14 novembre 2019

DIRECTION SPIRITUELLE

La vie passée, je te prie de n'y plus penser. Elle s'est bien passée ? Remercie de cela Jésus qui t'est venu en aide. Elle s'est mal passée ? Humilie-toi et demande pardon au Seigneur, car il n'y a pas d'autre remède.

Père Agostino à Padre Pio

Padre Pio, transparent de Dieu, Père Derobert, Editions Hovine, p.269


29 avril 2019

PRIÈRE POUR OBTENIR LA GRÂCE DE TOUJOURS PRIER

Ô Dieu de mon âme ! J'espère par votre bonté être en votre grâce ; j'espère que vous m'avez pardonné toutes les offenses que je vous ai faites. Je vous en remercie de tout mon coeur, et j'espère vous en remercier pendant toute l'éternité. Misericordias Domini in aeternum cantabo. Je vois que, si je suis si souvent tombé en péché, c'est parce que j'ai négligé d'avoir recours à vous dans les tentations, et de vous demander la sainte persévérance. A l'avenir, je me propose fermement de me recommander toujours à vous et surtout lorsque je me verrai en danger de vous offenser de nouveau : je me propose de recourir toujours à votre miséricorde et d'évoquer les très saints noms de Jésus et de Marie, certain que vous ne me refuserez pas alors les forces qui me manquent pour résister à mes ennemis. Je me propose de faire ainsi et je le promets. Mais à quoi serviront, ô mon Dieu ! toutes mes promesses, si vous ne m'aidez pas par votre grâce à les exécuter, si vous ne m'aidez pas à recourir à vous dans mes dangers ? Ô Père éternel ! Aidez-moi pour l'amour de Jésus-Christ, et ne permettez pas que je cesse jamais de me recommander à vous toutes les fois que je serai tenté. Je suis certain que vous viendrez toujours à mon secours quand je m'adresserai à vous ; mais je crains de négliger alors de me recommander à vous et que cette négligence ne soit la cause de ma ruine et ne me fasse perdre votre grâce qui est le plus précieux des biens. Ah ! par les mérites de Jésus-Christ, donnez-moi la grâce de la prière ; mais une grâce abondante qui me fasse prier sans cesse et avec ferveur. Ô Marie, ô ma mère ! toutes les fois que j'ai eu recours à vous, vous m'avez obtenu le secours qui m'a empếché de tomber. Je m'adresse encore à vous pour que vous m'obteniez une grâce plus grande, celle de me recommander dans mes besoins à votre divin fils et à vous : ô ma souveraine ! vous obtenez de Dieu tout ce que vous lui demandez, obtenez-moi maintenant, par l'amour que vous avez pour Jésus, la grâce de prier toujours et de ne jamais cesser de prier jusqu'à la mort. Amen

Règlement de vie d'un chrétien, Saint Alphonse de Liguori

16 décembre 2018

SAINT ANSELME DE CANTORBERY

"Je ne cherche pas à comprendre afin de croire, mais je crois afin de comprendre. Car je crois ceci - à moins que je crois, je ne comprendrai pas. "

Posté par ucem à 17:49 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , , , ,

16 octobre 2018

SAINT BASILE

« Le psaume est le moyen de chasser les démons, l’assistance des Anges est appelée par lui ; c’est l’arme combattant les frayeurs de la nuit, c’est aussi le repos des fatigues du jour. C’est pour les enfants un guide sûr, pour les jeunes gens un splendide joyau, il est consolation pour les vieillards, pour les femmes un très juste ornement. Il est chez lui dans les ermitages, sur les places publiques il porte la sagesse. Il est la formation des débutants, le développement de qui progresse, l’épanouissement de qui rejoint la perfection. Il est la voix de l’Église : il fait briller d’allégresse les festivités ou bien stimule la componction. Même des cœurs de pierre il excite les larmes. »

Source

24 septembre 2018

PAROLES

D’après tes paroles, en effet, tu seras reconnu juste ; d’après tes paroles tu seras condamné.

Mt 12,37

AELF

" Les nations s’étaient mises en colère ; alors, ta colère est venue et le temps du jugement pour les morts, le temps de récompenser tes serviteurs, les prophètes et les saints, ceux qui craignent ton nom, les petits et les grands, le temps de détruire ceux qui détruisent la terre."

Ap 11, 18

AELF

Posté par ucem à 16:41 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , , , , , ,

SAINT BERNARD DE CLAIRVAUX

"Le coeur qui rayonne vaut mieux que l'esprit qui brille."

Posté par ucem à 11:46 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , , ,

22 septembre 2018

LE CULTE DE LA VÉRITÉ

Parmi les attitudes qui s'imposent à nous comme des imitations du Christ et de ses premiers apôtres, eux-mêmes imitateurs du Seigneur, l'une des premières est de réaliser en nos vies le «en esprit et en vérité » de Jésus : « L'heure vient, et nous y sommes, où les vrais adorateurs adoreront le Père en esprit et en vérité » (Jn 4, 23). Adorer Dieu « en esprit », c'est mettre en œuvre toutes les ressources d'un esprit d'homme en relation avec l'Esprit : c'est un mode de vie supra-humain, et pourtant offert à tous. La contemplation n'est pas une technique à laquelle seuls quelques spécialistes pourraient accéder : elle est le fruit normal d'un esprit qui regarde Dieu, et, saisi d'admiration, adore en silence. L'esprit de l'homme fait pour la vérité se réjouit de regarder Dieu et prend du temps pour cela. Adorer Dieu « en vérité », c'est faire passer Dieu dans la vie concrète de nos actions : c'est faire coïncider l'image que les hommes - qui voient de l'extérieur - ont de nous avec celle que Dieu qui, lui, « scrute les cœurs », en a : « Dieu nous ayant jugés dignes de nous confier l'Évangile, nous parlons non pour plaire aux hommes, mais à Dieu qui voit le dedans de nos cœurs » (1 Th. 2,4). Dieu étant la vérité même, notre première imitation de Dieu est ce culte de la vérité : « Nous sommes à découvert devant Dieu et devant nos consciences » (2 Co. 5,11). Être vrais dans la vie, le ministère, le comportement de chacun, comme dans la vie, le ministère, le comportement du groupe auquel nous appartenons éventuellement, être vrais en face de Dieu «qui voit dans le secret», être vrais en face de nos frères, cela se traduit difficilement en règles fixées à l'avance, mais doit être l'objet de la réflexion de chacun. Cela suppose d'avoir accepté personnellement au départ ce que nous sommes, ce que les circonstances ont fait de nous : hérédité, enfance, milieu, études antécédentes, etc. Cela signifie également se faire aider pour se connaître et tirer loyalement, par les améliorations constantes et progressives, le meilleur parti de ce que nous sommes. Être vrais, c'est accepter, quand il le faut, de ne pas plaire aux hommes, « mais à Dieu qui éprouve nos cœurs » et fuir tout ce qui flatte les tendances erronées de ceux qui nous entourent : « Que votre langage soit : Oui, oui. Non, non » (Mt. 5, 37). Le refus du mensonge n'est pas chose facile : le réseau des complexités sociales et administratives est devenu si dense qu'il vous étouffe, et l'on a terriblement envie de passer au travers des mailles pour recouvrer un minimum vital de liberté. Comment obtenir un ou quelques jours de congé en dehors des temps réglementaires ? Dire la vérité, expliquer les raisons, les plus légitimes soient-elles, c'est se vouer à em... (il n'y a pas d'autre mot) tous ses chefs qui, au surplus, sont enserrés dans le même filet. Mais se faire mettre huit jours à l'assurance sous prétexte de maladie est au contraire si facile à obtenir! Et tout devient alors parfaitement réglementaire et légitime. Au travail, si des temps forfaitaires sont alloués, comment rectifier les erreurs du chronométreur? Demander une vérification? On sait à quoi cela aboutira, et se faire prendre en grippe mène vite au chômage. Mais truquer, se rattraper sur un travail difficilement vérifiable, quel est l'ouvrier, et même le contre-maître, qui ne préfère cette solution? Et le copain qui s'est foulé le pied le dimanche dans son jardin et qui demande que l'on soit le témoin de l'entorse qu'il dit s'être faite au travail le lundi matin ? Dans le premier cas, il ne touchera qu'une maigre indemnité, dans le second il aura un demi salaire plus substantiel. Élever la vérité au niveau d'un absolu ne se conçoit pratiquement que si la vérité et Dieu coïncident. Dire : « Un petit mensonge qui ne fait de tort à personne » c'est oublier qu'il fait tort à Dieu et à travers Lui à la grandeur de l'homme fait pour la vérité. Et que l'on est tombé bas d'en arriver à parler de « pieux mensonge »! Sur ce point l'attitude humble, mais ferme, de l'apôtre refusant toute compromission, quelles que soient les raisons de camaraderie, de service évoquées, doit être si manifeste que nul ne puisse jamais la mettre en doute. Quelles que soient les situations difficiles ou apparemment inextricables que cette volonté de vérité risque de faire naître, nous devons en faire notre arme de lumière : elle est le témoignage souvent le plus visible de notre foi en plein monde. Il est inutile de multiplier les exemples, mais il faut plutôt demander à la Parole de Dieu de nous révéler la grandeur de cette attitude de recherche absolue de la vérité : « Je ne suis né et je ne suis venu dans le monde que pour rendre témoignage à la vérité », dit Jésus à Pilate (Jn 18, 37). Voués à Dieu pour le culte « en esprit et en vérité » (Jn 4, 23-24), c'est dans tous nos comportements que ce culte doit transparaître : « Et pour eux je me consacre moi-même afin qu'ils soient eux aussi consacrés en vérité » (Jn 17, 19). Saint Jean est l'apôtre de cette révélation de Dieu : Dieu est le Véritable (1 Jn 5, 20). Jésus apparaît plein de grâce et de vérité (Jn 1, 14, 17), et l'envoyé de Jésus est « l'Esprit de vérité », Autour de cette vérité se noue l'opposition à l'esprit de ce monde qui ne peut recevoir l'esprit de vérité parce que son Maître est « menteur et maître du mensonge » (Jn 8,44). Lumière et ténèbre, il n'y a que deux voies et pas d'issue entre l'une et l'autre : choisir l'une c'est rejeter l'autre. Les 150 Psaumes n'avaient pas d'autres protagonistes : les serviteurs du Prince des ténèbres, d'une part, et, de l'autre, ceux qui cherchent l'admirable Lumière, exècrent le mensonge et aiment la torah. Dieu dans la plénitude de sa parole. Le Nouveau Testament confirme ces deux « empires » et leurs sujets respectifs « les fils de lumière » et « les fils de ténèbres » : c'est le drame que décrit l'évangile de saint Jean, l'affrontement de la Lumière Véritable du monde et des Ténèbres qui n'ont pu l'atteindre. Saint Paul le reprend : « Tous vous êtes des enfants de la lumière, des enfants du jour. Nous ne sommes pas de la nuit, des ténèbres » (1 Th. 5, 5). « La vérité vous fera libres » (Jn 8,32), cette parole s'applique en plénitude à celui qui s'est nommé « la Voie, la Vérité, la Vie ». C'est le Christ qui rend libre, mais partout où est une vérité et un homme qui cherche à faire coïncider sa vie avec la vérité, c'est un jalon pour la venue de la Grâce, c'est le Christ aussi qui est présent. Dieu de vérité, Dieu de fidélité sont deux expressions équivalentes pour l'hébreu qui les oppose aux « idoles du néant »: vérité et fidélité sont équivalentes chez le chrétien. Dans un livre admirable, Pleure, mon pays bien-aimé, Alan Paton a exprimé de façon inoubliable cette délivrance par la vérité : l'avocat Jarvis, un blanc qui a consacré toute sa vie au service de l'Afrique du Sud vient d'être assassiné et l'on trouve dans son bureau son testament : « Je ne me demanderai plus si telle ou telle chose est commode, mais seulement si elle est juste. J'agirai ainsi, non parce que je suis noble et désintéressé, mais parce que la vie nous dépasse et parce que j'ai besoin, pour le reste de mon voyage, d'une étoile qui ne me trahira pas, d'un compas qui ne mentira pas. J'agirai ainsi, non parce que je suis négrophile et ennemi de ma race, mais parce que je ne trouve pas en moi la possibilité d'agir autrement. Si je pèse ceci contre cela, je suis perdu; si je me demande si les hommes, blancs ou noirs, Anglais ou Africains, gentils ou juifs, m'approuveront, je suis perdu. J'essaierai donc de faire ce qui est juste et de dire ce qui est vrai.» « J'agis ainsi, non parce que je suis courageux et sincère, mais parce que c'est la seule façon de mettre fin au conflit profond de mon âme. J'agis ainsi parce que je ne suis pas capable de continuer à aspirer au plus haut idéal avec une part de moi-même, tandis que l'autre trahit cet idéal. Je ne veux pas vivre de la sorte, je préférerais mourir. Je comprends à présent ceux qui sont morts pour leurs convictions et ne trouve point leur mort si surprenante, si noble ou si brave. Ils ont préféré la mort à une certaine façon de vivre, voilà tout. » Jarvis, en pleine bataille raciale, a compris les paroles du Seigneur: «La vérité vous fera libres» : libres de quoi ? Libres de nos complexes, du «qu'en-dira-t-on» à droite ou à gauche, - libres à l'égard du résultat, réussite ou échec, - libres de tout ce qui viendrait infléchir notre conscience. Sainte Thérèse de l'Enfant-Jésus écrivait : « Je n'ai jamais fait comme Pilate qui refusa d'entendre la vérité. J'ai toujours dit au bon Dieu : Oh mon Dieu, je veux bien vous entendre, je vous en supplie, répondez-moi quand je vous dis humblement : Qu'est-ce que la vérité ? Faites que je vois les choses telles qu'elles sont, que rien ne m'éblouisse. » La consécration à la vérité dans nos actes de vie personnelle et nos comportements collectifs nous rend transparents à Dieu et à sa Parole, et nous habilite à «rendre témoignage à la Vérité». Notre parole est un mystère du côté de celui qui l'accueille, mais aussi du côté de celui qui la prononce. Toujours aux Thessaloniciens, saint Paul après en avoir référé à Dieu qui « scrute le cœur » ajoute : « Voilà pourquoi nous ne cessons, pour notre part, de remercier Dieu de ce qu'ayant reçu la divine parole prêchée par nous, vous l'avez accueillie, non comme une parole humaine, mais ainsi qu'elle l'est vraiment, comme la parole de Dieu qui déploie sa puissance en vous, les croyants » (i Th. 2,13). Nous ne délivrons pas la vérité comme on transmet une doctrine: elle est de Dieu, nous ne sommes littéralement que le porte-parole d'un message dont nous sommes le premier auditeur. Mais parce que la Parole de Dieu est vivante, elle meurt lorsque le porte-parole ne vit plus lui-même de la vérité en tous ses actes. Nous ne sommes pas des machines parlantes ; le poids et la portée de notre parole sont en dépendance directe de la qualité de la vie d'où elle jaillit. Va-t-elle nous durcir et nous fermer, cette recherche de la vérité, et nous donner ces airs de gens qui n'écoutent plus rien parce qu'ils « ont » la vérité ? Nous le savons bien : elle est trop grande, trop haute, et finalement, dans l'apparente complexité des choses, trop simple pour être saisie, encore moins possédée, d'un seul coup par nos intelligences limitées. Mais autre chose est de dire qu'il n'y a pas de vérité et que le vrai d'aujourd'hui sera faux demain, autre chose de poursuivre cette vérité, comme n'étant jamais une réalité statique et terminée : on s'en approche, c'est une conquête difficile..on avance à tâtons, mais rien ne saurait, dans l'action, lui être préféré. « Celui qui aspire à être avec le Christ et pour le Christ, témoin devant le monde de la vérité qui rend libre et qui rachète, devra être élevé dans le culte de la vérité, aussi bien dans les mots que dans les actes, et par conséquent dans la sincérité, la loyauté, la fidélité, la cohérence » Qui oserait prétendre y être arrivé ?

Jacques Loew, Comme s'il voyait l'invisible, pp. 39-40

Source

25 juillet 2018

PRIÈRE POUR DEMANDER À DIEU LE BON USAGE DES MALADIES

PRIÈRE

POUR DEMANDER A DIEU LE BON USAGE DES MALADIES[1].

I. Seigneur, dont l’esprit est si bon et si doux en toutes choses, et qui êtes tellement miséricordieux, que non seulement les prospérités, mais les disgrâces mêmes qui arrivent à vos élus sont des effets de votre miséricorde, faites-moi la grâce de ne pas agir en païen dans l’état où votre justice m’a réduit ; que, comme un vrai chrétien, je vous reconnaisse comme mon Père et mon Dieu, en quelque état que je me trouve, puisque le changement de ma condition n’en apporte pas à la vôtre ; que vous êtes toujours le même, quoique je sois sujet au changement ; et que vous n’êtes pas moins Dieu quand vous affligez et quand vous punissez, que quand vous consolez et quand vous usez d’indulgence.

II. Vous m’aviez donné la santé pour vous servir, et j’en ai fait un usage tout profane. Vous m’envoyez maintenant la maladie pour me corriger ; ne permettez pas que j’en use pour vous irriter par mon impatience. J’ai mal usé de ma santé, et vous m’en avez justement puni. Ne souffrez pas que j’use mal de votre punition. Et puisque la corruption de ma nature est telle qu’elle me rend vos faveurs pernicieuses, faites, ô mon Dieu ! que votre grâce toute puissante me rende vos châtiments salutaires. Si j’ai eu le cœur plein de l’affection du monde pendant qu’il a eu quelque vigueur, anéantissez cette vigueur pour mon salut ; et rendez-moi incapable de jouir du monde, soit par faiblesse de corps, soit par zèle de charité, pour ne jouir que de vous seul.

III. O Dieu, devant qui je dois rendre un compte exact de toutes mes actions à la fin de ma vie et à la fin du monde ! O Dieu, qui ne laissez subsister le monde que pour exercer vos élus, ou pour punir les pécheurs ! O Dieu, qui laissez les pécheurs endurcis dans l’usage délicieux et criminel du monde ! O Dieu, qui faites mourir nos corps, et qui, à l’heure de la mort, détachez notre âme de tout ce qu’elle aimait au monde ! O Dieu, qui m’arracherez, à ce dernier moment de ma vie, de toutes les choses auxquelles je me suis attaché, et où j’ai mis mon cœur ! O Dieu, qui devez consumer au dernier jour le ciel et la terre et toutes les créatures qu’ils contiennent, pour montrer à tous les hommes que rien ne subsiste que vous, et qu’ainsi rien n’est digne d’amour que vous, puisque rien n’est durable que vous ! O Dieu, qui devez détruire toutes ces vaines idoles et tous ces funestes objets de nos passions ! Je vous loue, mon Dieu, et je vous bénirai tous les jours de ma vie, de ce qu’il vous a plu prévenir en ma faveur ce jour épouvantable, en détruisant à mon égard toutes choses, dans l’affoiblissement où vous m’avez réduit. Je vous loue, mon Dieu, et je vous bénirai tous les jours de ma vie, de ce qu’il vous a plu me réduire dans l’incapacité de jouir des douceurs de la santé et des plaisirs du monde, et de ce que vous avez anéanti en quelque sorte, pour mon avantage, les idoles trompeuses que vous anéantirez effectivement pour la confusion des méchans au jour de votre colère. Faites, Seigneur, que je me juge moi-même, ensuite de cette destruction que vous avez faites à mon égard, afin que vous ne me jugiez pas vous-même, ensuite de l’entière destruction que vous ferez de ma vie et du monde. Car, Seigneur, comme à l’instant de ma mort je me trouverai séparé du monde, dénué de toutes choses, seul en votre présence, pour répondre à votre justice de tous les mouvemens de mon cœur, faites que je me considère en cette maladie comme en une espèce de mort, séparé du monde, dénué de tous les objets de mes attachemens, seul en votre présence, pour implorer de votre miséricorde la conversion de mon cœur ; et qu’ainsi j’aie une extrême consolation de ce que vous m’envoyez maintenant une espèce de mort pour exercer votre miséricorde, avant que vous m’envoyiez effectivement la mort pour exercer votre jugement. Faites donc, ô mon Dieu, que comme vous avez prévenu ma mort, je prévienne la rigueur de votre sentence, et que je m’examine moi-même avant votre jugement, pour trouver miséricorde eu votre présence.

IV. Faites, ô mon Dieu ! que j’adore en silence l’ordre de votre providence adorable sur la conduite de ma vie ; que votre fléau me console ; et qu’ayant vécu dans l’amertume de mes péchés pendant la paix, je goûte les douceurs célestes de votre grâce durant les maux salutaires dont vous m’affligez ! Mais je reconnois, mon Dieu, que mon cœur est tellement endurci et plein des idées, des soins, des inquiétudes et des attachemens du monde, que la maladie non plus que la santé, ni les discours, ni les livres, ni vos Écritures sacrées, ni votre Évangile, ni vos mystères les plus saints, ni les aumônes, ni les jeûnes, ni les mortifications, ni les miracles. ni l’usage des sacremens, ni le sacrifice de votre corps, ni tous mes efforts, ni ceux de tout le inonde ensemble, ne peuvent rien du tout pour commencer ma conversion, si vous n’accompagnez toutes ces choses d’une assistance toute extraordinaire de votre grâce. C’est pourquoi, mon Dieu, je m’adresse à vous, Dieu tout-puissant. pour vous demander un don que toutes les créatures ensemble ne peuvent m’accorder. Je n’aurois pas la hardiesse de vous adresser mes cris, si quelque autre pouvoit les exaucer. Mais, mon Dieu, comme la conversion de mon cœur, que je vous demande, est un ouvrage qui passe tous les efforts de la nature, je ne puis m’adresser qu’à l’auteur et au maitre tout-puissant de la nature et de mon cœur. A qui crierai-je, Seigneur, à qui aurai-je recours, si ce n’est à vous ? Tout ce qui n’est pas Dieu ne peut pas remplir mon attente. C’est Dieu même que je demande et que je cherche : et c’est a vous seul, mon Dieu, que je m’adresse pour vous obtenir. Ouvrez mon cœur, Seigneur ; entrez dans cette place rebelle que les vices ont occupée. Ils la tiennent sujette. Entrez-y comme dans la maison du tort[2] ; mais liez auparavant le fort et puissant ennemi qui la maîtrise, et prenez ensuite les trésors qui y sont. Seigneur, prenez mes affections que le monde avoit volées ; volez vous-même ce trésor, ou plutôt reprenez-le. puisque c’est à vous qu’il appartient, comme un tribut que je vous dois, puisque votre image y est empreinte. Vous l’y aviez formée, Seigneur, au moment de mon baptême qui est ma seconde naissance : mais elle est toute effacée. L’idée du monde y est tellement gravée, que la vôtre n’est plus connoissable.Vous seul avez pu créer mon âme ; vous seul pouvez la créer de nouveau ; vous seul y avez pu former votre image, vous seul pouvez la réformer, et y réimprimer votre portrait effacé, c’est-à-dire Jésus-Christ mon Sauveur, qui est votre image et le caractère de votre substance,

V. O mon Dieu ! qu’un cœur est heureux qui peut aimer un objet si charmant, qui ne le déshonore point, et dont l’attachement lui est si salutaire ! Je sens que je ne puis aimer le monde sans vous déplaire, sans me nuire et sans me déshonorer ; et néanmoins le monde est encore l’objet de mes délices. O mon Dieu ! qu’une âme est heureuse dont vous êtes les délices. puisqu’elle peut s’abandonner à vous aimer, non-seulement sans scrupule. mais encore avec mérite ! Que son bonheur est ferme et durable. puisque son attente ne sera point frustrée, parce que vous ne serez jamais détruit, et que ni la vie ni la mort ne la sépareront jamais de l’objet de ses désirs ; et que le même moment qui entraînera les méchans avec leurs idoles dans une ruine commune, unira les justes avec vous dans une gloire commune ; et que comme les uns périront avec les objets périssables auxquels ils se sont attachés, les autres subsisteront éternellement dans l’objet éternel et subsistant par soi-même auquel ils se sont étroitement unis ! Obi qu’heureux sont ceux qui avec une liberté entière et une pente invincible de leur volonté aiment parfaitement et librement ce qu’ils sont obligés d’aimer nécessairement !

VI. Achevez, ô mon Dieu, les bons mouvemens que vous me donnez. Soyez-en la fin comme vous en êtes le principe. Couronnez vos propres dons : car je reconnois que ce sont vos dons. Oui, mon Dieu : et bien loin de prétendre que mes prières aient du mérite qui vous oblige de les accorder de nécessité, je reconnois très-humblement qu’ayant donné aux créatures mon cœur, que vous n’aviez formé que pour vous, et non pas pour le monde, ni pour moi-même, je ne puis attendre aucune grâce que de votre miséricorde, puisque je n’ai rien en moi qui vous y puisse engager, et que tous les mouvemens naturels de mon cœur, se portant vers les créatures ou vers moi-même, ne peuvent que vous irriter. Je vous rends donc grâce, mon Dieu, des bons mouvemens que vous me donnez, et de celui même que vous me donnez de vous en rendre grâces.

VII. Touchez mon cœur du repentir de mes fautes, puisque, sans cette douleur intérieure, les maux extérieurs dont vous touchez mon corps me seroient une nouvelle occasion de péché. Faites-moi bien connoître que les maux du corps ne sont autre chose que la punition et la figure tout ensemble des maux de l’âme. Mais, Seigneur, faites aussi qu’ils en soient le remède, en me faisant considérer, dans les douleurs que je sens, celle que je ne sentois pas dans mon âme, quoique toute malade et couverte d’ulcères. Car, Seigneur, la plus grande de ses maladies est cette insensibilité et cette extrême foiblesse, qui lui avoit ôté tout sentiment de ses propres misères. Faites-les-moi sentir vivement, et que ce qui me reste de vie soit une pénitence continuelle pour laver les offenses que j’ai commises.

VIII. Seigneur, bien que ma vie passée ait été exempte de grands crimes, dont vous avez éloigné de moi les occasions, elle vous a été néanmoins très-odieuse par sa négligence continuelle, par le mauvais usage de vos plus augustes sacremens, par le mépris de votre parole et de vos inspirations, par l’oisiveté et l’inutilité totale de mes actions et de mes pensées, par la perte entière du temps que vous ne m’aviez donné que pour vous adorer, pour rechercher en toutes mes occupations les moyens de vous plaire, et pour faire pénitence des fautes qui se commettent tous les jours, et qui même sont ordinaires aux plus justes ; de sorte que leur vie doit être une pénitence continuelle sans laquelle ils sont en danger de déchoir de leur justice. Ainsi, mon Dieu, je vous ai toujours été contraire.

IX. Oui. Seigneur, jusqu’ici j’ai toujours été sourd à vos inspirations, j’ai méprisé vos oracles ; j’ai jugé au contraire de ce que vous jugez ; j’ai contredit aux saintes maximes que vous avez apportées au monde du sein de votre père éternel, et suivant lesquelles vous jugerez le monde. Vous dites : « Bienheureux sont ceux qui pleurent, et malheur à ceux qui sont consolés[3] ! » Et moi j’ai dit : « Malheureux ceux qui gémissent, et très·heureux ceux qui sont consolés ! » J’ai dit : « Heureux ceux qui jouissent d’une fortune avantageuse, d’une réputation glorieuse et d’une santé robuste ! » Et pourquoi les ai-je réputés heureux, sinon parce que tous ces avantages leur fournissoient une facilité très-ample de jouir ces créatures, c’est-à-dire de vous offenser ? Oui, Seigneur, je confesse que j’ai estimé la santé un bien, non pas parce qu’elle est un moyen facile pour vous servir avec utilité, pour consommer plus de soins et de veilles à votre service, et pour l’assistance du prochain ; mais parce qu’a sa faveur je pouvois m’abandonner avec moins de retenue dans l’abondance des délices de la vie, et en mieux goûter les funestes plaisirs. Faites-moi la grâce, Seigneur, de réformer ma raison corrompue, et de conformer mes sentimens aux vôtres. Que je m’estime heureux dans l’affliction, et que dans l’impuissance d’agir au dehors, vous purifiiez tellement mes sentimens qu’ils ne répugnent plus aux vôtres ; et qu’ainsi je vous trouve au dedans de moi-même, puisque je ne puis vous chercher au dehors à cause de ma foiblesse. Car, Seigneur, votre royaume est dans vos fidèles : et je le trouverai dans moi-même, si j’y trouve votre esprit et vos sentimens.

X. Mais, Seigneur, que ferai-je pour vous obliger à répandre votre esprit sur cette misérable terre ? Tout ce que je suis vous est odieux, et je ne trouve rien en moi qui vous puisse agréer. Je n’y vois rien, Seigneur, que mes seules douleurs, qui ont quelque ressemblance avec les vôtres. Considérez donc les maux que je souffre et ceux qui me menacent. Voyez d’un œil de miséricorde les plaies que votre main m’a faites, ô mon Sauveur, qui avez aimé vos souffrances en la mort ! ô Dieu, qui ne vous êtes fait homme que pour souffrir plus qu’aucun homme pour le salut des hommes ! ô Dieu, qui ne vous êtes incarné après le péché des hommes et qui n’avez pris un corps que pour y souffrir tous les maux que nos péchés ont mérités ! ô Dieu, qui aimez tant les corps qui souffrent, que vous avez choisi pour vous le corps le plus accablé de souffrances qui ait jamais été au monde ! Ayez agréable mon corps, non pas pour lui-même, ni pour tout ce qu’il contient, car tout y est digne de votre colère, mais pour les maux qu’il endure, qui seuls peuvent être dignes de votre amour. Aimez mes souffrances, Seigneur, et que mes maux vous invitent à me visiter. Mais pour achever la préparation de votre demeure, faites, ô mon Sauveur, que si mon corps a cela de commun avec le vôtre qu’il souffre pour mes offenses, mon âme ait aussi cela de commun avec la vôtre, qu’elle soit dans la tristesse pour les mêmes offenses : et qu’ainsi je souffre avec vous, et comme vous, et dans mon corps. et dans mon âme, pour les péchés que j’ai commis.

XI. Faites-moi la grâce, Seigneur, de joindre vos consolations à mes souffrances, afin que je souffre en chrétien. Je ne demande pas d’être exempt des douleurs ; car c’est la récompense des saints : mais je demande de n’être pas abandonné aux douleurs de la nature sans les consolations de votre esprit : car c’est la malédiction des juifs et des païens. Je ne demande pas d’avoir une plénitude de consolation sans aucune souffrance : car c’est la vie de la gloire. Je ne demande pas aussi d’être dans une plénitude de maux sans consolation ; car c’est un état de judaïsme. Mais je demande, Seigneur, de ressentir tout ensemble et les douleurs de la nature pour mes péchés, et les consolations de votre esprit par votre grâce ; car c’est le véritable état du christianisme. Que je ne sente pas des douleurs sans consolation : mais que je sente des douleurs et de la consolation tout ensemble, pour arriver enfin a ne sentir plus que vos consolations sans aucune douleur. Car, Seigneur, vous avez laissé languir le monde dans les souffrances naturelles sans consolation. avant la venue de votre Fils unique : vous consolez maintenant et vous adoucissez les souffrances de vos fidèles par la grâce de votre Fils unique ; et vous comblez d’une béatitude toute pure vos saints dans la gloire de votre Fils unique. Ce sont les admirables degrés par lesquels vous conduisez vos ouvrages. Vous m’avez tiré du premier : faites-moi passer par le second, pour arriver au troisième. Seigneur, c’est la grâce que je vous demande.

XII. Ne permettez pas que je sois dans un tel éloignement de vous, que je puisse considérer votre âme triste jusqu’à la mort, et votre corps abattu par la mort pour mes propres péchés, sans me réjouir de souffrir et dans mon corps et dans mon âme. Car qu’y a-t-il de plus honteux, et néanmoins de plus ordinaire dans les chrétiens et dans moi-même, que tandis que vous suez le sang pour l’expiation de nos offenses, nous vivons dans les délices ; et que des chrétiens qui font profession d’être à vous, que ceux qui par le baptême ont renoncé au monde pour vous suivre, que ceux qui ont juré solennellement à la face de l’Église de vivre et de mourir avec vous, que ceux qui font profession de croire que le monde vous a persécuté et crucifié, que ceux qui croient que vous vous êtes exposé à la colère de Dieu et à la cruauté des hommes pour les racheter de leurs crimes ; que ceux, dis-je, qui croient toutes ces vérités, qui considèrent votre corps comme l’hostie qui s’est livrée pour leur salut, qui considèrent les plaisirs et les péchés du monde comme l’unique sujet de vos souffrances, et le monde même comme votre bourreau, recherchent à flatter leurs corps par ces mêmes plaisirs, parmi ce même monde ; et que ceux qui ne pourroient, sans frémir d’horreur, voir un homme caresser et chérir le meurtrier de son père qui se seroit livré pour lui donner la vie, puissent vivre comme j’ai fait, avec une pleine joie, parmi le monde que je sais avoir été véritablement le meurtrier de celui que je reconnois pour mon Dieu et mon père, qui s’est livré pour mon propre salut, et qui a porté en sa personne la peine de mes iniquités ? Il est juste, Seigneur, que vous ayez interrompu une joie aussi criminelle que celle dans laquelle je me reposois a l’ombre de la mort.

XIII. Otez donc de moi, Seigneur, la tristesse que l’amour de moi-même me pourroit donner de mes propres souffrances et des choses du monde qui ne réussissent pas au gré des inclinations de mon cœur, et qui ne regardent pas votre gloire ; mais mettez en moi une tristesse conforme à la vôtre. Que mes souffrances servent à apaiser votre colère. Faites-en une occasion de mon salut et de ma conversion. Que je ne souhaite désormais de santé et de vie qu’afin de l’employer et la finir pour vous, avec vous et en vous. Je ne vous demande ni santé, ni maladie. ni vie, ni mort ; mais que vous disposiez de ma santé et de ma maladie, de ma vie et de ma mort, pour votre gloire, pour mon salut et pour l’utilité de l’Église et de vos saints, dont j’espère par votre grâce faire une portion. Vous seul savez ce qui m’est expedient : vous ètes le souverain maître, faites ce que vous voudrez. Donnez-moi, ôtez-moi ; mais conformez ma volonté à la vôtre : et que dans une soumission humble et parfaite et dans une sainte confiance, je me dispose à recevoir les ordres de votre providence éternelle, et que j’adore également tout ce qui me vient de vous. ·

XIV. Faites, mon Dieu, que dans une uniformité d’esprit toujours égale ]e reçoive toutes sortes d’événemens, puisque nous ne savons ce que nous devons demander, et que je n’en puis souhaiter l’un plutôt que l’autre sans présomption, et sans me rendre juge et responsable des suites que votre sagesse a voulu justement me cacher. Seigneur, je sais que je ne sais qu’une chose ; c’est qu’il est bon de vous suivre, et qu’il est mauvais de vous offenser. Après cela, je ne sais lequel est le meilleur ou le pire en toutes choses ; je ne sais lequel m’est profitable de la santé ou de la maladie, des biens ou de la pauvreté. ni de toutes les choses du monde. C’est un discernement qui passe la force des hommes et des anges. et qui est caché dans les secrets de votre providence que j’adore et que je ne veux pas approfondir.

XV. Faites donc, Seigneur, que tel que je sois je me conforme à votre volonté : et qu’étant malade comme je suis, je vous glorifie dans mes souffrances. Sans elles je ne puis arriver à la gloire ; et vous-même, mon Sauveur, n’y avez voulu parvenir que par elles. C’est par les marques de vos souffrances que vous avez été reconnu de vos disciples ; et c’est par les souffrances que vous reconnoissez aussi ceux qui sont vos disciples. Reconnoissez moi donc pour votre disciple dans les maux que j’endure et dans mon corps et dans mon esprit, pour les offenses que j’ai commises, et parce que rien n’est agréable à Dieu s’il ne lui est offert par vous, unissez ma volonté à la vôtre, et mes douleurs a celles que vous avez souffertes. Faites que les miennes deviennent les vôtres. Unissez-moi à vous ; remplissez-moi de vous et de votre Esprit saint. Entrez dans mon cœur et dans mon âme, pour y porter mes souffrances, et pour continuer d’endurer en moi ce qui vous reste à souffrir de votre passion, que vous achevez dans vos membres jusqu’à la consommation parfaite de votre corps, afin qu’étant plein de vous, ce ne soit plus moi qui vive et qui souffre, mais que ce soit vous qui viviez et qui souffriez en moi, ô mon Sauveur ! et qu’ainsi ayant quelque petite part à vos souffrances, vous me remplissiez entièrement de la gloire qu’elles vous ont acquise, dans laquelle vous vivez avec le Père et le Saint-Esprit, par tous les siècles des siècles. Ainsi soit-il.


Blaise Pascal

_______________________

  1. Cette pièce a été composée vers 1648.

  2. Le démon.

  3. Luc, VI, 21, 24.

28 janvier 2014

SAINT AUGUSTIN

L'affection du coeur s'accroît par les gestes qui la traduisent.

Posté par ucem à 13:04 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , , ,