21 octobre 2018

HOMÉLIE DU CARDINAL ANDRÉ VINGT-TROIS - Messe de la Saint Louis à St Louis des Français Saint-Louis des Français à Rome

Is 58,6-11

06 Le jeûne qui me plaît, n’est-ce pas ceci : faire tomber les chaînes injustes, délier les attaches du joug, rendre la liberté aux opprimés, briser tous les jougs ?

07 N’est-ce pas partager ton pain avec celui qui a faim, accueillir chez toi les pauvres sans abri, couvrir celui que tu verras sans vêtement, ne pas te dérober à ton semblable ?

08 Alors ta lumière jaillira comme l’aurore, et tes forces reviendront vite. Devant toi marchera ta justice, et la gloire du Seigneur fermera la marche.

09 Alors, si tu appelles, le Seigneur répondra ; si tu cries, il dira : « Me voici. » Si tu fais disparaître de chez toi le joug, le geste accusateur, la parole malfaisante,

10 si tu donnes à celui qui a faim ce que toi, tu désires, et si tu combles les désirs du malheureux, ta lumière se lèvera dans les ténèbres et ton obscurité sera lumière de midi.

11 Le Seigneur sera toujours ton guide. En plein désert, il comblera tes désirs et te rendra vigueur. Tu seras comme un jardin bien irrigué, comme une source où les eaux ne manquent jamais.

Ps 111 (112) 

01 Alléluia ! Heureux qui craint le Seigneur, qui aime entièrement sa volonté !

02 Sa lignée sera puissante sur la terre ; la race des justes est bénie.

03 Les richesses affluent dans sa maison : à jamais se maintiendra sa justice.

04 Lumière des coeurs droits, il s'est levé dans les ténèbres, homme de justice, de tendresse et de pitié.

05 L'homme de bien a pitié, il partage ; il mène ses affaires avec droiture.

06 Cet homme jamais ne tombera ; toujours on fera mémoire du juste.

07 Il ne craint pas l'annonce d'un malheur : le coeur ferme, il s'appuie sur le Seigneur.

08 Son coeur est confiant, il ne craint pas : il verra ce que valaient ses oppresseurs.

09 A pleines mains, il donne au pauvre ; + à jamais se maintiendra sa justice, sa puissance grandira, et sa gloire !

10 L'impie le voit et s'irrite ; + il grince des dents et se détruit. L'ambition des impies se perdra.

Jc 3,13-18 

13 Quelqu’un, parmi vous, a-t-il la sagesse et le savoir ? Qu’il montre par sa vie exemplaire que la douceur de la sagesse inspire ses actes.

14 Mais si vous avez dans le cœur la jalousie amère et l’esprit de rivalité, ne vous en vantez pas, ne mentez pas, n’allez pas contre la vérité.

15 Cette prétendue sagesse ne vient pas d’en haut ; au contraire, elle est terrestre, purement humaine, démoniaque.

16 Car la jalousie et les rivalités mènent au désordre et à toutes sortes d’actions malfaisantes.

17 Au contraire, la sagesse qui vient d’en haut est d’abord pure, puis pacifique, bienveillante, conciliante, pleine de miséricorde et féconde en bons fruits, sans parti pris, sans hypocrisie.

18 C’est dans la paix qu’est semée la justice, qui donne son fruit aux artisans de la paix.

Mt 22,34-40

34 Les pharisiens, apprenant qu’il avait fermé la bouche aux sadducéens, se réunirent,

35 et l’un d’entre eux, un docteur de la Loi, posa une question à Jésus pour le mettre à l’épreuve :

36 « Maître, dans la Loi, quel est le grand commandement ? »

37 Jésus lui répondit : « Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton cœur, de toute ton âme et de tout ton esprit.

38 Voilà le grand, le premier commandement.

39 Et le second lui est semblable : Tu aimeras ton prochain comme toi-même.

40 De ces deux commandements dépend toute la Loi, ainsi que les Prophètes. »

***

Frères et Sœurs,

En posant à Jésus cette question, le pharisien le soumet à l’épreuve. Mais quelle est cette épreuve ? Il s’agit de savoir s’il est capable de reconnaître et de professer le premier commandement du Décalogue, et donc s’il est un bon juif Mais en y ajoutant aussitôt le second commandement qui lui est semblable, et qui est tiré lui aussi de la Loi de la Thora, Jésus contourne l’épreuve et met en évidence un ressort qui tend tout l’enjeu de la fidélité des croyants. Leur foi au Dieu unique les dispense-t-il de s’occuper des hommes ? Ou inversement, leur intérêt ou leur passion pour le service des hommes les détourne-t-il de la foi au Dieu unique ? C’est inscrire dans l’expérience de la vie humaine, et particulièrement de la vie des croyants, une question que nous exploitons souvent quand nous mesurons la faiblesse de notre fidélité à Dieu en la compensant par ce que nous nommons : un engagement au service des hommes. Comme si le service des hommes, l’amour du prochain, étaient une sorte d’excuse pour que notre foi en Dieu et son expression deviennent plus floues et moins pressantes ! Les consciences troublées se nourrissent de ce genre de dilemmes dont elles pensent qu’ils peuvent leur apporter une échappatoire par rapport aux exigences de leur existence. Ce que le Christ veut nous faire découvrir en citant ces deux commandements l’un après l’autre, et en les mettant sur le même plan puisque le second est semblable au premier, c’est qu’il ne peut pas y avoir de compétition entre la foi en Dieu et le service des frères, et c’est surtout qu’il ne peut pas y avoir un authentique service des frères s’il n’y a pas en même temps une foi fidèle à l’alliance avec Dieu.

Ce dilemme traverse la vie de nos sociétés, nos choix, nos consciences. Est-ce que notre foi en Dieu pourrait constituer une sorte d’excuse pour ne pas s’occuper du monde ? Est-ce que notre engagement dans le service du monde pourrait constituer une excuse pour ne pas être pleinement fidèle à l’amour que Dieu nous porte ? La figure de saint Louis, telle qu’elle nous est transmise par les chroniques, nous montre précisément comment il a assumé la responsabilité qu’il avait à l’égard de son royaume, tout en étant pleinement fidèle à Dieu, non seulement en intention, non seulement par des actes de piété et de dévotion dont il était familier, mais surtout par la mise en œuvre de la justice à laquelle nous invitait le prophète Isaïe. Au-delà de l’image d’Épinal du roi rendant la justice sous son chêne à Vincennes, il y a des décisions politiques beaucoup plus graves, beaucoup plus lourdes, comme par exemple de restituer des provinces injustement acquises par ses prédécesseurs. Il y a dans la sagesse du gouvernement de saint Louis une illustration de ce que la fidélité à Dieu ne se mesure pas simplement par des exercices de piété ou par des sentiments élevés, mais se concrétise dans des décisions pratiques qui engagent les intérêts particuliers ou même l’intérêt général. Cette double fidélité à la personne de Dieu et au droit des hommes est une marque caractéristique de la sainteté de ce roi exemplaire.

Au moment où les Pères du synode sont engagés dans une réflexion au sujet de la jeunesse, et essayent d’exprimer quelque chose qui ouvre des perspectives d’avenir pour ceux qui entendent la parole du Christ, il est très important pour nous d’avoir conscience qu’être chrétien en ce monde, ce n’est pas simplement se rattacher à une société définie, ce n’est pas simplement se rattacher à des sentiments humanitaires, c’est aussi être capable de prendre des décisions concrètes et pratiques qui engagent notre manière de vivre, et spécialement notre manière de vivre avec les autres. Laisser croire que l’on pourrait être chrétien en menant une vie qui serait contraire à la justice, ou qui tomberait dans les travers que soulignait l’épître de saint Jacques, en transformant la vie sociale en une sorte de combat et de compétition pour surmonter les idées, les choix, les activités des autres, et se transformerait -nous le voyons malheureusement trop souvent- non seulement en des conflits d’opinion mais en des actes de violence, comme si la conviction d’avoir raison donnait le droit d’écraser ceux qui sont d’un avis contraire. Cette violence traverse notre société dans toutes ses dimensions, non seulement dans des « quartiers difficiles » -comme on dit- mais dans les mœurs ordinaires où l’âpreté des débats, le manque de respect envers les adversaires, la volonté de ridiculiser ceux qui ne sont pas de notre avis, voire de les forcer par la violence, ne peut pas se réclamer de la sagesse de Dieu. Oui, nous sommes dans un monde où deux sagesses s’exercent. Une sagesse qui vient de l’alliance donnée par Dieu et qui se concrétise par la construction laborieuse et persévérante de mœurs inspirées de la justice et de la charité, et une sagesse qui ne vient pas de Dieu et qui est simplement la gestion des intérêts particuliers par tous les moyens dont on dispose, y compris les plus violents.

Aujourd’hui, plus peut-être qu’à d’autres époques, notre société ne fournit plus des critères de jugement et des critères de comportement qui peuvent contenir la violence inscrite au cœur de l’homme, et c’est donc pour nous une tâche prioritaire de mettre en évidence que ceux qui croient réellement en Dieu ne se comportent pas comme ceux qui n’y croient pas ; que se déclarer chrétien, ce n’est pas simplement poser des actes de religion et de piété, exprimer des bons sentiments - au besoin devant les micros et les caméras -, mais c’est vraiment transformer notre vie pour que notre manière d’être, en particulier avec les autres, soit un signe que nous sommes fidèles non seulement au premier commandement, mais parce que nous sommes fidèles au premier commandement, nous sommes fidèles aussi au second qui lui est semblable et nous nous efforçons d’aimer notre prochain comme nous-mêmes, par amour de Dieu.

Amen.

+André cardinal Vingt-Trois,
archevêque émérite de Paris.

Source


01 mars 2017

MERCREDI DES CENDRES - CONVERTISSEZ-VOUS, CROYEZ À L'ÉVANGILE

Office des lectures

Introduction

V/ Dieu, viens à mon aide,
R/ Seigneur, à notre secours.

Gloire au Père, et au Fils et au Saint-Esprit,
au Dieu qui est, qui était et qui vient,
pour les siècles des siècles.
Amen. (Alléluia.)

Hymne : Sois fort, sois fidèle, Israël

CFC — CNPL

Sois fort, sois fidèle, Israël,
Dieu te mène au désert ;
C’est lui dont le bras souverain
Ouvrit dans la mer
Un chemin sous tes pas.

Oublie les soutiens du passé,
En lui seul ton appui !
C’est lui comme un feu dévorant
Qui veut aujourd’hui
Ce creuset pour ta foi.

Il veut, par delà le désert,
Te conduire au repos ;
Sur toi resplendit à ses yeux
Le sang de l’Agneau
Immolé dans la nuit.

Poursuis ton exode, Israël,
Marche encor vers ta joie !
La vie jaillira de la mort,
Dieu passe avec toi
Et t’arrache à la nuit.

Antienne

Voici la preuve que Dieu nous aime : pour nous, pécheurs, le Christ est mort.

Psaume : 102 - I

1Bénis le Seigneur, ô mon âme,
bénis son nom très saint, tout mon être !
2Bénis le Seigneur, ô mon âme,
n'oublie aucun de ses bienfaits !

3Car il pardonne toutes tes offenses
et te guérit de toute maladie ;
4il réclame ta vie à la tombe
et te couronne d'amour et de tendresse ;
5il comble de biens tes vieux jours :
tu renouvelles, comme l'aigle, ta jeunesse.

6Le Seigneur fait oeuvre de justice,
il défend le droit des opprimés.
7Il révèle ses desseins à Moïse,
aux enfants d'Israël ses hauts faits.

Psaume : 102 - II

8Le Seigneur est tendresse et pitié,
lent à la colère et plein d'amour ;
9il n'est pas pour toujours en procès,
ne maintient pas sans fin ses reproches ;
10il n'agit pas envers nous selon nos fautes,
ne nous rend pas selon nos offenses.

11Comme le ciel domine la terre,
fort est son amour pour qui le craint ;
12aussi loin qu'est l'orient de l'occident,
il met loin de nous nos péchés ;
13comme la tendresse du père pour ses fils,
la tendresse du Seigneur pour qui le craint !

14Il sait de quoi nous sommes pétris,
il se souvient que nous sommes poussière.
15L'homme ! ses jours sont comme l'herbe ;
comme la fleur des champs, il fleurit :
16dès que souffle le vent, il n'est plus,
même la place où il était l'ignore.

Psaume : 102 - III

17Mais l'amour du Seigneur, sur ceux qui le craignent,
est de toujours à toujours, *
et sa justice pour les enfants de leurs enfants,
18pour ceux qui gardent son alliance
et se souviennent d'accomplir ses volontés.
19Le Seigneur a son trône dans les cieux :
sa royauté s'étend sur l'univers.

20Messagers du Seigneur, bénissez-le,
invincibles porteurs de ses ordres, *
attentifs au son de sa parole !
21Bénissez-le, armées du Seigneur,
serviteurs qui exécutez ses désirs !
22Toutes les oeuvres du Seigneur, bénissez-le,
sur toute l'étendue de son empire !

Bénis le Seigneur, ô mon âme !

Verset

V/ Convertissez-vous et faites pénitence,
faites-vous un cœur et un esprit nouveau.

Lecture : Le jeûne qui plaît à Dieu (Is 58, 1-12)

01 Crie à pleine gorge ! Ne te retiens pas ! Que s’élève ta voix comme le cor ! Dénonce à mon peuple sa révolte, à la maison de Jacob ses péchés.
02 Ils viennent me consulter jour après jour, ils veulent connaître mes chemins. Comme une nation qui pratiquerait la justice et n’abandonnerait pas le droit de son Dieu, ils me demandent des ordonnances justes, ils voudraient que Dieu soit proche :
03 « Quand nous jeûnons, pourquoi ne le voistu pas ? Quand nous faisons pénitence, pourquoi ne le sais-tu pas ? » Oui, mais le jour où vous jeûnez, vous savez bien faire vos affaires, et vous traitez durement ceux qui peinent pour vous.
04 Votre jeûne se passe en disputes et querelles, en coups de poing sauvages. Ce n’est pas en jeûnant comme vous le faites aujourd’hui que vous ferez entendre là-haut votre voix.
05 Est-ce là le jeûne qui me plaît, un jour où l’homme se rabaisse ? S’agit-il de courber la tête comme un roseau, de coucher sur le sac et la cendre ? Appelles-tu cela un jeûne, un jour agréable au Seigneur ?
06 Le jeûne qui me plaît, n’est-ce pas ceci : faire tomber les chaînes injustes, délier les attaches du joug, rendre la liberté aux opprimés, briser tous les jougs ?
07 N’est-ce pas partager ton pain avec celui qui a faim, accueillir chez toi les pauvres sans abri, couvrir celui que tu verras sans vêtement, ne pas te dérober à ton semblable ?
08 Alors ta lumière jaillira comme l’aurore, et tes forces reviendront vite. Devant toi marchera ta justice, et la gloire du Seigneur fermera la marche.
09 Alors, si tu appelles, le Seigneur répondra ; si tu cries, il dira : « Me voici. » Si tu fais disparaître de chez toi le joug, le geste accusateur, la parole malfaisante,
10 si tu donnes à celui qui a faim ce que toi, tu désires, et si tu combles les désirs du malheureux, ta lumière se lèvera dans les ténèbres et ton obscurité sera lumière de midi.
11 Le Seigneur sera toujours ton guide. En plein désert, il comblera tes désirs et te rendra vigueur. Tu seras comme un jardin bien irrigué, comme une source où les eaux ne manquent jamais.
12 Tu rebâtiras les ruines anciennes, tu restaureras les fondations séculaires. On t’appellera : « Celui qui répare les brèches », « Celui qui remet en service les chemins ».

Répons

R/ Partage ton pain avec l'affamé,
voilà le jeûne qui plaît à Dieu.

Ouvre ton cœur au pauvre : c'est ton frère.
Et si tu cries, le Seigneur répondra ;
à tes appels, il dira : Me voici !

Ouvre ton cœur au pauvre : c'est ton frère.
Et quand le Fils de l'homme viendra, il te dira :
J'avais faim et tu m'as donné à manger.

LETTRE DE SAINT CLÉMENT DE ROME AUX CORINTHIENS

« Convertissez-vous »

Fixons nos regards sur le sang du Christ, et comprenons combien il a de valeur pour son Père, puisque, répandu pour notre salut, il a procuré au monde entier la grâce de la conversion.

Parcourons toutes les générations et nous apprendrons que, de génération en génération, le Maître a offert la possibilité de se convertir à tous ceux qui voulaient se retourner vers lui. Noé prêcha la conversion, et ceux qui l'écoutèrent furent sauvés. Jonas annonça aux Ninivites la destruction qui les menaçait. Ils se repentirent de leurs péchés, ils apaisèrent Dieu par leurs supplications et ils obtinrent le salut, bien qu'étrangers à Dieu.

Les ministres de la grâce de Dieu, sous l'inspiration de l'Esprit Saint, ont parlé de la conversion. Le Maître de l'univers lui-même en a parlé avec serment : Aussi vrai que je suis vivant, parole du Seigneur, je ne veux pas la mort du pécheur mais sa conversion. Et il ajoute cette sentence pleine de bonté : Convertissez-vous, maison d'Israël, de votre iniquité. Dis aux fils de mon peuple : Vos péchés monteraient-ils de la terre jusqu'au ciel, seraient-ils plus rouges que l'écarlate et plus noirs qu'un vêtement de deuil, si vous vous retournez vers moi de tout votre cœur et me dites : 'Père !', je vous écouterai comme un peuple saint. ~

Voilà ce qu'il a fixé par sa volonté toute-puissante, parce qu'il veut faire participer tous ceux qu'il aime à la conversion.

C'est pourquoi nous devons obéir à sa magnifique et glorieuse volonté. Implorons humblement sa miséricorde et sa bonté, prosternons-nous, tournons-nous vers sa compassion en abandonnant les préoccupations frivoles, la discorde et la jalousie qui conduisent à la mort. ~

Ayons d'humbles sentiments, mes frères, rejetons tous les sentiments de jactance, d'orgueil, de folie et de colère, et agissons selon l'Écriture. En effet l'Esprit Saint a dit : Que le sage ne s'enorgueillisse pas de sa sagesse, ni le riche de sa richesse, mais que celui qui veut s'enorgueillir s'enorgueillisse, dans le Seigneur, de le chercher, et de pratiquer le droit et la justice. Souvenons-nous surtout des paroles du Seigneur Jésus, lorsqu'il nous enseignait la bienveillance et la patience. Car il parlait ainsi : Soyez miséricordieux, pour qu'on vous fasse miséricorde ; pardonnez, afin qu'on vous pardonne ; comme vous agissez, ainsi on agira avec vous ; comme vous donnez, ainsi on vous donnera ; comme vous jugez, c'est ainsi que vous serez jugés ; comme vous exercerez la bonté, ainsi sera-t-elle exercée envers vous ; la mesure dont vous vous servez pour les autres servira aussi pour vous.

Attachons-nous fermement à ce précepte et à ces commandements, afin de nous conduire en obéissant à ces paroles sacrées, avec d'humbles sentiments. Car voici ce que dit la parole sainte : Vers qui tournerai-je mon regard, sinon vers l'homme doux, pacifique, qui tremble à mes paroles ? ~

Puisque nous avons part à des actions si nombreuses, grandes et éclatantes, qui nous ont été données en exemple, tournons de nouveau notre course vers le but qui nous a été proposé dès le commencement, vers la paix. Regardons attentivement le Père et créateur du monde entier, attachons-nous à ses bienfaits magnifiques et insurpassables, qu'il nous donne dans la paix.

R/ Venez, montons à la montagne du Seigneur
pour qu'il nous enseigne ses voies.

Moi, le Seigneur, je t'enseigne ce qui t'est salutaire,
je te fais cheminer sur les sentiers où tu marches.

Je suis le Chemin, la Vérité et la Vie.
Qui me suit ne marche pas dans les ténèbres.

Oraison

Accorde-nous, Seigneur, de savoir commencer saintement, par une journée de jeûne, notre entraînement au combat spirituel : que nos privations nous rendent plus forts pour lutter contre l'esprit du mal.