01 juin 2021

LE MOIS DU SACRÉ COEUR DE JÉSUS

https://scontent-cdg2-1.xx.fbcdn.net/v/t1.0-9/104419803_267561164354333_480589658774582408_n.jpg?_nc_cat=100&_nc_sid=110474&_nc_ohc=Ls88FZKOwjkAX8br-LX&_nc_ht=scontent-cdg2-1.xx&oh=69432deafdd391432035e8b9d1220da4&oe=5F14D531

"J'ai manifesté tout cela par la plaie de mon côté : là vous découvrez le secret de mon coeur. Mon coeur vous procure mon amour beaucoup plus qu'aucune souffrance limitée ne pourrait le faire."

Le Seigneur à Sainte Catherine de Sienne.


09 mars 2021

POURQUOI NE PORTEZ-VOUS PAS PLUS VOLONTIERS LA CROIX ?

Jésus demande que nous fassions valoir sa croix et que nous nous unissions à lui pour la porter. Pourquoi ne portez-vous pas plus volontiers la croix du travail, de la mortification, la croix de l'obéissance, de l'humilité, de la modestie, la croix même de la souffrance si la Providence la met sur vos épaules ?

Père Léon Dehon

26 février 2021

RETOURNER EN GALILÉE C'EST SE SOUVENIR D'AVOIR ÉTÉ AIMÉS ET APPELÉS PAR DIEU

Vigile pascale

11 avril 2020

Homélie du Saint-Père

 « Après le sabbat » (Mt 28, 1) les femmes allèrent au tombeau. C’est ainsi qu’a commencé l’Evangile de cette Veillée sainte, avec le sabbat. C’est le jour du Triduum pascal que nous négligeons le plus, pris par la frémissante attente de passer de la croix du vendredi à l’alleluia du dimanche. Cette année, cependant, nous percevons plus que jamais le samedi saint, le jour du grand silence. Nous pouvons nous retrouver dans les sentiments des femmes en ce jour. Comme nous, elles avaient dans les yeux le drame de la souffrance, d’une tragédie inattendue arrivée trop vite. Elles avaient vu la mort et avaient la mort dans leur cœur. À la souffrance s’ajoutait la peur : leur arriverait-il, à elles aussi, la même fin qu’au Maître ? Et puis les craintes pour l’avenir, tout à reconstruire. La mémoire blessée, l’espérance étouffée. Pour elles c’était l’heure la plus sombre, comme pour nous.

Mais dans cette situation les femmes ne se laissent pas paralyser. Elles ne cèdent pas aux forces obscures de la lamentation et du regret, elles ne se renferment pas dans le pessimisme, elles ne fuient pas la réalité. Le samedi elles font quelque chose de simple et d’extraordinaire : dans leurs maisons elles préparent les parfums pour le corps de Jésus. Elles ne renoncent pas à l’amour : dans l’obscurité du cœur, elles allument la miséricorde. La Vierge, le samedi, jour qui lui sera dédié, prie et espère. Dans le défi de la souffrance, elle a confiance dans le Seigneur. Ces femmes, sans le savoir, préparaient dans l’obscurité de ce samedi « l’aube du premier jour de la semaine », le jour qui aurait changé l’histoire. Jésus, comme une semence dans la terre, allait faire germer dans le monde une vie nouvelle ; et les femmes, par la prière et l’amour, aidaient l’espérance à éclore. Combien de personnes, dans les jours tristes que nous vivons, ont fait et font comme ces femmes, en semant des germes d’espérance ! Avec de petits gestes d’attention, d’affection, de prière.

A l’aube, les femmes vont au sépulcre. Là l’ange leur dit : « Vous, soyez sans crainte. Il n’est pas ici, il est ressuscité » (vv.5-6). Devant une tombe, elles entendent des paroles de vie… Et ensuite elles rencontrent Jésus, l’auteur de l’espérance, qui confirme l’annonce et dit : « Soyez sans crainte » (v. 10). N’ayez pas peur, soyez sans crainte : voici l’annonce d’espérance. Elle est pour nous, aujourd’hui. Ce sont les paroles que Dieu nous répète dans la nuit que nous traversons.

Cette nuit nous conquerrons un droit fondamental, qui ne nous sera pas enlevé : le droit à l’espérance. C’est une espérance nouvelle, vivante, qui vient de Dieu. Ce n’est pas un simple optimisme, ce n’est pas une tape sur l’épaule ou un encouragement de circonstance. C’est un don du Ciel que nous ne pouvons pas nous procurer tout seuls. Tout ira bien, disons-nous avec ténacité en ces semaines, nous agrippant à la beauté de notre humanité et faisant monter du cœur des paroles d’encouragement. Mais, avec les jours qui passent et les peurs qui grandissent, même l’espérance la plus audacieuse peut s’évaporer. L’espérance de Jésus est autre. Elle introduit dans le cœur la certitude que Dieu sait tout tourner en bien, parce que, même de la tombe, il fait sortir la vie.

La tombe est le lieu d’où celui qui rentre ne sort pas. Mais Jésus est sorti pour nous, il est ressuscité pour nous, pour apporter la vie là où il y avait la mort, pour commencer une histoire nouvelle là où on avait mis une pierre dessus. Lui, qui a renversé le rocher à l’entrée de la tombe, peut déplacer les rochers qui scellent notre cœur. Par conséquent, ne cédons pas à la résignation, ne mettons pas une pierre sur l’espérance. Nous pouvons et nous devons espérer, parce que Dieu est fidèle. Il ne nous a pas laissé seuls, il nous a visité : il est venu dans chacune de nos situations, dans la souffrance, dans l’angoisse, dans la mort. Sa lumière a illuminé l’obscurité du sépulcre : aujourd’hui il veut rejoindre les coins les plus obscures de la vie. Sœur, frère, même si dans ton cœur tu as enseveli l’espérance, ne te rends pas : Dieu est plus grand. L’obscurité et la mort n’ont pas le dernier mot. Confiance, avec Dieu rien n’est perdu.

Confiance : C’est une parole qui dans l’Evangile sort toujours de la bouche de Jésus. Une seule fois d’autres la prononcent, pour dire à une personne nécessiteuse : « Confiance ! lève-toi, [Jésus] t’appelle » (Mc 10, 49). C’est lui, le Ressuscité, qui nous relève nous qui sommes dans le besoin. Si tu es faible et fragile sur le chemin, si tu tombes, ne crains pas, Dieu te tend la main et te dit : “Confiance”. Mais tu pourrais dire, comme don Abbondio : « La confiance, personne ne peut se la donner » ( I Promessi Sposi - Les fiancés, XXV). Tu ne peux pas te la donner, mais tu peux la recevoir, comme un don. Il suffit d’ouvrir ton cœur dans la prière, il suffit de soulever un peu cette pierre mise à l’entrée de ton cœur pour laisser entrer la lumière de Jésus. Il suffit de l’inviter : “Viens, Jésus, dans mes peurs et dis-moi aussi : Confiance. Avec toi, Seigneur, nous serons éprouvés mais non ébranlés. Et, quelle que soit la tristesse qui habite en nous, nous sentirons devoir espérer, parce qu’avec toi la croix débouche sur la résurrection, parce que tu es avec nous dans l’obscurité de nos nuits : tu es certitude dans nos incertitudes, Parole dans nos silences, et rien ne pourra jamais nous voler l’amour que tu nourris pour nous.

Voilà l’annonce pascale, une annonce d’espérance. Elle contient une deuxième partie, l’envoi. « Allez annoncer à mes frères qu’ils doivent se rendre en Galilée » (Mt 28, 10), dit Jésus. « Il vous précède en Galilée » (v. 7), dit l’ange. Le Seigneur nous précède. Il est beau de savoir qu’il marche devant nous, qu’il a visité notre vie et notre mort pour nous précéder en Galilée, c’est-à-dire dans le lieu qui pour lui et pour ses disciples rappelait la vie quotidienne, la famille, le travail. Jésus désire que nous portions l’espérance là, dans la vie de chaque jour. Mais la Galilée, pour les disciples, c’était aussi le lieu des souvenirs, surtout du premier appel. Retourner en Galilée c’est se souvenir d’avoir été aimés et appelés par Dieu. Nous avons besoin de reprendre le chemin, nous rappelant que nous naissons et renaissons d’un appel gratuit d’amour. Cela est le point d’où repartir toujours, surtout dans les crises, dans les temps d’épreuve.

Mais il y a plus. La Galilée était la région la plus éloignée d’où ils se trouvaient, de Jérusalem. Et pas seulement géographiquement : la Galilée était le lieu le plus distant de la sacralité de la Ville sainte. C’était une région peuplée de gens divers qui pratiquaient des cultes variés : c’était la « Galilée des nations » (Mt 4, 15). Jésus envoie là, il demande de repartir de là. Qu’est-ce que cela nous dit ? Que l’annonce de l’espérance ne doit pas être confinée dans nos enceintes sacrées, mais doit être portée à tous. Parce que tous ont besoin d’être encouragés et, si nous ne le faisons pas nous, qui avons touché de la main « le Verbe de vie » (1 Jn 1, 1), qui le fera ? Qu’il est beau d’être des chrétiens qui consolent, qui portent les poids des autres, qui encouragent : annonciateurs de vie en temps de mort ! En chaque Galilée, en chaque région de cette humanité à laquelle nous appartenons et qui nous appartient, parce que nous sommes tous frères et sœurs, portons le chant de la vie ! Faisons taire le cri de mort, ça suffit les guerres ! Que s’arrête la production et le commerce des armes, parce que c’est de pain et non de fusils dont nous avons besoin. Que cessent les avortements, qui tuent la vie innocente. Que s’ouvrent les cœurs de ceux qui ont, pour remplir les mains vides de ceux qui sont privés du nécessaire.

Les femmes, à la fin, « embrassèrent les pieds » de Jésus (Mt 28, 9), ces pieds qui pour venir à leur rencontre avaient fait un long chemin, jusqu’à entrer et sortir de la tombe. Elles embrassèrent les pieds qui avaient piétiné la mort et ouvert le chemin de l’espérance. Nous, pèlerins en recherche d’espérance, aujourd’hui nous nous serrons contre toi, Jésus Ressuscité. Nous tournons le dos à la mort et nous t’ouvrons nos cœurs, toi qui es la Vie.

Source

***

Tu ne manques pas de persévérance, et tu as tant supporté pour mon nom, sans ménager ta peine. Mais j'ai contre toi que ton premier amour, tu l'as abandonné, eh bien, rappelle-toi d'où tu es tombé, convertis-toi, reviens à tes premières actions (...) Ap 2, 3-5

Ceux qui mettent leur espérance dans le Seigneur trouvent des forces nouvelles (...) Is 40 31

C'est moi le Seigneur ton Dieu, qui saisis ta main droite, et qui te dis : "ne crains pas, moi, je viens à ton aide." Is 41, 13

24 novembre 2020

AUSSI PROCHE QU'UN CAPUCHON

Dieu se fait aussi proche de toi qu'un vêtement. Cette image évoque la proximité, et la protection. Mais c'est cette deuxième signification qui prévaut. Si Dieu t'est devenu vêtement, ou capuchon, cela exprime que rien ne peut t'atteindre de l'extérieur sans passer par lui. Quiconque veut t'attraper, te toucher, doit d'abord toucher ton vêtement. Il s'agit d'être tout à fait enveloppé de Dieu de sorte que rien ne te touche sans passer par Dieu. Dieu est touché le premier, Dieu porte le premier ce qui t'est donné à porter : "Voici l'Agneau de Dieu, qui porte le péché du monde." Dieu porte avec toi le fardeau de la souffrance. Le lien constitué entre Dieu et l'homme par l'Incarnation du Fils va jusque-là. Non seulement ta souffrance est connue et reconnue par Dieu, mais elle l'atteint, lui, en premier.

Laisse Dieu être Dieu en toi, Petit traité de la liberté intérieure, Jean-Marie Gueullette, Editions Cerf, p. 98
***
En aparté... Si je souligne, mets en gras certains passages, ce n'est pas pour faire injure à votre intelligence mais uniquement parce que je partage avec vous la partie "lisible" de mes propres "notes." Que le Seigneur vous bénisse et vous garde.

09 juin 2020

AFFLICTION

« Si quelqu'un garde le souvenir de quelqu'un qui l'a affligé, lésé ou insulté, il doit se souvenir de lui comme d'un médecin envoyé par le Christ et le considérer comme un bienfaiteur. Car si tu t'affliges en ces circonstances, c'est que ton âme est malade. En effet, si tu n'étais pas malade, tu ne souffrirais pas. Tu dois donc rendre grâce à ce frère, puisque grâce à lui tu connais ta maladie. Prie pour lui et reçois ce qui vient de lui comme des remèdes envoyés par le Christ. Ainsi soit-il. »

Saint Dorothée de Gaza (vers 560)


14 mai 2020

VAINCRE SA SOUFFRANCE

Marie-Noelle Moreau.

Quand nous l’avions rencontrée au début des années 90, elle avait 60 ans et un long parcours de souffrance derrière elle depuis son plus jeune âge : méningite, typhoide, tuberculose rénale, cancer de l’œil, ablation d’un sein, hépatite virale, cancer osseux et de la colonne vertébrale lui occasionnant des douleurs très fortes… Elle nous avait frappés par sa foi et sa force. Elle nous avait dit ; « Le bonheur, qu’est-ce que c’est ? c’est quelque chose qui est caché en soi et qu’il faut extirper, qu’il faut faire fleurir… J’ai voulu faire de ces heures inutiles et de souffrance non pas des heures mauvaises mais des heures bonnes. Il faut regarder l’autre avec un regard plein d’amour, et si on s’oublie soi-même pour se tourner vers les autres on oublie ce qui vous fait mal et cette maladie qui vous ronge… » Coopératrice depuis 19 ans, elle était quand nous l’avions rencontrée Responsable nationale des coopérateurs souffrants, un mouvement fondé 20 ans après les Missionnaires de la Charité de Mère Teresa pour les aider dans leur mission. Les coopérateurs étaient alors 4.000 de par le monde, représentant selon les mots de Mère Téresa « Le trésor dans lequel elles viennent puiser » Car elle s’était rendu compte que leur mission ne pouvait être effective, efficace que s’il y avait un jumelage entre les sœurs et les souffrants qui offrent en permanence 24 h sur 24 leurs souffrances pour le frère ou la sœur qui œuvre dans un autre coin du monde… « Les pas que nous ne pouvons plus faire, c’est elles qui les font, les paroles que nous ne pouvons plus prononcer, c’est elles qui les disent… » Et Marie-Noëlle nous avait cité ce fait : un jour un malade en avait eu assez, et avait voulu tout laisser tomber. Pendant ce temps là on apprenait que la sœur missionnaire avec laquelle il était jumelé qui était amoureuse de son travail est allée dire à Mère Téresa : « je ne veux plus continuer », cela a duré à peine une quinzaine de jours. Au moment même, quasiment à l’heure près quand le malade s’est dit « Que m’est-il arrivé, je suis fou, je veux continuer d’assumer ma mission », la sœur est venue voir Mère Téresa en lui disant : « je ne sais pas ce qui m’a pris, j’ai eu l’impression de recevoir une chape de plomb sur les épaules, maintenant je me sens légère comme un papillon et je peux continuer… » Et Marie-Noelle avait ajouté : « c’est vraiment la communion des Saints, ce qui entraine pour nous une très forte responsabilité… »

Réalisation : Marc Jeanson - Entretiens : Guillemette du Parc Année de réalisation : 1992

05 février 2020

UNE PENSÉE POUR SAINT JOSEPH - LA JOIE

La joie – comme la souffrance – nous est difficile à comprendre, car nous peinons à distinguer la vie spirituelle des états d’âme. Nous confondons la joie avec les expressions d’un contentement que peuvent être l’euphorie ou l’exubérance, mais la joie des saints a peu de liens avec le plaisir, elle est le fruit du renoncement à soi. Marie et Joseph ont certainement trouvé des agréments à vivre avec l’Enfant, mais leur joie naît de leur détachement, de la capacité qu’ont les belles âmes à ne pas s’approprier le don de Dieu, de l’oblation qui consiste à se donner sans retour sur soi.

Ainsi, saint Joseph n’a jamais discuté, il n’a pas retranché, il n’a rien ajouté : il a tout accepté de Dieu. Au cœur de la nuit, il a consenti au renoncement. Lorsqu’il entend la prophétie de Syméon annonçant le martyr de Jésus et de Marie, saint Joseph conçoit une joie – qui n’exclut pas la souffrance – plus grande qu’au jour de son mariage. Il n’existe en effet qu’une seule joie : celle de voir se réaliser la volonté de Dieu. Une telle joie saisit habituellement l’âme au sortir de l’épreuve, elle est un fruit de la croix.

Saint Joseph, homme du renoncement, initiez-nous à la vraie joie, qui couronne la vertu.

  fr. Dominique Joseph

Source

02 janvier 2020

LA VRAIE JOIE N'EST PAS DANS LA FÊTE MAIS DANS LE DON

Chacun connaît la célèbre cantate de Jean-Sébastien Bach, « Jésus que ma joie demeure », dont le titre exact est d’ailleurs non pas un souhait mais une affirmation : « Jésus demeure ma joie. » Cela signifie que, quelles que soient les épreuves, les déceptions, les souffrances de l’existence, la joie, celle qui vient du Christ et non point celle, éphémère, qui vient du monde, est indéracinable

La « joie parfaite »

Nous confondons souvent la joie avec des émotions ou des passions passagères, ce qui provoque une certaine excitation qui retombe comme un soufflé aussitôt que l’objet qui nous a remué a disparu. La joie est bien autre chose. Nous sommes surpris lorsque nous découvrons, dans les Fioretti de saint François d’Assise, ce qu’il nomme la joie parfaite. Cheminant avec Frère Léon, en plein hiver, de Pérouse à Sainte-Marie-des-Anges, il enseigne que la joie parfaite du frère mineur n’est point la sainteté, les dons de guérison, la prophétie, la sagesse de toutes choses, la prédication talentueuse. La joie parfaite est l’humiliation, le rejet, la privation, les souffrances, dans l’humilité et dans la charité, pour la gloire de Dieu. Et il conclut : 

« Et enfin, écoute la conclusion, frère Léon : au-dessus de toutes les grâces et dons de l’Esprit saint que le Christ accorde à ses amis, il y a celui de se vaincre soi-même, et de supporter volontiers pour l’amour du Christ les peines, les injures, les opprobres et les incommodités ; car de tous les autres dons de Dieu nous ne pouvons nous glorifier, puisqu’ils ne viennent pas de nous, mais de Dieu, selon que dit l’Apôtre : “Qu’as-tu que tu ne l’aies reçu de Dieu ? et si tu l’as reçu de lui, pourquoi t’en glorifies-tu comme si tu l’avais de toi-même ?” Mais dans la croix de la tribulation et de l’affliction, nous pouvons nous glorifier parce que cela est à nous, c’est pourquoi l’Apôtre dit : “Je ne veux point me glorifier si ce n’est dans la croix de notre Seigneur Jésus Christ." » 

La croix est donc la joie parfaite, ce qui n’est guère ce qui nous vient à l’esprit lorsque nous nous réjouissons à Noël ou avec ceux que nous aimons. Ce n’est pas la croix par dolorisme mais la croix qui est un don venant vraiment de nous, ce qui n’est pas le cas du reste, de nos talents et des grâces que nous recevons du Très Haut. Georges Bernanos n’exprime pas autre chose dans son roman La Joie : « Qui cherche la vérité de l’homme doit s’emparer de sa douleur. » Le même dédicaçait ainsi un exemplaire de ce livre au P. Victor Poucel : « La joie, en attendant la douce pitié de Dieu qui sûrement se lèvera demain. »

Une promesse

Saint Thomas d’Aquin a admirablement décrit la joie qui, dans certains cas, semble tenir par la main la tristesse. Notre Seigneur a déclaré à ses apôtres : « Que ma joie soit en vous et que votre joie soit pleinement accomplie » (Jn 15, 11). Cette joie est une promesse qui n’est pas totalement accomplie car il faut attendre l’éternité pour en vivre pleinement. Comme le dit Léon Bloy dans Dans les ténèbres : « Nous sommes des dormants pleins des images de l’Eden perdu, des mendiants aveugles au seuil d’un palais sublime dont la porte est close. » La joie parfaite ne sera donnée qu’à l’intérieur du palais, une fois que le paradis sera de nouveau notre séjour. Dans sa Ballade du cœur qui a tant battu, Charles Péguy souligne bien le mélange de soie et de laine dans la joie humaine, la soie pure n’étant donnée que dans le Royaume :

« Ô cœur tissé de joie
Sur fond de peine,
La joie est une proie,
La peine est reine.

Ô cœur îles de joie
Sur fond de peine,
La joie est une soie
Sur fond de laine.

Les jours tissés de soie
Sur fond de laine,
Les jours tissés de joie
Sur fond de peine.

Les jours tissus de soie
Sur fond de laine,
Les sorts tissus de joie
Sur fond de peine.

Nos jours tissus de soie
Sur fond de laine
Nos sorts tissus de joie
Sur fond de peine »

« Fille de la charité »

Le Docteur angélique expliquait comment joie et tristesse procèdent tous deux de l’amour mais pour des motifs opposés. Il définit ainsi la joie, fille de la charité : « La joie est causée par l’amour, ou bien parce que celui que nous aimons est présent, ou bien encore parce que lui-même est en possession de son bien propre, et le conserve » (Somme théologique IIa-IIae, qu.28). La joie véritable n’a rien d’extravagant ou d’hystérique. Elle est une pauvre et humble fille qui se faufile au milieu de tous les obstacles de l’existence et qui arrive, malgré tout, à survivre et à éclairer nos ténèbres. Il est toujours impressionnant de constater que les plus pauvres en ce monde, ceux qui s’entassent dans les bidonvilles, qui vivent dans les rues savent saisir la joie qui passe. Il suffit de savoir aimer pour expérimenter cette joie, si fragile et modeste.

Lorsque, dans une société, chacun ne vit plus que d’envie, de jalousie, de revendications pour ses droits et ses privilèges, la joie pure n’y a plus sa place. Elle n’est plus honorée. Elle est négligée car elle ne correspond plus aux attentes et aux exigences. Là encore, l’Aquinate avait bien vu que les vices opposés à la joie étaient l’acédie et la jalousie. La joie est une fille pauvre qui se donne à ceux qui leur ressemble dans leur cœur. Pour les autres, le lot est l’insatisfaction permanente. Léon Bloy écrivait : « J’ai soif d’être regardé comme un pauvre homme, très isolé et plein d’amour. Rien de plus. Vous ne connaissez pas ma faiblesse, ni mon ignorance, ni mon abjection véritable, ni ma tristesse de démon, et vous ne savez rien de la joie qui est au fond de mon âme. » 

Cette joie est crucifiante par moments, comme celle vécue, parfaitement, par la sainte Vierge, dès le moment de la Nativité, alors qu’elle regarde son enfant promis à la souffrance, à la mort pour aboutir à la victoire et à la résurrection. D’où les représentations anciennes où elle est allongée triste, près d’une grotte noire comme l’enfer, cette crèche où repose le sauveur du monde. Les pauvres du monde sont les seuls à pouvoir comprendre ce message dans leur chair et dans leur sang. Tout le reste n’est que figure de prédication par un orateur au ventre trop plein devant des ouailles repues.

La fête perpétuelle est triste

La fête a poussé la joie de son trône de misère et s’y est installée en imposteur. Dans ce monde festif, la joie n’a plus droit de cité. La fête perpétuelle dans notre pays comblé et ingrat s’est parée d’une tristesse invincible, celle qui pousse tant et tant, souvent les plus protégés et les mieux lotis, à grogner, à se plaindre, à militer, à exiger, à revendiquer. Alors on ne peut plus que bâiller d’ennui devant toutes les richesses qui nous accablent, tout en lorgnant vers celles que nous ne possédons pas et qui nous apparaissent comme des droits qui nous appartiennent. La vraie joie réside dans la simplicité, dans les petites choses reçues et partagées, dans le don, dans l’abnégation et le sacrifice au quotidien. Parmi les pauvres, ce qui est reçu, aussi modeste soit-il, est toujours aussitôt partagé. C’est cela qui crée la joie, et non point le fait de s’approprier un bien ou de consommer égoïstement un cadeau.

Une source inépuisable

Le catholique devrait secouer le joug du faux festif imposé et politiquement correct, se garder des mouvements de jalousie pour rétablir la joie qu’il a reçue en héritage dans toute sa splendeur et sa magnificence. Notre pays ne pourra retrouver son âme que s’il cesse de refuser cette joie qui vient d’en haut et qui lui fait peur depuis maintenant plus de deux siècles. Nous nous plaignons d’être tristes mais nous haïssons la vraie joie, l’ayant remplacée par les simagrées qui proviennent du Malin et de ses légions. Cette absence de joie est une preuve supplémentaire de l’existence de Satan, non point comme fruit de notre imagination mais comme réalité spirituelle qui s’est révoltée contre le Créateur. Lorsque nous refusons la joie, nous faisons l’œuvre du démon et nous suivons aveuglément l’immense troupeau bêlant, alors que chacun est toujours et sans cesse l’unique brebis perdue que le Pasteur serre contre son cœur comme son bien le plus précieux. Voilà la source inépuisable de notre joie.

SOURCE : ALETEIA

19 novembre 2019

PJ 485 - SOUFFRANCE, MORT, CHOSES ULTIMES

Dans la même disposition d'esprit, j'accepte la joie ou la souffrance, la louange ou l'humiliation ; je me souviens que les unes et les autres sont passagères (...) PJ 485

16 novembre 2019

PJ 342 - SOUFFRANCE, MORT, CHOSES ULTIMES

La souffrance est le plus grand trésor sur cette terre - elle purifie l'âme. C'est dans la souffrance que nous reconnaissons qui est notre véritable ami. L'amour véritable se mesure avec le thermomètre des souffrances. PJ 342