28 avril 2019

LES DEUX PRISONNIERS - PARABOLE DE SAINT VINCENT FERRIER

Deux débiteurs insolvables étaient enfermés ensemble. Les sachant incapables de payer leur dette, le roi eut pitié d’eux. Il vint durant la nuit à la prison et jeta deux bourses pleines d’or dans leur cellule.

Le premier prisonnier reçut la bourse sur le dos. Irrité, il la renvoya à l’extérieur sans se préoccuper de ce qu’elle contenait. Le second la reçut sur le bras, mais, au lieu de s’en affliger, saisit le trésor qu’on lui donnait, remercia le bienfaiteur, paya ses dettes et sortit de prison.

Prisonniers en ce monde, nous sommes tous débiteurs à cause de nos péchés. Dans sa miséricorde, Dieu nous envoie de quoi payer nos dettes, car nous en sommes incapables par nous-mêmes. L’homme doux et patient sait recevoir cet or à travers les contradictions et les tribulations. L’homme impatient et irascible, au contraire, le refuse. Il ne voit pas que la bourse de l’épreuve et de la contrariété contient l’or de la patience, et que cet or permet de payer ses dettes pour parvenir à la gloire éternelle.

Source


02 janvier 2019

UNE VOIX QUI CRIE DANS LE DÉSERT

« Au désert, une voix crie : Préparez la route au Seigneur ! » Frères, il nous faut avant tout réfléchir sur la grâce de la solitude, sur la béatitude du désert, qui dès le début de l'ère du salut a mérité d'être consacré au repos des saints. Certes, le désert a été sanctifié pour nous par « la voix de celui qui crie dans le désert », Jean Baptiste, qui y prêchait et y donnait un baptême de pénitence. Déjà avant lui, les plus saints parmi les prophètes avaient toujours aimé la solitude, en tant que lieu favorable pour l'Esprit (cf 1R 17,2s ; 19,3s). Mais ce lieu a reçu une grâce de sanctification incomparablement plus grande quand Jésus y a pris la place de Jean (Mt 4,1)... Il a demeuré dans le désert pendant quarante jours comme pour purifier et consacrer ce lieu à une vie nouvelle ; il a vaincu le despote qui le hantait..., moins pour lui-même que pour ceux qui y séjournerait... Attends donc au désert celui qui te sauvera de la peur et de la tempête. Quels que soient les combats qui y fondent sur toi, quelles que soient les privations dont tu souffriras, ne retourne pas en Égypte. Le désert te nourrira mieux avec la manne... Jésus a jeûné au désert, mais plusieurs fois il a nourri la foule qui l'y a suivi, et d'une façon merveilleuse... Au moment où tu croiras qu'il t'a abandonné depuis longtemps, c'est alors que, n'oubliant pas sa bonté, il viendra te consoler et dira : « Je me suis souvenu de toi, ému de pitié pour ta jeunesse et ton premier amour, quand tu m'as suivi au désert » (Jr 2,2). Alors vraiment, il fera de ton désert un paradis de délices, et toi, tu proclameras comme le prophète que « la gloire du Liban lui a été donnée, la beauté du Carmel et de Saron » (Is 35,2)... Alors ton âme rassasiée fera jaillir une hymne de louange : « Que le Seigneur soit glorifié pour sa miséricorde et ses merveilles envers les hommes ! Car il a rassasié l'âme assoiffée et comblé l'âme affamée. » (Ps 106,8-9)

Bienheureux Guerric d'Igny (v. 1080-1157)

abbé cistercien

4e sermon pour l'Avent ; SC 166(trad. SC p. 135 rev.)

13 novembre 2018

JULIENNE DE NORWICH - LES RÉVÉLATIONS DE L'AMOUR DIVIN

Ch. 48.
Quatorzième vision : Péché, miséricorde et grâce


La miséricorde a pour seul fondement l’amour, et son action consiste à nous conserver dans l’amour. C’est une douce et gracieuse opération de l’amour, accompagnée de pitié ; car elle consiste à nous conserver et à faire que toutes choses tournent à bien pour nous. C’est elle qui, par amour, souffre que nous manquions de mesure, et qu’autant de fois nous tombions. Et autant de chutes, autant de morts, car il est à peine besoin de le dire : toutes les fois que nous nous écartons de Dieu notre vie, c’est la mort pour nous. Nos manquements sont effroyables, notre chute honteuse, notre mort affligeante. Et cependant, durant tout ce temps là, le doux regard de la pitié remplie d’amour ne se détache jamais de nous ; l’œuvre de la miséricorde ne cesse
pas. Je vis quel est le propre de la miséricorde, et le propre de la grâce : ce sont deux opérations d’un seul amour. La miséricorde est un attribut rempli de pitié, appartenant à la tendresse de l’amour maternel, tandis que la grâce appartient à la dignité royale. La première a pour office de conserver, de supporter, d’exciter, de guérir ; la seconde consiste à élever, à récompenser, bien au-delà de ce que méritent nos désirs et nos efforts ; à répandre avec profusion les dons que, dans sa merveilleuse courtoisie, Dieu nous prodigue
en raison de l’abondance de son amour. Je vis très clairement que chaque fois que nos mauvaises inclinations travaillent à nous causer ici-bas de la douleur, de la honte ou du chagrin, la grâce de son côté nous prépare au ciel des consolations, des honneurs, un bonheur qui les dépasse beaucoup. À tel point qu’en arrivant là-haut pour y recevoir notre récompense, nous remercierons et bénirons le Seigneur de nous avoir laissés dans l’épreuve ici-bas. Cela nous permettra de voir en Dieu une propriété de son saint amour que nous n’aurions jamais découvert autrement.

11 octobre 2018

LES FOULARDS BLANCS

"C’est une histoire vraie : Jean, 20 ans, avait fait une saloperie immonde à ses parents. Vous savez... la saloperie dont une famille ne se remet pas, en général. Alors son père lui dit: “Jean, fous le camp ! Ne remets plus jamais les pieds à la maison !“
Jean est parti, la mort dans l’âme.
Et puis, quelques semaines plus tard, il se dit: “J’ai été la pire des ordures ! Je vais demander pardon à mon vieux... Oh oui ! Je vais lui dire: pardon.”
Alors, il écrit à son père : “ Papa, je te demande pardon. J’ai été le pire des pourris et des salauds. Mais je t’en prie, Papa, peux-tu me pardonner ?” “Je ne te mets pas mon adresse sur l’enveloppe, non... Mais simplement, si tu me pardonnes, je t’en prie, mets un foulard blanc sur le pommier qui est devant la maison. Tu sais, la longue allée de pommiers qui conduit à la maison. Sur le dernier pommier, Papa, mets un foulard blanc si tu me pardonnes.” “Alors je saurai, oui je saurai que je peux revenir à la maison.”
Comme il était mort de peur, il se dit : “Je pense que jamais Papa ne mettra ce foulard blanc. Alors, il appelle son ami, son frère, Marc et dit : “Je t’en supplie, Marc, viens avec moi. Voilà ce qu’on va faire : je vais conduire jusqu’à 500 mètres de la maison et je te passerai le volant. Je fermerai les yeux. Lentement, tu descendras l’allée bordée de pommiers. Tu t’arrêteras. Si tu vois le foulard blanc sur le dernier pommier devant la maison, alors je bondirai. Sinon, je garderai les yeux fermés et tu repartiras. Je ne reviendrai plus jamais à la maison.”
Ainsi dit, ainsi fait. A 500 mètres de la maison, Jean passe le volant à Marc, et ferme les yeux. Lentement, Marc descend l’allée des pommiers. Puis il s’arrête. Et Jean, toujours les yeux fermés, dit : “Marc, mon ami, mon frère, je t’en supplie, est-ce que mon père a mis un foulard blanc dans le pommier devant la maison ?“ Marc lui répond : “Non, il n’y a pas un foulard blanc sur le pommier devant la maison... mais il y en a des centaines sur tous les pommiers qui “conduisent à la maison !”

Puissiez-vous, Frères et Sœurs, vous qui avez entendu cette belle histoire du foulard blanc, emporter dans votre cœur des milliers de foulards blancs Ils seront autant de miracles que vous sèmerez partout, en demandant pardon à ceux que vous avez offensés ou en pardonnant vous-mêmes. Alors vous serez des êtres de miséricorde"

"Mes plus belles prières", Guy Gilbert

Source

15 janvier 2018

MISÉRICORDE - ACTE D'AMOUR

Tu dois témoigner aux autres la miséricorde toujours et partout, tu ne peux pas t'en écarter, ni t'excuser, ni te justifier.

PJ 742

Jésus désire que ses adorateurs accomplissent dans la journée au moins un acte d'amour du prochain (p.23)