16 février 2017

LA PRIÈRE EST NÉCESSAIRE

Selon le dessein providentiel de Dieu, il est donné à tout ce qui existe le moyen de parvenir à sa fin comme il convient à sa nature.
Pour obtenir ce qu’ils espèrent de Dieu, les hommes ont reçu aussi un moyen adapté à la condition humaine. Cette condition veut que l’homme se serve de la prière pour obtenir d’autrui ce qu’il espère, surtout si celui à qui il s’adresse lui est supérieur. C’est pourquoi il est recommandé aux hommes de prier pour obtenir de Dieu ce qu’ils
espèrent recevoir de lui. Mais la nécessité de la prière est différente selon qu’il s’agit d’obtenir quelque chose d’un homme ou de Dieu.
Quand la prière s’adresse à un homme, elle doit d’abord exprimer le désir et le besoin de celui qui prie. Il faut aussi qu’elle fléchisse, jusqu’à le faire céder, le cœur de celui qu’on implore. Or ces deux éléments n’ont plus de place dans la prière faite à Dieu. En priant, nous n’avons pas à nous inquiéter de manifester nos désirs ou nos besoins à Dieu qui connaît tout. C’est ainsi que le psalmiste
dit au Seigneur :
"Tout mon désir est devant toi". Et nous lisons dans l’Évangile :
"VotrePère sait que vous avez besoin de tout cela". Il ne s’agit pas non plus
d’infléchir, par des paroles humaines, la volonté divine à vouloir ce que d’abord elle ne voulait pas, car il est dit au
livre des Nombres :
"Dieu n’est pas comme un homme, pour qu’il mente, ni fils d’Adam, pour qu’il change", et au livre de Samuel :
"Il n’est pas sujet au repentir".
Pourtant la prière est nécessaire à l’homme pour obtenir une grâce de Dieu ; et cela en raison de celui-là même qui prie, afin qu’il considère ses propres déficiences et qu’il infléchisse son cœur à désirer avec ferveur et piété ce qu’il espère obtenir par la prière. Voilàcomment l’homme se rend capable de recevoir.
Une autre différence distingue la prière faite à Dieu de celle qu’on adresse à un homme. La prière adressée à un homme exige au préalable un certain degré de familiarité grâce à laquelle on aura accès auprès de celui qu’on implore. Tandis que la prière à Dieu nous rend par elle-même familiers de Dieu, puisque notre âme s’y élève vers lui, s’entretient affectueusement avec lui et l’adore en esprit et en vérité.
Cette intimité acquise en priant incite l’homme à se remettre en prière avec confiance. C’est pourquoi il est dit dans le psaume : "J’ai crié", c’est-à-dire j’ai prié avec confiance, "parce que tu m’as exaucé, mon Dieu". Reçu dans l’intimité de Dieu par une première prière, le psalmiste prie ensuite avec une confiance accrue. Ainsi l’assiduité ou
l’insistance dans la demande n’est-elle pas importune lorsque nous prions Dieu, mais elle est bien plutôt agréée de Dieu ; car "il faut toujours prier, dit l’Évangile, et ne jamais se lasser" ; et ailleurs le Seigneur nous invite à demander : "Demandez et vous recevrez, dit-il, frappez et l’on vous ouvrira."
Saint THOMAS D’AQUIN
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14 février 2017

PARTIR - MÉDITATION SPIRITUELLE D'YVES RAGUI, JÉSUITE

Partir

Quand on a décidé de partir à la recherche de Dieu, il faut faire ses bagages, seller son âne et se mettre en route. La montagne de Dieu est à peine visible dans le lointain... A l'aube, il faut partir.

C'est un grand départ. Il faut dire adieu. A quoi? A tout et à rien. A rien, car ce monde que l'on quitte sera toujours là près de nous, en nous, jusqu'à notre dernier souffle, toujours aussi près de nous. A tout, car, en partant à la recherche de l'absolu, nous coupons les ponts avec tout ce qui pourrait nous en détourner. La séparation, finalement, n'est pas dans l'éloignement mais dans le détachement

Oui, quand tu veux prier, il faut ouvrir ta maison et dénouer ton âme en Dieu. Chaque genre de vie demande un détachement. Il faut que se détache d'elle-même et se dénoue l'âme des époux, l'âme des fiancés. Autrement il n'y a pas d'amour possible, mais un égoïsme cherché dans l'autre. A l'extrême pointe de l'amour se trouve l'amour de Dieu, don total et réciproque de l'un à l'autre. Mais pour l'homme Dieu est l'Autre, l'autre qui finalement se révèlera, dans l'amour, comme l'être de notre être.

Qu'emporter avec soi ? Tout soi-même et rien de moins. Étrange réponse après avoir dit qu'il faut tout laisser et surtout se laisser soi-même. Et pourtant c'est vrai, il faut s'emporter tout entier. Beaucoup ne partent qu'en apparence. Ils n'emportent avec eux qu'un fantôme d'eux-mêmes, une maquette abstraite. Ils se mettent eux-mêmes en sécurité avant de se mettre en route...

C'est déjà une sorte de saint qui s'embarque pour l'expédition, un personnage modelé d'après les traités de la perfection. Ils envoient un double d'eux-mêmes tenter l'aventure et s'étonnent ensuite de ne retirer de tout cela que déception.

En partant, il faut mettre sur son âne tout ce qu'on possède et partir avec tout ce qu'on est, sa carcasse, son esprit, son âme, il faut tout prendre, les grandeurs et les faiblesses, le passé de péché, les grandes espérances, les tendances les plus basses et les plus violentes... tout, tout, car tout doit passer par le feu.

Comme le bout du chemin se perd en Dieu et que personne ne connaît le chemin sinon celui qui vient de Dieu, Jésus Christ, il faut, tout en écoutant les maîtres que nous rencontrons, fixer les yeux sur lui seul. Il est la voie, la vérité et la vie. Lui seul d'ailleurs a parcouru le chemin dans les deux sens. Il faut mettre notre main dans la sienne et partir.

Extraits de  "Chemins de la contemplation" - DDB 1969, pp. 28-30

Yves Raguin, jésuite -

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09 février 2017

BRUIT - BIEN

"Le bruit ne fait pas de bien, et le bien ne fait pas de bruit."

Saint François de Sales

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06 février 2017

QUAND TU VERSES DES FONTAINES DE LARMES... SAINT JEAN CLIMAQUE

Quand tu verses des fontaines de larmes dans ta prière, ne t'élève pas en toi-même, comme si tu étais au-dessus de la plupart de tes semblables : c'est simplement que ta prière a obtenu un secours pour que tu puisses avec ardeur confesser tes péchés et apaiser le Seigneur par tes larmes. Ne tourne donc pas en passion l'antidote des passions, si tu ne veux pas irriter davantage le donateur de la grâce.

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10 janvier 2017

MAXIME DE HEVENESI

Gábor Hevenesi ( Vásárosmiske/Hongrie 1656 - Vienne 1715), jésuite hongrois, est à l'origine d'une très belle maxime dans ses "Scintillae Ignatianae" (1705), recueil de propos qu'on attribua à Ignace de Loyola lui-même.
Cette maxime synthétise admirablement la spiritualité et la théologie ignatiennes.

Telle est la première règle de ceux qui agissent :

crois en Dieu
comme si tout le cours des choses dépendait de toi,
en rien de Dieu.

Cependant mets tout en oeuvre en elles,
comme si rien ne devait être fait par toi,
et tout de Dieu seul.
source


01 mai 2016

LE CHAPELET EST UN CHEMIN D'ORAISON

"À travers la litanie des Pater et des Ave, le chapelet offre ainsi un chemin d'oraison, donnant de parcourir successivement les mystères joyeux, lumineux, douloureux et glorieux de la vie de Jésus et de Marie. Au gré de la contemplation, de l'avancement spirituel, de la lourdeur ou de la légèreté de l'âme, l'attrait se fera plus fort soit vers la méditation des mystères, soit vers la  récitation simple des Pater et des Ave baignée dans la lumière des visages de Dieu et de Marie. Au fond cela importe peu, si ce n'est de demeurer en leur compagnie."

Dom Pateau, Père Abbé de Fontgombault

Source

22 décembre 2015

JE SUIS DÉSARMÉ

"La guerre la plus dure, c'est la guerre contre soi-même."

Il faut arriver à se désarmer. J'ai mené cette guerre pendant des années, elle a été terrible. Mais je suis désarmé. Je n'ai plus peur de rien, car l'amour chasse la peur. Je suis désarmé de la volonté d'avoir raison, de me justifier en disqualifiant les autres. Je ne suis plus sur mes gardes, jalousement crispé sur mes richesses.

J'accueille et je partage. Je ne tiens pas particulièrement à mes idées, à mes projets. Si l'on m'en présente de meilleurs, ou plutôt non, pas meilleurs, mais bon, j'accepte sans regrets. J'ai renoncé au comparati.f. Ce qui est bon, vrai, réel, est toujours pour moi le meilleur.

C'est pourquoi je n'ai plus peur. Quand on n'a plus rien, on n'a plus peur. Si l'on se désarme, si l'on se dépossède, si l'on s'ouvre au Dieu-Homme qui fait toutes choses nouvelles, alors, Lui, efface le mauvais passé et nous rend un temps neuf où tout est possible.

Patriarche Athénagoras

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09 octobre 2015

DISPONIBLE POUR DIEU - MADELEINE DELBRÊL

Disponible pour Dieu

« Une fois que nous avons connu la parole de Dieu, nous n'avons pas le droit de ne pas la recevoir ; une fois que nous l'avons reçue, nous n'avons pas le droit de ne pas la laisser s’incarner en nous ; une fois qu’elle s’est incarnée en nous, nous n’avons pas le droit de la garder pour nous : nous appartenons dès lors à ceux qui l'attendent.
Nos pas marchent dans une rue mais notre cœur bat dans le monde entier. C’est pourquoi nos petits actes, dans lesquels nous ne savons distinguer entre action et prière, unissent aussi parfaitement l’amour de Dieu et l’amour de nos frères. (…) Qu’importe ce que nous avons à faire : un balai ou un style à tenir. Parler ou se taire, raccommoder ou faire une conférence, soigner un malade ou taper à la machine. Tout cela n’est que l’écorce de la réalité splendide, la rencontre de l’âme avec Dieu à chaque minute renouvelée, à chaque minute accrue en grâce, toujours plus belle pour son Dieu.
On sonne ? Vite, allons ouvrir, c’est Dieu qui vient nous aimer. Un renseignement ? Le voici... C’est Dieu qui vient nous aimer. C’est l’heure de se mettre à table ? Allons-y... C’est Dieu qui vient nous aimer. Laissons-le faire. »

Missionnaires sans bateaux, Nouvelle Cité, 2009

03 octobre 2015

SERAPHIN DE SAROV

« Veille sur ta paix intérieure et des multitudes se sauveront à tes côtés »

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21 septembre 2015

PÈRE MARIE-EUGÈNE DE L'ENFANT JÉSUS

« La sainteté, c’est la force de Dieu dans la faiblesse de l’homme »