26 juin 2020

LE SEIGNEUR FRAPPE À TOUTES LES PORTES

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« Le Seigneur frappe à toutes les portes ; personne ne veut Lui ouvrir ; Il appelle, personne ne répond ; Il attend, personne ne vient... Dédommagez-Le; ouvrez-Lui votre cœur ; faites-Le entrer dedans ; donnez-Lui tout. Ne pensez qu’à Lui, n’aimez que Lui, faites tout pour Lui... Jésus n'est pas connu, Jésus n'est pas aimé ! Il est doux d'entendre parler de Jésus mais plus doux d’entendre Jésus Lui-même. Il est doux de penser à Jésus mais plus doux de Le posséder. Il est doux de prêter l’oreille à Jésus mais plus doux de faire Sa Volonté... Regardez Jésus qui descend sur l’Autel pendant la Messe ; Il descend à la parole du prêtre. Croyez qu’Il vient pour vous nourrir et que, avec Lui, rien ne peut vous manquer. Il est là comme un tout petit enfant ; Il y est pour vous ; allez à Lui ! Amen. »

Bienheureuse Mariam Baouardy (1846–1878)

 

23 juin 2020

QUAERERE DEUM - LA RÈGLE

La motivation de jeunes et de moins jeunes moines est très simple : leur objectif est de chercher Dieu, quaerere Deum. Au milieu de la confusion de ces temps où rien ne semble résister, les moines désirent la chose la plus importante : s´appliquer à trouver ce qui a de la valeur et demeure toujours, trouver la Vie elle-même. Afin de s´initier profondément à leur vocation, ils le font ensemble, et pour bien vivre leur mission : longtemps. Derrière le travail, la lectio, la prière, les obédiences, le chant, ils cherchent le définitif. Et par la Parole, ils se rendent attentifs à la réalité essentielle, à Dieu. Mais aussi - et surtout - attentifs les uns aux autres. Ainsi la parole divine travaillée dans les monastères bénédictins ne conduit pas uniquement sur la voie d'une mystique individuelle, mais elle nous introduit dans la communauté de tous ceux qui cheminent dans la foi. Après le temps et le travail, ce troisième numéro interroge les matériaux de la Règle de saint Benoît qui font sa puissance et sa pérennité, encore aujourd´hui.

UNE COPRODUCTION KTO/GRAND ANGLE PRODUCTION 2017 - Réalisé par Thibault Férié Documentaire du 09/01/2019.

15 juin 2020

L'IMITATION DE LA BIENHEUREUSE VIERGE MARIE

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Mater admirabilis
CHAPITRE XX : COMMENT IL FAUT AGIR A L'EXEMPLE DE MARIE

- I. Dans les souffrances et les épreuves.
- II. Dans les travaux et les dangers.
- III. Prière pour demander la confiance et l'abandon en Dieu.

I 1. Mon souvenir vivra dans la suite des siècles, nous dit l'Ecclésiaste en pensant à Marie. Marie humble dans tout et pauvre en toutes choses, modèle de patience et de perfection, du jour de sa naissance à l'heure de sa mort, vécut, pauvre et cachée, une vie de souffrance. Vous qui souffrez, venez à elle, tous les jours,. et tous les jours, cherchez ce que vous pourrez déposer à ses pieds, comme aux pieds d'une mère, en hommage empressé de respect et d'amour.

2. Si vous voulez jouir, au ciel, avec Marie, souffrez la pauvreté, sur terre, avec Marie. Prenez modèle, ensuite, et sur sa pauvreté et sur les exemples de son humilité. Fuyez d'abord les vains amusements des hommes : veillez ensuite à ne jamais offenser, en paroles vaines ou en actes indignes, ni Jésus, votre Dieu, ni Marie, votre mère.

II 3. Ce n'est pas, en effet, faute simple et légère que d'offenser des protecteurs si bienveillants. Ils voient en tous temps, comment vous travaillez et comment vous cherchez à vous corriger, et, selon vos efforts, ils règlent leur secours. Cependant, leur amour surpasse vos malices, et leur bonté, toujours, incite au repentir.

4. Si vous reconnaissez que vous avez erré jusqu'ici, changez votre résolution en mieux. Persévérez dans le bien et sachez rendre grâce pour tous les biens reçus. C'est ainsi que Marie sut agir, en sa vie d'union à Jésus sur la terre. Apprenez, à l'exemple de cette douceur, à supporter ainsi les ennuis de la vie, pour vous soumettre en tout aux desseins inconnus formés par Dieu sur vous, de toute éternité. Jésus alors sera pour vous un protecteur et Marie, une mère amoureuse et fidèle. Soyez, à votre tour, un enfant dévoué, un serviteur fidèle, toujours prêt pour le bien.

PRIÈRE

5. Je vous salue, Marie, vierge pleine de grâce, le Seigneur est avec vous, dans la sérénité. Je vous salue, seule espérance des pauvres ! Je vous salue, douce mère des orphelins ! Je vous ai révélé, jusqu'ici, à vous seule, mes maux, et je les révélerai, désormais, avec plus d'assurance encore, car je sens qu'une grande vertu se dégage de vous, et que de votre nom exhale un parfum qui embaume le cœur et réconforte l'âme.

6. O doux nom de Marie, nom de grâce et de charme, nom toujours doux à dire et suave à penser, nom formé dans les cieux, nom porté par les anges, nom recommandé par l'Évangile aux hommes, quand il dit, comme pour en faire un éloge : le nom de la vierge choisie était : Marie. (Oraisons mystiques, chap. VI.)

HOMÉLIE : DE L'ACTION ET DE L'EFFORT

I. - L'action est le signe de la vie : vivre c'est agir, dans le domaine de la vie spirituelle, comme dans les régions de la vie corporelle. Mais l'action ne va pas sans effort et l'effort suppose un travail. Y a-t-il plus bel exemple de travail que celui de Marie ? Voyez-la au Temple, à Nazareth, à Jérusalem. Voyez-la tissant la robe sans couture de l'Enfant Jésus, dans le splendide tableau de Mater admirabilis.

II. - Marie travaille dans la prière et dans le recueillement. Bien plus, son travail est une prière. Prier, en effet, c'est élever notre âme vers Dieu. Or, le travail ne doit point nous attacher à la terre, mais nous aider à monter vers le ciel, par l'effort et par l'élan du cœur.

III. - Mais le travail est dur : le labeur est rude. Aussi faut-il joindre au travail, la prière, qui, elle-même, nous emporte sur les ailes de l'amour, vers le ciel, avec Marie.

MÉDITATION : DU CARACTÈRE

Le caractère est ce qui marque d'une empreinte indélébile chaque âme et chaque individu. Au sens originel du mot, le caractère était une impression, au fer rouge, sur un stipe de bois. L'empreinte ainsi marquée croit avec l'arbre et demeure visible. Ainsi doit-il en être pour l'âme. Avoir du caractère, est un éloge pour tout homme : avoir un bon caractère est une magnificence pour la femme. La vertu n'est pas autre chose, car la vertu, elle aussi, est une empreinte durable. Pour avoir du caractère, il faut savoir souffrir. Voyons en Marie notre modèle et notre exemplaire. Quel beau type et quel beau caractère, fait de force et de suavité ! De la Crèche au Calvaire, elle apparaît toujours belle, toujours bonne et toujours forte. Pouvons-nous imaginer plus séduisant
modèle ? Imitons-le toujours.

PRATIQUE - S'habituer à garder l'égalité d'humeur, en toute circonstance.

PENSÉE - Dire souvent avec Marie : Seigneur, qu'il me soit fait selon votre volonté : Fiat mihi secundum verbum tuum.

31 mai 2020

PJ 1313 - LA MISÉRICORDE ENVERS LE PROCHAIN

Je comprends que la miséricorde peut être pratiquée de diverses façons et que l’on peut faire le bien toujours, partout et en tout temps. Un ardent amour de Dieu voit constamment autour de lui des occasions de servir par l’action, la parole et la prière. PJ 1313


11 mai 2020

L'ORAISON, PRIÈRE INTÉRIEURE

 Quand l'Esprit a fait sa demeure dans un homme, celui-ci ne cesse plus de prier, car l'Esprit prie constamment en lui. 

Alors, "qu'il soit en état de veille ou de sommeil, la prière ne s'arrête jamais dans son âme et soit qu'il mange ou boive, qu'il soit allongé ou qu'il accomplisse un travail et même quand il est plongé dans le sommeil, le parfum de la prière respire spontanément dans son coeur." Isaac le Syrien

***

L'Oraison, ce n'est pas "fabriquer de la Prière", mais rejoindre en nous quelqu'un déjà en train de prier, (Jésus qui prie son Père). Père Caffarel

Source

06 mai 2020

VIVRE LA COMMUNION SPIRITUELLE

Vivons ensemble un moment de Communion Spirituelle.

Prions avec le Pape François :

« À tes pieds, ô mon Jésus, je m’incline et je t’offre le repentir de mon cœur contrit qui s’abîme dans son néant et Ta sainte présence. Je t’adore dans le Saint Sacrement de ton amour, désireux de te recevoir dans la pauvre demeure que mon cœur t’offre. En attente du bonheur de la communion sacramentelle, je veux te posséder en esprit. Viens à moi, ô mon Jésus, pour la vie et pour la mort. Que ton amour enflamme tout mon être, pour la vie et la mort. Je crois en toi, j’espère en toi, je t’aime. Ainsi soit-il. »

01 mai 2020

DU ROSAIRE

Croyez que chaque Ave Maria dit d’un cœur vraiment pieux, étant d’abord un encens qui réjouit la Trinité sainte, est de plus une flèche qui pénètre le cœur de Jésus, et le blessant d’amour, en fait ruisseler sur sa Mère et sur ceux qui la prient des flots de grâce et de bénédiction ; d’autant que recevant cette louange et cette prière, Marie, toujours si humble et si fidèle, ne les garde point pour elle-même, mais, y joignant les siennes, qui sont sans prix, les transmet intégralement à son Fils qui est son Médiateur et son Dieu.

Mgr Charles Gay, Les Mystères du Rosaire

Source

17 avril 2020

DEMANDE DE PRIÈRE D'UN MOINE À BARSANUPHE

Barsanuphe et Jean de Gaza

Source

Un jour, un moine ayant demandé à Barsanuphe de prier pour lui et pour ses compagnons, il lui répondit ainsi, en insérant dans ses vœux la citation de ce verset :

« Mes fils bien-aimés, je vous embrasse dans le Seigneur, en le suppliant de vous protéger de tout mal et de vous donner le courage de supporter comme à Job, la grâce comme à Joseph, la douceur comme à Moïse, et la valeur dans les combats comme à Josué fils de Nun, la maîtrise des pensées comme aux juges, le pouvoir d’assujettir les ennemis comme aux rois David et Salomon, la fertilité de la terre comme aux Israélites… Qu’il vous accorde la rémission de vos péchés avec la guérison du corps, comme au paralytique. Qu’il vous sauve des flots comme Pierre et qu’il vous arrache des épreuves comme Paul et les autres apôtres. Qu’il vous protège de tout mal, comme ses fils véritables et qu’il vous accorde ce que votre cœur demande, pour le bien de l’âme et du corps en son nom. Amen »

(Barsanuphe et Jean de Gaza, Epistolaire, 194 : Collection de Textes patristiques, XCIII, Rome, 1991, pp. 235-236)

Source

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Editions du Cerf

Patristique.org

Hélène Vetter a conçu et réalisé une série d’émissions sur les Pères du désert. Elle vous propose quelques extraits de la correspondance entretenue entre Barsanuphe, Jean de Gaza et aussi quelques autres Pères du désert.

 

08 mars 2020

LA PRIERE DE SAINT EPHREM LE SYRIEN EXPLIQUEE PAR SAINT JEAN DE SAINT-DENIS (EUGRAPH KOVALEVSKY)

« Seigneur et Maître de ma vie, éloigne de moi l'esprit d'oisiveté, de découragement, de domination et de parole facile, mais donne-moi un esprit de pureté, d'humilité, de patience et d'amour. Oui, Seigneur et Roi, donne-moi de voir mes fautes et de ne point juger mon frère, car Tu es béni dans les siècles des siècles. Amen. »

Plus on prononce cette prière de saint Ephrem le Syrien (IVe siècle), plus on la pratique, et plus on constate qu'elle est l'œuvre d'un grand maître spirituel. Certes, elle est très simple, transparente même, mais de cette simplicité qui est le résultat d'une profonde expérience spirituelle, l'aboutissement du long chemin ascétique et mystique d'un saint. C'est une simplicité rare, une clarté de perfection. Rien d'inutile et pourtant rien d'oublié, presque une formule mathématique, mais une formule qui appelle notre cœur, qui construit un pont solide entre notre âme et Dieu, entre « moi » et « mon frère. » Par l'exactitude des expressions, par le plan précis, elle peut être comparée à la Prière Dominicale et par son développement logique elle nous rappelle les Béatitudes selon Saint Luc. On pourrait la nommer : le Credo de pénitence. Elle n'est pas seulement le cri d'un pécheur, la demande spontanée d'une âme en détresse vers le Seigneur pour être guidée et instruite, elle nous guide elle-même, elle nous instruit, elle renferme et la demande et la réponse, et, pour ceux qui la pratiquent consciemment, de tout leur coeur, elle apporte la guérison et change la face de notre vie.Pour montrer la richesse spirituelle de cette prière, faisons une courte analyse des quatre phases d'extériorisation de l'âme (oisiveté, découragement, domination et parole facile), en leur opposant les quatre vertus proposées par saint Ephrem (la pureté, l'humilité, la patience et l'amour-charité). Quand nous voulons entrer dans la vie spirituelle et surtout dans la vie de prière, la première tentation qui se présente à nous est l'oisiveté, l'esprit de dispersion : les sentiments les plus divers envahissent notre cœur. Nous désirons, nous voulons, cette vie de prière, nous l'avons entreprise librement, et pourtant... notre âme, cette grande paresseuse, somnole ou s'agite inutilement devant des souvenirs, des visions, des projets, pour des idées (qu'elles soient terrestres ou célestes, qu'importe), comme si le but unique de l'existence était de nous détacher de la prière. Si nous sommes charitables, l'esprit d'oisiveté invente des œuvres de charité, si nous avons un penchant vers le plaisir, il invente des plaisirs. C'est un voleur de la prière, son apprentissage fut dans le péché originel et son maître est celui qui aime à régner sur nos âmes sans que nous sachions son existence, celui à qui le Christ livre le combat par Sa croix. « Pourquoi prier, Dieu sait ce qui vous est nécessaire...", "Vous êtes fatigués après une dure journée...", "Dieu a créé les plaisirs..." Il cite l'Evangile avec malice : "Ce n'est pas celui qui dit : Seigneur, Seigneur, qui sera sauvé, mais celui qui accomplit mes commandements." Les commandements dans la bouche du tentateur deviennent un prétexte pour empêcher, à tout prix, notre âme d'appeler notre "Seigneur et Maître." Il cache adroitement le publicain, qui, des heures durant, répète sans cesse en se frappant la poitrine : "Dieu, purifie-moi pécheur ! "L'unique chose qui puisse combattre l'oisiveté est le don de pureté. Pureté non seulement du corps et comprise comme absence de pensées vulgaires, mais pureté qui est simplicité de la pensée, tension vers un objet unique et saint. Si nous sommes tentés, dérangés par la distraction de l'esprit, la pureté est de faire abstraction de ces états d'âme en nous efforçant de viser un seul objet, de préférence un objet divin, éternel, qui soit par sa nature simple, stable, inchangeable. Si l'âme ne lutte point par le glaive de pureté contre l'oisiveté, elle tombe inévitablement dans le découragement. Voyant que le temps passe et que la prière ne lui profite pas, voyant que le progrès spirituel est inexistant, une inquiétude s'installe en elle. La contradiction entre la conscience et l'état des choses, entre les désirs premiers et le résultat réel s'accentue. Alors, le seul remède contre cette maladie spirituelle est l'esprit d'humilité, c'est-à-dire accepter tranquillement, devant Dieu, sa faiblesse. Par contre, l'esprit de révolte dans l'état de découragement est le poison le plus dangereux. Souvent l'âme, incapable de se concentrer et de lutter contre la première tentation, tombe dans le découragement et, désirant fuir cet état, cherche à s'évader en jugeant l'extérieur. Ne pouvant se dominer intérieurement, se réformer, elle veut changer la face du monde. Au lieu de localiser avec une sagesse humble le découragement et de constater ses propres faiblesses, elle tourne la tête de l'intérieur vers l'extérieur, de Dieu vers le monde, et cherche le coupable autour d'elle ; elle veut dominer les autres, les instruire. Les problèmes religieux remplacent la prière simple, réformer l'Eglise devient une nécessité car l'Eglise est responsable de son infortune. Aveugle, elle est pleine d'audace pour diriger et guider ceux sont moins aveugles qu'elle. Un goût de puissance remplace de désir de pénitence. Elle devient moraliste et impatiente avec ceux qu'elle a pris sous sa protection. Contre ces maux l'unique remède est le don de patience, être patient envers ses défaillances comme Dieu est patient envers l'homme audacieux et incapable. Remarquons-le bien, plus nous cédons à la première tentation (l'esprit d'oisiveté), plus les vertus qui s'opposent à la chute de notre âme s'éloignent de nous. Si à l'esprit d'oisiveté il est assez facile d'opposer l'esprit de pureté, de simplicité - une bonne volonté,un effort unis à la grâce de Dieu suffisent - à l'esprit de découragement il est difficile d'opposer la sagesse humble. Et l'abîme entre l'esprit de domination et l'esprit de patience est presque insurmontable. Il conviendra à la conscience du pénitent ou au maître spirituel de faire faire à l'âme le chemin inverse. Ils rendront l'âme au découragement en ridiculisant ses prétentions par des paroles dures peut-être mais justes, et, du découragement, ils la ramèneront à son premier état par la constatation que son cas n'est pas unique, qu'elle a cherché au-delà de ses capacités, ramenant par des piqûres spirituelles le goût de la pureté. Reculer est pénible. De fait, l'âme préfère quitter définitivement la vie intérieure et se lancer dans le monde afin de se débarrasser du désir de perfection. Dans cette phase, elle accepte le monde tel qu'il est. Prendre le chemin large, devenir une source de « parole facile. » Si dans l'état de « domination, » Dieu patient, Dieu simple, Dieu inchangeable, devient Dieu étranger et qu'on Lui préfère un Dieu redoutable entrant dans la vie du monde, Dieu réformateur, Dieu juge, au contraire dans l'état de « parole facile », on préfère un Dieu qui ne gêne nullement la vie, qui ne demande rien, Dieu-Amour, mais amour vague, sans réel sacrifice. Les âmes tombées dans cet état peuvent donner des publicistes brillants sur les questions religieuses ou même mystiques mais la prière et le vrai chrétien sont morts. La charité divine peut les ressusciter par miracle. Telle est la chute de l'âme. Par contre, l'échelle salutaire est : se concentrer, fixer son regard de l'extérieur vers l'intérieur, choisir des prières simples en faisant abstraction des « richesses » : esprit de pureté. Voyant les difficultés sur la route, la paresse de l'âme, la distraction, préférer être fidèle dans les petites choses plutôt que de trahir les grandes, accepter la tristesse : esprit d'humilité. Mais Dieu nous vérifie et le Malin guette : se souvenir que celui qui est fidèle jusqu'au bout sera sauvé et que la nuit deviendra intense surtout avant l'aurore : esprit de patience. Résister par la pureté, l'humilité, la patience, et alors, pendant la nuit, comme un voleur, la charité viendra, les portes s'ouvriront, l'Esprit entrera, le Maître de notre vie envahira notre âme de joie et de lumière, d'amour infini pour Dieu et pour tout ce qui respire : esprit de charité.La pénitence est accomplie, l'âme est purifiée, la grande paresseuse est devenue source de prière. Bien que les deux supplications : éloigner les esprits impurs et recevoir les esprits purs, nous emportent dans la joie et la lumière et nous inondent de l'amour du Père céleste, l'œuvre de pénitence n'est pas achevée. Saint Ephrem ajoute la troisième demande qui nous situe en face de nos frères, en face du deuxième commandement, réalisable en son authenticité seulement après avoir reconstruit notre être intérieur. Le saint, afin de souligner le rythme fit le mouvement complémentaire, reprend l'invocation du Seigneur mais cette fois il ne l'appelle plus « Maître de la vie, » il le nomme « Seigneur et Roi », deux noms bien significatifs. La vie de l'âme, son réveil du sommeil hivernal, de l'ombre de la mort, c'est le dépassement de l'oisiveté, du découragement, de la domination et de la parole facile et l'acquisition de la pureté, de l'humilité, de la patience et de la charité. Alors, l'âme réveillée, vivifiée, est invitée à collaborer à la construction du royaume de Dieu, non plus le royaume intérieur mais le royaume extérieur parmi les hommes, à participer à l'œuvre ecclésiastique, fraternelle, sociale. Le Maître de la vie devient le Roi eschatologique qui jugera le monde. Le centre de la troisième supplique est « de ne point juger mon frère. » Aucune communauté ne peut résister à la puissance destructive du « jugement des frères. » La base de la communionentre les membres de la même « ecclesia » est acquise par l'action de servir son frère sans le juger. Le Christ dans l'Evangile, saint Paul et saint Jacques dans leurs épîtres insistent sur le non jugement comme cimentant la libre concorde. Le non jugement des frères, si précieux et si difficile pour la majorité, s'obtient parla vision de ses propres fautes, par la lucidité de ses défauts et de ses limites, sans tricherie ni excuses. Terminons l'admirable prière de saint Ephrem le Syrienpar une sentence de saint Isaac le Syrien ( Ve siècle) :"Quand l'homme reconnaît-il que son cœur a atteint la pureté ?" Lorsqu'il considère tous les hommes comme bons, sans qu'aucun lui apparaisse impur et souillé ; alors, en vérité, il est pur de cœur."

Nous conseillonsde lire attentivement Mt 7, 1-5, Lc 6, 37-38, Rm 14, 1-13, Co 4, 1-13, Jc 4, 11-12

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