans la voie de vos commandements, parce que je sais que vous m'y avez précédé. Oui, je cours en toute sûreté dans la voie de vos commandements, depuis que je sais que vous êtes parti des extrémités du Ciel, pour parcourir votre carrière, et que vous êtes allé jusqu'à l'autre extrémité (Psal. XVIII, 7) en suivant la même voie. Je ne saurais, mes frères, vous mâcher ainsi chaque mot en détail , mais montrez-vous des animaux purs, et qui sachent ruminer, afin d'accomplir cette parole : « Il y a toujours un trésor précieux dans la bouche du sage (Prov. XXI, 20). » La brièveté du temps et l'abondance des matières, me forceront peut-être à borner mes paroles, et à passer un peu rapidement.

6. « Jésus, voyant la foule, monta sur une montagne : » il la voyait d'un regard de commisération, car elle était comme un troupeau de brebis errantes qui n'ont point de pasteur. Que veut-il nous apprendre lorsque, avant d'enseigner, il monte sur une montagne, si non qu'il faut que les prédicateurs de la parole de Dieu tendent en haut par les désirs de leur âme, et par la sainteté de leur vie, et gravissent la montagne des vertus? « Lorsqu'il se fut assis, ses disciples s'approchèrent de lui (Matt. V, 1). Lorsqu'il se fut assis, » dit l'Évangéliste, autrement qui est-ce qui aurait pu s'approcher d'un pareil géant, s'il fût demeuré debout ? Mais il s'est baissé avec sa bonté extrême, il est descendu jusqu'à s'asseoir, en sorte qu'il pût dire à son Père : « Vous m'avez connu lorsque j'étais cassis, et vous me connûtes aussi quand je me fus levé (Psal: CXXXVIII, 1). » Il s'est assis, en effet, pour permettre aux publicains même et aux pécheurs, à Marie Madeleine et au Larron sur sa croix, de s'approcher de sa personne à laquelle ne sauraient s'élever les anges eux-mêmes, si elle demeurait debout. « Et lorsqu'il se fut assis ses disciples s'approchèrent de lui, » beaucoup plus par un mouvement dit cœur et par l'imitation de ses vertus que par le déplacement des pieds. C'est bien que l'Évangéliste nous dise que ce n'est pas la troupe des premiers venus, ni une partie du peuple, mais ses disciples qui se sont approchés de lui. Il arrive par là que de même que l'Ancien Testament, au rapport des Livres saints, a été donné sur le mont Sinaï, où Moïse seul était monté, tandis que le peuple attendait au pied (Exod. XXIV, 14), ainsi aujourd'hui les montagnes reçoivent la paix pour le peuple, et les collines, la justice; ce que les apôtres devront un jour prêcher à la lumière, et annoncer sur les toits leur est dit dans une sorte de ténèbres, dans -le secret, et dans le tuyau de l'oreille. Après cela le récit de l'Évangéliste se poursuit ainsi

7. «Et, ouvrant la bouche, il les instruisait. » Aujourd'hui il ouvre sa propre bouche, comme il avait autrefois ouvert celle des prophètes. C'est pour cela que le Psalmiste a dit quelque part : « Seigneur vous m'ouvrirez la bouche, et mes lèvres annonceront vos louanges (Psal. I., 17). » Après avoir parlé autrefois en diverses occasions et en diverses marnières dans les prophètes (Hebr. I, 1), il parle enfin lui-même à son tour, comme s'il avait dit : Je vous parlais autrefois, aujourd'hui me voici soirs vos yeux. Heureux ceux qui ont entendu parler la Sagesse même incarnée, qui ont recueilli des lèvres mêmes du Verbe de Dieu, les paroles qui en découlaient. Mais ce qu'ils ont entendu nous a été conservé, et nous pouvons l'entendre à notre tour, quoique ce ne soit plus de ses lèvres. « Ouvrant donc la bouche, il les instruisait en disant : Bienheureux les pauvres d'esprit (Matt. V, 2). » Oui, on peut bien dire qu'il a ouvert sa bouche où se trouvent cachés des trésors de sagesse et de science, et sa doctrine est bien celle de Celui qui a dit dans l'Apocalypse, « Je m'en vais faire toutes choses nouvelles (Apoc. XXII 5), » et qui auparavant avait dit par un prophète, « Je vais ouvrir ma bouche, et ,je vous révélerai des choses cachées depuis le commencement du monde (Psal. LXXVII, 2). » Qu'y a-t-il de purs caché, eu effet, que le bonheur de la pauvreté? Et pourtant c'est la vérité même qui nous en parle, la vérité qui ne peut ni tomber ni induire en erreur, c'est elle, dis-je, qui nous apprend que « les pauvres d'esprit sont bienheureux (Matt. V, 3). » Et vous insensés enfants d'Adam, vous recherchez encore les richesses, vous désirez toujours les richesses, quand le bonheur de la pauvreté a été annoncé, prêché par un Dieu au monde, et cru des hommes! que les païens les recherchent, ils vivront sans Dieu; qu'un juif soupire après elle, il n'a reçu que des promesses qui ont rapport à la terre; mais de quel front, disons mieux, avec quelle conscience un Chrétien recherchera-t-il les richesses, après que le Christ lui-même a proclamé que les pauvres sont bienheureux ? Jusques à quand, enfants étrangers, jusques à quand votre bouche continuera-t-elle à ne parler que de vanité et à proclamer heureux les hommes qui possèdent ces choses, ces biens visibles, les biens de la vie présente, quand le Fils dé Dieu a ouvert la bouche pour nous faire entendre la vérité, pour dire heureux les pauvres, malheur aux riches?

8. Mais remarquez bien qu'il ne parle pas des pauvres en général, des hommes du peuple qui ne sont pauvres que par le fait d'une misérable nécessité, non d'un acte louable de leur volonté. Je sais bien que leur misère, et leur affligeante détresse, peut leur être utile auprès de la miséricordieuse bonté de Dieu, mais je sais aussi que le Seigneur n'a point parlé d'eux en cet endroit; il n'a parlé que de ceux qui peuvent dire avec le Prophète : «mon sacrifice sera volontaire (Psal. LIII, 8). » Il ne faut pas non plus conclure de là, que toute espèce de pauvreté volontaire soit ici l'objet des louanges de Dieu. E n effet, il y eut des philosophes qui quittèrent tout, nous dit-on, afin, étant libres de tout souci des choses de ce monde, de pouvoir s'adonner plus librement à l'étude de la vanité; ils ne voulaient point être riches des biens de la terre, afin de l'être d'avantage des choses qu'ils goûtaient plus. C'est pour les exclure qu'il est dit « les pauvres d'esprit,» c'est-à-dire pauvres par le fait d'une volonté toute spirituelle. « Bienheureux donc les pauvres d'esprit, » c'est-à-dire ceux qui le sont par suite d'une intention, d'un désir spirituel, uniquement pour plaire à Pieu, et pour faire leur salut : « car le royaume des cieux est à eux. » Or, qui est-ce qui parle ainsi, qui déclare les pauvres bienheureux, et les. enrichit de la sorte? Est-ce parce qu'il dit est vrai? Oui, n'en doutez point, car celui qui promet qu'il en sera ainsi, est capable de tenir à ses promesses. Si l'ennemi murmure, il lui répondra: ne m'est-il pas permis de faire ce que je veux ? Et votre oeil est-il mauvais parce que je suis bon Matt. XX, 15) ? Si tu as été justement humilié pour avoir voulu t'élever contre moi, ne faut-il pas élever ceux qui s'humilient pour moi? En effet, mes frères, si ce misérable ennemi a été précipité du ciel, pour avoir aspiré à la grandeur, convoité l'élévation, et présumé de monter plus haut qu'il n'était, n'est-il pas logique que ceux qui sont descendus à l'humble rang des pauvres volontaires, soient heureux et « possèdent le royaume des cieux, » qu'il a perdu? Remarquez aussi avec quel à propos la Sagesse même a commencé par indiquer le remède au premier péché. C'est comme s'il avait, dit en termes plus clairs : Vous voulez obtenir le ciel que l'ange a perdu par son orgueil, l'ange, dis-je, qui a été confondu dans sa propre force, et au sein de ses innombrables richesses ? Embrassez l'humble pauvreté, et il est à vous. Mais continuons.

9. « Bienheureux ceux qui sont doux. » Bien, très bien. Voilà, en effet, comment il convenait de louer la douceur, après avoir fait l'éloge de la Pauvreté, attendu que la première tentation qui éprouve ordinairement. ceux qui ont tout quitte, c'est celle qui résulte des souffrances du corps et des afflictions auxquelles la chair n'est point encore habituée. A quoi bon la pauvreté, si, ce qu'à Dieu ne plaise, celui qui s'est fait pauvre, tombe dans le murmure, devient impatient, né peut plus supporter le joug de la discipline? Il est très-bien aussi, qu'après la promesse du royaume des cieux, ils en reçoivent un autre de moindre importance, comme une sorte de gage , afin que , selon ce mot de l'Écriture, « nous ayons en même temps la promesse de la vie présente et celle de la vie future ( I Tim. IV, 8), » et que, par ce que nous voyons en cette vie , nous concevions une ferme espérance des biens de l'autre. « Bienheureux ceux qui sont doux, parce qu'ils posséderont la terre. » Or, par cette terre je comprends notre corps , attendu que si l'âme veut le posséder, si elle veut régner sur ses membres, il faut qu'elle soit elle-même pleine de douceur et soumise à son supérieur, car elle trouvera son inférieur tel qu'elle se sera montrée elle-même envers son supérieur. La créature, en effet, prend les armes pour venger l'injure de son Créateur. Ainsi toute âme qui trouve sa chair révoltée contre elle, doit reconnaître qu'elle est elle-même moins soumise qu'elle ne doit aux puissances supérieures. Qu'elle s'adoucisse donc et qu'elle s'humilie sous les mains puissantes du Très-Haut, qu'elle se soumette à Dieu, ainsi qu'aux prélats qui lui commandent de sa part, et aussitôt elle trouvera un corps obéissant et soumis aussi. En effet, c'est la Vérité même qui nous le dit : « Bienheureux ceux qui sont doux, parce qu'ils posséderont la terre. » Or, voyez si ce second remède n'est pas celui que réclame notre seconde blessure. En effet, après la chute de l'ange, Ève est la première créature qui pèche ; agitée par l'inquiétude de l'esprit, elle rejette en même temps le joug si doux et le fardeau bien léger de la défense du Seigneur, parce qu'elle De veut point attendre qu'elle mérite de recevoir la perfection de son bonheur de la main de Dieu qui lui avait déjà donné tout le reste, et préfère la cueillir elle-même, sûr le conseil du serpent. Voilà pourquoi elle perdit le paradis, la terre des délices, voilà pourquoi elle ressentit dans son corps même une loi de révolte. Mais peut-être, à ces mots du Seigneur , soupirez-vous déjà après la mansuétude, et vous plaignez-vous de la sauvagerie de votre propre crieur, de ses mouvements qui le font ressembler à une bête féroce, de son humeur farouche et indomptée. Remarquez donc ce qui suit.

10. « Bienheureux ceux qui pleurent, parce qu'ils seront consolés. » Il faut user du fouet pour dompter le cheval; ce qui triomphe d'une âme qui n'est pas douce, c'est là contrition de l'esprit et les larmes continuelles. Aussi, dans toutes vos actions , rappelez-vous vos fins dernières , ayez sans cesse sous les yeux du coeur l'horreur de la mort, les séparations terribles du jugement dernier; les flammes redoutables de l'enfer. Songez aux misères de votre pèlerinage, repassez dans l'amertume de votre âme le souvenir de vos années ; songez aux périls de la vie de l'homme, et pensez à votre propre fragilité. Si vous vous nourrissez constamment de ces pensées, je vous assure que vous ressentirez peu tous les maux du dehors, vous serez absorbé tout entiers par les peines intérieures. Mais le Seigneur ne souffrira point, mon frère, que vous soyez sans consolation aucune, car il est le père des miséricordes, et le Dieu de toute consolation. Les promesses de la Vérité. « Heureux ceux qui pleurent, parce qu'ils seront consolés, » s'accompliront en entier pour vous. D'ailleurs, je trouve dans Salomon une pensée qui se rapporte à merveille à celle-là : « Mieux vaut, dit-il, aller à une maison de deuil, que dans une maison de festin. (Eccli. VII, 3). » Tu serais bienheureuse, toi aussi, ô Ève, si après ta faute, tu avais cherché la consolation des larmes; si ton coeur s'était tourné vers le regret, tu aurais promptement obtenu ton pardon. Mais voilà que tu as recherché une bien misérable consolation, en entraînant ton mari dans ta chute ; tu as ainsi empoisonné toute ta race , en lui inoculant un poison terrible, un vice affreux, tel enfin,. que de, nos jours encore, on se console de son malheur par le malheur des autres. O Ève, quelle malheureuse consolation est la tienne, et combien malheureuse aussi est la consolation de ceux qui t'imitent ! Mais « bienheureux ceux qui pleurent, parce qu'ils seront consolés. » Mais en quoi consiste cette consolation, sinon dans la grâce de la dévotion qui prend sa source dans l'espérance du pardon, qu'est-elle autre chose que l'infinie douceur du bien, le goût de la sagesse, si petit qu'il soit, dont le Seigneur, en attendant, commence dans sa bonté, par rafraîchir l'âme affligée ! Mais ce goût même, qu'est-ce, sinon quelque chose qui éveille nos désirs, et excite notre amour, selon ce qui est dit : « Ceux qui me mangent, auront faim encore, et ceux qui me boivent, voudront encore boire (Eccli. XXIV, 29) ? » Aussi le Seigneur continue-t-il aussitôt :

11. « Bienheureux ceux qui ont faim et soif de la justice, parce qu'ils seront rassasiés (Matt. V, 6). » Que celui donc qui a faim ait une faim plus grande, que celui qui brûle de désir, soit consumé par des désirs encore plus ardents ; car, plus vos désirs seront grands, plus vous devez recevoir : que dis-je, ce n'est. pas l'imperfection et la mesure de vos désirs qui seront la règle, attendu que. vous ne pouvez désirer avec perfection que dans, l'état de perfection; or, on ne peut être dans cet état de perfection tant qu'on ne le désire point d'une manière parfaite; mais vous recevrez une bonne mesure, une mesuré foulée, pressée et enfaîtée. « Bienheureux ceux qui ont faim et soif de la justice, parce qu'ils seront rassasiés. » Le palais de notre coeur est trop faible encore, et notre âme trop languissante pour ne pas trouver la justice dure et insipide : mais quand on y a goûté, on sait ce qu'il en est, et combien sont heureux ceux qui en sont affamés, attendu « qu'ils seront rassasiés. » O satiété vraiment heureuse et glorieuse ! O saint festin ! O agapes désirables ! Là il n'y a plus ni anxiété ni dégoût, parce que la satiété est complète, cependant le désir est toujours immense. « Bienheureux ceux qui out faim et, soif de la justice, parce qu'ils seront rassasiés. » Je crois que ces paroles sont dirigées contre Adams , qui peut-être bien a eu une partie de la justice , puisqu'il compatit à sa femme; mais s'il eût eu véritablement faim de la justice, il se serait :mie en peine de rendre ce qu'il devait, non-seulement à sa femme, mais aussi et surtout à son Créateur. S'il devait compatir à sa femme, il devait la discipliner, puis qu'elle était son inférieure, car l'homme est le chef de la femme (Ephes. V, 13). Or il devait à Dieu obéissance et soumission. Mais que penser, mes frères, en voyant que de tous ceux qui jugent si sévèrement ce qu'il a fait, il y en a tant qui ont la folie de l'imiter? Il yen a tant, disje , qui s'indignent contre lui, parce qu'il a écouté la voix de sa femme plutôt que celle de Dieu, et qui eux-mêmes écoutent aussi leur Ève, je veux dire leur propre chair, dé préférence à Dieu! Mes frères, si en ce moment nous voyions Adam placé, par les pensées qui s'élèvent dans son coeur, , entre les prières de sa femme et le commandement de son Créateur, ne crierions-nous pas ; Prends garde, malheureux, fais attention, ne cède point ; ta femme a, été séduite , ne te range pas de son côté ? Pourquoi donc, toutes les fois que nous sommes exposés à une tentation pareille, ne nous disons-nous point aussi la même chose avec la même conviction? « Car, bienheureux ceux qui ont faim et soif de la justice, parce qu'ils seront rassasiés. » Mais qu'est-ce que toute notre justice, par rapport à Dieu? N'est-ce pas, pour me servir de l'expression même du Prophète, comme un linge souillé d'un sang impur? Bien plus, si on va au fond des choses, toute notre justice sera trouvée injuste, et moins que cela encore. Que sera ce donc de nos péchés, si nôtre justice ne peut guère répondre pour elle-même? Aussi, devons-nous nous écrier avec le Prophète : « Seigneur, n'entiez pas en jugement avec votre serviteur (Psal. CXLII, 2), » et recourir en toute humilité à la miséricorde, qui seule peut sauver nos, âmes, et méditer sérieusement les paroles suivantes :

12. « Bienheureux les miséricordieux, parce qu'ils obtiendront miséricorde. » Or, remarquez comment Zachée embrasse l'une et l'autre à la fois, quand il dit . « Seigneur, je vais donner la moitié de mon bien aux pauvres, et, si j'ai fait du, tort à quelqu'un, je lui rendrai quatre fois autant (Luc. XIX, 8). » Voyez-vous quelle faim il a de la justice, celui-là, quand, non content de rendre ce qu'il doit à la rigueur, il le restitue au quadruple. Il se montre également d'une grande miséricorde quand il donne aux pauvres la moitié de son bien. Toutefois je ne puis passer sous silence ce qui me vient à la pensée ; il faut que ma bouche dise les louanges du Seigneur, oui, les louanges du Seigneur, non les vôtres; car ce n'est point à vous, mais à son nom que je rapporte la gloire. Certainement Zachée, dont l'Évangile fait l'éloge, a donné la moitié de ses biens aux pauvres; mais moi, je vois ici bien des Zachées qui ne se sont rien réservé de tout. ce qu'ils possédaient. Qui m'écrira. l'histoire évangélique de tous ces Zachées, ou plutôt de tous ces Pierres qui peuvent dire aussi avec toute confiance ara Seigneur : « Nous avons tout quitté et nous sommes mis à votre suite (Matt. XIX, 27) ? » Mais elle est écrite déjà dans l'Évangile éternel et scellée dans le livre de vie. « Bienheureux les miséricordieux parce qu'ils obtiendront miséricorde. » Mais maintenant, mes frères, ce que je dis va droit à la cruauté d'Adam qui semblait d'abord n'avoir faibli que par amour pour sa femme. Nous savons, en effet, Adam, que cette femme est l'os de tes os, la chair de ta chair, et que c'est par amour pour elle que tu as péché. Eh bien, voyons donc jusqu'à quel point tu l'aimais. Voilà le Seigneur qui vient armé d'un glaive de feu pour punir votre prévarication, mets-toi entre ses coups et elle, et dis-lui : Seigneur, ma femme était bien faible, elle s'est laissé séduire; c'est moi qui ai péché, sa faute est la mienne, que votre vengeance ne retombe que sur moi. Mais bien loin de tenir ce langage: « La femme que vous m'avez donnée, dit-il, m'a présenté du fruit de cet arbre et j'en ai mangé (Gen. III, 12). » O perversité ! Tu ne veux point être puni pour-elle, et tu n'as pas refusé de partager sa faute ! O douleur, comme tu as tout confondu dans ta malheureuse miséricorde, quand tu aurais dû té montrer sévère, et comme tu te montrés pernicieusement cruel quand tu aurais dû faire preuve de miséricorde? En effet, tu n'aurais dû, à aucun titre, pécher pour lui plaire, et tu devrais, au contraire, satisfaire pour elle de bon coeur. Car, mes frères, telle est la règle et la justice, c'est de ne jamais faire mal pour personne, la miséricorde consiste à se charger volontiers du péché d'autrui. «Bienheureux ceux qui ont faim et soif de la justice parce qu'ils seront rassasiés. Bienheureux les miséricordieux , parce qu'ils obtiendront miséricorde. » Voyons la suite.

13. « Bienheureux les coeurs purs , parce qu'ils verront Dieu. » Oui, heureux et bienheureux sont-ils, puisqu'ils verront celui que les anges brûlent de considérer, celui dont la vision seule st toute la vie éternelle. Mon coeur vous a dit : Ma face a cherché la vôtre, Seigneur, je rechercherai votre face. En effet, qu'y a-t-il pour moi au ciel, et que désiré-je sur la terre? Ma chair et mon cœur sont tombés en défaillance dans mon désir de vous avoir, ô mon Dieu, vous qui êtes le Dieu de mon coeur, et mon partage pour toute l'éternité (Psal. LXXII, 24 et 25). Quand donc me comblerez-vous de joie par la vue de votre visage (Psal. XV, 11) ? Malheur à moi à cause de l'impureté de mon coeur, c'est elle qui s'oppose à ce que je sois digne, dés à présent, d'être admis à cette bienheureuse vision. Quel soin, mes frères, quelle ardeur ne faut-il pas apporter à purifier l'oeil dont nous devons voir notre Dieu? Or, je sens que cet œil est obscurci chez moi par trois sortes de souillures, par la concupiscence de la chair, par la concupiscence de la gloire temporelle et par la conscience de nos fautes passées; mon âme est, en effet, agitée par deux sortes de désirs que je ne puis éteindre ni par la raison, ni par rues propres forces, tant que je demeure dans ce. siècle mauvais, et que je suis retenu par les liens de ce corps de mort. Toutefois contre ces souillures, j'ai recours à la prière ; voilà pourquoi, de même que les yeux du serviteur sont attachés sur les mains de leurs maîtres, ainsi mes yeux sont, fixés sur le Seigneur, notre Dieu, en attendant qu'il ait pitié de nous (Psal. CXXII, 3), parce que seul, il est pur, et que seul il peut rendre pur celui qui est conçu d'un germe impur (Job. XIV, 4). De même, contre la conscience du péché, nous avons le remède de la confession ; car la confession lave toutes les souillures ; ce qui purifie l'oeil de toutes les souillures, c'est donc la prière et la confession. Or, « Bienheureux les coeurs purs, parce qu'ils verront Dieu. » Ils le verront à la fin du monde, face à face, ils le verront dès maintenant. même, mais seulement. comme en énigme et dans un miroir, car ils ne le connaissent qu'en partie, mais alors ils le connaîtront parfaitement. Tout homme, dans la conscience de qui le péché vit encore enfermé, pèche par excès d'espérance, et se figure que ses péchés déplaisent moins à Dieu qu'ils ne lui déplaisent, en effet, ou bien il pèche par défaut d'espérance, en pensant que Dieu est sans miséricorde. Dans les deux cas, il mérite également que Dieu lui dise : « Vous avez crié, ô homme d'iniquité, que je vous ressemblerais (Psal. XLIX, 22); » car, ni dans l’un ni dans l'autre cas, cet homme, ne voit Dieu, son iniquité se trompe elle-même, en se forgeant. une idole à la place de ce qu'il ne saurait être. « Bienheureux les coeurs purs, parce qu'ils verront Dieu. » Par conséquent, malheureux Ève, et Adam, qui ont cherché une excuse à leur péché, dans des paroles de malice. En fuyant le remède de la confession, ils demeurent le coeur souillé et ils se trouvent rejetés de la. vue de Dieu. Poursuivons.

14. « Bienheureux les pacifiques, parce qu'ils seront appelés les enfants de Dieu. » Il est bien juste qu'ils soient appelés les enfants de Dieu, puisqu'ils auront accompli fceuvre de son Fils. En effet, c'est par Lui que nous sommes réconciliés avec Dieu, c'est lui qui a pacifié dans son sang tout ce qu'il y a dans lés cieux et sur la terre, Lui, le médiateur entre Dieu et l'homme; l'homme Jésus-Christ. Remarquez, en effet, comment, par ces trois béatitudes, l'âme se trouve réconciliée avec elle-même, par les deux suivantes avec le prochain, par la sixième avec Dieu, et comment par la septième il réconcilie aussi les autres entre eux, se trouvant lui-même reçu dans la grâce du Seigneur, et placé au sein de la félicité bienheureuse. En effet, la pauvreté, la douceur et les larmes reproduisent dans l'âme. une sorte de ressemblance et d'image de l'éternité qui embrasse tous les temps; car, en même temps que la pauvreté s'assure l'avenir, la douceur possède le présent et les larmes de la pénitence récupèrent le passé, selon ce qui est écrit : « Je repasserai devant vous, Seigneur, toutes les années de ma vie dans l'amertume de mon âme (Isa. XXXVIII, 15). » De leur côté, la justice et la miséricorde nous rapprochent du prochain, puisque, tandis que la première nous empêche de faire au prochain ce que nous ne voudrions pas qu'on nous fit à nous-mêmes, la miséricorde, ait contraire, nous porte à lui faire ce que nous désirerions qu'il nous fit. Alors, réconciliés avec nous-mêmes, réconciliés avec Dieu, il ne nous reste plus qu'à nous réconcilier aussi avec Dieu, avec une pleine confiance, par la pureté du coeur. Mais bienheureux ceux qui, dans un sentiment de reconnaissance de se voir réconciliés, se montrent pieusement inquiets pour les autres et travaillent de tout leur pouvoir à les réconcilier entre eux et avec Dieu. De quelles louanges ne trouvez-vous point digne, en effet, et avec quelle affection ne devez-vous point accueillir celui de vos frères qui, non content de vivre sans querelle au milieu de ses frères, veille sans cesse sur lui pour qu'il n'y ait rien en lui d'exerçant pour les autres; qui supporte avec la plus grande patience tout ce qu'il a de pénible dans les autres, fait siens les scandales de chacun et s'écrie avec l'Apôtre : « Qui est scandalisé sans que je brûle, qui est faible sans que je partage sa faiblesse (II Cor. XI, 28) ? Bienheureux les pacifiques, parce qu'ils seront appelés les enfants de Dieu (Matt. V, 9). » Dieu n'est pas un Dieu de dissensions, mais un Dieu de paix, aussi est-il juste de donner le nom de ses enfants à ceux qui sont les enfants de la paix.

15. La huitième béatitude est la prérogative des martyrs; mais le martyre et la force de le souffrir ne semblent plus être de ce temps. De nos jours, ou honoré davantage la justice, du moins en apparence, mais il en est bien peu qui souffrent la persécution pour elle, si tant est qu'il y en ait, mais s'il s'en trouvé, je les déclare bienheureux, parce que le royaume dé Dieu est à eux, et personne ne pourra les y poursuivre. Si les tribulations se multiplient, que noire joie grandisse à proportion , ne regardons point aux maux qui se voient, mais à la récompense qui est invisible; ce qui ne se voit pas est pour l'éternité. Vous serez bienheureux, continue le Sauveur, lorsque les hommes vous chargeront d'injures, vous persécuteront, et, à cause de moi, diront foute sorte de mal contre vous. Réjouissez-vous alors et tressaillez d'allégresse, parce qu'une grande récompense vous est réservée dans le ciel (Matt. V, 11 et 12), » bien plus abondante que ne l'aura été votre travail sur la terre. Mais d'oie vient que c'est la même promesse qui est faite aux pauvres et aux martyrs? N e serait-ce point parce que la pauvreté volontaire est une sorte de martyre ? Le Prophète a dit : « Heureux celui qui n'a point couru après l'or, et qui n'a point mis son espérance dans l'argent et dans les trésors. Quel est-il celui-là et nous le louerons ? Car il a fait des merveilles durant sa vie (Eccl. XXXI, 8 et 9.») Que se peut-il voir de plus merveilleux, en effet, ou quel martyre plus grand que de se condamner à la faim en face d'une table bien servie; au froid, quand on a des vêtements aussi nombreux que riches et précieux, de souffrir l'a pauvreté au sein des richesses que le monde lui-même nous offre, que le malin fait briller à nos yeux, et que notre appétit naturel convoite ? Est-ce que celui qui aura combattu ainsi et rejeté les promesses du monde, qui se sera ri des tentations de l'ennemi et, ce qui est plus glorieux encore, qui aura triomphé de lui-même et crucifié sa propre concupiscence avec ses ardeurs, n'a pas bien mérité une couronne? Après tout, si le royaume des cieux est promis également aux pauvres et aux martyrs, c'est que la pauvreté acheté ce que le martyre souffert pour Jésus-Christ obtient sans délai.

Source

01 octobre 2015

ORGUEIL - MA GRÂCE TE SUFFIT, CAR MA PUISSANCE DONNE TOUTE SA MESURE DANS LA FAIBLESSE

07 Et ces révélations dont il s’agit sont tellement extraordinaires que, pour m’empêcher de me surestimer, j’ai reçu dans ma chair une écharde, un envoyé de Satan qui est là pour me gifler, pour empêcher que je me surestime.
08 Par trois fois, j’ai prié le Seigneur de l’écarter de moi.
09 Mais il m’a déclaré : « Ma grâce te suffit, car ma puissance donne toute sa mesure dans la faiblesse. » C’est donc très volontiers que je mettrai plutôt ma fierté dans mes faiblesses, afin que la puissance du Christ fasse en moi sa demeure.
10 C’est pourquoi j’accepte de grand cœur pour le Christ les faiblesses, les insultes, les contraintes, les persécutions et les situations angoissantes. Car, lorsque je suis faible, c’est alors que je suis fort.
2 Co, 12,7-10

Source : AELF


27 septembre 2015

SERMON DE SAINT AUGUSTIN SUR LES PASTEURS

« Dites aux cœurs bouleversés : Courage, ne craignez pas... »


La brebis chétive, vous ne lui avez pas rendu des forces, dit le Seigneur. Il s'adresse aux mauvais pasteurs, aux faux pasteurs, aux pasteurs qui cherchent leurs propres intérêts, non ceux de Jésus Christ. Ils profitent du lait et de la laine, ils ne s'occupent absolument pas des brebis et ne fortifient pas celle qui va mal.

Entre le chétif, c'est-à-dire celui qui n'est pas solide (car on dit aussi que les malades sont chétifs), donc plutôt entre le faible et le malade, c'est-à-dire celui qui va mal, voici, me semble-t-il, quelle est la différence.

Cette distinction, mes frères, que nous essayons de faire vaille que vaille, peut-être, avec plus de précision, pouvons-nous mieux la faire, ou un autre plus habile ou au cœur plus lumineux. Pour l'instant, ne vous y trompez pas, explique les mots de l'Écriture comme je les comprends. Pour ce qui est du faible, il ne faut pas que la tentation lui arrive, car on doit craindre qu'elle ne le brise. Tandis que l'homme languissant est déjà malade, par une certaine convoitise qui l'empêche d'entrer dans le chemin de Dieu, de se soumettre au joug du Christ.

Considérez ces hommes qui veulent vivre bien, qui ont déjà décidé de vivre bien, et qui sont moins capables de souffrir le mal qu'ils ne sont prêts à faire le bien. La fermeté chrétienne ne consiste pas seulement à faire ce qui est bon, mais aussi à supporter ce qui est mauvais. Ceux qui paraissent fervents pour de bonnes actions, mais ne peuvent ni ne veulent tolérer des souffrances imminentes, sont des faibles. Ceux qui, aimant le monde, sont détournés des bonnes actions par une convoitise mauvaise, sont immobilisés par la langueur et la maladie, et du fait de cette langueur, qui semble leur enlever toutes leurs forces, ils ne peuvent rien accomplir de bon.

Tel fut, dans son âme, le paralytique que ses porteurs, ne pouvant amener jusqu'au Seigneur, firent descendre par le toit qu'ils venaient d'ouvrir. C'est comme si, dans ton âme, tu voulais réussir à ouvrir le toit et à déposer devant le Seigneur ton âme paralysée, dont tous les membres seraient inertes, qui serait incapable d'aucune oeuvre bonne, accablée par ses péchés, et languissant par la maladie de sa convoitise. Si tous ses membres sont inertes et si la paralysie est intérieure, pour parvenir jusqu'au médecin, — peut-être en effet le médecin est-il caché, est-il intérieur: ce vrai sens est caché dans les Écritures — en manifestant ce qui était caché, ouvre le toit et dépose le paralytique.

Ceux qui ne s'occupent pas de la brebis malade, vous avez entendu ce qu'on leur dit : Vous n'avez pas rendu des forces à celle qui allait mal, vous n'avez pas bandé celle qui était brisée. Nous vous avons déjà dit cela. Cet homme était brisé par la terreur des tentations. Mais voici quelque chose qui bandera la fracture, voici une consolation : Dieu est fidèle ; il ne permettra pas que vous soyez tentés au dessus de vos forces. Avec la tentation, il vous donnera le moyen d'en sortir, et la force de la supporter.


R/
Je peux tout en celui qui me fortifie.

Dans les faiblesses, les insultes,
les contraintes, les persécutions et les angoisses,

Lorsque je suis faible,
c'est alors que je suis fort.

Source :AELF

20 septembre 2015

ORIGINE DU DÉSORDRE, DES CONFLITS ET DES GUERRES

2ème lecture : « C’est dans la paix qu’est semée la justice, qui donne son fruit aux artisans de paix » (Jc 3, 16 – 4, 3)


Lecture de la lettre de saint Jacques

Bien-aimés,
    la jalousie et les rivalités mènent au désordre
et à toutes sortes d’actions malfaisantes.
    Au contraire, la sagesse qui vient d’en haut
est d’abord pure,
puis pacifique, bienveillante, conciliante,
pleine de miséricorde et féconde en bons fruits,
sans parti pris, sans hypocrisie.
    C’est dans la paix qu’est semée la justice,
qui donne son fruit aux artisans de la paix.
     D’où viennent les guerres,
d’où viennent les conflits entre vous ?
N’est-ce pas justement de tous ces désirs
qui mènent leur combat en vous-mêmes ?
    Vous êtes pleins de convoitises et vous n’obtenez rien,
alors vous tuez ;
vous êtes jaloux et vous n’arrivez pas à vos fins,
alors vous entrez en conflit et vous faites la guerre.
Vous n’obtenez rien
parce que vous ne demandez pas ;
    vous demandez, mais vous ne recevez rien ;
en effet, vos demandes sont mauvaises,
puisque c’est pour tout dépenser en plaisirs.


    – Parole du Seigneur.

Source : AELF

15 avril 2015

ACCUEIL DE DEMANDE DE BAPTÊME

Rendez-vous ce jour, à l'Oratoire de l'Aumônerie, avec les accompagnateurs des enfants.

Nous voici tous réunis en présence du Père J pour l'Accueil de la demande de baptême de nos fils.

A la question, pourquoi demandez-vous le baptême, ils ont répondu : pour devenir chrétien.

C'est à ce moment précis que j'ai été prise d'émotion.

Mes enfants, déjà adolescents, étaient en train de prononcer un premier oui.

***

Evangile de Jésus-Christ selon saint Jean - Chapitre 1

 

36 Posant son regard sur Jésus qui allait et venait, il dit : « Voici l’Agneau de Dieu. »
37 Les deux disciples entendirent ce qu’il disait, et ils suivirent Jésus.
38 Se retournant, Jésus vit qu’ils le suivaient, et leur dit : « Que cherchez-vous ? » Ils lui répondirent : « Rabbi – ce qui veut dire : Maître –, où demeures-tu ? »

39 Il leur dit : « Venez, et vous verrez. »

AELF

04 avril 2015

VIGILE PASCALE

1ère lecture : « Dieu vit tout ce qu’il avait fait : cela était très bon » (Gn 1, 1 – 2, 2)


Lecture du livre de la Genèse

Au commencement,
Dieu créa le ciel et la terre.
La terre était informe et vide,
les ténèbres étaient au-dessus de l’abîme
et le souffle de Dieu planait au-dessus des eaux.

Dieu dit :
« Que la lumière soit. »
Et la lumière fut.
Dieu vit que la lumière était bonne,
et Dieu sépara la lumière des ténèbres.
Dieu appela la lumière « jour »,
il appela les ténèbres « nuit ».
Il y eut un soir, il y eut un matin :
premier jour.


Et Dieu dit :
« Qu’il y ait un firmament au milieu des eaux,
et qu’il sépare les eaux. »
Dieu fit le firmament,
il sépara les eaux qui sont au-dessous du firmament
et les eaux qui sont au-dessus.
Et ce fut ainsi.
Dieu appela le firmament « ciel ».
Il y eut un soir, il y eut un matin :
deuxième jour.


Et Dieu dit :
« Les eaux qui sont au-dessous du ciel,
qu’elles se rassemblent en un seul lieu,
et que paraisse la terre ferme. »
Et ce fut ainsi.
Dieu appela la terre ferme « terre »,
et il appela la masse des eaux « mer ».
Et Dieu vit que cela était bon.


Dieu dit :
« Que la terre produise l’herbe,
la plante qui porte sa semence,
et que, sur la terre, l’arbre à fruit donne,
selon son espèce,
le fruit qui porte sa semence. »
Et ce fut ainsi.
La terre produisit l’herbe,
la plante qui porte sa semence, selon son espèce,
et l’arbre qui donne, selon son espèce,
le fruit qui porte sa semence.
Et Dieu vit que cela était bon.
Il y eut un soir, il y eut un matin :
troisième jour.


Et Dieu dit :
« Qu’il y ait des luminaires au firmament du ciel,
pour séparer le jour de la nuit ;
qu’ils servent de signes
pour marquer les fêtes, les jours et les années ;
et qu’ils soient, au firmament du ciel,
des luminaires pour éclairer la terre. »
Et ce fut ainsi.
Dieu fit les deux grands luminaires :
le plus grand pour commander au jour,
le plus petit pour commander à la nuit ;
il fit aussi les étoiles.
Dieu les plaça au firmament du ciel
pour éclairer la terre,
pour commander au jour et à la nuit,
pour séparer la lumière des ténèbres.
Et Dieu vit que cela était bon.
Il y eut un soir, il y eut un matin :
quatrième jour.


Et Dieu dit :
« Que les eaux foisonnent
d’une profusion d’êtres vivants,
et que les oiseaux volent au-dessus
de la terre,
sous le firmament du ciel. »
Dieu créa, selon leur espèce,
les grands monstres marins,
tous les êtres vivants qui vont et viennent
et foisonnent dans les eaux,
et aussi, selon leur espèce,
tous les oiseaux qui volent.
Et Dieu vit que cela était bon.
Dieu les bénit par ces paroles :
« Soyez féconds et multipliez-vous,
remplissez les mers,
que les oiseaux se multiplient sur la terre. »
Il y eut un soir, il y eut un matin :
cinquième jour.


Et Dieu dit :
« Que la terre produise des êtres vivants
selon leur espèce,
bestiaux, bestioles et bêtes sauvages
selon leur espèce. »
Et ce fut ainsi.
Dieu fit les bêtes sauvages selon leur espèce,
les bestiaux selon leur espèce,
et toutes les bestioles de la terre selon leur espèce.
Et Dieu vit que cela était bon.


Dieu dit :
« Faisons l’homme à notre image,
selon notre ressemblance.
Qu’il soit le maître des poissons de la mer, des oiseaux du ciel,
des bestiaux, de toutes les bêtes sauvages,
et de toutes les bestioles
qui vont et viennent sur la terre. »
Dieu créa l’homme à son image,
à l’image de Dieu il le créa,
il les créa homme et femme.
Dieu les bénit et leur dit :
« Soyez féconds et multipliez-vous,
remplissez la terre et soumettez-la.
Soyez les maîtres des poissons de la mer, des oiseaux du ciel,
et de tous les animaux qui vont et viennent sur la terre. »
Dieu dit encore :
« Je vous donne toute plante qui porte sa semence
sur toute la surface de la terre,
et tout arbre dont le fruit porte sa semence :
telle sera votre nourriture.
À tous les animaux de la terre,
à tous les oiseaux du ciel,
à tout ce qui va et vient sur la terre
et qui a souffle de vie,
je donne comme nourriture toute herbe verte. »
Et ce fut ainsi.
Et Dieu vit tout ce qu’il avait fait ;
et voici : cela était très bon.
Il y eut un soir, il y eut un matin :
sixième jour.


Ainsi furent achevés le ciel et la terre,
et tout leur déploiement.
Le septième jour,
Dieu avait achevé l’oeuvre qu’il avait faite.
Il se reposa, le septième jour,
de toute l’œuvre qu’il avait faite.


– Parole du Seigneur.

Psaume : 103 (104), 1–2a, 5–6, 10.12, 13–14ab, 24.35c


R/

Ô Seigneur, envoie ton Esprit
qui renouvelle la face de la terre !

(cf. 103, 30)


Bénis le Seigneur, ô mon âme ;
Seigneur mon Dieu, tu es si grand !
Revêtu de magnificence,
tu as pour manteau la lumière !

Tu as donné son assise à la terre :
qu’elle reste inébranlable au cours des temps.
Tu l’as vêtue de l’abîme des mers :
les eaux couvraient même les montagnes.

Dans les ravins tu fais jaillir des sources
et l’eau chemine aux creux des montagnes.
les oiseaux séjournent près d’elle :
dans le feuillage on entend leurs cris.

De tes demeures tu abreuves les montagnes,
et la terre se rassasie du fruit de tes œuvres ;
tu fais pousser les prairies pour les troupeaux,
et les champs pour l’homme qui travaille.

Quelle profusion dans tes œuvres, Seigneur !
Tout cela, ta sagesse l’a fait ;
la terre s’emplit de tes biens.
Bénis le Seigneur, ô mon âme !

2ème lecture : Sacrifice et délivrance d’Isaac, le fils bien-aimé (Gn 22, 1–18)


Lecture du livre de la Genèse

En ces jours-là,
Dieu mit Abraham à l’épreuve.
Il lui dit :
« Abraham ! »
Celui-ci répondit :
« Me voici ! »
Dieu dit :
« Prends ton fils, ton unique, celui que tu aimes, Isaac,
va au pays de Moriah,
et là tu l’offriras en holocauste
sur la montagne que je t’indiquerai. »

Abraham se leva de bon matin,
sella son âne,
et prit avec lui deux de ses serviteurs et son fils Isaac.
Il fendit le bois pour l’holocauste,
et se mit en route vers l’endroit que Dieu lui avait indiqué.
Le troisième jour, Abraham, levant les yeux,
vit l’endroit de loin.
Abraham dit à ses serviteurs :
« Restez ici avec l’âne.
Moi et le garçon, nous irons jusque là-bas pour adorer,
puis nous reviendrons vers vous. »

Abraham prit le bois pour l’holocauste
et le chargea sur son fils Isaac ;
il prit le feu et le couteau,
et tous deux s’en allèrent ensemble.
Isaac dit à son père Abraham :
« Mon père !
– Eh bien, mon fils ? »
Isaac reprit :
« Voilà le feu et le bois,
mais où est l’agneau pour l’holocauste ? »
Abraham répondit :
« Dieu saura bien trouver
l’agneau pour l’holocauste, mon fils. »
Et ils s’en allaient tous les deux ensemble.

Ils arrivèrent à l’endroit que Dieu avait indiqué.
Abraham y bâtit l’autel et disposa le bois,
puis il lia son fils Isaac
et le mit sur l’autel, par-dessus le bois ;
Abraham étendit la main
et saisit le couteau pour immoler son fils.
Mais l’ange du Seigneur l’appela du haut du ciel et dit :
« Abraham ! Abraham ! »
Il répondit :
« Me voici ! »
L’ange lui dit :
« Ne porte pas la main sur le garçon !
Ne lui fais aucun mal !
Je sais maintenant que tu crains Dieu :
tu ne m’as pas refusé ton fils, ton unique. »
Abraham leva les yeux et vit un bélier
retenu par les cornes dans un buisson.
Il alla prendre le bélier
et l’offrit en holocauste à la place de son fils.
Abraham donna à ce lieu le nom de « Le-Seigneur-voit».
On l’appelle aujourd’hui : « Sur-le-mont-le-Seigneur-est-vu.»

Du ciel, l’ange du Seigneur appela une seconde fois Abraham.
Il déclara :
« Je le jure par moi-même, oracle du Seigneur :
parce que tu as fait cela,
parce que tu ne m’as pas refusé ton fils, ton unique,
je te comblerai de bénédictions,
je rendrai ta descendance aussi nombreuse
que les étoiles du ciel
et que le sable au bord de la mer,
et ta descendance occupera les places fortes de ses ennemis.
Puisque tu as écouté ma voix,
toutes les nations de la terre
s’adresseront l’une à l’autre la bénédiction
par le nom de ta descendance. »

– Parole du Seigneur.

Psaume : 15 (16), 5.8, 9–10, 11


R/

Garde-moi, mon Dieu :
j’ai fait de toi mon refuge.

(15, 1)


Seigneur, mon partage et ma coupe :
de toi dépend mon sort.
Je garde le Seigneur devant moi sans relâche ;
il est à ma droite : je suis inébranlable.

Mon cœur exulte, mon âme est en fête,
ma chair elle-même
repose en confiance :
tu ne peux m’abandonner à la mort
ni laisser ton ami voir la corruption.

Tu m’apprends le chemin de la vie :
devant ta face, débordement de joie !
À ta droite, éternité de délices !

3ème lecture : « Les fils d’Israël avaient marché à pied sec au milieu de la mer » (Ex 14, 15 – 15, 1a)


Lecture du livre de l’Exode

En ces jours-là,
le Seigneur dit à Moïse :
« Pourquoi crier vers moi ?
Ordonne aux fils d’Israël de se mettre en route !
Toi, lève ton bâton, étends le bras sur la mer,
fends-la en deux,
et que les fils d’Israël entrent au milieu de la mer à pied sec.
Et moi, je ferai en sorte que les Égyptiens s’obstinent :
ils y entreront derrière eux ;
je me glorifierai aux dépens de Pharaon et de toute son armée,
de ses chars et de ses guerriers.
Les Égyptiens sauront que je suis le Seigneur,
quand je me serai glorifié aux dépens de Pharaon,
de ses chars et de ses guerriers. »
L’ange de Dieu, qui marchait en avant d’Israël,
se déplaça et marcha à l’arrière.
La colonne de nuée se déplaça depuis l’avant-garde
et vint se tenir à l’arrière,
entre le camp des Égyptiens et le camp d’Israël.
Cette nuée était à la fois ténèbres et lumière dans la nuit,
si bien que, de toute la nuit, ils ne purent se rencontrer.
Moïse étendit le bras sur la mer.
Le Seigneur chassa la mer toute la nuit par un fort vent d’est ;
il mit la mer à sec, et les eaux se fendirent.
Les fils d’Israël entrèrent au milieu de la mer à pied sec,
les eaux formant une muraille à leur droite et à leur gauche.
Les Égyptiens les poursuivirent ;
tous les chevaux de Pharaon, ses chars et ses guerriers
entrèrent derrière eux jusqu’au milieu de la mer.

Aux dernières heures de la nuit,
le Seigneur observa, depuis la colonne de feu et de nuée,
l’armée des Égyptiens,
et il la frappa de panique.
Il faussa les roues de leurs chars,
et ils eurent beaucoup de peine à les conduire.
Les Égyptiens s’écrièrent :
« Fuyons devant Israël,
car c’est le Seigneur
qui combat pour eux contre nous ! »
Le Seigneur dit à Moïse :
« Étends le bras sur la mer :
que les eaux reviennent sur les Égyptiens,
leurs chars et leurs guerriers ! »
Moïse étendit le bras sur la mer.
Au point du jour, la mer reprit sa place ;
dans leur fuite, les Égyptiens s’y heurtèrent,
et le Seigneur les précipita au milieu de la mer.
Les eaux refluèrent et recouvrirent les chars et les guerriers,
toute l’armée de Pharaon
qui était entrée dans la mer à la poursuite d’Israël.
Il n’en resta pas un seul.
Mais les fils d’Israël
avaient marché à pied sec au milieu de la mer,
les eaux formant une muraille à leur droite et à leur gauche.
Ce jour-là,
le Seigneur sauva Israël de la main de l’Égypte,
et Israël vit les Égyptiens morts sur le bord de la mer.
Israël vit avec quelle main puissante
le Seigneur avait agi contre l’Égypte.
Le peuple craignit le Seigneur,
il mit sa foi dans le Seigneur
et dans son serviteur Moïse.
Alors Moïse et les fils d’Israël
chantèrent ce cantique au Seigneur :

Cantique : (Ex 15, 1b, 2, 3-4, 5-6, 17-18)


Je chanterai pour le Seigneur !
Éclatante est sa gloire :
il a jeté dans la mer
cheval et cavalier.

Ma force et mon chant, c’est le Seigneur :
il est pour moi le salut.
Il est mon Dieu, je le célèbre ;
j’exalte le Dieu de mon père.

Le Seigneur est le guerrier des combats ;
son nom est « Le Seigneur ».
Les chars du Pharaon et ses armées, il les lance dans la mer.
L’élite de leurs chefs a sombré dans la mer Rouge.

L’abîme les recouvre :
ils descendent, comme la pierre, au fond des eaux.
Ta droite, Seigneur, magnifique en sa force,
ta droite, Seigneur, écrase l’ennemi.

Tu les amènes, tu les plantes sur la montagne,
     ton héritage,
le lieu que tu as fait, Seigneur, pour l’habiter,
le sanctuaire, Seigneur, fondé par tes mains.
Le Seigneur régnera pour les siècles des siècles.

4ème lecture : Dans sa miséricorde éternelle, le Seigneur, ton rédempteur a pitié de toi (Is 54, 5-14)


Lecture du livre du prophète Isaïe

Parole du Seigneur adressée à Jérusalem :
Ton époux, c’est Celui qui t’a faite,
son nom est « Le Seigneur de l’univers ».
Ton rédempteur, c’est le Saint d’Israël,
il s’appelle « Dieu de toute la terre ».
Oui, comme une femme abandonnée, accablée,
le Seigneur te rappelle.
Est-ce que l’on rejette la femme de sa jeunesse ?
– dit ton Dieu.
Un court instant, je t’avais abandonnée,
mais dans ma grande tendresse, je te ramènerai.
Quand ma colère a débordé,
un instant, je t’avais caché ma face.
Mais dans mon éternelle fidélité,
je te montre ma tendresse,
– dit le Seigneur, ton rédempteur.
Je ferai comme au temps de Noé,
quand j’ai juré que les eaux
ne submergeraient plus la terre :
de même, je jure de ne plus m’irriter contre toi,
et de ne plus te menacer.
Même si les montagnes s’écartaient,
si les collines s’ébranlaient,
ma fidélité ne s’écarterait pas de toi,
mon alliance de paix ne serait pas ébranlée,
– dit le Seigneur, qui te montre sa tendresse.
Jérusalem, malheureuse,
battue par la tempête, inconsolée,
voici que je vais sertir tes pierres
et poser tes fondations sur des saphirs.
Je ferai tes créneaux avec des rubis,
tes portes en cristal de roche,
et toute ton enceinte avec des pierres précieuses.
Tes fils seront tous disciples du Seigneur,
et grande sera leur paix.
Tu seras établie sur la justice :
loin de toi l’oppression,
tu n’auras plus à craindre ;
loin de toi la terreur,
elle ne t’approchera plus.

– Parole du Seigneur.

Psaume : 29 (30), 3-4, 5-6ab, 6cd.12, 13


R/

Je t’exalte, Seigneur : tu m’as relevé.

(29, 2a)


Quand j’ai crié vers toi, Seigneur,
mon Dieu, tu m’as guéri ;
Seigneur, tu m’as fait remonter de l’abîme
et revivre quand je descendais à la fosse.

Fêtez le Seigneur, vous, ses fidèles,
rendez grâce en rappelant son nom très saint.
Sa colère ne dure qu’un instant,
sa bonté, toute la vie.

Avec le soir, viennent les larmes,
mais au matin, les cris de joie.
Tu as changé mon deuil en une danse,
mes habits funèbres en parure de joie.

Que mon cœur ne se taise pas,
qu’il soit en fête pour toi,
et que sans fin, Seigneur, mon Dieu,
je te rende grâce !

5ème lecture : Venez à moi, et vous vivrez ; je m’engagerai envers vous par une alliance éternelle (Is 55, 1-11)


Lecture du livre du prophète Isaïe

Ainsi parle le Seigneur :

Vous tous qui avez soif,
venez, voici de l’eau !
Même si vous n’avez pas d’argent,
venez acheter et consommer,
venez acheter du vin et du lait
sans argent, sans rien payer.
Pourquoi dépenser votre argent pour ce qui ne nourrit pas,
vous fatiguer pour ce qui ne rassasie pas ?
Écoutez-moi bien, et vous mangerez de bonnes choses,
vous vous régalerez de viandes savoureuses !
Prêtez l’oreille ! Venez à moi !
Écoutez, et vous vivrez.
Je m’engagerai envers vous par une alliance éternelle :
ce sont les bienfaits garantis à David.
Lui, j’en ai fait un témoin pour les peuples,
pour les peuples, un guide et un chef.
Toi, tu appelleras une nation inconnue de toi ;
une nation qui ne te connaît pas accourra vers toi,
à cause du Seigneur ton Dieu,
à cause du Saint d’Israël, car il fait ta splendeur.

Cherchez le Seigneur tant qu’il se laisse trouver ;
invoquez-le tant qu’il est proche.
Que le méchant abandonne son chemin,
et l’homme perfide, ses pensées !
Qu’il revienne vers le Seigneur
qui lui montrera sa miséricorde,
vers notre Dieu
qui est riche en pardon.
Car mes pensées ne sont pas vos pensées,
et vos chemins ne sont pas mes chemins,
– oracle du Seigneur.
Autant le ciel est élevé au-dessus de la terre,
autant mes chemins sont élevés au-dessus de vos chemins,
et mes pensées, au-dessus de vos pensées.

La pluie et la neige qui descendent des cieux
n’y retournent pas sans avoir abreuvé la terre,
sans l’avoir fécondée et l’avoir fait germer,
donnant la semence au semeur
et le pain à celui qui doit manger ;
ainsi ma parole, qui sort de ma bouche,
ne me reviendra pas sans résultat,
sans avoir fait ce qui me plaît,
sans avoir accompli sa mission.

– Parole du Seigneur.

Cantique : (Is 12, 2, 4bcd, 5-6)


Voici le Dieu qui me sauve :
j’ai confiance, je n’ai plus de crainte.
Ma force et mon chant, c’est le Seigneur ;
il est pour moi le salut.

Rendez grâce au Seigneur,
proclamez son nom,
annoncez parmi les peuples ses hauts faits !
Redites-le: « Sublime est son nom ! »

Jouez pour le Seigneur, il montre sa magnificence,
et toute la terre le sait.
Jubilez, criez de joie, habitants de Sion,
car il est grand au milieu de toi, le Saint d’Israël !

6ème lecture : Marche vers la splendeur du Seigneur (Ba 3, 9-15.32 – 4, 4)


Lecture du livre du prophète Baruc

Écoute, Israël, les commandements de vie,
prête l’oreille pour acquérir la connaissance.
Pourquoi donc, Israël, 

pourquoi es-tu exilé chez tes ennemis,
vieillissant sur une terre étrangère,
souillé par le contact des cadavres,
inscrit parmi les habitants du séjour des morts ?
– Parce que tu as abandonné la Source de la Sagesse !
Si tu avais suivi les chemins de Dieu,
tu vivrais dans la paix pour toujours.
Apprends où se trouvent
et la connaissance, et la force, et l’intelligence ;
pour savoir en même temps où se trouvent
de longues années de vie,
la lumière des yeux et la paix.

Mais qui donc a découvert la demeure de la Sagesse,
qui a pénétré jusqu’à ses trésors ?
Celui qui sait tout en connaît le chemin,
il l’a découvert par son intelligence.
Il a pour toujours aménagé la terre,
et l’a peuplée de troupeaux.
Il lance la lumière, et elle prend sa course ;
il la rappelle, et elle obéit en tremblant.
Les étoiles brillent, joyeuses, à leur poste de veille ;
il les appelle, et elles répondent : « Nous voici ! »
Elles brillent avec joie pour celui qui les a faites.
C’est lui qui est notre Dieu :
aucun autre ne lui est comparable.
Il a découvert les chemins du savoir,
et il les a confiés à Jacob, son serviteur,
à Israël, son bien-aimé.

Ainsi, la Sagesse est apparue sur la terre,
elle a vécu parmi les hommes.
Elle est le livre des préceptes de Dieu,
la Loi qui demeure éternellement :
tous ceux qui l’observent vivront,
ceux qui l’abandonnent mourront.
Reviens, Jacob, saisis-la de nouveau ;
à sa lumière, marche vers la splendeur :
ne laisse pas ta gloire à un autre,
tes privilèges à un peuple étranger.
Heureux sommes-nous, Israël !
Car ce qui plaît à Dieu, nous le connaissons.

– Parole du Seigneur.

Psaume : 18b (19), 8, 9, 10, 11


R/

Seigneur, tu as les paroles
de la vie éternelle.

(Jn 6, 68c)


La loi du Seigneur est parfaite,
qui redonne vie ;
la charte du Seigneur est sûre,
qui rend sages les simples.

Les préceptes du Seigneur sont droits,
ils réjouissent le cœur ;
le commandement du Seigneur est limpide,
il clarifie le regard.

La crainte qu’il inspire est pure,
elle est là pour toujours ;
les décisions du Seigneur sont justes
et vraiment équitables :

plus désirables que l’or,
qu’une masse d’or fin,
plus savoureuses que le miel
qui coule des rayons.

7ème lecture : « Je répandrai sur vous une eau pure et je vous donnerai un cœur nouveau » (Ez 36, 16-17a.18-28)


Lecture du livre du prophète Ézékiel

La parole du Seigneur me fut adressée :
« Fils d’homme,
lorsque les gens d’Israël habitaient leur pays,
ils le rendaient impur par leur conduite et leurs actes.
Alors j’ai déversé sur eux ma fureur,
à cause du sang qu’ils avaient versé dans le pays,
à cause des idoles immondes qui l’avaient rendu impur.
Je les ai dispersés parmi les nations,
ils ont été disséminés dans les pays étrangers.
Selon leur conduite et leurs actes, je les ai jugés.
Dans les nations où ils sont allés,
ils ont profané mon saint nom,
car on disait :
“C’est le peuple du Seigneur,
et ils sont sortis de son pays !”
Mais j’ai voulu épargner mon saint nom,
que les gens d’Israël avaient profané
dans les nations où ils sont allés.
Eh bien ! tu diras à la maison d’Israël :
Ainsi parle le Seigneur Dieu :
Ce n’est pas pour vous que je vais agir,
maison d’Israël,
mais c’est pour mon saint nom que vous avez profané
dans les nations où vous êtes allés.
Je sanctifierai mon grand nom,
profané parmi les nations,
mon nom que vous avez profané au milieu d’elles.
Alors les nations sauront que Je suis le Seigneur
– oracle du Seigneur Dieu –
quand par vous je manifesterai ma sainteté à leurs yeux.
Je vous prendrai du milieu des nations,
je vous rassemblerai de tous les pays,
je vous conduirai dans votre terre.
Je répandrai sur vous une eau pure,
et vous serez purifiés ;
de toutes vos souillures, de toutes vos idoles,
je vous purifierai.
Je vous donnerai un cœur nouveau,
je mettrai en vous un esprit nouveau.
J’ôterai de votre chair le cœur de pierre,
je vous donnerai un cœur de chair.
Je mettrai en vous mon esprit,
je ferai que vous marchiez selon mes lois,
que vous gardiez mes préceptes
et leur soyez fidèles.
Vous habiterez le pays que j’ai donné à vos pères :
vous, vous serez mon peuple,
et moi, je serai votre Dieu. »

– Parole du Seigneur.

Psaume : 41 (42), 3, 5efgh ; 42 (43), 3, 4


R/

Comme un cerf altéré cherche l’eau vive,
ainsi mon âme te cherche, toi, mon Dieu.

(41, 2)


(S’il n’y a pas de baptême)

Mon âme a soif de Dieu,
le Dieu vivant ;
quand pourrai-je m’avancer,
paraître face à Dieu ?

Je conduisais vers la maison de mon Dieu
la multitude en fête,
parmi les cris de joie
et les actions de grâce.

Envoie ta lumière et ta vérité :
qu’elles guident mes pas
et me conduisent à ta montagne sainte,
jusqu’en ta demeure.

J’avancerai jusqu’à l’autel de Dieu,
vers Dieu qui est toute ma joie ;
je te rendrai grâce avec ma harpe,
Dieu, mon Dieu !

Psaume : 50 (51), 12-13, 14-15, 18-19


R/

Crée en moi un cœur pur, ô mon Dieu.

(cf. 50, 12a)


(Lorsqu’il y a baptême)

Crée en moi un cœur pur, ô mon Dieu,
renouvelle et raffermis au fond de moi mon esprit.
Ne me chasse pas loin de ta face,
ne me reprends pas ton esprit saint.

Rends-moi la joie d’être sauvé ;
que l’esprit généreux me soutienne.
Aux pécheurs, j’enseignerai tes chemins ;
vers toi, reviendront les égarés.

Si j’offre un sacrifice, tu n’en veux pas,
tu n’acceptes pas d’holocauste.
Le sacrifice qui plaît à Dieu, c’est un esprit brisé ;
tu ne repousses pas, ô mon Dieu, un cœur brisé et broyé.

 

On peut aussi prendre le Cantique Is 12, comme après la 5e lecture.

Epître : « Ressuscité d’entre les morts, le Christ ne meurt plus » (Rm 6, 3b-11)


Lecture de la lettre de saint Paul apôtre aux Romains

Frères,
nous tous qui par le baptême avons été unis au Christ Jésus,
c’est à sa mort que nous avons été unis par le baptême.
Si donc, par le baptême qui nous unit à sa mort,
nous avons été mis au tombeau avec lui,
c’est pour que nous menions une vie nouvelle, nous aussi,
comme le Christ qui, par la toute-puissance du Père,
est ressuscité d’entre les morts.
Car, si nous avons été unis à lui
par une mort qui ressemble à la sienne,
nous le serons aussi
par une résurrection qui ressemblera à la sienne.
Nous le savons : l’homme ancien qui est en nous
a été fixé à la croix avec lui
pour que le corps du péché soit réduit à rien,
et qu’ainsi nous ne soyons plus esclaves du péché.
Car celui qui est mort est affranchi du péché.

Et si nous sommes passés par la mort avec le Christ,
nous croyons que nous vivrons aussi avec lui.
Nous le savons en effet :
ressuscité d’entre les morts, le Christ ne meurt plus ;
la mort n’a plus de pouvoir sur lui.
Car lui qui est mort,
c’est au péché qu’il est mort une fois pour toutes ;
lui qui est vivant,
c’est pour Dieu qu’il est vivant.
De même, vous aussi,
pensez que vous êtes morts au péché,
mais vivants pour Dieu en Jésus Christ.

– Parole du Seigneur.

Psaume : 117 (118), 1.2, 16-17, 22-23


R/

Alléluia, alléluia, alléluia !


Rendez grâce au Seigneur : Il est bon !
Éternel est son amour !
Oui, que le dise Israël :
Éternel est son amour !

Le bras du Seigneur se lève,
le bras du Seigneur est fort !
Non, je ne mourrai pas, je vivrai
pour annoncer les actions du Seigneur.

La pierre qu’ont rejetée les bâtisseurs
est devenue la pierre d’angle :
c’est là l’œuvre du Seigneur,
la merveille devant nos yeux.

Evangile : « Jésus de Nazareth, le Crucifié, est ressuscité » (Mc 16, 1-7)

 

Acclamation :

Le psaume avec alléluia sert d’acclamation avant l’Évangile.

 

Évangile de Jésus Christ selon saint Marc

Le sabbat terminé,
Marie Madeleine, Marie, mère de Jacques, et Salomé
achetèrent des parfums pour aller embaumer le corps de Jésus.
De grand matin, le premier jour de la semaine,
elles se rendent au tombeau
dès le lever du soleil.
Elles se disaient entre elles :
« Qui nous roulera la pierre
pour dégager l’entrée du tombeau ? »
Levant les yeux,
elles s’aperçoivent qu’on a roulé la pierre,
qui était pourtant très grande.
En entrant dans le tombeau,
elles virent, assis à droite,
un jeune homme vêtu de blanc.
Elles furent saisies de frayeur.
Mais il leur dit :
« Ne soyez pas effrayées !
Vous cherchez Jésus de Nazareth, le Crucifié ?
Il est ressuscité : il n’est pas ici.
Voici l’endroit où on l’avait déposé.
Et maintenant,
allez dire à ses disciples et à Pierre :
“Il vous précède en Galilée.
Là vous le verrez,
comme il vous l’a dit.” »

– Acclamons la Parole de Dieu.

SOURCE

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06 mars 2015

CHEMIN DE CROIX

Via Crucis

Mon directeur spirituel m'a suggéré de participer au chemin de Croix.

C'était la première fois que je le faisais.

Voici les mots qui m'ont profondément bouleversée :

J'ai soif !

Je ne sais pas pourquoi.

La raison me sera peut-être révélée plus tard.

J'ai soif.

Les larmes sont montées pour se mettre à rouler sur mes joues sans que je puisse les réprimer.

J'ai soif !

Psaume 68

02 Sauve-moi, mon Dieu : les eaux montent jusqu'à ma gorge !
03 J'enfonce dans la vase du gouffre, rien qui me retienne ; * je descends dans l'abîme des eaux, le flot m'engloutit.
04 Je m'épuise à crier, ma gorge brûle.* Mes yeux se sont usés d'attendre mon Dieu.
05 Plus abondants que les cheveux de ma tête, ceux qui m'en veulent sans raison ; * ils sont nombreux, mes détracteurs, à me haïr injustement. Moi qui n'ai rien volé, que devrai-je rendre ? *
06 Dieu, tu connais ma folie, mes fautes sont à nu devant toi.
07 Qu'ils n'aient pas honte pour moi, ceux qui t'espèrent, Seigneur, Dieu de l'univers ;* qu'ils ne rougissent pas de moi, ceux qui te cherchent, Dieu d'Israël !
08 C'est pour toi que j'endure l'insulte, que la honte me couvre le visage :
09 je suis un étranger pour mes frères, un inconnu pour les fils de ma mère.
10 L'amour de ta maison m'a perdu ; on t'insulte, et l'insulte retombe sur moi.
11 Si je pleure et m'impose un jeûne, je reçois des insultes ;
12 si je revêts un habit de pénitence, je deviens la fable des gens :
13 on parle de moi sur les places, les buveurs de vin me chansonnent.
14 Et moi, je te prie, Seigneur : c'est l'heure de ta grâce ; * dans ton grand amour, Dieu, réponds-moi, par ta vérité sauve-moi.
15 Tire-moi de la boue, sinon je m'enfonce : * que j'échappe à ceux qui me haïssent, à l'abîme des eaux.
16 Que les flots ne me submergent pas, que le gouffre ne m'avale, * que la gueule du puits ne se ferme pas sur moi.
17 Réponds-moi, Seigneur, car il est bon, ton amour ; * dans ta grande tendresse, regarde-moi.
18 Ne cache pas ton visage à ton serviteur ; je suffoque : vite, réponds-moi. *
19 Sois proche de moi, rachète-moi, paie ma rançon à l'ennemi.
20 Toi, tu le sais, on m'insulte : je suis bafoué, déshonoré ; * tous mes oppresseurs sont là, devant toi.
21 L'insulte m'a broyé le coeur, le mal est incurable ; * j'espérais un secours, mais en vain, des consolateurs, je n'en ai pas trouvé.
22 A mon pain, ils ont mêlé du poison ; quand j'avais soif, ils m'ont donné du vinaigre.
23 [Que leur table devienne un piège, un guet-apens pour leurs convives !
24 Que leurs yeux aveuglés ne voient plus, qu'à tout instant les reins leur manquent !
25 Déverse sur eux ta fureur, que le feu de ta colère les saisisse,
26 que leur camp devienne un désert, que nul n'habite sous leurs tentes !
27 Celui que tu frappais, ils le pourchassent en comptant les coups qu'il reçoit.
28 Charge-les, faute sur faute ; qu'ils n'aient pas d'accès à ta justice.
29 Qu'ils soient rayés du livre de vie, retranchés du nombre des justes.]
30 Et moi, humilié, meurtri, que ton salut, Dieu, me redresse.
31 Et je louerai le nom de Dieu par un cantique, je vais le magnifier, lui rendre grâce.
32 Cela plaît au Seigneur plus qu'un taureau, plus qu'une bête ayant cornes et sabots.
33 Les pauvres l'ont vu, ils sont en fête : « Vie et joie, à vous qui cherchez Dieu ! »
34 Car le Seigneur écoute les humbles, il n'oublie pas les siens emprisonnés.
35 Que le ciel et la terre le célèbrent, les mers et tout leur peuplement !
36 Car Dieu viendra sauver Sion et rebâtir les villes de Juda. Il en fera une habitation, un héritage : *
37 patrimoine pour les descendants de ses serviteurs, demeure pour ceux qui aiment son nom.
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Evangile de Jésus-Christ selon saint Jean - Chapitre 4

07 Arrive une femme de Samarie, qui venait puiser de l’eau. Jésus lui dit : « Donne-moi à boire. »

Livre d'Isaïe - Chapitre 55

01 Vous tous qui avez soif, venez, voici de l’eau ! Même si vous n’avez pas d’argent, venez acheter et consommer, venez acheter du vin et du lait sans argent, sans rien payer.