25 mai 2019

LE BONHEUR EST-IL POSSIBLE ?

« Heureux les pauvres en esprit, car le Royaume des Cieux est à eux... » (Math. 5, 3-12)

Le thème du bonheur est indissociable de l’extraordinaire prédication que Jésus fait à la foule sur la montagne (Math., 5-7). Mais dire cela, c’est presque ne rien dire, tant ce mot de « bonheur » joue les caméléons au gré de nos subjectivités. Pire. Par-delà les malentendus, s’autoriser du Christ pour revendiquer l’institution légale de quelque « droit au bonheur » est le plus court chemin pour faire de cette vie et de ce monde un enfer, un enfer pour tous et d’abord, soulignons-le avec force, pour les plus petits, les plus fragiles d’entre nous.

Cependant, la quête du bonheur n’est pas en soi vaine, absurde ou scandaleuse ; son objet ne se situe pas dans un futur inatteignable ni n’est le fruit paradoxal et quasi « mathématique » des douleurs ici-bas. Qui n’aura pas lu l’ensemble de la prédication au mont des Béatitudes ne peut juger correctement son entrée en matière : l’ensemble de la prédication de Jésus montre que cette quête s’oriente et s’ordonne. Un autre mot, très présent dans les Évangiles, est le plus sûr rempart contre la confusion née de l’idolâtrie (du plaisir, de la « réussite » individuelle) : la joie. Nous en avons tous, un jour, expérimenté la plénitude. Qu’est-elle ? D’où provient-elle ? Comment la cultiver ? C’est ce que la présente conférence tentera d’éclairer.

ÉCOUTER


24 septembre 2018

PAROLES

D’après tes paroles, en effet, tu seras reconnu juste ; d’après tes paroles tu seras condamné.

Mt 12,37

AELF

" Les nations s’étaient mises en colère ; alors, ta colère est venue et le temps du jugement pour les morts, le temps de récompenser tes serviteurs, les prophètes et les saints, ceux qui craignent ton nom, les petits et les grands, le temps de détruire ceux qui détruisent la terre."

Ap 11, 18

AELF

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15 octobre 2017

LES INVITÉS AU FESTIN DES NOCES DE L'AGNEAU

Lectures de la messe AELF

Première lecture

« Le Seigneur préparera un festin ; il essuiera les larmes sur tous les visages » (Is 25, 6-10a)

Lecture du livre du prophète Isaïe

    Le Seigneur de l’univers
préparera pour tous les peuples, sur sa montagne,
un festin de viandes grasses et de vins capiteux,
un festin de viandes succulentes et de vins décantés.
    Sur cette montagne, il fera disparaître
le voile de deuil qui enveloppe tous les peuples
et le linceul qui couvre toutes les nations.
    Il fera disparaître la mort pour toujours.
Le Seigneur Dieu essuiera les larmes sur tous les visages,
et par toute la terre il effacera l’humiliation de son peuple.
Le Seigneur a parlé.

    Et ce jour-là, on dira :
« Voici notre Dieu,
en lui nous espérions, et il nous a sauvés ;
c’est lui le Seigneur,
en lui nous espérions ;
exultons, réjouissons-nous :
il nous a sauvés ! »
    Car la main du Seigneur
reposera sur cette montagne.

    – Parole du Seigneur.

Psaume

(Ps 22 (23), 1-2ab, 2c-3, 4, 5, 6)

R/ J’habiterai la maison du Seigneur
pour la durée de mes jours.
(Ps 22, 6cd)

Le Seigneur est mon berger :
je ne manque de rien.
Sur des prés d’herbe fraîche,
il me fait reposer.

Il me mène vers les eaux tranquilles
et me fait revivre ;
il me conduit par le juste chemin
pour l’honneur de son nom.

Si je traverse les ravins de la mort,
je ne crains aucun mal,
car tu es avec moi,
ton bâton me guide et me rassure.

Tu prépares la table pour moi
devant mes ennemis ;
tu répands le parfum sur ma tête,
ma coupe est débordante.

Grâce et bonheur m’accompagnent
tous les jours de ma vie ;
j’habiterai la maison du Seigneur
pour la durée de mes jours.

Deuxième lecture

« Je peux tout en celui qui me donne la force » (Ph 4, 12-14.19-20)

Lecture de la lettre de saint Paul apôtre aux Philippiens

Frères,
    je sais vivre de peu,
je sais aussi être dans l’abondance.
J’ai été formé à tout et pour tout :
à être rassasié et à souffrir la faim,
à être dans l’abondance et dans les privations.   
Je peux tout
en celui qui me donne la force.
    Cependant, vous avez bien fait de vous montrer solidaires
quand j’étais dans la gêne.
    Et mon Dieu comblera tous vos besoins selon sa richesse,
magnifiquement,
dans le Christ Jésus.

    Gloire à Dieu notre Père
pour les siècles des siècles. Amen.

    – Parole du Seigneur.

Évangile

« Tous ceux que vous trouverez, invitez-les à la noce » (Mt 22, 1-14)

Alléluia. Alléluia.
Que le Père de notre Seigneur Jésus Christ
ouvre à sa lumière les yeux de notre cœur,
pour que nous percevions l’espérance que donne son appel.
Alléluia. (cf. Ep 1, 17-18)

Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu

En ce temps-là,
    Jésus se mit de nouveau à parler
aux grands prêtres et aux pharisiens,
et il leur dit en paraboles :
    « Le royaume des Cieux est comparable
à un roi qui célébra les noces de son fils.
    Il envoya ses serviteurs appeler à la noce les invités,
mais ceux-ci ne voulaient pas venir.
    Il envoya encore d’autres serviteurs dire aux invités :
‘Voilà : j’ai préparé mon banquet,
mes bœufs et mes bêtes grasses sont égorgés ;
tout est prêt : venez à la noce.’
    Mais ils n’en tinrent aucun compte et s’en allèrent,
l’un à son champ, l’autre à son commerce ;
    les autres empoignèrent les serviteurs,
les maltraitèrent et les tuèrent.
    Le roi se mit en colère,
il envoya ses troupes,
fit périr les meurtriers
et incendia leur ville.
    Alors il dit à ses serviteurs :
‘Le repas de noce est prêt,
mais les invités n’en étaient pas dignes.
    Allez donc aux croisées des chemins :
tous ceux que vous trouverez,
invitez-les à la noce.’
    Les serviteurs allèrent sur les chemins,
rassemblèrent tous ceux qu’ils trouvèrent,
les mauvais comme les bons,
et la salle de noce fut remplie de convives.
    Le roi entra pour examiner les convives,
et là il vit un homme qui ne portait pas le vêtement de noce.
    Il lui dit :
‘Mon ami, comment es-tu entré ici,
sans avoir le vêtement de noce ?’
L’autre garda le silence.
    Alors le roi dit aux serviteurs :
‘Jetez-le, pieds et poings liés,
dans les ténèbres du dehors ;
là, il y aura des pleurs et des grincements de dents.’

    Car beaucoup sont appelés,
mais peu sont élus. »

    – Acclamons la Parole de Dieu.

 

OU LECTURE BREVE

Évangile

« Tous ceux que vous trouverez, invitez-les à la noce » (Mt 22, 1-10)

Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu

En ce temps-là,
    Jésus se mit de nouveau à parler
aux grands prêtres et aux pharisiens,
et il leur dit en paraboles :
    « Le royaume des Cieux est comparable
à un roi qui célébra les noces de son fils.
    Il envoya ses serviteurs appeler à la noce les invités,
mais ceux-ci ne voulaient pas venir.
    Il envoya encore d’autres serviteurs dire aux invités :
‘Voilà : j’ai préparé mon banquet,
mes bœufs et mes bêtes grasses sont égorgés ;
tout est prêt : venez à la noce.’
    Mais ils n’en tinrent aucun compte et s’en allèrent,
l’un à son champ, l’autre à son commerce ;
    les autres empoignèrent les serviteurs,
les maltraitèrent et les tuèrent.
    Le roi se mit en colère,
il envoya ses troupes,
fit périr les meurtriers
et incendia leur ville.
    Alors il dit à ses serviteurs :
‘Le repas de noce est prêt,
mais les invités n’en étaient pas dignes.
    Allez donc aux croisées des chemins :
tous ceux que vous trouverez,
invitez-les à la noce.’
    Les serviteurs allèrent sur les chemins,
rassemblèrent tous ceux qu’ils trouvèrent,
les mauvais comme les bons,
et la salle de noce fut remplie de convives.

    – Acclamons la Parole de Dieu.

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09 avril 2017

ENTRÉE TRIOMPHALE DE JÉSUS DANS JÉRUSALEM

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Source

Lectures de la messe

Entrée messianique

(Mt 21, 1-11)

Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu

    Jésus et ses disciples, approchant de Jérusalem,
arrivèrent en vue de Bethphagé,
sur les pentes du mont des Oliviers.
Alors Jésus envoya deux disciples
            en leur disant :
« Allez au village qui est en face de vous ;
vous trouverez aussitôt une ânesse attachée
et son petit avec elle.
Détachez-les et amenez-les moi.
    Et si l’on vous dit quelque chose,
vous répondrez :
‘Le Seigneur en a besoin’.
Et aussitôt on les laissera partir. »
    Cela est arrivé pour que soit accomplie la parole prononcée par le prophète :
    Dites à la fille de Sion :
Voici ton roi qui vient vers toi,
plein de douceur,
monté sur une ânesse et un petit âne,
le petit d’une bête de somme.


    Les disciples partirent
et firent ce que Jésus leur avait ordonné.
    Ils amenèrent l’ânesse et son petit,
disposèrent sur eux leurs manteaux,
et Jésus s’assit dessus.
    Dans la foule, la plupart étendirent leurs manteaux sur le chemin ;
d’autres coupaient des branches aux arbres
et en jonchaient la route.
    Les foules qui marchaient devant Jésus et celles qui suivaient
criaient :
« Hosanna au fils de David !
Béni soit celui qui vient au nom du Seigneur !
Hosanna au plus haut des cieux ! »
    Comme Jésus entrait à Jérusalem,
toute la ville fut en proie à l’agitation,
et disait :
« Qui est cet homme ? »
    Et les foules répondaient :
« C’est le prophète Jésus,
de Nazareth en Galilée. »

 

    – Acclamons la Parole de Dieu.

Première lecture

« Je n’ai pas caché ma face devant les outrages, je sais que je ne serai pas confondu » (Is 50, 4-7)

Lecture du livre du prophète Isaïe

Le Seigneur mon Dieu m’a donné le langage des disciples,
pour que je puisse, d’une parole,
soutenir celui qui est épuisé.
Chaque matin, il éveille,
il éveille mon oreille
pour qu’en disciple, j’écoute.
    Le Seigneur mon Dieu m’a ouvert l’oreille,
et moi, je ne me suis pas révolté,
je ne me suis pas dérobé.
    J’ai présenté mon dos à ceux qui me frappaient,
et mes joues à ceux qui m’arrachaient la barbe.
Je n’ai pas caché ma face devant les outrages et les crachats.
    Le Seigneur mon Dieu vient à mon secours ;
c’est pourquoi je ne suis pas atteint par les outrages,
c’est pourquoi j’ai rendu ma face dure comme pierre :
je sais que je ne serai pas confondu.


    – Parole du Seigneur.

Psaume

(Ps 21 (22), 8-9, 17-18a, 19-20, 22c-24a)

R/ Mon Dieu, mon Dieu,
pourquoi m’as-tu abandonné ?
(Ps 21, 2a)

Tous ceux qui me voient me bafouent,
ils ricanent et hochent la tête :
« Il comptait sur le Seigneur : qu’il le délivre !
Qu’il le sauve, puisqu’il est son ami ! »

 

Oui, des chiens me cernent,
une bande de vauriens m’entoure.
Ils me percent les mains et les pieds ;
je peux compter tous mes os.

 

Ils partagent entre eux mes habits
et tirent au sort mon vêtement.
Mais toi, Seigneur, ne sois pas loin :
ô ma force, viens vite à mon aide !

 

Tu m’as répondu !
Et je proclame ton nom devant mes frères,
je te loue en pleine assemblée.
Vous qui le craignez, louez le Seigneur.

Deuxième lecture

« Il s’est abaissé : c’est pourquoi Dieu l’a exalté » (Ph 2, 6-11)

Lecture de la lettre de saint Paul apôtre aux Philippiens

Le Christ Jésus,
    ayant la condition de Dieu,
ne retint pas jalousement
le rang qui l’égalait à Dieu.


    Mais il s’est anéanti,
prenant la condition de serviteur,
devenant semblable aux hommes.


Reconnu homme à son aspect,
    il s’est abaissé,
devenant obéissant jusqu’à la mort,
et la mort de la croix.


    C’est pourquoi Dieu l’a exalté :
il l’a doté du Nom
qui est au-dessus de tout nom,


    afin qu’au nom de Jésus
tout genou fléchisse
au ciel, sur terre et aux enfers,


    et que toute langue proclame :
« Jésus Christ est Seigneur »
à la gloire de Dieu le Père.


    – Parole du Seigneur.

Évangile

Passion de notre Seigneur Jésus Christ (Mt 26, 14 – 27, 66)

Gloire et louange à toi, Seigneur Jésus.
Pour nous, le Christ est devenu obéissant,
jusqu’à la mort, et la mort de la croix.
C’est pourquoi Dieu l’a exalté :
il l’a doté du Nom qui est au-dessus de tout nom.
Gloire et louange à toi, Seigneur Jésus. (cf. Ph 2, 8-9)

La Passion de notre Seigneur Jésus Christ selon saint Matthieu

Les sigles désignant les divers interlocuteurs son les suivants :
X = Jésus ; L= Lecteur ; D = Disciples et amis ; F= Foule ; A= Autres personnages.


    L. En ce temps-là,
    l’un des Douze, nommé Judas Iscariote,
se rendit chez les grands prêtres
    et leur dit :
D. « Que voulez-vous me donner,
si je vous le livre ? »


L. Ils lui remirent trente pièces d’argent.
    Et depuis, Judas cherchait une occasion favorable
pour le livrer.
    Le premier jour de la fête des pains sans levain,
les disciples s’approchèrent et dirent à Jésus :
D. « Où veux-tu que nous te fassions les préparatifs
pour manger la Pâque ? »
    L. Il leur dit :
X.  « Allez à la ville, chez un tel,
et dites-lui :
‘Le Maître te fait dire :
Mon temps est proche ;
c’est chez toi que je veux célébrer la Pâque
avec mes disciples.’ »
    L. Les disciples firent ce que Jésus leur avait prescrit
et ils préparèrent la Pâque.


    Le soir venu,
Jésus se trouvait à table avec les Douze.
    Pendant le repas, il déclara :
X.  « Amen, je vous le dis :
l’un de vous va me livrer. »
    L. Profondément attristés,
ils se mirent à lui demander, chacun son tour :
D. « Serait-ce moi, Seigneur ? »
    L. Prenant la parole, il dit :
X.  « Celui qui s’est servi au plat en même temps que moi,
celui-là va me livrer.
    Le Fils de l’homme s’en va,
comme il est écrit à son sujet ;
mais malheureux celui par qui le Fils de l’homme est livré !
Il vaudrait mieux pour lui qu’il ne soit pas né, cet homme-là ! »
    L. Judas, celui qui le livrait,
prit la parole :
D. « Rabbi, serait-ce moi ? »
L. Jésus lui répond :
X.  « C’est toi-même qui l’as dit ! »


    L. Pendant le repas,
Jésus, ayant pris du pain
et prononcé la bénédiction,
le rompit et, le donnant aux disciples, il dit :
X.  « Prenez, mangez :
ceci est mon corps. »
    L. Puis, ayant pris une coupe et ayant rendu grâce,
il la leur donna, en disant :
X.  « Buvez-en tous,
    car ceci est mon sang,
le sang de l’Alliance,
versé pour la multitude
en rémission des péchés.
    Je vous le dis :
désormais je ne boirai plus de ce fruit de la vigne,
jusqu’au jour où je le boirai, nouveau, avec vous
dans le royaume de mon Père. »


    L. Après avoir chanté les psaumes,
ils partirent pour le mont des Oliviers.
    Alors Jésus leur dit :
X.  « Cette nuit,
je serai pour vous tous une occasion de chute ;
car il est écrit :
Je frapperai le berger,
et les brebis du troupeau seront dispersées.

    Mais, une fois ressuscité,
je vous précéderai en Galilée. »
    L. Prenant la parole, Pierre lui dit :
D. « Si tous viennent à tomber à cause de toi,
moi, je ne tomberai jamais. »
    L. Jésus lui répondit :
X.  « Amen, je te le dis :
cette nuit même, avant que le coq chante,
tu m’auras renié trois fois. »
    L. Pierre lui dit :
D. « Même si je dois mourir avec toi,
je ne te renierai pas. »
L. Et tous les disciples dirent de même.


    Alors Jésus parvient avec eux
à un domaine appelé Gethsémani
et leur dit :
X.  « Asseyez-vous ici,
pendant que je vais là-bas pour prier. »
    L. Il emmena Pierre,
ainsi que Jacques et Jean, les deux fils de Zébédée,
et il commença à ressentir tristesse et angoisse.
    Il leur dit alors :
X.  « Mon âme est triste à en mourir.
Restez ici et veillez avec moi. »
    L. Allant un peu plus loin,
il tomba face contre terre en priant,
et il disait :
X.  « Mon Père,
s’il est possible,
que cette coupe passe loin de moi !
Cependant, non pas comme moi, je veux,
mais comme toi, tu veux. »
    L. Puis il revient vers ses disciples
et les trouve endormis ;
il dit à Pierre :
X.  « Ainsi, vous n’avez pas eu la force
de veiller seulement une heure avec moi ?
    Veillez et priez,
pour ne pas entrer en tentation ;
l’esprit est ardent,
mais la chair est faible. »
    L. De nouveau, il s’éloigna et pria, pour la deuxième fois ; il disait :
X.  « Mon Père,
si cette coupe ne peut passer
sans que je la boive,
que ta volonté soit faite ! »
    L. Revenu près des disciples,
de nouveau il les trouva endormis,
car leurs yeux étaient lourds de sommeil.
    Les laissant, de nouveau il s’éloigna
et pria pour la troisième fois,
en répétant les mêmes paroles.
    Alors il revient vers les disciples et leur dit :
X.  « Désormais, vous pouvez dormir et vous reposer.
Voici qu’elle est proche, l’heure
où le Fils de l’homme est livré aux mains des pécheurs.
    Levez-vous ! Allons !
Voici qu’il est proche, celui qui me livre. »


    L. Jésus parlait encore,
lorsque Judas, l’un des Douze, arriva,
et avec lui une grande foule
armée d’épées et de bâtons,
envoyée par les grands prêtres et les anciens du peuple.
    Celui qui le livrait leur avait donné un signe :
D. « Celui que j’embrasserai, c’est lui :
arrêtez-le. »
    L. Aussitôt, s’approchant de Jésus, il lui dit :
D. « Salut, Rabbi ! »
L. Et il l’embrassa.
    Jésus lui dit :
X.  « Mon ami, ce que tu es venu faire, fais-le ! »
L. Alors ils s’approchèrent,
mirent la main sur Jésus et l’arrêtèrent.
    L’un de ceux qui étaient avec Jésus,
portant la main à son épée,
la tira, frappa le serviteur du grand prêtre,
et lui trancha l’oreille.
    Alors Jésus lui dit :
X.  « Rentre ton épée,
car tous ceux qui prennent l’épée
périront par l’épée.
    Crois-tu que je ne puisse pas faire appel à mon Père ?
Il mettrait aussitôt à ma disposition
plus de douze légions d’anges.
    Mais alors, comment s’accompliraient les Écritures
selon lesquelles il faut qu’il en soit ainsi ? »
    L. À ce moment-là, Jésus dit aux foules :
X.  « Suis-je donc un bandit,
pour que vous soyez venus vous saisir de moi,
avec des épées et des bâtons ?
Chaque jour, dans le Temple, j’étais assis
en train d’enseigner,
et vous ne m’avez pas arrêté. »
    L. Mais tout cela est arrivé
pour que s’accomplissent les écrits des prophètes.
Alors tous les disciples l’abandonnèrent
et s’enfuirent.


    Ceux qui avaient arrêté Jésus
l’amenèrent devant Caïphe, le grand prêtre,
chez qui s’étaient réunis les scribes et les anciens.
    Quant à Pierre, il le suivait à distance,
jusqu’au palais du grand prêtre ;
il entra dans la cour et s’assit avec les serviteurs
pour voir comment cela finirait.
    Les grands prêtres et tout le Conseil suprême
cherchaient un faux témoignage contre Jésus
pour le faire mettre à mort.
    Ils n’en trouvèrent pas ;
pourtant beaucoup de faux témoins s’étaient présentés.
Finalement il s’en présenta deux,
    qui déclarèrent :
A. « Celui-là a dit :
‘Je peux détruire le Sanctuaire de Dieu
et, en trois jours, le rebâtir.’ »
    L. Alors le grand prêtre se leva et lui dit :
A. « Tu ne réponds rien ?
Que dis-tu des témoignages qu’ils portent contre toi ? »
    L. Mais Jésus gardait le silence.
Le grand prêtre lui dit :
A. « Je t’adjure, par le Dieu vivant,
de nous dire si c’est toi qui es le Christ,
le Fils de Dieu. »
    L. Jésus lui répond :
X.  « C’est toi-même qui l’as dit !
En tout cas, je vous le déclare :
désormais vous verrez le Fils de l’homme
siéger à la droite du Tout-Puissant
et venir sur les nuées du ciel. »
    L. Alors le grand prêtre déchira ses vêtements, en disant :
A. « Il a blasphémé !
Pourquoi nous faut-il encore des témoins ?
Vous venez d’entendre le blasphème !
    Quel est votre avis ? »
L. Ils répondirent :
F. « Il mérite la mort. »
    L. Alors ils lui crachèrent au visage
et le giflèrent ;
d’autres le rouèrent de coups
    en disant :
F. « Fais-nous le prophète, ô Christ !
Qui t’a frappé ? »


    L. Cependant Pierre était assis
dehors dans la cour.
Une jeune servante s’approcha de lui et lui dit :
A. « Toi aussi, tu étais avec Jésus, le Galiléen ! »
    L. Mais il le nia devant tout le monde et dit :
D. « Je ne sais pas de quoi tu parles. »
   L. Une autre servante le vit sortir en direction du portail
et elle dit à ceux qui étaient là :
A. « Celui-ci était avec Jésus, le Nazaréen. »
    L. De nouveau, Pierre le nia en faisant ce serment :
D. « Je ne connais pas cet homme. »
    L. Peu après, ceux qui se tenaient là
s’approchèrent et dirent à Pierre :
A. « Sûrement, toi aussi, tu es l’un d’entre eux !
D’ailleurs, ta façon de parler te trahit. »
    L. Alors, il se mit à protester violemment et à jurer :
D. « Je ne connais pas cet homme. »
L. Et aussitôt un coq chanta.
    Alors Pierre se souvint de la parole que Jésus lui avait dite :
« Avant que le coq chante,
tu m’auras renié trois fois. »
Il sortit et, dehors, pleura amèrement.


 Le matin venu,
tous les grands prêtres et les anciens du peuple
tinrent conseil contre Jésus
pour le faire mettre à mort.
    Après l’avoir ligoté,
ils l’emmenèrent et le livrèrent à Pilate, le gouverneur.


    Alors, en voyant que Jésus était condamné,
Judas, qui l’avait livré, fut pris de remords ;
il rendit les trente pièces d’argent
aux grands prêtres et aux anciens.
    Il leur dit :
D. « J’ai péché en livrant à la mort un innocent. »
L. Ils répliquèrent :
A. « Que nous importe ?
Cela te regarde ! »
    L. Jetant alors les pièces d’argent dans le Temple,
il se retira et alla se pendre.
    Les grands prêtres ramassèrent l’argent et dirent :
A. « Il n’est pas permis de le verser dans le trésor,
puisque c’est le prix du sang. »
    Après avoir tenu conseil,
ils achetèrent avec cette somme le champ du potier
pour y enterrer les étrangers.
    Voilà pourquoi ce champ est appelé jusqu’à ce jour
le Champ-du-Sang.
    Alors fut accomplie la parole prononcée par le prophète Jérémie :
Ils ramassèrent les trente pièces d’argent,
le prix de celui qui fut mis à prix,
le prix fixé par les fils d’Israël,
    et ils les donnèrent pour le champ du potier,
comme le Seigneur me l’avait ordonné.    


    L. On fit comparaître Jésus devant Pilate, le gouverneur,
qui l’interrogea :
A. « Es-tu le roi des Juifs ? »
L. Jésus déclara :
X.  « C’est toi-même qui le dis. »
    L. Mais, tandis que les grands prêtres et les anciens l’accusaient,
il ne répondit rien.
    Alors Pilate lui dit :
A. « Tu n’entends pas tous les témoignages portés contre toi ? »
    L. Mais Jésus ne lui répondit plus un mot,
si bien que le gouverneur fut très étonné.
    Or, à chaque fête, celui-ci avait coutume de relâcher un prisonnier,
celui que la foule demandait.
    Il y avait alors un prisonnier bien connu, nommé Barabbas.
    Les foules s’étant donc rassemblées,
Pilate leur dit :
A. « Qui voulez-vous que je vous relâche :
Barabbas ? ou Jésus, appelé le Christ ? »
    L. Il savait en effet que c’était par jalousie qu’on avait livré Jésus.
    Tandis qu’il siégeait au tribunal,
sa femme lui fit dire :
A. « Ne te mêle pas de l’affaire de ce juste,
car aujourd’hui j’ai beaucoup souffert en songe à cause de lui. »
    L. Les grands prêtres et les anciens poussèrent les foules
à réclamer Barabbas
et à faire périr Jésus.
    Le gouverneur reprit :
A. « Lequel des deux voulez-vous que je vous relâche ? »
L. Ils répondirent :
F. « Barabbas ! »
    L. Pilate leur dit :
A. « Que ferai-je donc de Jésus
appelé le Christ ? »
L. Ils répondirent tous :
F. « Qu’il soit crucifié ! »
    L. Pilate demanda :
A. « Quel mal a-t-il donc fait ? »
L. Ils criaient encore plus fort :
F. « Qu’il soit crucifié ! »
    L. Pilate, voyant que ses efforts ne servaient à rien,
sinon à augmenter le tumulte,
prit de l’eau et se lava les mains devant la foule,
en disant :
A. « Je suis innocent du sang de cet homme :
cela vous regarde ! »
    L. Tout le peuple répondit :
F. « Son sang, qu’il soit sur nous et sur nos enfants ! »
    L. Alors, il leur relâcha Barabbas ;
quant à Jésus, il le fit flageller,
et il le livra pour qu’il soit crucifié.
    Alors les soldats du gouverneur emmenèrent Jésus dans la salle du Prétoire
et rassemblèrent autour de lui toute la garde.
    Ils lui enlevèrent ses vêtements
et le couvrirent d’un manteau rouge.
    Puis, avec des épines, ils tressèrent une couronne,
et la posèrent sur sa tête ;
ils lui mirent un roseau dans la main droite
et, pour se moquer de lui, ils s’agenouillaient devant lui en disant :
F. « Salut, roi des Juifs ! »
    L. Et, après avoir craché sur lui, ils prirent le roseau,
et ils le frappaient à la tête.
    Quand ils se furent bien moqués de lui,
ils lui enlevèrent le manteau,
lui remirent ses vêtements,
et l’emmenèrent pour le crucifier.


    En sortant, ils trouvèrent un nommé Simon, originaire de Cyrène,
et ils le réquisitionnèrent pour porter la croix de Jésus.
    Arrivés en un lieu dit Golgotha,
c’est-à-dire : Lieu-du-Crâne (ou Calvaire),
    ils donnèrent à boire à Jésus du vin mêlé de fiel ;
il en goûta, mais ne voulut pas boire.
    Après l’avoir crucifié,
ils se partagèrent ses vêtements en tirant au sort ;
    et ils restaient là, assis, à le garder.
    Au-dessus de sa tête
ils placèrent une inscription indiquant le motif de sa condamnation :
« Celui-ci est Jésus, le roi des Juifs. »
    Alors on crucifia avec lui deux bandits,
l’un à droite et l’autre à gauche.


    Les passants l’injuriaient en hochant la tête ;
    ils disaient :
F. « Toi qui détruis le Sanctuaire et le rebâtis en trois jours,
sauve-toi toi-même, si tu es Fils de Dieu,
et descends de la croix ! »
    L. De même, les grands prêtres se moquaient de lui
avec les scribes et les anciens, en disant :
    A. « Il en a sauvé d’autres,
et il ne peut pas se sauver lui-même !
Il est roi d’Israël :
qu’il descende maintenant de la croix,
et nous croirons en lui !
    Il a mis sa confiance en Dieu.
Que Dieu le délivre maintenant,
s’il l’aime !

Car il a dit :
‘Je suis Fils de Dieu.’ »
    L. Les bandits crucifiés avec lui l’insultaient de la même manière.


    À partir de la sixième heure (c’est-à-dire : midi),
l’obscurité se fit sur toute la terre
jusqu’à la neuvième heure.
    Vers la neuvième heure,
Jésus cria d’une voix forte :
X.  « Éli, Éli, lema sabactani ? »,
L. ce qui veut dire :
X.  « Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m’as-tu abandonné ? »
    L. L’ayant entendu,
quelques-uns de ceux qui étaient là disaient :
F. « Le voilà qui appelle le prophète Élie ! »
    L. Aussitôt l’un d’eux courut prendre une éponge
qu’il trempa dans une boisson vinaigrée ;
il la mit au bout d’un roseau,
et il lui donnait à boire.
    Les autres disaient :
F. « Attends !
Nous verrons bien si Élie vient le sauver. »
    L. Mais Jésus, poussant de nouveau un grand cri,
rendit l’esprit

(Ici on fléchit le genou et on s’arrête un instant)

    Et voici que le rideau du Sanctuaire se déchira en deux,
depuis le haut jusqu’en bas ;
la terre trembla et les rochers se fendirent.
    Les tombeaux s’ouvrirent ;
les corps de nombreux saints qui étaient morts ressuscitèrent,
    et, sortant des tombeaux après la résurrection de Jésus,
ils entrèrent dans la Ville sainte,
et se montrèrent à un grand nombre de gens.
    À la vue du tremblement de terre et de ces événements,
le centurion et ceux qui, avec lui, gardaient Jésus,
furent saisis d’une grande crainte et dirent :
A. « Vraiment, celui-ci était Fils de Dieu ! »


    L. Il y avait là de nombreuses femmes qui observaient de loin.
Elles avaient suivi Jésus depuis la Galilée pour le servir.
    Parmi elles se trouvaient Marie Madeleine,
Marie, mère de Jacques et de Joseph,
et la mère des fils de Zébédée.


    Comme il se faisait tard, arriva un homme riche, originaire d’Arimathie,
qui s’appelait Joseph,
et qui était devenu, lui aussi, disciple de Jésus.
    Il alla trouver Pilate pour demander le corps de Jésus.
Alors Pilate ordonna qu’on le lui remette.
    Prenant le corps,
Joseph l’enveloppa dans un linceul immaculé,
    et le déposa dans le tombeau neuf
qu’il s’était fait creuser dans le roc.
Puis il roula une grande pierre à l’entrée du tombeau
et s’en alla.
    Or Marie Madeleine et l’autre Marie étaient là,
assises en face du sépulcre.


    Le lendemain, après le jour de la Préparation,
les grands prêtres et les pharisiens
s’assemblèrent chez Pilate,
    en disant :
A. « Seigneur, nous nous sommes rappelé
que cet imposteur a dit, de son vivant :
‘Trois jours après, je ressusciterai.’
Alors, donne l’ordre que le sépulcre soit surveillé
jusqu’au troisième jour,
de peur que ses disciples ne viennent voler le corps
et ne disent au peuple :
‘Il est ressuscité d’entre les morts.’
Cette dernière imposture serait pire que la première. »
    L. Pilate leur déclara :
A. « Vous avez une garde.
Allez, organisez la surveillance comme vous l’entendez ! »


    L. Ils partirent donc
et assurèrent la surveillance du sépulcre
en mettant les scellés sur la pierre et en y plaçant la garde.


    – Acclamons la Parole de Dieu.

 

OU LECTURE BREVE

Évangile

Passion de notre Seigneur Jésus Christ (Mt 27, 11-54)

La Passion de notre Seigneur Jésus Christ selon saint Matthieu

Les sigles désignant les divers interlocuteurs son les suivants :
X. = Jésus ; L = Lecteur ; D = Disciples et amis ; F = Foule ; A = Autres personnages.


    L. On fit comparaître Jésus devant Pilate, le gouverneur,
qui l’interrogea :
A. « Es-tu le roi des Juifs ? »
L. Jésus déclara :
X.  « C’est toi-même qui le dis. »
    L. Mais, tandis que les grands prêtres et les anciens l’accusaient,
il ne répondit rien.
    Alors Pilate lui dit :
A. « Tu n’entends pas tous les témoignages portés contre toi ? »
    L. Mais Jésus ne lui répondit plus un mot,
si bien que le gouverneur fut très étonné.
    Or, à chaque fête, celui-ci avait coutume de relâcher un prisonnier,
celui que la foule demandait.
    Il y avait alors un prisonnier bien connu, nommé Barabbas.
    Les foules s’étant donc rassemblées,
Pilate leur dit :
A. « Qui voulez-vous que je vous relâche :
Barabbas ? ou Jésus, appelé le Christ ? »
    L. Il savait en effet que c’était par jalousie qu’on avait livré Jésus.
    Tandis qu’il siégeait au tribunal,
sa femme lui fit dire :
A. « Ne te mêle pas de l’affaire de ce juste,
car aujourd’hui j’ai beaucoup souffert en songe à cause de lui. »
    L. Les grands prêtres et les anciens poussèrent les foules
à réclamer Barabbas
et à faire périr Jésus.
    Le gouverneur reprit :
A. « Lequel des deux voulez-vous que je vous relâche ? »
L. Ils répondirent :
F. « Barabbas ! »
    L. Pilate leur dit :
A. « Que ferai-je donc de Jésus
appelé le Christ ? »
L. Ils répondirent tous :
F. « Qu’il soit crucifié ! »
    L. Pilate demanda :
A. « Quel mal a-t-il donc fait ? »
L. Ils criaient encore plus fort :
F. « Qu’il soit crucifié ! »
    L. Pilate, voyant que ses efforts ne servaient à rien,
sinon à augmenter le tumulte,
prit de l’eau et se lava les mains devant la foule,
en disant :
A. « Je suis innocent du sang de cet homme :
cela vous regarde ! »
    L. Tout le peuple répondit :
F. « Son sang, qu’il soit sur nous et sur nos enfants ! »
    L. Alors, il leur relâcha Barabbas ;
quant à Jésus, il le fit flageller,
et il le livra pour qu’il soit crucifié.


    Alors les soldats du gouverneur emmenèrent Jésus dans la salle du Prétoire
et rassemblèrent autour de lui toute la garde.
    Ils lui enlevèrent ses vêtements
et le couvrirent d’un manteau rouge.
    Puis, avec des épines, ils tressèrent une couronne,
et la posèrent sur sa tête ;
ils lui mirent un roseau dans la main droite
et, pour se moquer de lui, ils s’agenouillaient devant lui en disant :
F. « Salut, roi des Juifs ! »
    L. Et, après avoir craché sur lui, ils prirent le roseau,
et ils le frappaient à la tête.
    Quand ils se furent bien moqués de lui,
ils lui enlevèrent le manteau,
lui remirent ses vêtements,
et l’emmenèrent pour le crucifier.


    En sortant, ils trouvèrent un nommé Simon, originaire de Cyrène,
et ils le réquisitionnèrent pour porter la croix de Jésus.
    Arrivés en un lieu dit Golgotha,
c’est-à-dire : Lieu-du-Crâne (ou Calvaire),
    ils donnèrent à boire à Jésus du vin mêlé de fiel ;
il en goûta, mais ne voulut pas boire.
    Après l’avoir crucifié,
ils se partagèrent ses vêtements en tirant au sort ;
    et ils restaient là, assis, à le garder.
    Au-dessus de sa tête
ils placèrent une inscription indiquant le motif de sa condamnation :
« Celui-ci est Jésus, le roi des Juifs. »
    Alors on crucifia avec lui deux bandits,
l’un à droite et l’autre à gauche.
    Les passants l’injuriaient en hochant la tête ;
    ils disaient :
F. « Toi qui détruis le Sanctuaire et le rebâtis en trois jours,
sauve-toi toi-même, si tu es Fils de Dieu,
et descends de la croix ! »
    L. De même, les grands prêtres se moquaient de lui
avec les scribes et les anciens, en disant :
    A. « Il en a sauvé d’autres,
et il ne peut pas se sauver lui-même !
Il est roi d’Israël :
qu’il descende maintenant de la croix,
et nous croirons en lui !
    Il a mis sa confiance en Dieu.
Que Dieu le délivre maintenant,
s’il l’aime !

Car il a dit :
‘Je suis Fils de Dieu.’ »
    L. Les bandits crucifiés avec lui l’insultaient de la même manière.


    À partir de la sixième heure (c’est-à-dire : midi),
l’obscurité se fit sur toute la terre
jusqu’à la neuvième heure.
    Vers la neuvième heure,
Jésus cria d’une voix forte :
X.  « Éli, Éli, lema sabactani ? »,
L. ce qui veut dire :
X.  « Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m’as-tu abandonné ? »
    L. L’ayant entendu,
quelques-uns de ceux qui étaient là disaient :
F. « Le voilà qui appelle le prophète Élie ! »
    L. Aussitôt l’un d’eux courut prendre une éponge
qu’il trempa dans une boisson vinaigrée ;
il la mit au bout d’un roseau,
et il lui donnait à boire.
    Les autres disaient :
F. « Attends !
Nous verrons bien si Élie vient le sauver. »
    L. Mais Jésus, poussant de nouveau un grand cri,
rendit l’esprit.

(Ici on fléchit le genou et on s’arrête un instant)

    Et voici que le rideau du Sanctuaire se déchira en deux,
depuis le haut jusqu’en bas ;
la terre trembla et les rochers se fendirent.
    Les tombeaux s’ouvrirent ;
les corps de nombreux saints qui étaient morts ressuscitèrent,
    et, sortant des tombeaux après la résurrection de Jésus,
ils entrèrent dans la Ville sainte,
et se montrèrent à un grand nombre de gens.
    À la vue du tremblement de terre et de ces événements,
le centurion et ceux qui, avec lui, gardaient Jésus,
furent saisis d’une grande crainte et dirent :
A. « Vraiment, celui-ci était Fils de Dieu ! »


    – Acclamons la Parole de Dieu.

Source : AELF

Dimanche des Rameaux et de la Passion

Commentaire du jour
Bienheureux Guerric d'Igny (v. 1080-1157), abbé cistercien
3e Sermon pour le dimanche des Rameaux ; SC 202 (trad. cf SC, p. 188s et Delhougne, p. 195)

« Béni soit celui qui vient au nom du Seigneur »

      C'est sous deux aspects bien différents que la fête d'aujourd'hui présente aux enfants des hommes celui que notre âme désire (Is 26,9), « le plus beau des enfants des hommes » (Ps 44,3). Il attire notre regard sous les deux aspects ; sous l'un et l'autre nous le désirons et nous l'aimons, car en l'un et l'autre il est le Sauveur des hommes...

      Si on considère en même temps la procession d'aujourd'hui et la Passion, on voit Jésus, d'un côté sublime et glorieux, de l'autre humilié et douloureux. Car dans la procession il reçoit des honneurs royaux, et dans la Passion on le voit châtié comme un malfaiteur. Ici, la gloire et l'honneur l'environnent ; là « il n'a ni apparence ni beauté » (Is 53,2). Ici, il est la joie des hommes et la fierté du peuple ; là, c'est « la honte des hommes et le mépris du peuple » (Ps 21,7). Ici, on l'acclame : « Hosanna au fils de David. Béni soit le roi d'Israël qui vient ! » Là, on hurle qu'il mérite la mort et on se moque de lui parce qu'il s'est fait roi d'Israël. Ici, on accourt vers lui avec des palmes ; là, ils le soufflettent au visage avec leurs paumes, et on frappe sa tête à coups de roseau. Ici, on le comble d'éloges ; là, il est rassasié d'injures. Ici, on se dispute pour joncher sa route avec le vêtement des autres ; là, on le dépouille de ses propres vêtements. Ici, on le reçoit dans Jérusalem comme le roi juste et le Sauveur ; là, il est chassé de Jérusalem comme un criminel et un imposteur. Ici, il est monté sur un âne, entouré d'hommages ; là, il est pendu au bois de la croix, déchiré par les fouets, transpercé de plaies et abandonné par les siens...

      Seigneur Jésus, que ton visage apparaisse glorieux ou humilié, toujours on y voit luire la sagesse. De ton visage rayonne l'éclat de la lumière éternelle (Sg 7,26). Que brille toujours sur nous, Seigneur, la lumière de ton visage (Ps 4,7) dans les tristesses comme dans les joies... Tu es la joie et le salut de tous, qu'ils te voient monté sur l'âne ou suspendu au bois de la croix.

Source : EAQ

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15 novembre 2015

ATTENTATS À PARIS

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Mon Dieu, j'ai du mal à réaliser combien la mort a frappé tout près, vraiment tout près de nous.

Je te confie les victimes, leurs proches, toutes les personnes qui leur sont venues en aide, les membres du gouvernement ET les auteurs du massacre.

Que ton Esprit Saint descende en chacun, que chacun se plonge dans ta miséricorde., voit par tes yeux, agissent par tes mains, se convertisse par ton coeur sacré.

Mon Dieu, prends pitié de nous, guide-nous, soutiens-nous, éclaire-nous, donne-nous ta paix.

Que les violents se tournent vers toi, qu'ils découvrent ton amour, ta douceur, ta paix, mon Dieu, aide-les à se convertir, aide chacun de nous à ne pas céder à la peur, à la colère. Aide-nous à pardonner, aide-nous à faire ce que tu nous as demandé :

Eh bien ! moi, je vous dis :

Aimez vos ennemis, et priez pour ceux qui vous persécutent (Mt 5,44)

AELF

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01 novembre 2015

SAINT BERNARD DE CLAIRVAUX - PREMIER SERMON POUR LA FÊTE DE LA TOUSSAINT

Fra-Angelico-Jésus-mappelle-t-il-a-etre-saint-Dominique-de-Pirey

Evangile selon Saint Matthieux 5, 1-12a

1. La fête de tous les saints que nous faisons aujourd'hui mérite d'être célébrée avec toute sorte tic dévotion. En effet, si la fête de saint Pierre, de saint Étienne, ou de tout autre saint nous parait grande, et l'est, en effet, combien plus grande doit être pour nous celle que nous- faisons aujourd'hui, puisque au lieu d'être la fête d'un seul saint, elle est la fête de tous les saints ? Vous n'ignorez pas, nies frères, que les gens du monde célèbrent leurs fêtes par des festins mondains, et que plus la solennité est grande plus aussi ils font bonne chère. Eh quoi donc? ne faut-il pas aussi que ceux qui se sont convertis dans leur coeur, recherchent les délices du coeur; les gens,spirituels ne doivent-ils pas aussi rechercher des,joies spirituelles? Aussi, mes frères, notre festin est-il préparé, tout est-il cuit, et le temps de nous mettre à table est-il arrivé. Il est juste que nous commencions par les festins de l'âme puisque, sans l'ombre d'un doute, elle l'emporte sur le reste de notre être, et qu'elle est sans comparaison la meilleure partie de nous-mêmes. D'ailleurs, il est de toute évidence que la fête des saints se rapporte bien plus à l'âme qu'au corps. Or, les âmes doivent prendre beaucoup plus de part aux choses qui se rapportent à l'âme, attendu qu'il y a entre ces choses et elles un plus grand rapport. Voilà pourquoi aussi les saints compatissent beaucoup plus aux âmes, désirent davantage les biens des âmes et se complaisent plus dans leur réfection, ils ont, comme nous, été passibles, comme nous ils ont eu à déplorer les peines de notre. voyage et de notre misérable exil, et à éprouver le poids accablant de ce corps, le tumulte du siècle, et les tentations de l'ennemi. On ne saurait donc révoquer en doute que cette solennité ne leur soit beaucoup plus agréable, parce qu'il y est pourvu, au festin des âmes, que celle que les mondains célèbrent, en donnant plus de soins à la chair dans les désirs de la volupté.

2. Mais où trouverons-nous le pain des âmes dans cette terre déserte, dans ce séjour d'horreur, dans cette solitude? Où procurer le pain spirituel, sous le soleil où ne se trouve que travail, douleur et affliction d'esprit ? Mais je sais quelqu'un qui a dit . «Demandez et vous recevrez (Matt. VII, 7), » et ailleurs : « Si donc vous autres, tout méchants que vous êtes, vous savez néanmoins donner de bonnes choses à vos enfants, à combien plus forte raison, votre Père qui est dans les cieux donnera-t-il le bon esprit à ceux qui le lui demandent (Luc. XI, 13) ? » Je n'ignore pas avec quelles instances vous avez, pendant toute la nuit et toute cette journée, demandé au ciel de vous donner le pain vivant qui fortifie non le corps, mais le coeur de l'homme. Car je n'oserai vous donner le nom de convives; nous ne sommes que des, mendiants qui vivons de la prébende de Dieu, oui, des mendiants, étendus à la porte d'un roi excessivement riche, des pauvres couverts d'ulcères et désirant se nourrir, que dis-je, se soutenir au moins en mangeant les miettes qui tombent de la table de leurs maîtres dont ils font, aujourd'hui la fête, qui nagent en ce moment au sein des délices, et qui reçoivent une mesure bonne et foulée, une mesure qui déborde. Nous espérons bien qu'il se trouvera quelqu'un pour nous distribuer ces miettes, car il y a un chaos immense, une distance infinie entre la libéralité, la bonté de Dieu et la cruauté du mauvais riche. Aussi, notre Père nous a-t-il donné notre pain aujourd'hui; d'ailleurs, il faut bien que le Père des miséricordes se montre le Père des misérables, il nous a donné, dis-je, 1e pain du ciel, et nous a envoyé des vivres en abondance : je serai voire fidèle maître d'hôtel, puisse mon âme servir utilement à vous les préparer.

3. Mon coeur s'est échauffé pendant toute la nuit au-dedans de moi pour vous préparer les mets que je dois vous servir, et pendant que je méditais ces choses, un feu s'est embrasé dans mon âme (Psal. XXXVIII, 4), sans doute, celui que le Seigneur est venu apporter sur la terre, et qu'il n'a d'autre désir que de voir prendre comme un incendie. Pour une nourriture spirituelle,il faut nécessairement une cuisine spirituelle et lin feu spirituel. Il ne me reste plus qu'à vous servir ce que j'ai préparé; pour vous, ne voyez que le Seigneur qui vous traite, non le serviteur qui vous distribué ce qu'il vous donne. Cas pour moi, en ce qui me concerne, je ne suis pas autre chose que votre compagnon do service, qui s'unit à vous pour mendier pour lui en même temps que, pour vous, comme le Seigneur le sait, le pain du ciel; mais c'est votre Père lui-même, c'est lui qui vous repaît d'oeuvres et de paroles, et même de la chair de son propre Fils, qui est une vraie nourriture. Quant aux oeuvres, je lis : «Ma nourriture est de faire la volonté de mon Père (Jean. IV, 34), » pour ce qui est des paroles, je lis également

: « L'homme ne vit pas seulement de pain, mais de toute parole qui sort de la bouche de Dieu (Deut. VIII, 3. » Nous avons donc à nous nourrir aujourd'hui de ses oeuvres et de ses paroles ; ensuite nous recevrons, s'il nous en fait la grâce, le sacrement sans tache de son corps sur la très-sainte table de son autel.

4. Nous lisons dans l'Evangile, que « Jésus, en apercevant une grande foule, monta sur une montagne (Matt. V, 1).» Les populations quittaient, en effet; les villes et les bourgades pour aller entendre les prédications. du Seigneur qui sauvait les âmes des uns, guérissait les corps des autres, et se les attachait tous par les liens du coeur, autant que par le bonheur qu'ils avaient à le voir. Car, sa voix était douce et sa figure agréable, s'il faut en croire celui qui lui dit : « Vous surpassez en beauté les enfants des hommes et une grâce admirable est répandue sur vos lèvres (Psal. XLIV, 8). » Tel est celui que nous suivons et à qui nous nous sommes attachés. Il est tout désirable, et non-seulement les populations, mais les saints anges eux-mêmes brûlent de le considérer. Que pourrai-je donc vous offrir de plus doux ? Il est les délices des anges. Coûtez donc et voyez combien le Seigneur est doux. Rien de ce qu'on peut désirer sur la terre ne saurait entrer en comparaison de cette douceur, de cette saveur, de cette sagesse qui est vraiment tirée des endroits les plus cachés. Et quoi! faut-il s'étonner de trouver l'éclat dans le soleil, la beauté dans la fleur, le goût dans le pain et la fécondité dans la terre? Mais toutes ces qualités-là sont autant de dons de Dieu, ton ne saurait douter, quelque part qu'il en ait donnée aux créatures, qu'il ne s'en soit réservé une plus grande encore.

5. Il ne faut pas croire que ce soit sans raison qu'il soit monté sur une montagne, d'autant plus que cela avait été prédit bien longtemps d'avarice, par un prophète qui avait dit : « montez sur une montagne, vous qui annoncez la bonne nouvelle à Sion; élevez la voix avec force, vous qui évangélisez Jérusalem (Isa. XL, 9). » Dans cette ascension sur la montagne, je vous propose de voir, à moins que vous n'ayez trouvé quelque chose de mieux, ce que Saint Luc nous rappelle au commencement du livre des Actes des apôtres, quand il nous dit. «J'ai parlé dans mon premier livre, ô Théophile, de tout ce que Jésus a fait et enseigné (Act. I, 1). » Évidemment il n'a pas agi à la façon des Pharisiens qui liaient de lourds fardeaux qu'on ne pouvait porter, efforçaient les autres à les prendre sur leurs épaules, tandis que pour eux, ils n'y voulaient pas même toucher du bout du doigt (Matt. XXIII, 4). Est-ce que ce n'est pas là un pain délicieux pour l'âme, un pain qui fortifie le coeur de l'homme ? Je vous suis avec confiance, Seigneur, et je m'avance en toute sécurité dans la voie de vos commandements, parce que je sais que vous m'y avez précédé. Oui, je cours en toute sûreté dans la voie de vos commandements, depuis que je sais que vous êtes parti des extrémités du Ciel, pour parcourir votre carrière, et que vous êtes allé jusqu'à l'autre extrémité (Psal. XVIII, 7) en suivant la même voie. Je ne saurais, mes frères, vous mâcher ainsi chaque mot en détail , mais montrez-vous des animaux purs, et qui sachent ruminer, afin d'accomplir cette parole : « Il y a toujours un trésor précieux dans la bouche du sage (Prov. XXI, 20). » La brièveté du temps et l'abondance des matières, me forceront peut-être à borner mes paroles, et à passer un peu rapidement.

6. « Jésus, voyant la foule, monta sur une montagne : » il la voyait d'un regard de commisération, car elle était comme un troupeau de brebis errantes qui n'ont point de pasteur. Que veut-il nous apprendre lorsque, avant d'enseigner, il monte sur une montagne, si non qu'il faut que les prédicateurs de la parole de Dieu tendent en haut par les désirs de leur âme, et par la sainteté de leur vie, et gravissent la montagne des vertus? « Lorsqu'il se fut assis, ses disciples s'approchèrent de lui (Matt. V, 1). Lorsqu'il se fut assis, » dit l'Évangéliste, autrement qui est-ce qui aurait pu s'approcher d'un pareil géant, s'il fût demeuré debout ? Mais il s'est baissé avec sa bonté extrême, il est descendu jusqu'à s'asseoir, en sorte qu'il pût dire à son Père : « Vous m'avez connu lorsque j'étais cassis, et vous me connûtes aussi quand je me fus levé (Psal: CXXXVIII, 1). » Il s'est assis, en effet, pour permettre aux publicains même et aux pécheurs, à Marie Madeleine et au Larron sur sa croix, de s'approcher de sa personne à laquelle ne sauraient s'élever les anges eux-mêmes, si elle demeurait debout. « Et lorsqu'il se fut assis ses disciples s'approchèrent de lui, » beaucoup plus par un mouvement dit cœur et par l'imitation de ses vertus que par le déplacement des pieds. C'est bien que l'Évangéliste nous dise que ce n'est pas la troupe des premiers venus, ni une partie du peuple, mais ses disciples qui se sont approchés de lui. Il arrive par là que de même que l'Ancien Testament, au rapport des Livres saints, a été donné sur le mont Sinaï, où Moïse seul était monté, tandis que le peuple attendait au pied (Exod. XXIV, 14), ainsi aujourd'hui les montagnes reçoivent la paix pour le peuple, et les collines, la justice; ce que les apôtres devront un jour prêcher à la lumière, et annoncer sur les toits leur est dit dans une sorte de ténèbres, dans -le secret, et dans le tuyau de l'oreille. Après cela le récit de l'Évangéliste se poursuit ainsi

7. «Et, ouvrant la bouche, il les instruisait. » Aujourd'hui il ouvre sa propre bouche, comme il avait autrefois ouvert celle des prophètes. C'est pour cela que le Psalmiste a dit quelque part : « Seigneur vous m'ouvrirez la bouche, et mes lèvres annonceront vos louanges (Psal. I., 17). » Après avoir parlé autrefois en diverses occasions et en diverses marnières dans les prophètes (Hebr. I, 1), il parle enfin lui-même à son tour, comme s'il avait dit : Je vous parlais autrefois, aujourd'hui me voici soirs vos yeux. Heureux ceux qui ont entendu parler la Sagesse même incarnée, qui ont recueilli des lèvres mêmes du Verbe de Dieu, les paroles qui en découlaient. Mais ce qu'ils ont entendu nous a été conservé, et nous pouvons l'entendre à notre tour, quoique ce ne soit plus de ses lèvres. « Ouvrant donc la bouche, il les instruisait en disant : Bienheureux les pauvres d'esprit (Matt. V, 2). » Oui, on peut bien dire qu'il a ouvert sa bouche où se trouvent cachés des trésors de sagesse et de science, et sa doctrine est bien celle de Celui qui a dit dans l'Apocalypse, « Je m'en vais faire toutes choses nouvelles (Apoc. XXII 5), » et qui auparavant avait dit par un prophète, « Je vais ouvrir ma bouche, et ,je vous révélerai des choses cachées depuis le commencement du monde (Psal. LXXVII, 2). » Qu'y a-t-il de purs caché, eu effet, que le bonheur de la pauvreté? Et pourtant c'est la vérité même qui nous en parle, la vérité qui ne peut ni tomber ni induire en erreur, c'est elle, dis-je, qui nous apprend que « les pauvres d'esprit sont bienheureux (Matt. V, 3). » Et vous insensés enfants d'Adam, vous recherchez encore les richesses, vous désirez toujours les richesses, quand le bonheur de la pauvreté a été annoncé, prêché par un Dieu au monde, et cru des hommes! que les païens les recherchent, ils vivront sans Dieu; qu'un juif soupire après elle, il n'a reçu que des promesses qui ont rapport à la terre; mais de quel front, disons mieux, avec quelle conscience un Chrétien recherchera-t-il les richesses, après que le Christ lui-même a proclamé que les pauvres sont bienheureux ? Jusques à quand, enfants étrangers, jusques à quand votre bouche continuera-t-elle à ne parler que de vanité et à proclamer heureux les hommes qui possèdent ces choses, ces biens visibles, les biens de la vie présente, quand le Fils dé Dieu a ouvert la bouche pour nous faire entendre la vérité, pour dire heureux les pauvres, malheur aux riches?

8. Mais remarquez bien qu'il ne parle pas des pauvres en général, des hommes du peuple qui ne sont pauvres que par le fait d'une misérable nécessité, non d'un acte louable de leur volonté. Je sais bien que leur misère, et leur affligeante détresse, peut leur être utile auprès de la miséricordieuse bonté de Dieu, mais je sais aussi que le Seigneur n'a point parlé d'eux en cet endroit; il n'a parlé que de ceux qui peuvent dire avec le Prophète : «mon sacrifice sera volontaire (Psal. LIII, 8). » Il ne faut pas non plus conclure de là, que toute espèce de pauvreté volontaire soit ici l'objet des louanges de Dieu. E n effet, il y eut des philosophes qui quittèrent tout, nous dit-on, afin, étant libres de tout souci des choses de ce monde, de pouvoir s'adonner plus librement à l'étude de la vanité; ils ne voulaient point être riches des biens de la terre, afin de l'être d'avantage des choses qu'ils goûtaient plus. C'est pour les exclure qu'il est dit « les pauvres d'esprit,» c'est-à-dire pauvres par le fait d'une volonté toute spirituelle. « Bienheureux donc les pauvres d'esprit, » c'est-à-dire ceux qui le sont par suite d'une intention, d'un désir spirituel, uniquement pour plaire à Pieu, et pour faire leur salut : « car le royaume des cieux est à eux. » Or, qui est-ce qui parle ainsi, qui déclare les pauvres bienheureux, et les. enrichit de la sorte? Est-ce parce qu'il dit est vrai? Oui, n'en doutez point, car celui qui promet qu'il en sera ainsi, est capable de tenir à ses promesses. Si l'ennemi murmure, il lui répondra: ne m'est-il pas permis de faire ce que je veux ? Et votre oeil est-il mauvais parce que je suis bon Matt. XX, 15) ? Si tu as été justement humilié pour avoir voulu t'élever contre moi, ne faut-il pas élever ceux qui s'humilient pour moi? En effet, mes frères, si ce misérable ennemi a été précipité du ciel, pour avoir aspiré à la grandeur, convoité l'élévation, et présumé de monter plus haut qu'il n'était, n'est-il pas logique que ceux qui sont descendus à l'humble rang des pauvres volontaires, soient heureux et « possèdent le royaume des cieux, » qu'il a perdu? Remarquez aussi avec quel à propos la Sagesse même a commencé par indiquer le remède au premier péché. C'est comme s'il avait, dit en termes plus clairs : Vous voulez obtenir le ciel que l'ange a perdu par son orgueil, l'ange, dis-je, qui a été confondu dans sa propre force, et au sein de ses innombrables richesses ? Embrassez l'humble pauvreté, et il est à vous. Mais continuons.

9. « Bienheureux ceux qui sont doux. » Bien, très bien. Voilà, en effet, comment il convenait de louer la douceur, après avoir fait l'éloge de la Pauvreté, attendu que la première tentation qui éprouve ordinairement. ceux qui ont tout quitte, c'est celle qui résulte des souffrances du corps et des afflictions auxquelles la chair n'est point encore habituée. A quoi bon la pauvreté, si, ce qu'à Dieu ne plaise, celui qui s'est fait pauvre, tombe dans le murmure, devient impatient, né peut plus supporter le joug de la discipline? Il est très-bien aussi, qu'après la promesse du royaume des cieux, ils en reçoivent un autre de moindre importance, comme une sorte de gage , afin que , selon ce mot de l'Écriture, « nous ayons en même temps la promesse de la vie présente et celle de la vie future ( I Tim. IV, 8), » et que, par ce que nous voyons en cette vie , nous concevions une ferme espérance des biens de l'autre. « Bienheureux ceux qui sont doux, parce qu'ils posséderont la terre. » Or, par cette terre je comprends notre corps , attendu que si l'âme veut le posséder, si elle veut régner sur ses membres, il faut qu'elle soit elle-même pleine de douceur et soumise à son supérieur, car elle trouvera son inférieur tel qu'elle se sera montrée elle-même envers son supérieur. La créature, en effet, prend les armes pour venger l'injure de son Créateur. Ainsi toute âme qui trouve sa chair révoltée contre elle, doit reconnaître qu'elle est elle-même moins soumise qu'elle ne doit aux puissances supérieures. Qu'elle s'adoucisse donc et qu'elle s'humilie sous les mains puissantes du Très-Haut, qu'elle se soumette à Dieu, ainsi qu'aux prélats qui lui commandent de sa part, et aussitôt elle trouvera un corps obéissant et soumis aussi. En effet, c'est la Vérité même qui nous le dit : « Bienheureux ceux qui sont doux, parce qu'ils posséderont la terre. » Or, voyez si ce second remède n'est pas celui que réclame notre seconde blessure. En effet, après la chute de l'ange, Ève est la première créature qui pèche ; agitée par l'inquiétude de l'esprit, elle rejette en même temps le joug si doux et le fardeau bien léger de la défense du Seigneur, parce qu'elle De veut point attendre qu'elle mérite de recevoir la perfection de son bonheur de la main de Dieu qui lui avait déjà donné tout le reste, et préfère la cueillir elle-même, sûr le conseil du serpent. Voilà pourquoi elle perdit le paradis, la terre des délices, voilà pourquoi elle ressentit dans son corps même une loi de révolte. Mais peut-être, à ces mots du Seigneur , soupirez-vous déjà après la mansuétude, et vous plaignez-vous de la sauvagerie de votre propre crieur, de ses mouvements qui le font ressembler à une bête féroce, de son humeur farouche et indomptée. Remarquez donc ce qui suit.

10. « Bienheureux ceux qui pleurent, parce qu'ils seront consolés. » Il faut user du fouet pour dompter le cheval; ce qui triomphe d'une âme qui n'est pas douce, c'est là contrition de l'esprit et les larmes continuelles. Aussi, dans toutes vos actions , rappelez-vous vos fins dernières , ayez sans cesse sous les yeux du coeur l'horreur de la mort, les séparations terribles du jugement dernier; les flammes redoutables de l'enfer. Songez aux misères de votre pèlerinage, repassez dans l'amertume de votre âme le souvenir de vos années ; songez aux périls de la vie de l'homme, et pensez à votre propre fragilité. Si vous vous nourrissez constamment de ces pensées, je vous assure que vous ressentirez peu tous les maux du dehors, vous serez absorbé tout entiers par les peines intérieures. Mais le Seigneur ne souffrira point, mon frère, que vous soyez sans consolation aucune, car il est le père des miséricordes, et le Dieu de toute consolation. Les promesses de la Vérité. « Heureux ceux qui pleurent, parce qu'ils seront consolés, » s'accompliront en entier pour vous. D'ailleurs, je trouve dans Salomon une pensée qui se rapporte à merveille à celle-là : « Mieux vaut, dit-il, aller à une maison de deuil, que dans une maison de festin. (Eccli. VII, 3). » Tu serais bienheureuse, toi aussi, ô Ève, si après ta faute, tu avais cherché la consolation des larmes; si ton coeur s'était tourné vers le regret, tu aurais promptement obtenu ton pardon. Mais voilà que tu as recherché une bien misérable consolation, en entraînant ton mari dans ta chute ; tu as ainsi empoisonné toute ta race , en lui inoculant un poison terrible, un vice affreux, tel enfin,. que de, nos jours encore, on se console de son malheur par le malheur des autres. O Ève, quelle malheureuse consolation est la tienne, et combien malheureuse aussi est la consolation de ceux qui t'imitent ! Mais « bienheureux ceux qui pleurent, parce qu'ils seront consolés. » Mais en quoi consiste cette consolation, sinon dans la grâce de la dévotion qui prend sa source dans l'espérance du pardon, qu'est-elle autre chose que l'infinie douceur du bien, le goût de la sagesse, si petit qu'il soit, dont le Seigneur, en attendant, commence dans sa bonté, par rafraîchir l'âme affligée ! Mais ce goût même, qu'est-ce, sinon quelque chose qui éveille nos désirs, et excite notre amour, selon ce qui est dit : « Ceux qui me mangent, auront faim encore, et ceux qui me boivent, voudront encore boire (Eccli. XXIV, 29) ? » Aussi le Seigneur continue-t-il aussitôt :

11. « Bienheureux ceux qui ont faim et soif de la justice, parce qu'ils seront rassasiés (Matt. V, 6). » Que celui donc qui a faim ait une faim plus grande, que celui qui brûle de désir, soit consumé par des désirs encore plus ardents ; car, plus vos désirs seront grands, plus vous devez recevoir : que dis-je, ce n'est. pas l'imperfection et la mesure de vos désirs qui seront la règle, attendu que. vous ne pouvez désirer avec perfection que dans, l'état de perfection; or, on ne peut être dans cet état de perfection tant qu'on ne le désire point d'une manière parfaite; mais vous recevrez une bonne mesure, une mesuré foulée, pressée et enfaîtée. « Bienheureux ceux qui ont faim et soif de la justice, parce qu'ils seront rassasiés. » Le palais de notre coeur est trop faible encore, et notre âme trop languissante pour ne pas trouver la justice dure et insipide : mais quand on y a goûté, on sait ce qu'il en est, et combien sont heureux ceux qui en sont affamés, attendu « qu'ils seront rassasiés. » O satiété vraiment heureuse et glorieuse ! O saint festin ! O agapes désirables ! Là il n'y a plus ni anxiété ni dégoût, parce que la satiété est complète, cependant le désir est toujours immense. « Bienheureux ceux qui out faim et, soif de la justice, parce qu'ils seront rassasiés. » Je crois que ces paroles sont dirigées contre Adams , qui peut-être bien a eu une partie de la justice , puisqu'il compatit à sa femme; mais s'il eût eu véritablement faim de la justice, il se serait :mie en peine de rendre ce qu'il devait, non-seulement à sa femme, mais aussi et surtout à son Créateur. S'il devait compatir à sa femme, il devait la discipliner, puis qu'elle était son inférieure, car l'homme est le chef de la femme (Ephes. V, 13). Or il devait à Dieu obéissance et soumission. Mais que penser, mes frères, en voyant que de tous ceux qui jugent si sévèrement ce qu'il a fait, il y en a tant qui ont la folie de l'imiter? Il yen a tant, disje , qui s'indignent contre lui, parce qu'il a écouté la voix de sa femme plutôt que celle de Dieu, et qui eux-mêmes écoutent aussi leur Ève, je veux dire leur propre chair, dé préférence à Dieu! Mes frères, si en ce moment nous voyions Adam placé, par les pensées qui s'élèvent dans son coeur, , entre les prières de sa femme et le commandement de son Créateur, ne crierions-nous pas ; Prends garde, malheureux, fais attention, ne cède point ; ta femme a, été séduite , ne te range pas de son côté ? Pourquoi donc, toutes les fois que nous sommes exposés à une tentation pareille, ne nous disons-nous point aussi la même chose avec la même conviction? « Car, bienheureux ceux qui ont faim et soif de la justice, parce qu'ils seront rassasiés. » Mais qu'est-ce que toute notre justice, par rapport à Dieu? N'est-ce pas, pour me servir de l'expression même du Prophète, comme un linge souillé d'un sang impur? Bien plus, si on va au fond des choses, toute notre justice sera trouvée injuste, et moins que cela encore. Que sera ce donc de nos péchés, si nôtre justice ne peut guère répondre pour elle-même? Aussi, devons-nous nous écrier avec le Prophète : « Seigneur, n'entiez pas en jugement avec votre serviteur (Psal. CXLII, 2), » et recourir en toute humilité à la miséricorde, qui seule peut sauver nos, âmes, et méditer sérieusement les paroles suivantes :

12. « Bienheureux les miséricordieux, parce qu'ils obtiendront miséricorde. » Or, remarquez comment Zachée embrasse l'une et l'autre à la fois, quand il dit . « Seigneur, je vais donner la moitié de mon bien aux pauvres, et, si j'ai fait du, tort à quelqu'un, je lui rendrai quatre fois autant (Luc. XIX, 8). » Voyez-vous quelle faim il a de la justice, celui-là, quand, non content de rendre ce qu'il doit à la rigueur, il le restitue au quadruple. Il se montre également d'une grande miséricorde quand il donne aux pauvres la moitié de son bien. Toutefois je ne puis passer sous silence ce qui me vient à la pensée ; il faut que ma bouche dise les louanges du Seigneur, oui, les louanges du Seigneur, non les vôtres; car ce n'est point à vous, mais à son nom que je rapporte la gloire. Certainement Zachée, dont l'Évangile fait l'éloge, a donné la moitié de ses biens aux pauvres; mais moi, je vois ici bien des Zachées qui ne se sont rien réservé de tout. ce qu'ils possédaient. Qui m'écrira. l'histoire évangélique de tous ces Zachées, ou plutôt de tous ces Pierres qui peuvent dire aussi avec toute confiance ara Seigneur : « Nous avons tout quitté et nous sommes mis à votre suite (Matt. XIX, 27) ? » Mais elle est écrite déjà dans l'Évangile éternel et scellée dans le livre de vie. « Bienheureux les miséricordieux parce qu'ils obtiendront miséricorde. » Mais maintenant, mes frères, ce que je dis va droit à la cruauté d'Adam qui semblait d'abord n'avoir faibli que par amour pour sa femme. Nous savons, en effet, Adam, que cette femme est l'os de tes os, la chair de ta chair, et que c'est par amour pour elle que tu as péché. Eh bien, voyons donc jusqu'à quel point tu l'aimais. Voilà le Seigneur qui vient armé d'un glaive de feu pour punir votre prévarication, mets-toi entre ses coups et elle, et dis-lui : Seigneur, ma femme était bien faible, elle s'est laissé séduire; c'est moi qui ai péché, sa faute est la mienne, que votre vengeance ne retombe que sur moi. Mais bien loin de tenir ce langage: « La femme que vous m'avez donnée, dit-il, m'a présenté du fruit de cet arbre et j'en ai mangé (Gen. III, 12). » O perversité ! Tu ne veux point être puni pour-elle, et tu n'as pas refusé de partager sa faute ! O douleur, comme tu as tout confondu dans ta malheureuse miséricorde, quand tu aurais dû té montrer sévère, et comme tu te montrés pernicieusement cruel quand tu aurais dû faire preuve de miséricorde? En effet, tu n'aurais dû, à aucun titre, pécher pour lui plaire, et tu devrais, au contraire, satisfaire pour elle de bon coeur. Car, mes frères, telle est la règle et la justice, c'est de ne jamais faire mal pour personne, la miséricorde consiste à se charger volontiers du péché d'autrui. «Bienheureux ceux qui ont faim et soif de la justice parce qu'ils seront rassasiés. Bienheureux les miséricordieux , parce qu'ils obtiendront miséricorde. » Voyons la suite.

13. « Bienheureux les coeurs purs , parce qu'ils verront Dieu. » Oui, heureux et bienheureux sont-ils, puisqu'ils verront celui que les anges brûlent de considérer, celui dont la vision seule st toute la vie éternelle. Mon coeur vous a dit : Ma face a cherché la vôtre, Seigneur, je rechercherai votre face. En effet, qu'y a-t-il pour moi au ciel, et que désiré-je sur la terre? Ma chair et mon cœur sont tombés en défaillance dans mon désir de vous avoir, ô mon Dieu, vous qui êtes le Dieu de mon coeur, et mon partage pour toute l'éternité (Psal. LXXII, 24 et 25). Quand donc me comblerez-vous de joie par la vue de votre visage (Psal. XV, 11) ? Malheur à moi à cause de l'impureté de mon coeur, c'est elle qui s'oppose à ce que je sois digne, dés à présent, d'être admis à cette bienheureuse vision. Quel soin, mes frères, quelle ardeur ne faut-il pas apporter à purifier l'oeil dont nous devons voir notre Dieu? Or, je sens que cet œil est obscurci chez moi par trois sortes de souillures, par la concupiscence de la chair, par la concupiscence de la gloire temporelle et par la conscience de nos fautes passées; mon âme est, en effet, agitée par deux sortes de désirs que je ne puis éteindre ni par la raison, ni par rues propres forces, tant que je demeure dans ce. siècle mauvais, et que je suis retenu par les liens de ce corps de mort. Toutefois contre ces souillures, j'ai recours à la prière ; voilà pourquoi, de même que les yeux du serviteur sont attachés sur les mains de leurs maîtres, ainsi mes yeux sont, fixés sur le Seigneur, notre Dieu, en attendant qu'il ait pitié de nous (Psal. CXXII, 3), parce que seul, il est pur, et que seul il peut rendre pur celui qui est conçu d'un germe impur (Job. XIV, 4). De même, contre la conscience du péché, nous avons le remède de la confession ; car la confession lave toutes les souillures ; ce qui purifie l'oeil de toutes les souillures, c'est donc la prière et la confession. Or, « Bienheureux les coeurs purs, parce qu'ils verront Dieu. » Ils le verront à la fin du monde, face à face, ils le verront dès maintenant. même, mais seulement. comme en énigme et dans un miroir, car ils ne le connaissent qu'en partie, mais alors ils le connaîtront parfaitement. Tout homme, dans la conscience de qui le péché vit encore enfermé, pèche par excès d'espérance, et se figure que ses péchés déplaisent moins à Dieu qu'ils ne lui déplaisent, en effet, ou bien il pèche par défaut d'espérance, en pensant que Dieu est sans miséricorde. Dans les deux cas, il mérite également que Dieu lui dise : « Vous avez crié, ô homme d'iniquité, que je vous ressemblerais (Psal. XLIX, 22); » car, ni dans l’un ni dans l'autre cas, cet homme, ne voit Dieu, son iniquité se trompe elle-même, en se forgeant. une idole à la place de ce qu'il ne saurait être. « Bienheureux les coeurs purs, parce qu'ils verront Dieu. » Par conséquent, malheureux Ève, et Adam, qui ont cherché une excuse à leur péché, dans des paroles de malice. En fuyant le remède de la confession, ils demeurent le coeur souillé et ils se trouvent rejetés de la. vue de Dieu. Poursuivons.

14. « Bienheureux les pacifiques, parce qu'ils seront appelés les enfants de Dieu. » Il est bien juste qu'ils soient appelés les enfants de Dieu, puisqu'ils auront accompli fceuvre de son Fils. En effet, c'est par Lui que nous sommes réconciliés avec Dieu, c'est lui qui a pacifié dans son sang tout ce qu'il y a dans lés cieux et sur la terre, Lui, le médiateur entre Dieu et l'homme; l'homme Jésus-Christ. Remarquez, en effet, comment, par ces trois béatitudes, l'âme se trouve réconciliée avec elle-même, par les deux suivantes avec le prochain, par la sixième avec Dieu, et comment par la septième il réconcilie aussi les autres entre eux, se trouvant lui-même reçu dans la grâce du Seigneur, et placé au sein de la félicité bienheureuse. En effet, la pauvreté, la douceur et les larmes reproduisent dans l'âme. une sorte de ressemblance et d'image de l'éternité qui embrasse tous les temps; car, en même temps que la pauvreté s'assure l'avenir, la douceur possède le présent et les larmes de la pénitence récupèrent le passé, selon ce qui est écrit : « Je repasserai devant vous, Seigneur, toutes les années de ma vie dans l'amertume de mon âme (Isa. XXXVIII, 15). » De leur côté, la justice et la miséricorde nous rapprochent du prochain, puisque, tandis que la première nous empêche de faire au prochain ce que nous ne voudrions pas qu'on nous fit à nous-mêmes, la miséricorde, ait contraire, nous porte à lui faire ce que nous désirerions qu'il nous fit. Alors, réconciliés avec nous-mêmes, réconciliés avec Dieu, il ne nous reste plus qu'à nous réconcilier aussi avec Dieu, avec une pleine confiance, par la pureté du coeur. Mais bienheureux ceux qui, dans un sentiment de reconnaissance de se voir réconciliés, se montrent pieusement inquiets pour les autres et travaillent de tout leur pouvoir à les réconcilier entre eux et avec Dieu. De quelles louanges ne trouvez-vous point digne, en effet, et avec quelle affection ne devez-vous point accueillir celui de vos frères qui, non content de vivre sans querelle au milieu de ses frères, veille sans cesse sur lui pour qu'il n'y ait rien en lui d'exerçant pour les autres; qui supporte avec la plus grande patience tout ce qu'il a de pénible dans les autres, fait siens les scandales de chacun et s'écrie avec l'Apôtre : « Qui est scandalisé sans que je brûle, qui est faible sans que je partage sa faiblesse (II Cor. XI, 28) ? Bienheureux les pacifiques, parce qu'ils seront appelés les enfants de Dieu (Matt. V, 9). » Dieu n'est pas un Dieu de dissensions, mais un Dieu de paix, aussi est-il juste de donner le nom de ses enfants à ceux qui sont les enfants de la paix.

15. La huitième béatitude est la prérogative des martyrs; mais le martyre et la force de le souffrir ne semblent plus être de ce temps. De nos jours, ou honoré davantage la justice, du moins en apparence, mais il en est bien peu qui souffrent la persécution pour elle, si tant est qu'il y en ait, mais s'il s'en trouvé, je les déclare bienheureux, parce que le royaume dé Dieu est à eux, et personne ne pourra les y poursuivre. Si les tribulations se multiplient, que noire joie grandisse à proportion , ne regardons point aux maux qui se voient, mais à la récompense qui est invisible; ce qui ne se voit pas est pour l'éternité. Vous serez bienheureux, continue le Sauveur, lorsque les hommes vous chargeront d'injures, vous persécuteront, et, à cause de moi, diront foute sorte de mal contre vous. Réjouissez-vous alors et tressaillez d'allégresse, parce qu'une grande récompense vous est réservée dans le ciel (Matt. V, 11 et 12), » bien plus abondante que ne l'aura été votre travail sur la terre. Mais d'oie vient que c'est la même promesse qui est faite aux pauvres et aux martyrs? N e serait-ce point parce que la pauvreté volontaire est une sorte de martyre ? Le Prophète a dit : « Heureux celui qui n'a point couru après l'or, et qui n'a point mis son espérance dans l'argent et dans les trésors. Quel est-il celui-là et nous le louerons ? Car il a fait des merveilles durant sa vie (Eccl. XXXI, 8 et 9.») Que se peut-il voir de plus merveilleux, en effet, ou quel martyre plus grand que de se condamner à la faim en face d'une table bien servie; au froid, quand on a des vêtements aussi nombreux que riches et précieux, de souffrir l'a pauvreté au sein des richesses que le monde lui-même nous offre, que le malin fait briller à nos yeux, et que notre appétit naturel convoite ? Est-ce que celui qui aura combattu ainsi et rejeté les promesses du monde, qui se sera ri des tentations de l'ennemi et, ce qui est plus glorieux encore, qui aura triomphé de lui-même et crucifié sa propre concupiscence avec ses ardeurs, n'a pas bien mérité une couronne? Après tout, si le royaume des cieux est promis également aux pauvres et aux martyrs, c'est que la pauvreté acheté ce que le martyre souffert pour Jésus-Christ obtient sans délai.

Source

SOLENNITÉ DE LA TOUSSAINT

Livre de l'Apocalypse 7,2-4.9-14.
Puis j’ai vu un autre ange qui montait du côté où le soleil se lève, avec le sceau qui imprime la marque du Dieu vivant ; d’une voix forte, il cria aux quatre anges qui avaient reçu le pouvoir de faire du mal à la terre et à la mer :
« Ne faites pas de mal à la terre, ni à la mer, ni aux arbres, avant que nous ayons marqué du sceau le front des serviteurs de notre Dieu. »
Et j’entendis le nombre de ceux qui étaient marqués du sceau : ils étaient cent quarante-quatre mille, de toutes les tribus des fils d’Israël.
Après cela, j’ai vu : et voici une foule immense, que nul ne pouvait dénombrer, une foule de toutes nations, tribus, peuples et langues. Ils se tenaient debout devant le Trône et devant l’Agneau, vêtus de robes blanches, avec des palmes à la main.
Et ils s’écriaient d’une voix forte : « Le salut appartient à notre Dieu qui siège sur le Trône et à l’Agneau ! »
Tous les anges se tenaient debout autour du Trône, autour des Anciens et des quatre Vivants ; se jetant devant le Trône, face contre terre, ils se prosternèrent devant Dieu.
Et ils disaient : « Amen ! Louange, gloire, sagesse et action de grâce, honneur, puissance et force à notre Dieu, pour les siècles des siècles ! Amen ! »
L’un des Anciens prit alors la parole et me dit : « Ces gens vêtus de robes blanches, qui sont-ils, et d’où viennent-ils ? »
Je lui répondis : « Mon seigneur, toi, tu le sais. » Il me dit : « Ceux-là viennent de la grande épreuve ; ils ont lavé leurs robes, ils les ont blanchies par le sang de l’Agneau.

Psaume 24(23),1-2.3-4ab.5-6.
Au Seigneur, le monde et sa richesse,
la terre et tous ses habitants !
C'est lui qui l'a fondée sur les mers
et la garde inébranlable sur les flots.

Qui peut gravir la montagne du Seigneur
et se tenir dans le lieu saint ?
L'homme au cœur pur, aux mains innocentes,
qui ne livre pas son âme aux idoles.

Il obtient, du Seigneur, la bénédiction,
et de Dieu son Sauveur, la justice.
Voici le peuple de ceux qui le cherchent !
Voici Jacob qui recherche ta face !

Première lettre de saint Jean 3,1-3.
Bien-aimés, voyez quel grand amour nous a donné le Père pour que nous soyons appelés enfants de Dieu – et nous le sommes. Voici pourquoi le monde ne nous connaît pas : c’est qu’il n’a pas connu Dieu.
Bien-aimés, dès maintenant, nous sommes enfants de Dieu, mais ce que nous serons n’a pas encore été manifesté. Nous le savons : quand cela sera manifesté, nous lui serons semblables car nous le verrons tel qu’il est.
Et quiconque met en lui une telle espérance se rend pur comme lui-même est pur.

Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu 5,1-12a.
En ce temps-là, voyant les foules, Jésus gravit la montagne. Il s’assit, et ses disciples s’approchèrent de lui.
Alors, ouvrant la bouche, il les enseignait. Il disait :
« Heureux les pauvres de cœur, car le royaume des Cieux est à eux.
Heureux ceux qui pleurent, car ils seront consolés.
Heureux les doux, car ils recevront la terre en héritage.
Heureux ceux qui ont faim et soif de la justice, car ils seront rassasiés.
Heureux les miséricordieux, car ils obtiendront miséricorde.
Heureux les cœurs purs, car ils verront Dieu.
Heureux les artisans de paix, car ils seront appelés fils de Dieu.
Heureux ceux qui sont persécutés pour la justice, car le royaume des Cieux est à eux.
Heureux êtes-vous si l’on vous insulte, si l’on vous persécute et si l’on dit faussement toute sorte de mal contre vous, à cause de moi.
Réjouissez-vous, soyez dans l’allégresse, car votre récompense est grande dans les cieux ! C’est ainsi qu’on a persécuté les prophètes qui vous ont précédés.

***

Commentaire du jour
Sainte Catherine de Sienne (1347-1380), tertiaire dominicaine, docteur de l'Église, copatronne de l'Europe
Le Dialogue, ch. 41 (trad. Hurtaud, Téqui 1976, p. 131 rev)

« Je crois à la communion des saints » (Credo)

    Dieu a dit à Sainte Catherine : L'âme juste qui achève sa vie dans la charité est enchaînée désormais dans l'amour et ne peut plus croître en vertu ; le temps est passé. Mais elle peut toujours aimer de l'amour qu'elle avait quand elle est venue à moi, et qui est la mesure de son amour (Lc 6,38). Toujours elle me désire, toujours elle m'aime, et son désir n'est jamais frustré : elle a faim et elle est rassasiée ; rassasiée, elle a encore faim ; elle échappe au dégoût de la satiété comme à la souffrance de la faim. C'est dans l'amour que les bienheureux jouissent de mon éternelle vision, et qu'ils participent à ce bien que j'ai en moi-même et que je communique à chacun selon sa mesure ; cette mesure, c'est le degré d'amour qu'ils avaient en venant à moi.

    Parce qu'ils sont demeurés dans ma charité et dans celle du prochain et qu'ils sont unis par la charité, chacun se réjouit de participer au bien des autres, en plus du bien universel qu'il possède. Les saints partagent la joie et l'allégresse des anges, au milieu desquels ils sont placés... Ils participent aussi tout particulièrement au bonheur de ceux qu'ils aimaient sur terre, plus étroitement, d'une affection à part. Par cet amour ils croissaient ensemble en grâce et en vertu ; l'un était pour l'autre une occasion de manifester ma gloire et de louer mon nom. Cet amour ils ne l'ont pas perdu dans l'éternelle vie, ils le gardent toujours. C'est lui qui fait surabonder leur bonheur, par la joie que chacun ressent du bonheur de l'autre.

Source : Evangile au quotidien

22 juillet 2014

PRÉPARATION AU SACREMENT DE MARIAGE

Premier RDV

Présentation des 4 piliers du mariage (le Père D. en rajoute un 5e : la foi)
Présentation de chacun puis relecture de notre rencontre, de notre vie de couple jusqu'à aujourd'hui.

Après vingt ans de vie commune, ce sera un peu différent que pour les jeunes couples.

Texte à méditer pour la prochaine entrevue le 30 Septembre :

http://files.hozana.org/images/FR-Evangile-Illustre-2014-12-04v1.jpg

source

Matthieu, 7, 24-27

24 Ainsi, celui qui entend les paroles que je dis là et les met en pratique est comparable à un homme prévoyant qui a construit sa maison sur le roc.
25 La pluie est tombée, les torrents ont dévalé, les vents ont soufflé et se sont abattus sur cette maison ; la maison ne s’est pas écroulée, car elle était fondée sur le roc.
26 Et celui qui entend de moi ces paroles sans les mettre en pratique est comparable à un homme insensé qui a construit sa maison sur le sable.
27 La pluie est tombée, les torrents ont dévalé, les vents ont soufflé, ils sont venus battre cette maison ; la maison s’est écroulée, et son écroulement a été complet. »
Lecture suggérée