13 janvier 2019

SIMONE WEIL

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DU BAPTÊME DU CHRIST À NOTRE BAPTÊME

Quel grand mystère dans ce baptême de notre Seigneur et Sauveur ! Le Père se fait entendre du haut du ciel, le Fils est vu sur la terre, l'Esprit Saint se montre sous la forme d'une colombe. Car il n'y a pas de vrai baptême ni de vraie rémission des péchés là où il n'y a pas la vérité de la Trinité... Le baptême que donne l'Église est unique et véritable ; il n'est donné qu'une fois et, en y étant plongé une seule fois, on est purifié et renouvelé. Purifié, parce qu'on a déposé la souillure des péchés ; renouvelé, parce qu'on ressuscite pour une vie nouvelle après avoir dépouillé la vieillerie du péché... Donc les cieux se sont ouverts au baptême du Seigneur afin que, par le bain de la nouvelle naissance, on découvre que les royaumes des cieux sont ouverts aux croyants, selon cette parole du Seigneur : « Personne, à moins de naître de l'eau et de l'Esprit, ne peut entrer dans le Royaume de Dieu » (Jn 3,5). Il est donc entré, celui qui renaît et qui n'a pas négligé de préserver son baptême... Parce que notre Seigneur était venu donner le baptême nouveau pour le salut du genre humain et la rémission de tous les péchés, lui-même a voulu être baptisé le premier, non pour dépouiller le péché, puisqu'il n'avait pas commis de péché, mais pour sanctifier les eaux du baptême afin de détruire les péchés de tous les croyants renés par le baptême.

Saint Chromace d'Aquilée (?-407)

évêque

Sermons sur l'Epiphanie, 34 ; CCL 9A, 156-157 (trad. Delhougne, Les Pères commentent, p. 32)
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Il n'y a pas de vrai baptême ni de vraie rémission des péchés là où il n'y a pas la vérité de la Trinité

05 janvier 2019

EDITH STEIN - « Dieu est la vérité. Qui cherche la vérité, cherche Dieu, qu’il en soit conscient ou non. »

Sainte Edith Stein et la recherche de la Vérité : Sœur Edith

11 octobre 1998 : le Pape Jean Paul II, en canonisant Edith Stein , déclare : « Pendant longtemps, elle vécut l’expérience de la recherche. Son esprit ne se lassa pas de chercher et son cœur d’espérer. Elle parcourut le chemin difficile de la philosophie avec une ardeur passionnée et à la fin elle fut récompensée : elle conquit la vérité, ou plutôt elle en fut conquise. » Essayons donc, tout simplement, de retracer les grandes étapes de cette longue conquête.... Imaginons tout d'abord une petite fille aux grands yeux noirs, qui naît et grandit en Allemagne, à la fin du XIX siècle, dans une famille juive. Dernière de 7 enfants, Edith n'a pas 3 ans lorsque son père meurt brusquement. A 5 ans elle refuse « mordicus » d'aller au jardin d'enfants (sorte de maternelle pour les petits allemands) et demande comme unique cadeau d'anniversaire (pour ses 6 ans) qu'on lui offre enfin la possibilité d'aller à la grande école !! Faut-il y voir la réaction d'une petite fille particulièrement capricieuse ? ou vexée de ne pouvoir suivre « les grands ? » Non, ce qui se dessine déjà chez cette enfant, c'est une soif ardente de connaître, de comprendre... Aussi devient-elle très vite une excellente élève, mais dénuée d'ambition. Elle déteste la distribution des prix, et elle dira avoir compris très tôt qu'il était « plus important d'être bon que d'être intelligent. » Ce qui la motivait : donner une nourriture à son esprit bouillonnant !
A 14 ans, coup de théâtre ! Elle demande à arrêter l'école. Pourquoi ? Parce que l'école ne répond pas aux questions qu'elle se pose sur le sens profond de la vie.. .Elle part donc aider sa sœur aînée, mariée et mère de famille, pendant 8 mois... A la même époque, elle cesse de prier et déclare qu'elle n'a plus la Foi. Il fallait qu'elle découvre Dieu par elle-même, elle ne pouvait pas accepter de croire par habitude, par tradition familiale. Comme elle n'a pas réellement rencontré Dieu, elle ne veut pas faire semblant... Mais elle garde intact l'idéal moral inculqué par sa maman, et ne perdra jamais sa grande droiture.
De retour au lycée un an plus tard, elle passe son bac puis commence des études : Histoire, Allemand et surtout Philosophie. Elle choisit d'aller étudier près du philosophe Husserl, auteur d'une nouvelle méthode philosophique, la phénoménologie, qui séduit Edith par son objectivité puisqu'elle consiste à rechercher la vérité de l'être, à travers les manifestations de l'être appelés les phénomènes, au delà de toute idée préconçue.... Elle se lance donc avec passion dans la recherche philosophique,devient l'assistante d'Husserl et prépare activement son doctorat... A travers tout cela, c'est vraiment la recherche de la Vérité qui l'anime : « la soif de vérité était mon unique prière » dira-t-elle plus tard...
Au milieu de cette quête ardente, elle traverse des moments très éprouvants, car malgré tous ses efforts, toutes ses études et réflexions, elle réalise qu'il y a des choses qui lui échappent, qu'elle n'arrive pas à comprendre, et elle fait ainsi l'expérience des limites de son intelligence humaine... Force lui est de constater que la seule raison ne peut tout expliquer, et que seule une lumière venue d'ailleurs permet d'accéder à la pleine vérité... Mais cette lumière ne l'a pas encore touchée et il lui arrive même parfois, en plein désarroi, de souhaiter une mort accidentelle, tellement son cœur et son esprit sont douloureusement insatisfaits et tourmentés... Dieu va alors agir par petites touches pour la conduire jusqu'à lui, à travers différentes rencontres : celle d'une simple femme dans la cathédrale de Francfort, qui laisse pressentir à Edith quelque chose de la Présence réelle de Jésus dans l'Eucharistie à la manière dont elle prie devant le tabernacle au retour du marché, celle surtout de son amie Anna Reinach, qui lui donne une bouleversante leçon d'espérance chrétienne à la mort de son mari, fauché par la guerre en 1917. Edith dira : « Ce fut ma première rencontre avec la Croix, avec cette force divine qu’elle confère à ceux qui la portent. Pour la 1ère fois l’Eglise, née de la Passion du Christ et victorieuse de la mort m’apparut visiblement. Au moment même, mon incrédulité céda ; le judaïsme pâlit à mes yeux tandis que la lumière du Christ se levait en mon cœur. La lumière du Christ saisie dans le mystère de la Croix. »
Il faudra attendre encore un peu pour l'illumination finale et pour que la raison humaine se laisse totalement vaincre... Durant l'été 1921, la Providence met dans les mains d'Edith la vie de Sainte Thérèse d'Avila. Elle la lit d'une traite, toute la nuit. Lorsqu'elle referme le livre, le jour se lève et elle s'écrie : « Là est la vérité ! » A travers l'expérience intérieure de Ste Thérèse, celle d'une vraie vie en Dieu, elle comprend que la vérité qu'elle a tant cherchée, c'est Quelqu'un, une Personne, et que cette Personne est Amour. Dès lors, sans hésitation aucune, elle se donne totalement à Jésus, recevant le saint baptême le 1er janvier 1922, et désirant entrer au Carmel... désir qu'elle ne pourra réaliser qu'en 1933. En attendant, elle va mettre à profit ces années de vie « dans le monde » pour rendre témoignage à cette Vérité découverte en la personne de Jésus, à travers la recherche philosophique (elle traduit et
commente alors St Thomas), les conférences, l'enseignement...bref, tout ce qui lui permet de donner sa « petite et
simple vérité : comment l’on peut commencer à vivre en tenant la main du Seigneur ».
Pour lui, le moment enfin venu, elle renonce à tout, aussi bien à ses succès intellectuels qu'à l'affection des siens puisque sa famille, et surtout sa vieille maman, juive fidèle, est terriblement blessée par sa conversion et son départ au Carmel... Mais il n'y a pas en elle de demi-mesure : si Jésus est la Vérité qu'elle a si longtemps cherchée, elle ne peut plus vivre que pour lui et consumer sa vie dans le silence et la prière pour obtenir à d'autres les mêmes grâces de lumière. Elle pense notamment à son peuple juif, et dans l'ardent désir que lui aussi reconnaisse dans le Christ « le chemin, la vérité et la vie, » elle demandera à sa prieure de « s'offrir en holocauste au Cœur de Jésus, » souhaitant que sa vie et sa mort permettent à Jésus d'être accueilli par les siens (cf Jean 1,11).
Nous savons que Dieu a agréé son offrande puisque le 9 août 1942 celle qui était devenue au Carmel sœur Thérèse Bénédicte de la Croix mourait dans le camp d'Auschwitz, partageant la douleur de son peuple humilié mais en l'unissant à la Croix de Jésus, plus forte que les ténèbres de l'erreur, du mensonge et de la haine.
Toute la vie d'Edith Stein est une illustration de ce qu'elle écrivit un jour : « celui qui cherche la vérité cherche Dieu, qu’il en soit conscient ou non ». C'est pourquoi, n'ayons pas peur d'encourager nos contemporains, même s'ils semblent allergiques à la Foi, à chercher passionnément la Vérité, sans cesse, sans se lasser... Et confions-les à Sainte Edith, confions-nous tous à elle, en repensant à ce que disait Jean-Paul II le jour de sa canonisation :
« Que la nouvelle sainte soit pour vous un exemple de vie spirituelle et intellectuelle. Qu'elle vous aide à chercher Dieu en vous et à vous chercher en Dieu, pour trouver celui qui est la vérité et la source du bonheur éternel ! »

Source

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Bibliographie

Philosophe, carmélite et martyre

Choix de textes d'Edith Stein (Sainte Thérèse Bénédicte de la Croix)

20 décembre 2018

VÉRITÉ

du latin veritas: vrai.
Qualité de ce qui est vrai. La vérité est l’adéquation de l’intelligence et de la réalité. Elle n’est pas donnée toute faite, elle se fait, elle est le fruit de l’effort et de la recherche. La vérité scientifique est de l’ordre du savoir alors que dans la Bible la vérité n’est pas l’objet du savoir, elle est la «Parole faite chair». Jésus proclame: «Je suis la Vérité..» (Jn 14,6), il affirme qu’en Lui, Dieu devient la vérité de notre vie et nous appelle à une rencontre qui nous fait vivre. Il veut «que tous les hommes soient sauvés et parviennent à la connaissance de la vérité». (1 Timothée 2; 4).

SOURCE

L'AMOUR MET SA JOIE DANS LA VÉRITÉ

01 J’aurais beau parler toutes les langues des hommes et des anges, si je n’ai pas la charité, s’il me manque l’amour, je ne suis qu’un cuivre qui résonne, une cymbale retentissante.

02 J’aurais beau être prophète, avoir toute la science des mystères et toute la connaissance de Dieu, j’aurais beau avoir toute la foi jusqu’à transporter les montagnes, s’il me manque l’amour, je ne suis rien.

03 J’aurais beau distribuer toute ma fortune aux affamés, j’aurais beau me faire brûler vif, s’il me manque l’amour, cela ne me sert à rien.

04 L’amour prend patience ; l’amour rend service ; l’amour ne jalouse pas ; il ne se vante pas, ne se gonfle pas d’orgueil ;

05 il ne fait rien d’inconvenant ; il ne cherche pas son intérêt ; il ne s’emporte pas ; il n’entretient pas de rancune ;

06 il ne se réjouit pas de ce qui est injuste, mais il trouve sa joie dans ce qui est vrai ;

07 il supporte tout, il fait confiance en tout, il espère tout, il endure tout.

08 L’amour ne passera jamais. Les prophéties seront dépassées, le don des langues cessera, la connaissance actuelle sera dépassée.

09 En effet, notre connaissance est partielle, nos prophéties sont partielles.

10 Quand viendra l’achèvement, ce qui est partiel sera dépassé.

11 Quand j’étais petit enfant, je parlais comme un enfant, je pensais comme un enfant, je raisonnais comme un enfant. Maintenant que je suis un homme, j’ai dépassé ce qui était propre à l’enfant.

12 Nous voyons actuellement de manière confuse, comme dans un miroir ; ce jour-là, nous verrons face à face. Actuellement, ma connaissance est partielle ; ce jour-là, je connaîtrai parfaitement, comme j’ai été connu.

13 Ce qui demeure aujourd’hui, c’est la foi, l’espérance et la charité ; mais la plus grande des trois, c’est la charité.

AELF 1 Co 13

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Encyclique Caritas in veritate

Hymne à la charité - André Gouzes


18 décembre 2018

AMOUR ET VÉRITÉ SE RENCONTRENT

Amour et vérité se rencontrent,
justice et paix s’embrassent ;
la vérité germera de la terre
et du ciel se penchera la justice.

Ps 84, 11-12

Source

27 novembre 2018

Mc 5, 25-34 "SE JETER AUX PIEDS DE JÉSUS"

25 Or, une femme, qui avait des pertes de sang depuis douze ans… –

26 elle avait beaucoup souffert du traitement de nombreux médecins, et elle avait dépensé tous ses biens sans avoir la moindre amélioration ; au contraire, son état avait plutôt empiré –…

27 cette femme donc, ayant appris ce qu’on disait de Jésus, vint par-derrière dans la foule et toucha son vêtement.

28 Elle se disait en effet : « Si je parviens à toucher seulement son vêtement, je serai sauvée. »

29 À l’instant, l’hémorragie s’arrêta, et elle ressentit dans son corps qu’elle était guérie de son mal.

30 Aussitôt Jésus se rendit compte qu’une force était sortie de lui. Il se retourna dans la foule, et il demandait : « Qui a touché mes vêtements ? »

31 Ses disciples lui répondirent : « Tu vois bien la foule qui t’écrase, et tu demandes : “Qui m’a touché ?” »

32 Mais lui regardait tout autour pour voir celle qui avait fait cela.

33 Alors la femme, saisie de crainte et toute tremblante, sachant ce qui lui était arrivé, vint se jeter à ses pieds et lui dit toute la vérité.

34 Jésus lui dit alors : « Ma fille, ta foi t’a sauvée. Va en paix et sois guérie de ton mal. »

Source : AELF

19 octobre 2018

COMMENTAIRE DE SAINT PADRE PIO DE PIETRELCINA

Évangile de Jésus-Christ selon saint Luc 12,1-7

« Soyez sans crainte »

La véritable raison pour laquelle tu ne réussis pas toujours ta méditation, la voici –- et je ne me trompe pas ! Tu commences ta méditation dans l'agitation et l'anxiété. Cela suffit pour que tu n'obtiennes jamais ce que tu recherches, car ton esprit n'est pas concentré sur la vérité que tu médites et il n'y a pas d'amour dans ton cœur. Cette anxiété est vaine. Tu n'en retireras qu'une grande fatigue spirituelle et une certaine froideur de l'âme, surtout au niveau affectif. Je ne connais à cela nul autre remède que celui-ci : sortir de cette anxiété. C'est en effet un des obstacles majeurs à la pratique religieuse et à la vie de prière. Elle nous fait courir pour nous faire trébucher. Je ne veux vraiment pas te dispenser de la méditation simplement parce qu'il te semble que tu n'en retires aucun profit. Au fur et à mesure que tu feras le vide en toi-même, que tu te débarrasseras de cet attachement dans l'humilité, le Seigneur te fera le don de l'oraison qu'il garde dans sa main droite.

Source

22 septembre 2018

LE CULTE DE LA VÉRITÉ

Parmi les attitudes qui s'imposent à nous comme des imitations du Christ et de ses premiers apôtres, eux-mêmes imitateurs du Seigneur, l'une des premières est de réaliser en nos vies le «en esprit et en vérité » de Jésus : « L'heure vient, et nous y sommes, où les vrais adorateurs adoreront le Père en esprit et en vérité » (Jn 4, 23). Adorer Dieu « en esprit », c'est mettre en œuvre toutes les ressources d'un esprit d'homme en relation avec l'Esprit : c'est un mode de vie supra-humain, et pourtant offert à tous. La contemplation n'est pas une technique à laquelle seuls quelques spécialistes pourraient accéder : elle est le fruit normal d'un esprit qui regarde Dieu, et, saisi d'admiration, adore en silence. L'esprit de l'homme fait pour la vérité se réjouit de regarder Dieu et prend du temps pour cela. Adorer Dieu « en vérité », c'est faire passer Dieu dans la vie concrète de nos actions : c'est faire coïncider l'image que les hommes - qui voient de l'extérieur - ont de nous avec celle que Dieu qui, lui, « scrute les cœurs », en a : « Dieu nous ayant jugés dignes de nous confier l'Évangile, nous parlons non pour plaire aux hommes, mais à Dieu qui voit le dedans de nos cœurs » (1 Th. 2,4). Dieu étant la vérité même, notre première imitation de Dieu est ce culte de la vérité : « Nous sommes à découvert devant Dieu et devant nos consciences » (2 Co. 5,11). Être vrais dans la vie, le ministère, le comportement de chacun, comme dans la vie, le ministère, le comportement du groupe auquel nous appartenons éventuellement, être vrais en face de Dieu «qui voit dans le secret», être vrais en face de nos frères, cela se traduit difficilement en règles fixées à l'avance, mais doit être l'objet de la réflexion de chacun. Cela suppose d'avoir accepté personnellement au départ ce que nous sommes, ce que les circonstances ont fait de nous : hérédité, enfance, milieu, études antécédentes, etc. Cela signifie également se faire aider pour se connaître et tirer loyalement, par les améliorations constantes et progressives, le meilleur parti de ce que nous sommes. Être vrais, c'est accepter, quand il le faut, de ne pas plaire aux hommes, « mais à Dieu qui éprouve nos cœurs » et fuir tout ce qui flatte les tendances erronées de ceux qui nous entourent : « Que votre langage soit : Oui, oui. Non, non » (Mt. 5, 37). Le refus du mensonge n'est pas chose facile : le réseau des complexités sociales et administratives est devenu si dense qu'il vous étouffe, et l'on a terriblement envie de passer au travers des mailles pour recouvrer un minimum vital de liberté. Comment obtenir un ou quelques jours de congé en dehors des temps réglementaires ? Dire la vérité, expliquer les raisons, les plus légitimes soient-elles, c'est se vouer à em... (il n'y a pas d'autre mot) tous ses chefs qui, au surplus, sont enserrés dans le même filet. Mais se faire mettre huit jours à l'assurance sous prétexte de maladie est au contraire si facile à obtenir! Et tout devient alors parfaitement réglementaire et légitime. Au travail, si des temps forfaitaires sont alloués, comment rectifier les erreurs du chronométreur? Demander une vérification? On sait à quoi cela aboutira, et se faire prendre en grippe mène vite au chômage. Mais truquer, se rattraper sur un travail difficilement vérifiable, quel est l'ouvrier, et même le contre-maître, qui ne préfère cette solution? Et le copain qui s'est foulé le pied le dimanche dans son jardin et qui demande que l'on soit le témoin de l'entorse qu'il dit s'être faite au travail le lundi matin ? Dans le premier cas, il ne touchera qu'une maigre indemnité, dans le second il aura un demi salaire plus substantiel. Élever la vérité au niveau d'un absolu ne se conçoit pratiquement que si la vérité et Dieu coïncident. Dire : « Un petit mensonge qui ne fait de tort à personne » c'est oublier qu'il fait tort à Dieu et à travers Lui à la grandeur de l'homme fait pour la vérité. Et que l'on est tombé bas d'en arriver à parler de « pieux mensonge »! Sur ce point l'attitude humble, mais ferme, de l'apôtre refusant toute compromission, quelles que soient les raisons de camaraderie, de service évoquées, doit être si manifeste que nul ne puisse jamais la mettre en doute. Quelles que soient les situations difficiles ou apparemment inextricables que cette volonté de vérité risque de faire naître, nous devons en faire notre arme de lumière : elle est le témoignage souvent le plus visible de notre foi en plein monde. Il est inutile de multiplier les exemples, mais il faut plutôt demander à la Parole de Dieu de nous révéler la grandeur de cette attitude de recherche absolue de la vérité : « Je ne suis né et je ne suis venu dans le monde que pour rendre témoignage à la vérité », dit Jésus à Pilate (Jn 18, 37). Voués à Dieu pour le culte « en esprit et en vérité » (Jn 4, 23-24), c'est dans tous nos comportements que ce culte doit transparaître : « Et pour eux je me consacre moi-même afin qu'ils soient eux aussi consacrés en vérité » (Jn 17, 19). Saint Jean est l'apôtre de cette révélation de Dieu : Dieu est le Véritable (1 Jn 5, 20). Jésus apparaît plein de grâce et de vérité (Jn 1, 14, 17), et l'envoyé de Jésus est « l'Esprit de vérité », Autour de cette vérité se noue l'opposition à l'esprit de ce monde qui ne peut recevoir l'esprit de vérité parce que son Maître est « menteur et maître du mensonge » (Jn 8,44). Lumière et ténèbre, il n'y a que deux voies et pas d'issue entre l'une et l'autre : choisir l'une c'est rejeter l'autre. Les 150 Psaumes n'avaient pas d'autres protagonistes : les serviteurs du Prince des ténèbres, d'une part, et, de l'autre, ceux qui cherchent l'admirable Lumière, exècrent le mensonge et aiment la torah. Dieu dans la plénitude de sa parole. Le Nouveau Testament confirme ces deux « empires » et leurs sujets respectifs « les fils de lumière » et « les fils de ténèbres » : c'est le drame que décrit l'évangile de saint Jean, l'affrontement de la Lumière Véritable du monde et des Ténèbres qui n'ont pu l'atteindre. Saint Paul le reprend : « Tous vous êtes des enfants de la lumière, des enfants du jour. Nous ne sommes pas de la nuit, des ténèbres » (1 Th. 5, 5). « La vérité vous fera libres » (Jn 8,32), cette parole s'applique en plénitude à celui qui s'est nommé « la Voie, la Vérité, la Vie ». C'est le Christ qui rend libre, mais partout où est une vérité et un homme qui cherche à faire coïncider sa vie avec la vérité, c'est un jalon pour la venue de la Grâce, c'est le Christ aussi qui est présent. Dieu de vérité, Dieu de fidélité sont deux expressions équivalentes pour l'hébreu qui les oppose aux « idoles du néant »: vérité et fidélité sont équivalentes chez le chrétien. Dans un livre admirable, Pleure, mon pays bien-aimé, Alan Paton a exprimé de façon inoubliable cette délivrance par la vérité : l'avocat Jarvis, un blanc qui a consacré toute sa vie au service de l'Afrique du Sud vient d'être assassiné et l'on trouve dans son bureau son testament : « Je ne me demanderai plus si telle ou telle chose est commode, mais seulement si elle est juste. J'agirai ainsi, non parce que je suis noble et désintéressé, mais parce que la vie nous dépasse et parce que j'ai besoin, pour le reste de mon voyage, d'une étoile qui ne me trahira pas, d'un compas qui ne mentira pas. J'agirai ainsi, non parce que je suis négrophile et ennemi de ma race, mais parce que je ne trouve pas en moi la possibilité d'agir autrement. Si je pèse ceci contre cela, je suis perdu; si je me demande si les hommes, blancs ou noirs, Anglais ou Africains, gentils ou juifs, m'approuveront, je suis perdu. J'essaierai donc de faire ce qui est juste et de dire ce qui est vrai.» « J'agis ainsi, non parce que je suis courageux et sincère, mais parce que c'est la seule façon de mettre fin au conflit profond de mon âme. J'agis ainsi parce que je ne suis pas capable de continuer à aspirer au plus haut idéal avec une part de moi-même, tandis que l'autre trahit cet idéal. Je ne veux pas vivre de la sorte, je préférerais mourir. Je comprends à présent ceux qui sont morts pour leurs convictions et ne trouve point leur mort si surprenante, si noble ou si brave. Ils ont préféré la mort à une certaine façon de vivre, voilà tout. » Jarvis, en pleine bataille raciale, a compris les paroles du Seigneur: «La vérité vous fera libres» : libres de quoi ? Libres de nos complexes, du «qu'en-dira-t-on» à droite ou à gauche, - libres à l'égard du résultat, réussite ou échec, - libres de tout ce qui viendrait infléchir notre conscience. Sainte Thérèse de l'Enfant-Jésus écrivait : « Je n'ai jamais fait comme Pilate qui refusa d'entendre la vérité. J'ai toujours dit au bon Dieu : Oh mon Dieu, je veux bien vous entendre, je vous en supplie, répondez-moi quand je vous dis humblement : Qu'est-ce que la vérité ? Faites que je vois les choses telles qu'elles sont, que rien ne m'éblouisse. » La consécration à la vérité dans nos actes de vie personnelle et nos comportements collectifs nous rend transparents à Dieu et à sa Parole, et nous habilite à «rendre témoignage à la Vérité». Notre parole est un mystère du côté de celui qui l'accueille, mais aussi du côté de celui qui la prononce. Toujours aux Thessaloniciens, saint Paul après en avoir référé à Dieu qui « scrute le cœur » ajoute : « Voilà pourquoi nous ne cessons, pour notre part, de remercier Dieu de ce qu'ayant reçu la divine parole prêchée par nous, vous l'avez accueillie, non comme une parole humaine, mais ainsi qu'elle l'est vraiment, comme la parole de Dieu qui déploie sa puissance en vous, les croyants » (i Th. 2,13). Nous ne délivrons pas la vérité comme on transmet une doctrine: elle est de Dieu, nous ne sommes littéralement que le porte-parole d'un message dont nous sommes le premier auditeur. Mais parce que la Parole de Dieu est vivante, elle meurt lorsque le porte-parole ne vit plus lui-même de la vérité en tous ses actes. Nous ne sommes pas des machines parlantes ; le poids et la portée de notre parole sont en dépendance directe de la qualité de la vie d'où elle jaillit. Va-t-elle nous durcir et nous fermer, cette recherche de la vérité, et nous donner ces airs de gens qui n'écoutent plus rien parce qu'ils « ont » la vérité ? Nous le savons bien : elle est trop grande, trop haute, et finalement, dans l'apparente complexité des choses, trop simple pour être saisie, encore moins possédée, d'un seul coup par nos intelligences limitées. Mais autre chose est de dire qu'il n'y a pas de vérité et que le vrai d'aujourd'hui sera faux demain, autre chose de poursuivre cette vérité, comme n'étant jamais une réalité statique et terminée : on s'en approche, c'est une conquête difficile..on avance à tâtons, mais rien ne saurait, dans l'action, lui être préféré. « Celui qui aspire à être avec le Christ et pour le Christ, témoin devant le monde de la vérité qui rend libre et qui rachète, devra être élevé dans le culte de la vérité, aussi bien dans les mots que dans les actes, et par conséquent dans la sincérité, la loyauté, la fidélité, la cohérence » Qui oserait prétendre y être arrivé ?

Jacques Loew, Comme s'il voyait l'invisible, pp. 39-40

Source

07 décembre 2016

GUÉRISON INTÉRIEURE

Aujourd'hui, on m'a dit la vérité sur ma vie : grave maltraitance psychologique. Aujourd'hui, je serai un enfant placé.

Beaucoup de larmes versées jusqu'au soir.

Il m'aura fallu tant d'années de souffrance, tant d'efforts, tant de larmes. Vérité qui libère. Faire le deuil de pouvoir vivre un jour comme quelqu'un qui a eu une enfance normale. Ca change tellement de choses. Grande épreuve, grande grâce du Seigneur. A partir d'aujourd'hui, je sais que c'est une composante de ma vie avec laquelle je devrai vivre jusqu'à la fin car je n'en guérirai pas mais je vais pouvoir me mettre à vivre, sans honte, sans colère, ni contre moi ni contre personne, prendre en compte mes limites, ne plus me sentir coupable, éviter les situations que je ne suis pas en mesure de gérer, faire avec et voir enfin les bons côtés.

C'est quand je suis faible que je suis fort...

Je n'ai plus de raison de me détester, de m'infliger des situations trop lourdes pour moi, je vais aimer mes fragilités et rendre grâce. La réalité est ce qu'elle est mais au moins, maintenant, les choses sont claires et je peux avancer, respirer et sourire. J'ai fini de me demander sans cesse quelle est ma faute, qu'est-ce qui ne va pas chez moi.

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