20 mai 2021

DÉSESPÉRER AU SEIN DE L'ESPÉRANCE

« Quêter une présence absolue au milieu d’un silence, désespérer au sein de l’espérance, mais étancher sa soif par la démesure même de sa brûlure et proclamer que sous le pastorat de l’Invisible, je ne manquerai de rien – l’aventure, le paradoxe et le lyrisme religieux, trouvent dans les psaumes leur expression et leur modèle. » Emmanuel Levinas


12 mai 2021

LA PRIÈRE DU COEUR

ÉCOUTER

L'hésychia

Prière du coeur I/II

Prière du coeur II/II

1er entretien sur la prière du nom de Jésus

2e entretien sur la prière du nom de Jésus (confession)

Pour parvenir à faire silence et réussir à connaître Dieu, le chrétien doit chercher à analyser et à canaliser ses pensées. Évagre en distingue huit qu'il appelle des « logismoï » (qu'on pourrait éventuellement traduire par pensées entêtantes), soit huit symptômes d'une malade de l'esprit ou de l'être, mettant l'homme en état de péché : gourmandise, impureté, avarice, acédie, colère, tristesse, vaine gloire et orgueil. C'est ce qui est sans doute à l'origine du système des péchés capitaux ; plus tard, Grégoire le Grand, en imposera sept.

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Faire silence lorsque nous sommes appelés à la prière

LIRE

La prière du coeur, de Jean Lafrance, prêtre

La vie d'oraison : la prière du coeur

28 mai 2020

LAISSEZ-VOUS TAILLER

Jean 15,5

Le quinzième chapitre de saint Jean nous rapproche du Christ. S'il nous convient si parfaitement, je pense, c'est que le sarment de la vigne représente exactement ce qu'est chaque coopérateur. Le Père, qui est le jardinier, doit tailler ce sarment pour qu'il puisse porter beaucoup de fruits, et les fruits que nous devons produire dans le monde sont très beaux : l'amour du Père (je vous ai aimés comme mon Père m'a aimé), et la joie (demeurez en moi pour que ma joie soit en vous). Chacun de nous est un sarment de la vigne.

La dernière fois que j'étais à Rome, j'ai voulu donner quelque enseignement à mes sœurs novices, et j'ai pensé que ce chapitre était le meilleur moyen de faire comprendre ce que nous sommes pour Jésus, et ce que Jésus est pour nous. Mais je n'avais pas vu - comme ces jeunes sœurs l'avaient vu en observant l'attache qui relie la vigne aux sarments -, combien l'attache était forte, comme si la vigne craignait que quelque chose ou quelqu'un ne la sépare de ses sarments.

Le deuxième point sur lequel les sœurs attirèrent mon attention, c'est que lorsqu'elles regardaient le pied de la vigne, elles ne voyaient pas de fruits : ils étaient tous sur les sarments. Elles me dirent alors que l'humilité du Christ est si grande qu'il a besoin du sarment pour produire le fruit. C'est pourquoi, il a mis tant de soin dans l'attache - pour pouvoir produire ce fruit, il l'a faite telle qu'il faut user de violence pour la rompre. Le Père, le jardinier, taille le sarment, pour produire davantage de fruits, et le sarment, en silence, avec amour, sans réserve, se laisse tailler. Nous n'ignorons pas ce qu'est la taille car dans toutes nos vies il doit y avoir la croix ; et plus nous sommes proches de lui, plus nous la sentons, et plus encore la taille est intime et délicate.

Chacun de nous est un coopérateur du Christ, le sarment de cette vigne. Que signifie donc pour vous et moi être le coopérateur du Christ ? Cela signifie demeurer dans son amour, posséder sa joie, répandre sa compassion, être le témoin de sa présence dans le monde. Puissions-nous être des témoins fructueux de la compassion, de l'amour et de la joie du Christ, pour ceux qui nous sont proches et pour le monde où nous vivons, à travers la sollicitude infinie du Christ.

Mère Teresa, Extrait du livre "Dans le silence du coeur", Editions Cerf, 2003


15 avril 2020

UNE PENSÉE POUR SAINT JOSEPH - SAINT JOSEPH, MODÈLE DE DÉLICATESSE D'ÂME

« Je vous salue » (Mt 28,9). Jamais Jésus Christ n’est autant fils de Joseph qu’au jour de la résurrection. Le Ressuscité se présente avec simplicité et discrétion, comme il était de mise dans la maison de Nazareth.

Les hommes réservent aux généraux vainqueurs des parades glorieuses, la remise de trophées éclatants et la célébration de fêtes grandioses. Jésus, vainqueur du péché et de la mort, vient à nous sans tapage. Les rois victorieux font valoir leurs droits sur leur prise, ils font tomber la tête des traîtres et ils humilient publiquement les vaincus. Jésus ne réclame rien, ne se venge de rien, ne reproche rien à personne. Au contraire, le Seigneur arrive dans la simplicité familière que vivaient ses parents. Il inaugure un règne nouveau, non pas fondé sur la violence et la force, mais sur la paix et dans l’amour. Le Ressuscité emprunte le chemin des cœurs par la douceur de ses manières. Il sait combien l’âme se ferme promptement à celui à qui manque le respect.

Saint Joseph n’agissait-il pas ainsi ? A-t-il jamais considéré la Sainte Vierge comme une conquête, une propriété de droit divin ou un sujet soumis à son autorité ? Lorsque Marie apparut enceinte, Joseph n’a pas cherché à percer le mystère. Il a attendu, souffert et prié en silence. Il a cherché la position juste. L’effacement de Joseph, modèle de délicatesse d’âme, se reconnaît dans la salutation du Vivant vainqueur.   fr. Dominique Joseph

27 février 2020

SILENCE ET PRIÈRE

« Le silence est un parler sacré dans lequel on goûte l’amour. »

Bienheureuse Marie de l'Incarnation

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15 décembre 2019

CHRISTIAN BOBIN ET LA VIE

(...) Il y a un bon silence. C'est celui de la neige, c'est celui d'une bougie, c'est celui des poèmes, et puis il y a un mauvais silence. C'est celui qui laisse fleurir une blessure déjà faite, depuis longtemps faite et qui la laisse croître. L'écriture est un principe de respiration et de délivrance. (...)

(...) Mon enfance, c'était une cours, déjà presque la prédisposition d'une page ; une clôture avec la lumière qui tombe en puits à l'intérieur. Très peu de choses en vérité, très peu de choses et puis, très vite, la compagnie des livres. (...)

(...) La ville est intérieure, vous voyez ce que je veux dire ? Elle a toujours été intérieure. Je fais le pari en parlant comme ça que c'est vrai pour chacun de nous, que ce qu'on imagine et qu'on croit être dehors en fait est dedans. (...)

(...) La solitude, c'est le lien le plus profond aux autres, si vous voulez. La solitude est cette cours d'école en chacun où nous pouvons nous retrouver et jouer ensemble. Le monde, c'est la salle de classe. Ca ne rigole pas. Ca rigole pas le monde. Il y a le maître, les élèves, les bonnes notes, les mauvaise notes. Ca craint. Ca craint beaucoup. On s'ennuit et on meurt d'ennui. On meurt de souffrance d'être parfois humilié, d'être parfois oublié. La pire place c'est peut-être celle des premiers, parce qu'étant premiers, ils ont moins de chance de voir tout ce qui se passe, tout ce qui est, et de voir même leur propre richesse, leur vraie richesse. La solitude dont je vous parle ici c'est le délassement. C'est, le délassement. Vous quittez l'argent, vous quittez le savoir, vous quittez les appartenances de toutes sortes, vous quittez même vos métiers. Vous quittez vos apparences, vos vêtements. Vous quittez tout. Vous êtes dans la nudité interne qui est celle de l'âme. Les âmes, c'est pas ce qu'on croit, c'est pas ce que disent peut-être parfois à tort les religions, c'est pas ce qu'elles en ont durci. Les âmes, c'est juste des enfants qui jouent. Et imaginez, ça c'est le paradis, parce que les cours d'école, c'est terrible aussi. Les vraies cours d'école, mais une cours d'école où vous n'avez plus rien à craindre, où vous n'avez que des amis. La guerre, c'est fini. La guerre, c'est dans les horaires de la salle de classe, dans les horaires d'école. C'est la guerre, c'est le bombardement du savoir, le bombardement des places et la grande menace du sérieux. La cours d'école dont je parle c'est une page de papier pour moi quand j'écris, un peu plus tard c'est une page plus petite du livre. On peut s'amuser là, on peut s'entendre, on peut se croiser et même, on peut se rencontrer, imaginez. Imaginez. (...)

14 novembre 2019

PJ 209 - SOUFFRANCE, MORT, CHOSES ULTIMES

Dans les souffrances, je ne cherche pas l'aide des créatures, mais Dieu est tout pour moi, bien que parfois, il me semble que même le Seigneur ne m'entend pas ; je m'arme de patience et de silence comme une colombe qui ne se plaint pas et n'a pas de peine quand on lui prend ses petits. Je veux planer dans l'ardeur même du soleil (...). PJ 209