26 février 2020

LE MULTIPLIE LES OCCASIONS DE NOUS CORRIGER

Philippe Néri... était irascible, se querellait facilement et cédait à de violents accès de colère qui incitaient ses frères à la riposte. Un beau jour, il sentit que cela ne pouvait durer davantage : sa résolution venait-elle de sa vertu ou du fait qu'il ne pouvait plus supporter ses frères ? L'histoire ne nous le dit pas. Toujours est-il qu'il courut à l'église se prosterner devant une statue du Christ et le supplier de le libérer de son irascibilité. C'est rempli d'espoir qu'il quitte la chapelle. La première personne qu'il rencontre est un frère qui n'a jamais provoqué sa colère : pour la première fois de sa vie, ce frère se montre désagréable et déplaisant. Philippe se met en colère et, furieux, part à la recherche d'un autre frère qui a toujours été pour lui une source de consolation et de joie. Et voilà que ce frère, à son tour, lui répond avec rudesse ! Aussi Philippe court-il à nouveau à l'église, et il se jette aux pieds du Christ : "Seigneur ! ne t'avais-je pas demandé de me débarrasser de mon irascibilité ?" Alors, le Seigneur répond : "Si, Philippe ! et c'est pourquoi je te multiplie les occasions de t'en corriger !"

Histoire relatée par le Métropolite Antoine (Bloom) Source


11 février 2020

PJ 507 - LA FOI, L'ESPÉRANCE, L'AMOUR

Il n’y a pas de plus grande joie que d’aimer Dieu. Dès ici-bas, nous pouvons goûter la félicité que connaissent les habitants des cieux grâce à leur étroite union avec Dieu – union étrange et parfois inconcevable pour nous. On peut obtenir la même grâce par la simple fidélité de l’âme. PJ 507

05 février 2020

UNE PENSÉE POUR SAINT JOSEPH - LA JOIE

La joie – comme la souffrance – nous est difficile à comprendre, car nous peinons à distinguer la vie spirituelle des états d’âme. Nous confondons la joie avec les expressions d’un contentement que peuvent être l’euphorie ou l’exubérance, mais la joie des saints a peu de liens avec le plaisir, elle est le fruit du renoncement à soi. Marie et Joseph ont certainement trouvé des agréments à vivre avec l’Enfant, mais leur joie naît de leur détachement, de la capacité qu’ont les belles âmes à ne pas s’approprier le don de Dieu, de l’oblation qui consiste à se donner sans retour sur soi.

Ainsi, saint Joseph n’a jamais discuté, il n’a pas retranché, il n’a rien ajouté : il a tout accepté de Dieu. Au cœur de la nuit, il a consenti au renoncement. Lorsqu’il entend la prophétie de Syméon annonçant le martyr de Jésus et de Marie, saint Joseph conçoit une joie – qui n’exclut pas la souffrance – plus grande qu’au jour de son mariage. Il n’existe en effet qu’une seule joie : celle de voir se réaliser la volonté de Dieu. Une telle joie saisit habituellement l’âme au sortir de l’épreuve, elle est un fruit de la croix.

Saint Joseph, homme du renoncement, initiez-nous à la vraie joie, qui couronne la vertu.

  fr. Dominique Joseph

Source

02 janvier 2020

LA VRAIE JOIE N'EST PAS DANS LA FÊTE MAIS DANS LE DON

Chacun connaît la célèbre cantate de Jean-Sébastien Bach, « Jésus que ma joie demeure », dont le titre exact est d’ailleurs non pas un souhait mais une affirmation : « Jésus demeure ma joie. » Cela signifie que, quelles que soient les épreuves, les déceptions, les souffrances de l’existence, la joie, celle qui vient du Christ et non point celle, éphémère, qui vient du monde, est indéracinable

La « joie parfaite »

Nous confondons souvent la joie avec des émotions ou des passions passagères, ce qui provoque une certaine excitation qui retombe comme un soufflé aussitôt que l’objet qui nous a remué a disparu. La joie est bien autre chose. Nous sommes surpris lorsque nous découvrons, dans les Fioretti de saint François d’Assise, ce qu’il nomme la joie parfaite. Cheminant avec Frère Léon, en plein hiver, de Pérouse à Sainte-Marie-des-Anges, il enseigne que la joie parfaite du frère mineur n’est point la sainteté, les dons de guérison, la prophétie, la sagesse de toutes choses, la prédication talentueuse. La joie parfaite est l’humiliation, le rejet, la privation, les souffrances, dans l’humilité et dans la charité, pour la gloire de Dieu. Et il conclut : 

« Et enfin, écoute la conclusion, frère Léon : au-dessus de toutes les grâces et dons de l’Esprit saint que le Christ accorde à ses amis, il y a celui de se vaincre soi-même, et de supporter volontiers pour l’amour du Christ les peines, les injures, les opprobres et les incommodités ; car de tous les autres dons de Dieu nous ne pouvons nous glorifier, puisqu’ils ne viennent pas de nous, mais de Dieu, selon que dit l’Apôtre : “Qu’as-tu que tu ne l’aies reçu de Dieu ? et si tu l’as reçu de lui, pourquoi t’en glorifies-tu comme si tu l’avais de toi-même ?” Mais dans la croix de la tribulation et de l’affliction, nous pouvons nous glorifier parce que cela est à nous, c’est pourquoi l’Apôtre dit : “Je ne veux point me glorifier si ce n’est dans la croix de notre Seigneur Jésus Christ." » 

La croix est donc la joie parfaite, ce qui n’est guère ce qui nous vient à l’esprit lorsque nous nous réjouissons à Noël ou avec ceux que nous aimons. Ce n’est pas la croix par dolorisme mais la croix qui est un don venant vraiment de nous, ce qui n’est pas le cas du reste, de nos talents et des grâces que nous recevons du Très Haut. Georges Bernanos n’exprime pas autre chose dans son roman La Joie : « Qui cherche la vérité de l’homme doit s’emparer de sa douleur. » Le même dédicaçait ainsi un exemplaire de ce livre au P. Victor Poucel : « La joie, en attendant la douce pitié de Dieu qui sûrement se lèvera demain. »

Une promesse

Saint Thomas d’Aquin a admirablement décrit la joie qui, dans certains cas, semble tenir par la main la tristesse. Notre Seigneur a déclaré à ses apôtres : « Que ma joie soit en vous et que votre joie soit pleinement accomplie » (Jn 15, 11). Cette joie est une promesse qui n’est pas totalement accomplie car il faut attendre l’éternité pour en vivre pleinement. Comme le dit Léon Bloy dans Dans les ténèbres : « Nous sommes des dormants pleins des images de l’Eden perdu, des mendiants aveugles au seuil d’un palais sublime dont la porte est close. » La joie parfaite ne sera donnée qu’à l’intérieur du palais, une fois que le paradis sera de nouveau notre séjour. Dans sa Ballade du cœur qui a tant battu, Charles Péguy souligne bien le mélange de soie et de laine dans la joie humaine, la soie pure n’étant donnée que dans le Royaume :

« Ô cœur tissé de joie
Sur fond de peine,
La joie est une proie,
La peine est reine.

Ô cœur îles de joie
Sur fond de peine,
La joie est une soie
Sur fond de laine.

Les jours tissés de soie
Sur fond de laine,
Les jours tissés de joie
Sur fond de peine.

Les jours tissus de soie
Sur fond de laine,
Les sorts tissus de joie
Sur fond de peine.

Nos jours tissus de soie
Sur fond de laine
Nos sorts tissus de joie
Sur fond de peine »

« Fille de la charité »

Le Docteur angélique expliquait comment joie et tristesse procèdent tous deux de l’amour mais pour des motifs opposés. Il définit ainsi la joie, fille de la charité : « La joie est causée par l’amour, ou bien parce que celui que nous aimons est présent, ou bien encore parce que lui-même est en possession de son bien propre, et le conserve » (Somme théologique IIa-IIae, qu.28). La joie véritable n’a rien d’extravagant ou d’hystérique. Elle est une pauvre et humble fille qui se faufile au milieu de tous les obstacles de l’existence et qui arrive, malgré tout, à survivre et à éclairer nos ténèbres. Il est toujours impressionnant de constater que les plus pauvres en ce monde, ceux qui s’entassent dans les bidonvilles, qui vivent dans les rues savent saisir la joie qui passe. Il suffit de savoir aimer pour expérimenter cette joie, si fragile et modeste.

Lorsque, dans une société, chacun ne vit plus que d’envie, de jalousie, de revendications pour ses droits et ses privilèges, la joie pure n’y a plus sa place. Elle n’est plus honorée. Elle est négligée car elle ne correspond plus aux attentes et aux exigences. Là encore, l’Aquinate avait bien vu que les vices opposés à la joie étaient l’acédie et la jalousie. La joie est une fille pauvre qui se donne à ceux qui leur ressemble dans leur cœur. Pour les autres, le lot est l’insatisfaction permanente. Léon Bloy écrivait : « J’ai soif d’être regardé comme un pauvre homme, très isolé et plein d’amour. Rien de plus. Vous ne connaissez pas ma faiblesse, ni mon ignorance, ni mon abjection véritable, ni ma tristesse de démon, et vous ne savez rien de la joie qui est au fond de mon âme. » 

Cette joie est crucifiante par moments, comme celle vécue, parfaitement, par la sainte Vierge, dès le moment de la Nativité, alors qu’elle regarde son enfant promis à la souffrance, à la mort pour aboutir à la victoire et à la résurrection. D’où les représentations anciennes où elle est allongée triste, près d’une grotte noire comme l’enfer, cette crèche où repose le sauveur du monde. Les pauvres du monde sont les seuls à pouvoir comprendre ce message dans leur chair et dans leur sang. Tout le reste n’est que figure de prédication par un orateur au ventre trop plein devant des ouailles repues.

La fête perpétuelle est triste

La fête a poussé la joie de son trône de misère et s’y est installée en imposteur. Dans ce monde festif, la joie n’a plus droit de cité. La fête perpétuelle dans notre pays comblé et ingrat s’est parée d’une tristesse invincible, celle qui pousse tant et tant, souvent les plus protégés et les mieux lotis, à grogner, à se plaindre, à militer, à exiger, à revendiquer. Alors on ne peut plus que bâiller d’ennui devant toutes les richesses qui nous accablent, tout en lorgnant vers celles que nous ne possédons pas et qui nous apparaissent comme des droits qui nous appartiennent. La vraie joie réside dans la simplicité, dans les petites choses reçues et partagées, dans le don, dans l’abnégation et le sacrifice au quotidien. Parmi les pauvres, ce qui est reçu, aussi modeste soit-il, est toujours aussitôt partagé. C’est cela qui crée la joie, et non point le fait de s’approprier un bien ou de consommer égoïstement un cadeau.

Une source inépuisable

Le catholique devrait secouer le joug du faux festif imposé et politiquement correct, se garder des mouvements de jalousie pour rétablir la joie qu’il a reçue en héritage dans toute sa splendeur et sa magnificence. Notre pays ne pourra retrouver son âme que s’il cesse de refuser cette joie qui vient d’en haut et qui lui fait peur depuis maintenant plus de deux siècles. Nous nous plaignons d’être tristes mais nous haïssons la vraie joie, l’ayant remplacée par les simagrées qui proviennent du Malin et de ses légions. Cette absence de joie est une preuve supplémentaire de l’existence de Satan, non point comme fruit de notre imagination mais comme réalité spirituelle qui s’est révoltée contre le Créateur. Lorsque nous refusons la joie, nous faisons l’œuvre du démon et nous suivons aveuglément l’immense troupeau bêlant, alors que chacun est toujours et sans cesse l’unique brebis perdue que le Pasteur serre contre son cœur comme son bien le plus précieux. Voilà la source inépuisable de notre joie.

SOURCE : ALETEIA

08 décembre 2019

PJ 564 - NOTRE-DAME DE LA MISÉRICORDE

Jour de l'Immaculée Conception de la Mère de Dieu. Pendant la sainte messe j'entendis le bruissement d'une robe et je vis la Très Sainte Mère de Dieu dans une étrange et belle clarté. Sa robe était blanche avec une écharpe bleue - Elle me dit : "Tu me causes une grande joie, quand tu adores la Sainte Trinité pour les grâces et les privilèges qu'elle m'a accordés." (...) PJ 564


19 novembre 2019

PJ 485 - SOUFFRANCE, MORT, CHOSES ULTIMES

Dans la même disposition d'esprit, j'accepte la joie ou la souffrance, la louange ou l'humiliation ; je me souviens que les unes et les autres sont passagères (...) PJ 485

16 novembre 2019

PJ 963 SOUFFRANCE, MORT, CHOSES ULTIMES

Oh ! Si l'âme savait combien Dieu l'aime, elle mourrait de joie et d'excès de bonheur, un jour, nous découvrirons ce qu'est la souffrance, mais alors nous ne serons plus capable de souffrir. Le moment présent nous appartient. PJ 963

10 octobre 2019

TON AMOUR AU MATIN

Ps 89, 14

Office des lectures

AELF

Éclairage sur le Psaume 89

« Mes bien-aimés, il y a une chose que vous ne devez pas oublier : pour le Seigneur, un seul jour est comme mille ans, et mille ans sont comme un seul jour. » 2 Pierre 3, 8

16 septembre 2019

PRIÈRE DU PÈRE ALBERT-MARIE BESNARD - JÉSUS, JE SAIS QUE JE PEUX COMPTER SUR TOI

« Du fond de l'abîme, le mien et celui de tous les hommes mes frères, je crie vers Toi, Seigneur, Père ! Misère je suis, Miséricorde est ton nom : dans l'attente de Toi, ma douleur et ma joie, aide-moi à reconnaître Tes passages, ouvre en moi une capacité d'écoute : Miséricorde est ton nom ! Tout mon désir est devant Toi, pour Toi mon soupir n'est point caché, guéris mon regard, ouvre mes oreilles, rends la parole à mes lèvres muettes : Miséricorde est ton nom ! Je sens toute ma pauvreté, Tu connais ma misère et pourtant Tu m'appelles. Ta fidélité est ma source, en elle est ma force et ma joie, Miséricorde est ton nom ! Conduis-moi sur le chemin de l'abandon et moi, sans relâche espérant, Jésus, je sais que je peux compter sur Toi. Viens me prendre par la main pour me guider vers Toi. Notre Père, que ton règne vienne : Miséricorde est ton nom ! Amen. »

Source

25 mai 2019

LE BONHEUR EST-IL POSSIBLE ?

« Heureux les pauvres en esprit, car le Royaume des Cieux est à eux... » (Math. 5, 3-12)

Le thème du bonheur est indissociable de l’extraordinaire prédication que Jésus fait à la foule sur la montagne (Math., 5-7). Mais dire cela, c’est presque ne rien dire, tant ce mot de « bonheur » joue les caméléons au gré de nos subjectivités. Pire. Par-delà les malentendus, s’autoriser du Christ pour revendiquer l’institution légale de quelque « droit au bonheur » est le plus court chemin pour faire de cette vie et de ce monde un enfer, un enfer pour tous et d’abord, soulignons-le avec force, pour les plus petits, les plus fragiles d’entre nous.

Cependant, la quête du bonheur n’est pas en soi vaine, absurde ou scandaleuse ; son objet ne se situe pas dans un futur inatteignable ni n’est le fruit paradoxal et quasi « mathématique » des douleurs ici-bas. Qui n’aura pas lu l’ensemble de la prédication au mont des Béatitudes ne peut juger correctement son entrée en matière : l’ensemble de la prédication de Jésus montre que cette quête s’oriente et s’ordonne. Un autre mot, très présent dans les Évangiles, est le plus sûr rempart contre la confusion née de l’idolâtrie (du plaisir, de la « réussite » individuelle) : la joie. Nous en avons tous, un jour, expérimenté la plénitude. Qu’est-elle ? D’où provient-elle ? Comment la cultiver ? C’est ce que la présente conférence tentera d’éclairer.

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