27 mai 2019

AIME-MOI TEL QUE TU ES

Je connais ta misère, les combats et les tribulations de ton cœur, je vois bien la faiblesse et les infirmités de ton corps ; je sais ta lâcheté, tes péchés, tes défaillances ; je te dis quand même : « donne-moi ton cœur, aime-Moi tel que tu es. »
Si tu attends d’être un ange pour te livrer à l’amour, tu ne m’aimeras jamais. Même si tu retombes souvent dans ces fautes que tu ne voudrais jamais connaître : même si tu les lâches dans la pratique de la vertu, ce n’est pas une raison de ne pas m’aimer !
Aime-moi tel que tu es. A chaque instant et dans quelque situation que tu te trouves, dans la ferveur ou la sécheresse, dans la fidélité ou l’infidélité.

Aime-moi tel que tu es. Je veux l’amour de ton cœur imparfait. Si pour m’aimer tu attends d’être parfait tu ne m’aimeras jamais. Ne crois-tu pas que je pourrais faire de chaque grain de sable du désert une créature vivante toute radieuse de pureté, de noblesse et de beauté ? Ne pourrais-je pas d’un seul signe de ma volonté faire surgir du néant des milliers de saints, mille fois plus parfaits et plus aimants que ceux que j’ai créés ? Ne suis-je pas le Tout Puissant ? Tu vois il me plait de laisser pour jamais dans le néant ces êtres merveilleux et de leur préférer ton pauvre amour !

Mon enfant, laisse moi t’aimer, Je veux ton cœur. Je compte bien te former, mais en attendant je t’aime tel que tu es. Et je souhaite que tu fasses de même. Je désire voir du fond de ta misère, monter l’amour. J’aime en toi jusqu’à ta faiblesse ! J’aime l’amour des pauvres. Je veux que de ta pauvreté et de tes limites, s’élève continument ce cri : « Seigneur, je t’aime ! » Tu sais c’est le chant de ton cœur qui m’importe. Qu’ai-je besoin de ta science et de tes talents ? Ce ne sont pas des vertus que je te demande ; et si je t’en donnais, tu es si faible que bientôt l’amour-propre s’y mêlerait. Ne t’inquiète pas de cela.
J’aurais pu te destiner à de grandes choses : non tu seras le serviteur inutile. Je te prendrai même le peu que tu as car je t’ai créé pour l’amour. Moi, Je te dis : « Aime ! » L’amour te fera faire tout le reste sans que tu y penses : ne cherche qu’à remplir le moment présent de ton amour.

Aujourd’hui, vois-tu, Je me tiens à la porte de ton cœur comme un mendiant, moi le Seigneur des Seigneurs.
Je frappe et je t’attends. Hâte-toi de m’ouvrir. Ne fais pas de ta misère un prétexte. Ta pauvreté, tes limites, si tu les connaissais pleinement, tu mourrais de douleur. Mais tout cela n’est rien. Dis-toi bien que la seule chose qui pourrait me blesser le cœur ce serait de te voir douter et manquer de confiance.

Je veux que tu penses à moi à chaque heure du jour et de la nuit. Je ne veux pas que tu fasses l’action la plus insignifiante pour un motif autre que l’amour.
Quand il te faudra souffrir, je te donnerai la force. Tu m’as donné l’amour, Moi je te donnerai d’aimer au-delà de ce que tu as pu rêver.

Mais souviens-toi : « AIME-MOI TEL QUE TU ES ». N’attends pas d’être un saint pour te livrer à l’amour, sinon tu ne m’aimeras jamais.

D’après un texte de Saint Augustin (IV° siècle)
« Dieu fournit le vent. A l'homme de hisser la voile. » (Saint Augustin)